Le culte d’Isis
Les
amateurs de l’Egypte ancienne connaissent
bien Isis qui joue un rôle très
important dans le culte des morts en surveillant
les cérémonies de momification.
Plus tard, Isis a été considérée
comme la protectrice des navigateurs. Elle
est représentée sous l’aspect
d’une femme portant sur la tête
le hiéroglyphe de son nom qui signifie
« siège » et par extension
« trône royal ».

Isis
et Horus. By Gerry Vandermaesen Licence
Les
touristes curieux seront donc étonnés
de trouver dans une cour de la rue du Cherche-Midi,
un sphinx verdâtre à tête
de femme.
C’est l’un des vestiges du culte
d’Isis pratiqué à Paris.

Un
des sphinx de la fontaine du Châtelet.
By Happy A Licence
En
fait, la présence de cultes d’origine
égyptienne est attestée par
de nombreux monuments de Paris.
La
mystérieuse Dame noire de l'île
de la Cité a fait naître une
autre hypothèse sur les origines
initiatiques de Paris. Cette déesse
ne serait autre qu'Isis, figure pratiquement
universelle de la Grande Mère, dont
les noms et les attributs diffèrent
d'ailleurs selon temps et lieux et dont
le culte aurait été apporté
jusqu'à l'emplacement de Paris par
les navigateurs phéniciens.

By
Netieret men-Nefer Licence
Le
nom de la capitale viendrait de cette grande
figure du panthéon égyptien
et, par extension, universelle. «
Paris » découlerait de Bar-Isis
(la barque d'Isis), parce que la première
représentation de la Dame noire serait
arrivée sur un navire remontant la
Seine jusqu'à l'île de la Cité.
Cela expliquerait, de plus, pourquoi le
blason de la ville porte un bateau dans
ses armes.
On a pu mettre en doute cette théorie
«L'on ne peut raisonnablement douter,
écrit pourtant l'Encyclopédie,
qu'il n'y eut à Paris ou dans son
voisinage un fameux temple dédié
à la grande déesse des Égyptiens.
Les anciennes chartes de Sainte-Geneviève
et de Saint-Germain-des-Prés en font
mention elles disent que Clovis et Childebert,
leurs fondateurs, leur ont assigné
les dépouilles d'Isis et de son temple...
»

L'Egyptien
de la fontaine de la rue de Sèvres.
By Happy A Licence
Il
est souvent signifié, dans les chroniques
les plus anciennes de la capitale, qu'Isis,
maîtresse de la doctrine ésotérique
et de tous les arts de la magie, a été
vénérée à Paris
soit d'abord dans l'île de la Cité
même, à l'emplacement de Notre-Dame,
soit sur les lieux où fut édifiée
par la suite l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
Le moine Abbon, de ce cloître, considère
Isis comme la première protectrice
des Parisiens dans un poème écrit
au lXe siècle sur le siège
de la ville par les Normands. D'ailleurs,
le maître d'oeuvre de la cathédrale
n'omettra point par la suite de la représenter
en bonne place, au portail Sainte-Anne,
sous les traits d'une femme portant le thyrse.
La Vierge, autre Grande Mère mythique,
n'aurait donc fait que remplacer la magicienne
de la vallée du Nil.

Animal mythique
apparenté au dragon sur une porte
de Parisdans la rue de Rennes. By
Claudecf Licence
Il
se pourrait aussi que les cultes isiaques
aient été apportés
bien après la fondation de la ville
dans le sillage des armées romaines,
qui véhiculèrent dans leurs
bagages, comme on le sait, nombre de croyances
et de rites en provenance de tout le Bassin
méditerranéen.
Quoi
qu'il en soit, cette vénération
pour Isis se retrouve périodiquement
d'un siècle à l'autre tout
au long de l'histoire insolite de la capitale.
En 1643, on arrêta deux sorcières
en train de pratiquer nuitamment des envoûtements
dans le cimetière Saint-Sulpice,
à l'aide d'une figurine représentant
la déesse pourvue de tous ses attributs
occultes. En 1720, il existait une chapelle
mortuaire au cimetière des Innocents,
dans laquelle se réunissaient les
sectateurs d'un culte isiaque pratiquant
la nécromancie. Après 1850,
sans doute à cause du décryptage
des hiéroglyphes par Champollion
et des nombreuses campagnes de fouilles
organisées dans la vallée
du Nil, une véritable mode d'égyptologie
sacrée s'empara de l'occultisme parisien.
Paris : un lieu sacré ?
Plusieurs
historiens ont écrit que l'île
de la Cité avait été
spécifiquement choisie par les druides
gaulois comme emplacement privilégié
de célébration de leurs cultes.
L'exhumation, entre autres, de plusieurs
représentations du dieu Cernunnos
vient à l'appui de cette thèse.
On
sait que les prêtres du celtisme déterminaient
les lieux sacrés en fonction d'une
géographie secrète qui tenait
grand compte de certaines lois telluriques,
aujourd'hui perdues. Il est tentant de penser
que l'emplacement du futur Paris a ainsi
fait l'objet d'une sorte de triangulation
magique lui assurant gloire et pérennité.
Par
la suite, le christianisme réduisit
les croyances druidiques à la clandestinité.
Elles survécurent cependant sous
forme de sorcellerie et de rites dont certains
ont traversé les siècles jusqu'à
nous. Il y a aujourd'hui dans la capitale
près d'une dizaine d'associations
religieuses celtisantes qui ne sont pas
toutes fantaisistes. Deux ou trois d'entre
elles célèbrent à Vincennes
ou dans le bois de Meudon les grandes fêtes
annuelles du calendrier druidique, dans
la plus stricte tradition de la Gaule antique.
Le diable à Paris
A
Paris, le Satan traditionnel, avec ses cornes
et ses pieds fourchus, n’apparaît
pas avant le XIe siècle.
Afin de combattre l’influence des
anciens rites et de la faire disparaître,
le christianisme a tenté d’en
assimiler les éléments principaux
chaque fois qu’ils pouvaient s’accorder
avec ses propres conceptions.
Il a bâti ses églises sur les
vieux temples. Il a également transformé
Esus, Pan ou Cerrunnos en une seule image,
celle du Diable.

By
Prescott Licence
Le
Diable est d’ailleurs partout présent
à Paris et notamment sur la Cathédrale
de Notre-Dame. La légende raconte
que les chanoines commandèrent la
ferronnerie à un artisan du nom de
Biscornet.
Le travail était colossal et le serrurier
se rendit dans une officine d’un suppôt
de Satan.
Il signa un pacte avec le sang de son index
et le Diable l’assura de son assistance.
La veille du jour où il devait rendre
son œuvre, il tomba en syncope. Pourtant,
tous purent admirer les ferronneries grandioses
qu’il n’avait pas façonné.
Satan avait œuvré pour lui.

Travail
de serrurerie des portes de Notre-Dame.
By Claudecf Licence
Gargouilles
et diables sculptés ornent les murs
de la cathédrale. Ces monstres païens
deviennent l’incarnation du Diable.
Au Moyen-Âge, ces créatures
cauchemardesques sont là pour effrayer
et non comme ornement.

By
Steve. E Licence
C’est en Egypte que la métempsycose
est née. Selon cette croyance, l’homme
et l’animal se confondent. A la mort,
l’esprit quitte le corps et redevient
libre. Il peut alors entrer dans un nouvel
être, quel qu’il soit.
Cette croyance n’avait aucun rapport
avec les notions de bien ou de mal. Il a
fallu environ deux siècles pour que
la mythologie païenne s’émancipe
de l’enfer.

By
Bdesveaux Licence
Cependant, une foule de croyances ont subsisté.
Ces rites sont, pour beaucoup, à
l’origine de l’histoire mystérieuse
de Paris.
Il y a eu véritablement un règne
du Satan parisien. Ce passé n’est
d’ailleurs pas révolu puisque
Paris compte le plus grand nombre de sorciers,
pythonisses ou thaumaturges.
En
ce qui concerne la sorcellerie celtique
proprement dite, on sera étonné
d'apprendre que, pour être fort discrète,
et donc très peu connue, elle a traversé
les siècles jusqu'à nos jours.
Aujourd'hui, il existe toujours un groupement
ésotérique de la capitale
qui affirme être en possession du
savoir druidique depuis les premières
décennies de notre ère. A
dates fixes, ses membres, par ailleurs gens
en place et hauts responsables, se réunissent
dans la crypte de Notre-Dame, où
l'on a jadis adoré les dieux celtes.
De
plus, de nos jours, il y a plusieurs groupements
initiatiques à Paris qui se réclament
de la magicienne (Isis), qui fut peut-être
la déesse tutélaire de la
ville.
V.B
(24.03.2007)
Références bibliographiques
Les
mystères de Paris, Inexpliqué
p.862 à 865. Le Diable à Paris,
Inexpliqué. p.906 à 909. Le
bestiaire des cathédrales, Pierre
Ripert, De Vecchi 2004. Secret des cathédrales,
A.Roversi Monaco, De Vecchi 2000
< Pays
|