Les Premiers Américains Personne ne sait quand, ni
où les premiers hommes arrivèrent
dans le Nouveau Monde. Cependant, il est logique
de penser que les Paléoindiens sont venus
d’Asie à la fin du Pléistocène. Cependant, officiellement la première vague de migration remonterait à environ 12 000 ans. Ce peuple est baptisé « peuple de la culture Clovis ». Officieusement, des découvertes effectuées sur des sites archéologiques font remonter la première migration à 40 000 ans. A ce jour, la culture unanimement reconnue est celle de « Clovis ». Deux autres cultures préhistoriques, Folsom et Goshen, apparurent peu après.
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Il y a environ 18 000 ans, d’immenses glaciers recouvraient la quasi totalité du Canada et s’étendaient jusqu’au nord-est des Etats-Unis. Le niveau des océans avait tellement baissé qu’un isthme dépourvu de glace reliait l’Asie du nord-est à l’Alaska. Il y a 12 000 ans, la couverture glaciaire a reculé si bien qu’un vaste corridor traversait tout le Canada et reliait le sud du Yukon au Montana. Une majorité de préhistoriens pensent que les premiers chasseurs de gros gibiers empruntèrent ce corridor pour parvenir en Amérique du Nord.
Vers la fin du Pléistocène, 35 genres de mammifères s’éteignirent en Amérique du Nord. 29 disparurent totalement dont le Mastodonte, le Mammouth, le Cheval, le Paresseux terrestre géant, le tigre à dents de sabre ou le lion américain.
Squelette d'un tigre à dents de sabre Ce qui reste énigmatique c’est la période exacte où ces extinctions ont commencé et leur cause.
Ci-dessus: Le paresseux terrestre géant de Harlan mesurait 5,50 m de haut. C'est le plus grand des quatre genres de paresseux terrestres qui vivaient en Amérique du Nord à la fin du Pléistocène La plupart de cette faune a survécu à l’apogée
de la dernière glaciation, il y a Sur les 35 genres disparus, 9 ont existé avec certitude après 12 000 ans dont le cheval, le chameau, le mammouth et le mastodonte.
Ci-dessus: Le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) était jusqu'à 10% plus gros que le lion africain actuel. Les mâles étaient dépourvus de crinière. Heinrich Harder (vers 1920). Licence La théorie la plus connue est celle de Paul S.Martin qui
souligne que ces extinctions ont coïncidé avec l’apparition
des chasseurs Clovis, il y a 11 500 ans. Cependant, on a retrouvé uniquement des ossements de mastodontes
et de mammouths qui furent tués par l’homme.
Æpycamelus ou chameau-girafe. Cet animal vivait en Amérique du Nord au Miocène Aujourd’hui, on favorise la thèse du changement climatique et donc d’une modification radicale de l’environnement qui a marqué la fin du Pléistocène sur ce continent. Stenomylus était un petit camélidé primitif aux énormes molaires On ne peut nier que l’activé humaine a eu un impact. On peut dire que ces chasseurs ont infligé le « coup de grâce » à des populations déjà en voie d’extinction, notamment le mammouth.
Squelette de mammouth Mais qu’en est-il des autres espèces ? On sait que le grand bison a survécu au moins 3 000 ans après la disparition des chasseurs Clovis. Le groupe des équidés a beaucoup évolué
en Amérique du Nord à partir de l’Eocène.
Les chevaux sont devenus plus grands et plus adaptés à
la course. Le cheval moderne est originaire d’Amérique
du Nord. Les camélidés ont eux aussi évolué à partir de l’Amérique du Nord.
Lorsque cette population pénétra en Amérique
du Nord, elle trouva des animaux gigantesques qu’aucun homme
n’avait encore chassés.
Réplique d'une pointe de projectile Clovis Dans toute l’Amérique du Nord, des sites d’abattage de mammouths ont été retrouvés.
Ci-dessus: Site d'Olsen-Chubbuck a livré les squelettes de plus de 200 grands bisons du Pléistocène. Ces animaux ont été tué dans la ruée qui les a précipités dans un arroyo étroit et profond, il y a environ 10 000 ans Les armes des chasseurs Clovis se caractérisent par les pointes des projectiles qui possèdent des cannelures spécifiques.
Deux pointes Clovis A Colby, dans le Wyoming, des mammouths ont été repoussés dans un cul-de-sac. Deux entassements d’os sur deux niveaux prouvent une activité humaine. Une pointe cannelée a été retrouvée dans une des cages thoraciques. Les multiples entassements évoquent des réserves de viande. Ils devaient être recouverts de neige pour être conservés.
Site de Colby. Vestiges d'une cache de viande Des caches d’armes ont également été découvertes dont en 1968, une cache qui contenait plus de 100 armes et outils.
La culture Folsom apparut il y a 10 900 ans juste après
la culture Clovis et dura environ 600 ans. Fragments de squelette d'un bison mélangés avec une pointe Folsom Ces hommes étaient de très habiles fabricants d’outils lithiques. Ils aimaient particulièrement travailler l’os pour en faire des objets décoratifs et des outils. Les cannelures des pointes semblent plus sophistiquées que celles de la culture Clovis.
Pointe de projectile Folsom
Les gisements d’os résultant d’abattages, dépeçages
et découpages de bisons ont été découverts
un peu partout.
Site d'abattage de bisons. On voit bien les arroyos ainsi que les obstacles naturels qui formaient des pièges Le site de Lipscomb Bison Quarry a livré les squelettes d’au moins 14 bisons d’une espèce disparue, mélangés à des pointes Folsom.
Ossements de bisons après l'abattage dans le piège de la dune du site de Casper Un autre site, au nord-est du Nouveau Mexique, a livré les restes de plus de 30 bisons abattus.
Arroyo de Wild Horse L’analyse des divers sites a prouvé que les chasseurs paléoindiens ont tué des petits troupeaux de bisons pendant près de 3 000 ans. Les groupes de chasseurs campaient à côté du site d’abattage. Apparemment, ils vivaient dans de petites habitations similaires aux tipis des indiens.
La culture Goshen serait plus ancienne que celle de Folsom. Certains
objets remonteraient à environ 11 000 ans.
Pointe de projectile Goshen On ne connaît pas l’interrelation entre ces trois cultures. Cependant, les datations au carbone 14 indiquent que les chasseurs Clovis parvinrent en Amérique du Nord il y a environ 11 000 ans et que les cultures Goshen et Folsom apparurent rapidement.
On peut dire que les Paléoindiens étaient de petits groupes nomades d’Homo sapiens surtout préoccupés par leur survie au quotidien. Il ne faut pas oublier que ces peuples entraient en conflit direct avec les grands carnivores de l’époque. Ils devaient en permanence protéger leurs réserves de nourriture des charognards et des rongeurs. On sait que les ressources principales provenaient de la chasse.
Mais, la collecte de plantes comestibles par les femmes était
également importante. Chaque groupe comptait 20 à 50 membres organisés en 4 à 10 cellules familiales. Les groupes de chasseurs entretenaient des relations particulières avec le monde animal. La chasse s’accompagnait de rites effectués par un Chaman. Ces sociétés ont survécu pendant des milliers d’années grâce à leur esprit communautaire. Le stockage de viande profitait à tous en période de disette. Ils ont su s’adapter à un climat rigoureux et faire perdurer leur civilisation. V.B (03.2004) |


