Les pachycéphalosaures
« lézards à la tête
épaisse » constituent un groupe de
dinosaures étranges qui vivaient au Crétacé.
Ces dinosaures herbivores bipèdes sont
mal connus car on a retrouvé essentiellement
des crânes.
Les paléontologues ont divisé les
pachycéphalosauridés en deux sous-familles
:
Les « têtes plates
» au sommet du crâne aplati comme
homalocephale
Les « têtes
en forme de dôme » au sommet du
crâne bombé comme pachycephalosaurus
La découverte des pachycéphalosaures
L’historique de la découverte des pachycéphalosaures
est inhabituel. Les premiers restes probables de ce groupe découverts
par Ferdinand Hayden consistent en une dent unique provenant de
la formation géologique de la Judith River, dans le Montana.
Cette dent était aplatie, légèrement incurvée
et possédait des bords crénelés.
Elle fut décrite en 1856 par Joseph Leidy et l’animal
qu’elle représentait fut baptisé Troödon
formosus (Troödon : la dent qui blesse).
Leidy pensa qu’il s’agissait d’un grand varan
ou d’un reptile carnivore disparu.
D’autres restes de ce reptile furent trouvés en 1902
en Alberta par Lawrence Lambe qui mentionna des dents similaires
; en 1905, d’autres furent trouvés au Wyoming par John
Bell Hatcher.
Hatcher fut le premier à dire que ces dents avaient appartenu
à un dinosaure plutôt qu’à un grand lézard.
Le fait que Troödon ne fut connu que par ses dents fut la source
de bien des confusions.
Lambe décrivit, en même temps que les dents de Troödon,
deux fragments de crâne auxquels il donna le nom de Stegoceras
« au toit de corne ».
Ces fragments étaient inhabituellement épais et on
les attribua à un cératopsien. Puis, Hatcher reconnut
que ces fragments étaient si différents de ceux des
dinosaures connus que cela justifiait la création d’une
nouvelle famille.
Lambe proposa de faire de Stegoceras et de cette famille un genre
lointainement apparenté aux Stégosauridés.
Illustration d'un combat entre deux
Stegoceras
C’est en 1924 que grâce à de nouveaux fossiles,
on put commencer à y voir plus clair mais les pachycéphalosaures
n’étaient toujours pas reconnus.
Il fallut attendre les années 1930 et surtout 1940 pour que
de nouveaux fossiles nous rapprochent de la vérité.
En fin de compte, William Winkley découvrit en 1940, dans
le Montana, un crâne quasi complet qu’il baptisa Pachycephalosaurus.
Crâne de Pachycephalosaurus
Depuis, on a découvert de nombreux crânes plus ou
moins complets mais le reste du corps est méconnu. Les reconstitutions
ont été effectuées en faisant des comparaisons
avec les restes de Stegoceras.
Jusqu’en 1945, les restes fossiles étaient regroupés
sous le nom de Troödontidés puis on a créé
la famille des Pachycephalosauridae.
Des confusions peuvent être faites même aujourd’hui.
En effet, la grande difficulté des paléontologues
est d’arriver à reconstituer un animal à partir
de quelques fragments. Par exemple, Majungatholus « le dôme
de Majunga » a été découvert à
Madagascar. Il a tout d’abord été classé
comme un nouveau pachycéphalosaure d’après les
restes de l’arrière de son crâne très
épais. Il était assez curieux de découvrir
cette famille à cet endroit. En 1999, des paléontologues
ont extrait un crâne entier de près de un mètre
de long.
Ils s’aperçurent alors que Majungatholus avait des
dents tranchantes dignes d’un carnivore. C’était
en fait un redoutable prédateur long de 8 à 9 m et
absolument pas un paisible pachycéphalosauridé.
Caractéristiques des Pachycéphalosaures
Ces dinosaures avaient un front haut et une calotte crânienne
massive, composée d’os très épais. Certaines
espèces présentaient également des formations
osseuses, collerettes, protubérances et épines derrière
et sur les côtés de la tête, et parfois sur le
museau.
On a retrouvé un nombre considérable de fossiles
à travers le monde : Amérique du Nord, Europe, Asie
et même à Madagascar.
Ces dinosaures avaient des dents incurvées, légèrement
pointues, à l’avant de la bouche. Ils possédaient
également un bec.
Moulage du crâne de Stegoceras
(British Museum)
La collerette osseuse à l’arrière du crâne
est l’un des caractères commun à tous les fossiles
retrouvés. Cette collerette était aussi présente
chez les cératopsiens. C’est la raison pour laquelle,
les pachycéphalosaures et les cératopsiens ont été
réunis dans un même groupe : Marginocephalia.
Les Pachycéphalosaures dans le monde
En Amérique du Nord, à
part Pachycephalosaurus, il existe plusieurs autres espèces
moins connues.
Stygimoloch « Démon de
la rivière de Hadès » n’est connu que
par des fragments de la partie postérieure de son crâne.
Il présente des cornillons très développés
qui devaient former un groupe de cornes de chaque côté
du toit crânien bombé.
Il mesurait environ 2,50 m de long.
Illustration deStygimoloch
Stegoceras est l’un des rares
pachycéphalosaures dont on a retrouvé des crânes
mais aussi d’autres éléments du squelette. La
partie postérieure de la queue était rigide. A sa
base, se trouvait une grande cavité dont on ignore la fonction.
Sa taille est estimée à 2 m de long. Il vivait au
Crétacé supérieur.
Reconstitution de Stegoceras
En Europe, c’est sur l’île
de Wight, en Angleterre que des restes de pachycéphalosaures
ont été découverts.
Yaverlandia « de la pointe de
Yaverland » est pour l’instant le plus ancien des pachycéphalosauridés.
Il vivait au Crétacé inférieur.
On ne connaît que le sommet de sa calotte crânienne,
caractérisée par la présence de deux petits
dômes. Il devait mesurer moins de 1,50 m de long.
En comparant ce petit fragment avec celui d’Hypsilophodon,
Peter Galton suggéra que les pachycéphalosaures pouvaient
avoir évolué à partir de petits ornithopodes
bipèdes.
En Asie, Mongolie et Chine, plusieurs
nouveaux genres sont apparus ces dernières années
dont au moins quatre en Mongolie : Prenocephale, Tylocephale, Homalocephale
et Goyocephale.
Tylocephale qui mesurait environ 2,50
m de long vivait au Crétacé supérieur. Son
dôme crânien est le plus haut que l'on connaisse. L'épaisseur
de ce crâne dépasse 13 cm. On en connaît que
la partie arrière du crâne. Ce dinosaure a été
décrit en 1974. Il vivait dans un environnement semi-aride
où dunes de sable alternaient avec cours d'eau.
Illustration de Tylocephale
Homalocephale
"tête plate" ne possède pas la calotte crânienne
bombée de Prenocephale ou Tylocephale. Par contre, lui aussi,
montre des petites rangées de protubérances osseuses
sur les faces latérales du crâne.
Vue dorsale du crâne d'Homalocephale
calathocercos. Les deux ouvertures visibles à l'arrière
servaient à l'ancrage des muscles des mâchoires
Prenocephale « tête en
pente » mesurait environ 2 m de long et vivait au Crétacé
supérieur.
La collerette osseuse à l’arrière du crâne
est moins marquée que chez les autres espèces. Son
crâne présente de nombreuses rangées de petites
protubérances ou ossicules. Les sédiments où
ses restes ont été trouvés indiquent qu'il
habitait au bord des rivières, dans un climat chaud et assez
humide. Les variations saisonnières étaient marquées.
Crâne de Prenocephale
La Chine possède Wannanosaurus « lézard de
Wannan » et Micropachycephalosaurus « minuscule lézard
à la tête épaisse » qui sont tous deux
à tête plate.
Pourquoi un crâne aussi proéminent
?
Plusieurs théories ont été émises.
Pour certains, ces dinosaures avaient un mode de vie similaire aux
chamois. Ils vivaient en troupeaux et les mâles s’affrontaient
en se donnant de grands coups de tête.
Cependant, pour les espèces « à tête
bombée », on peut être sceptique. En effet, avec
des crânes arrondis, ces derniers devaient glisser l’un
contre l’autre lors du choc.
Peut-être s’en servaient-ils pour charger les prédateurs
?
Ils pouvaient également servir d’ornement lors des
parades sexuelles. Toutes les hypothèses sont plausibles.