L’ours brun est l’un des mammifères
terrestres les plus impressionnants qui soient.
Parmi les nombreuses espèces d’ours
bruns, le grizzli est sans aucun doute celui qui
a le plus fasciné l’homme. En France,
l'ours des Pyrénées qui est également
une sous-espèce d'ours brun, est devenu tristement
célèbre à cause de la mort
de Cannelle, la dernière représentante
de la lignée.
La légende de l’ours
Selon la légende, Artémis aurait transformé
la nymphe Callisto en ourse, que Zeus aurait alors changée
en constellation.
Nos ancêtres ont toujours associé l’ours au culte
de la chasse et de la fertilité. Il existe de nombreuses
représentations rupestres d’ours mais aussi des sanctuaires
d’ossements, à travers l’Europe.
Selon les cultures, l’ours est admiré ou craint. La
plupart des tribus indiennes attribuent à l’ours des
pouvoirs magiques et bienfaiteurs.
Par contre, une légende indienne d’Amérique
du Nord véhicule une image opposée. Lentix’teux,
une divinité mi-homme, mi-chien rencontra sur sa route des
animaux sauvages à qui elle inculque qu’il ne faut
pas nuire aux hommes.
Elle devait rencontrer l’ours mais celui-ci ne se montra pas.
C’est pourquoi, selon le mythe, l’ours serait l’ennemi
le plus dangereux de l’homme.
La famille des ursidés
Les premiers ours sont apparus en Europe dès le miocène,
il y a 10 à 15 millions d’années. La famille
des ursidés comprend actuellement 8 espèces :
L’ours brun d’Eurasie (Ursus arctos), appelé
Grizzli en Amérique du Nord
L’ours noir (Ursus americanus) qui vit également
en Amérique du Nord
L’ours polaire (Ursus maritimus)
L’ours à collier (Ursus thibetanus)
L'ours lippu (Ursus ursinus) ou ours paresseux, ours de miel,
ours jongleur, ours à longues lèvres
L’ours malais ou ours des cocotiers (Ursus malayanus)
est le plus petit ursidé . Il vit dans l’Asie du
Sud-Est
L’ours à lunettes (Tremarctos ornatus) qui vit
en Amérique du Sud
Le panda géant ou Grand Panda (Ailuropoda melanoleuca)
L’espèce des ours bruns se décline à
son tour en de nombreuses sous-espèces
dont les caractères morphologiques varient
énormément.
Un grizzli
très à son aise . By Windsors ChildLicence
Pendant longtemps, les taxinomistes ont répertoriés
plus de 230 espèces et sous-espèces d’ours bruns.
Aujourd’hui, les scientifiques s’accordent pour ne reconnaître
qu’une seule espèce, l’Ursus arctos. Par contre,
ils sont toujours divisés sur le nombre exact de sous-espèces.
Parmi les sous-espèces reconnues, on peut citer l’ours
Kodiak (Ursus arctos middendorffi), l’ours brun d’Eurasie
(Ursus arctos arctos), le Grizzli des Rocheuses (Ursus arctos horribilis)
.
L’habitat de l’ours brun
Ursus arctos parvint à occuper la majorité de l’Europe,
du nord de l’Asie jusqu’au sud du centre du Mexique.
Lorsque le détroit de Béring forma un pont, il occupa
la moitié de la partie ouest de l’Amérique du
Nord.
Mais, depuis l’ours brun a été repoussé
hors du Mexique et hors de la plupart des 48 états
limitrophes des Etats-Unis.
Il n’occupe aujourd’hui que 1% de
son territoire originel. Une population d’individus
est regroupée le long de la frontière
entre le Canada et les Etats-Unis ainsi que dans
le parc national de Yellowstone. En Amérique
du Nord, son domaine se réduit à
l’Alaska, au Yukon, à la Colombie-Britannique
et à l’Alberta.
L’ours brun d’Europe (Ursus arctos arctos) est présent
de la Scandinavie aux confins de la Sibérie, en passant par
les Pyrénées et l’ex-Yougoslavie. Le dernier
ours des Alpes françaises a été capturé
en 1937 à Villard-de-Lans dans le Vercors.
Le Japon bénéficie de la présence
de plus de 3 000 ours bruns (Ursus arctos higuma)
vivant principalement dans l’île d’Hokkaido.
L’île Kodiak en Alaska abrite l’ours qui a pris
le même nom. L’ours Kodiak est plus puissant que le
grizzli.
Portrait des ours bruns
Tous les ours se distinguent par leur corps massif, leur queue
courte et leur marche plantigrade. Ils possèdent cinq doigts
à chaque membre, tous pourvus de griffes puissantes et non
rétractiles.
Patte d'un Grizzli
Leur denture est adaptée à leur régime omnivore.
Ils varient beaucoup de taille. Le poids peut varier de 70 kg à
peine à plus de 750 Kg.
Le plus petit ours brun se rencontre en Europe du sud et le plus
imposant dans l’île Kodiak en Alaska.
En station bipède, le Kodiak peut atteindre 3,60 m de haut.
Comme tous les ours, l’ours brun aime la solitude. Chacun
son domaine, telle est sa devise. C’est un adepte de la tranquillité
qui choisit son territoire en fonction du couvert forestier et de
la nourriture qu’il recèle.
Craintifs, ils évitent les hommes, comme dans les Pyrénées
où pour ne pas être dérangés dans leurs
déplacements, ils ont adopté des mœurs nocturnes.
Il creuse une petite caverne ou piétine simplement la végétation
pour se faire un petit nid douillet. C’est
un grand dormeur.
Les rares rassemblements d’ours ont lieu
dans les endroits où la nourriture est
abondante, comme sur les rives des torrents d’Amérique
du Nord où ils viennent pêcher le
saumon l’été.
Lorsqu’ils sont ensemble, les ours bruns s’évitent.
Ils semblent respecter un certain ordre hiérarchique qui
consiste surtout à respecter le plus fort.
Ils ne cherchent pas à communiquer avec leurs congénères.
Leur visage est d’ailleurs peu expressif, probablement à
cause de leur mauvaise vue.
L’alimentation des ours bruns
Alors que la plupart des carnassiers ont limité leur alimentation
à des proies fraîches, toutes les espèces d’ours
à part le Grand Panda se sont adaptés progressivement
à un régime omnivore : herbes, noix, baies, poissons,
insectes, charognes et mammifères.
Opportunistes avant tout, les ours bruns saisissent toutes les
occasions. Les grizzlis qui résident dans les parcs nationaux
sont responsables de nombreux larcins. Outre le fait qu’ils
pillent les poubelles, ils s’introduisent dans les chalets
pour piller les placards ou arrachent les portières des voitures
pour inspecter l’intérieur à la recherche de
friandises.
Hormis ces hauts faits qu’on leur pardonne volontiers, les
végétaux, surtout les racines et
les fruits, représentent 70 à 80%
de leur nourriture.
Un ours brun consomme en moyenne entre 10 et 20
kg de nourriture.
Ce grizzli
vient de voir une marmotte . By MaharogersLicence
L’ours brun ne dédaigne pas pour autant la viande.
Avec ses griffes, il déloge dans les terriers les petits
mammifères. Mais, sa puissance lui permet également
de chasser les grands cervidés comme le caribou.
L’hibernation
L’ours emmagasine des réserves de graisse avant l’hiver.
Il peut prendre alors jusqu’à 14 kg par semaine. Il
faut dire qu’il est prévoyant car il peut perdre jusqu’à
200 kg selon son poids initial au cours de son hivernage.
Une fois installé dans sa tanière, ses intestins
vidés, il ne sortira ni pour boire, déféquer
ou uriner.
Il n’hiberne pas à proprement parler.
La température de son corps ne chute pas
à moins de 5°C de la normale. Il se
réveille souvent au cours de l’hivernage.
Les jeunes
ours bruns aiment grimper dans les arbresLicence
Mais, il n’hiberne que quand la nature ne lui offre plus
suffisamment de nourriture. C’est pourquoi, dans les pays
au climat plus clément, il ne se retire pas du tout dans
sa retraite.
Le réveil de l’ours brun est fréquemment entrecoupé
de réveils. Si la température se radoucit, il peut
se lever pour trouver de quoi se nourrir.
C’est dans cette période qu’il commet le plus
de dégâts dans les fermes. Affaibli, il ne peut chasser
et se rabat donc sur des proies plus faciles.
La reproduction
L’ourse met bas l’hiver, blottie dans sa tanière.
Mère et petits ne pointeront leur museau dehors qu’aux
premiers jours du printemps.
Du printemps jusqu’à la fin de l’été,
les mâles errent sur les territoires occupés par les
femelles.
Les ourses en chaleur se font rares car leur cycle de réceptivité
n’est pas annuel. Il faut parfois qu’elles attendent
trois ans pour être à nouveau fécondes.
L’œuf ne s’implante
pas immédiatement dans la paroi de l’utérus.
Il reste en repos jusqu’à l’automne.
A ce moment là, la femelle est entrée
en hibernation dans sa tanière. Si elle
ne dispose pas de suffisamment de graisse pour
subsister tout l’hiver, les œufs seront
absorbés par l’organisme.
Si tout se passe bien, elle mettra bas deux mois plus tard. En
janvier ou février, naissent ainsi de minuscules embryons.
Les petits, au nombre de 2 en moyenne, pèsent moins de 400
grammes. Ils sont aveugles et sourds.
Au bout de 3 à 4 mois, ils pèsent quelques kilos
grâce au lait très nutritif et sont recouverts d’une
épaisse fourrure.
Les ours bruns commettent souvent des infanticides. En éliminant
les oursons, le mâle se prémunit
de futurs rivaux pour la reproduction et rend
la femelle rapidement réceptive.
Les jeunes sont très vulnérables
et meurent souvent de froid avant leur première
année. Pour la mère, c’est
une surveillance de tous les instants et elle
est prête à risquer sa vie pour protéger
ses petits.
Au cours de leurs
deux premières années, les jeunes
apprennent à chasser et à survivre.
Ils peuvent ensuite quitter le cocon familial.
En liberté, un ours vit en moyenne 20 ans
et en captivité 40 ans.
La tradition inhumaine des Ours "dansants"
Le samedi 5 juin 2004, la Fondation Brigitte Bardot
et l'Association autrichienne Vier Pfoten, ont
inauguré l'une des plus grande structure
d'accueil pour ours en Europe.
Deux jeunes
grizzli en train de jouer . By MaharogersLicence
Les techniques de dressage des ours qui participaient à
de nombreux spectacles dans les pays slaves étaient particulièrement
cruelles :
- Dès l’âge de 4 mois, l’ourson est placé
sur des braises ardentes pour apprendre à se redresser sur
ses pattes arrières et garder la position debout laquelle,
dans la nature, n’est adoptée qu’en cas de curiosité.
- Vers 1 ou 2 ans, l’animal subit l’étape de
la ferrade :
Alors que l’ours est plaqué au sol, ses quatre pattes
entravées, un anneau en fer est introduit à vif dans
sa truffe, transperçant celle-ci de part en part.
Parallèlement, ses griffes sont arrachées, toujours
à vif, à l’aide d’une pince. Les dents
sont limées voire, parfois, arrachées.
- La pitance quotidienne de l’animal se résume à
un mélange de pain, de lait et de sucre.
- Afin de stopper les hémorragies, d’éviter
les infections et de favoriser la cicatrisation, les plaies sont
aspergées de vodka ou de schnaps puis recouvertes de braises.
Face à ce concentré de souffrance, l’animal
n’a plus d’autres possibilités que se soumettre
à son dresseur et exécuter les tours demandés.