Le ouistiti : un singe du Nouveau Monde
Les
singes du Nouveau Monde, plus précisément
ceux vivant en Amérique Centrale et en
Amérique du Sud, se répartissent
en deux familles :
- Les Cebidae : saïmiris, sapajous,
singes hurleurs

Sapajou capucin
ou singe capucin (Cebus capucinus) . By g-na Licence
- Les
Callitrichidae: Genres: Callimico, Callithrix, Leontopithecus, Saguinus. (ouistiti, tamarin-lion, tamarin)

Tamarin empereur
(Saguinus imperator). By Tim Ellis Licence
Le
tamarin de Goeldi (Callimico goeldi) est classé
dans un genre à part, Callimico,
dont il constitue la seule espèce. En effet,
contrairement aux autres ouistitis et tamarins,
il possède 36 dents au lieu de 32. Il pèse
400 à 530 g. Ce tamarin vit dans les forêts
du Brésil, de Bolivie, du Pérou
et de Colombie. Il est à noter que la femelle
ne met au monde qu'un seul petit à la fois.
De plus, les mâles s'impliquent peu dans
l'éducation des petits.

Tamarin de Goeldi
. By Lemai 13 Licence
Minuscules
singes arboricoles, les Callitrichidae
vivent essentiellement en Amérique du Sud.
Avec leur fin pelage soyeux, leur longue queue
et toute une gamme de touffes, de crêtes,
de crinières ou de moustaches, cette famille
comporte les singes les plus colorés du
monde.

Ouistiti argenté
(Callithrix argentata). By Lil Butcher Licence
Cette
famille présente des caractères
extrêmement particuliers qui la distinguent
nettement des autres primates :
- Monogamie
- Grossesses
gémellaires (les petits naissent par
deux)
- Soins
prodigués par les pères à
leur progéniture
- Vie
en groupes sociaux importants
Les
Callitrichidae se distinguent des Cébidés
par la possession de griffes à tous les
doigts, sauf au gros orteil, pourvu d’un
ongle.
C’est
parmi cette famille que l’on trouve l’un
des plus petits singes du monde : le ouistiti
mignon (Callithrix pygmaea) qui ne dépasse
pas 25 cm pour moins de 150 grammes.

Ouistiti pygmée
ou mignon. By Marko K Licence
Le record est tenu par le galago de Demidoff,
un prosimien, qui pèse 100 grammes.
Parmi
les huit espèces de ouistitis, les plus
répandus sont :
- Le
ouistiti à toupet blanc ou ouistiti commun
(Callithrix jacchus) qui vit dans le Nord-Est
du Brésil
- Le
ouistiti argenté (Callithrix argentata)
qui vit en Amazonie brésilienne et bolivienne
- Le
ouistiti de Geoffroy (Callithrix geoffroyi)
qui vit dans l’est du Brésil
- Le
ouistiti à tête jaune (Callithrix
flaviceps) qui vit dans l’est du Brésil
- Le
ouistiti pygmée (Callithrix pygmaea)
également appelé ouistiti mignon
ou marmouset qui vit au Pérou, en Equateur et au Brésil
Les petits vampires de la forêt
Fruits
ou petites proies, les puissantes mâchoires
des ouistitis s’accommodent de la diversité.
La forêt équatoriale leur fournit
un aliment de choix : les gommes.
Petits vampires arboricoles, ils plantent leurs
incisives dans les troncs.
Ce
sont les seuls primates à pratiquer régulièrement
des incisions dans les arbres gommeux. Leurs incisives
développées ont la forme d’une
gouge de menuisier : outil courbe, à bout
tranchant et creusé d’un canal.
Les ouistitis plantent leurs incisives dans l’écorce
et « gougent » de bas en haut, produisant
un trou ovale d’un diamètre de 2
à 3 cm et pouvant aller jusqu’à
15 cm de long.
Le
ouistiti mignon passe jusqu’à 2/3
de son temps d’alimentation à racler
les arbres.

By Joachim
S.Müller Licence
Ces
sécrétions résineuses sont
riches et très appréciées
de tous les ouistitis. C’est pourquoi, les
différentes espèces n’occupent
jamais les mêmes aires forestières
et évitent ainsi la concurrence.
Les
ouistitis sont très friands d’insectes.
Avec divers fruits tendres, ces deux aliments
constituent la base de leur menu.

Tamarin lion doré (Leontopithecus
rosalia). By Jan Tik Licence
Ils
ont une manière particulière de
tuer leurs proies. Ils tiennent fermement l’insecte
par le cou et percent sa boîte crânienne
d’une morsure rapide.
Cette technique de chasse n’est pas innée
mais due à un apprentissage en observant
les adultes.
Un singe arboricole
Souples
et légers, les ouistitis bondissent de
branche en branche. Contrairement à de
nombreux primates arboricoles, ouistitis et tamarins
n’ont pas de pouce opposable. De ce fait,
ils ne peuvent s’accrocher aux grosses branches.
Mais grâce à leur faible poids, ils
sautillent vers la cime des arbres où ils
vont s’agripper aux branches les plus fines
à l’aide de leurs quatre pattes griffues.

Ouistiti de Geoffroy.
By Brunkford braun Licence
Dans
la forêt chaude et humide d’Amazonie,
où les cimes des arbres atteignent 10 mètres,
toute une végétation intermédiaire
se développe.
C’est là que les ouistitis trouvent
l’essentiel de leur nourriture.

By Sarah
and Lain Licence
Bien
que dépourvus de queue préhensile,
les ouistitis comptent parmi les primates les
mieux adaptés à la vie arboricole.
Ils foulent à peine le sol. Les arbres
leur servent de site de repos, de garde-manger
mais leur fournissent aussi une protection contre
les prédateurs.
Des barrières infranchissables
La
forêt amazonienne n’est pas un gigantesque
espace uniforme. Elle est traversée de
chaînes de montagnes, de forêts sèches
et même de terres désertiques.
Ces
habitats sont de piètre qualité
pour les ouistitis.

Ouistiti
argenté (Callithrix argentata). By Rehavish
Licence
De
même, ils peuvent difficilement traverser
les fleuves et en tout cas, détestent l’eau.
C’est pourquoi une espèce particulière
peut coloniser une berge du fleuve tandis que,
sur la rive opposée, vivent des ouistitis
d’un tout autre type.
La
diversité des espèces au sein des
Callitrichidae et leur répartition
discontinue s’expliquent donc entièrement
par les transformations du milieu ambiant.
Une vie communautaire
Ces
singes vivent par petits groupes très hiérarchisés,
au sein desquels la toilette collective et la
protection du territoire constituent des activités
sociales rituelles.
Ces
petits groupes familiaux de 12 à 15 individus
sont dirigés par un seul couple dominant.
En captivité, ils préfèrent
pourtant vivre en couple.

Ouistiti
pygmée . By Kevin Sanjvanislands
Licence
Le
mâle plus âgé qui conduit le
groupe dispose d’un droit de préséance
sur la nourriture. Les mâles adultes et
mariés se dirigent en premier vers les
insectes ou les fruits. Puis, c’est au tour
des épouses après lesquelles les
jeunes mâles non mariés peuvent manger,
et enfin les femelles non mariées et les
juvéniles.
Les
ouistitis marquent leur rang social par des gestes
d’intimidation ou un comportement dominateur.
Par exemple, les mâles dominants tournent
le dos aux autres mâles et lèvent
la queue en montrant leurs organes génitaux.
Les ouistitis mâles ont d’ailleurs
un scrotum souvent coloré pour souligner
leur « carte de visite ».

By Joachim
S.Müller Licence
L’épouillage
mutuel ou « grooming » est le comportement
social le plus évident. Il assure la cohésion
entre membres et conforte la hiérarchie.
Il limite également l’agressivité
des ouistitis.
Un bon « groomer » est très
convoité par les autres membres.
La défense du territoire et la
communication
Le
ouistiti est très territorial. Les femelles
sont particulièrement agressives à
l’encontre des groupes rivaux. La taille
du territoire varie selon les espèces :
5 000 m² maximum pour le ouistiti mignon
et de 10 à 40 hectares pour les autres
ouistitis.

Ouistiti pygmée.
Licence
Le
marquage du territoire s’effectue en émettant
des sécrétions issues de glandes
logées dans la gorge et la région
génitale.
Le marquage s’opère notamment lors
de l’incision des troncs.
Une
communication orale, à base de cris suprasoniques
inaudibles à l’oreille humaine, complète
les marques territoriales.
En
cas de rencontre entre groupes rivaux, les ouistitis
se lancent dans diverses poursuites et parades.
La reproduction du ouistiti
Fait
unique chez les singes, tous les membres du groupe
prennent soin des jumeaux et de leurs parents.
Le père porte les nouveau-nés sur
son dos.
Seul
le couple dominant et monogame peut se reproduire.
La femelle met au monde dans 90% des cas des jumeaux.
Le couple peut s’accoupler toute l’année.
La gestation dure cinq mois environ. Les jumeaux,
non identiques, naissent deux fois dans l’année.

Un bébé
ouistiti. By Leo Reynolds Licence
Les
petits ont un poids élevé, entre
20 et 25%, de celui de la mère.
Quand
les jeunes atteignent 7 à 10 jours, le
père les porte sur son dos jusqu’à
l’âge de 6 ou 7 semaines. Les petits
tètent leur mère durant 15 à
30 minutes toutes les 2 ou 3 heures. C’est
le seul moment où elle prend les petits
avec elle.
Ce sont les autres mâles qui aident au transport,
au nourrissage et aux jeux des jumeaux.

Un couple de tamarin
empereur. By Joachim S.Müller
Licence
A
partir de 3 semaines, les jeunes commencent à
explorer leur environnement. Dès 4 semaines,
ils mangent des aliments tendres bien qu’ils
ne soient pas encore sevrés.
Ils
atteindront leur taille adulte à 2 ans.
Le ouistiti à toupets blancs ou
ouistiti commun
C’est
le singe le plus domestiqué au monde. Chaque
année, c’est par milliers qu’on
les capture. Ils sont envoyés en Europe, en Amérique
du Nord et en Asie.
Des
conventions internationales ont été
instaurées pour empêcher ce commerce
massif et protéger les espèces.

By Ennor
Licence
Ce
ouistiti se reconnaît à ses longues
touffes de poils blancs (les toupets) sur les
oreilles. Il possède également une
flamme blanche sur le front.
Très
actif, il se déplace sur les branches avec
une agilité d’écureuil. C’est
le plus répandu parmi toutes les espèces.
Sa vision binoculaire, assez limitée, permet
cependant une bonne estimation des distances.
Il compense, comme tous les ouistitis, cette insuffisance
visuelle en tournant la tête sur les côtés.

By Madveggie
Licence
Le
ouistiti commun est en aucun cas un animal de
compagnie malgré le commerce dont il fait
l’objet.
Il
mesure de 18 à 20 cm pour un poids de 200
à 300 grammes.
Ouistitis en danger
Le
domaine vital des ouistitis, aussi bien que de
toutes les autres espèces vivant dans la
forêt amazonienne, ne cesse de se restreindre.
Ouistitis
et tamarins sont fortement menacés par
la destruction croissante des forêts. Les
petits-singes lions brésiliens sont au
seuil de l’extinction, victime du déboisement
et du trafic illégal.

Tamarin lion.
Licence
D’ailleurs,
si le déboisement se poursuit au même
rythme, l’Amazonie ne sera plus, dans 50
ans, qu’un immense désert.
Outre
les conséquences catastrophiques pour le
climat mondial, la faune, très riche, disparaîtra.
Actuellement,
les ouistitis du Sud et du Sud-Est du Brésil
risquent de disparaître rapidement si la
destruction du « poumon de la Terre »
n’est pas arrêtée.
V.B
(13.10.2005) M.à.J (05.2007)
Dossiers complémentaires
sur les Singes
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L'Orang-outan
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