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Ouistiti

Parmi tous les singes, le ouistiti est l’un des plus petits et des plus domestiqués au monde. Doté d’un pelage exceptionnellement coloré, ce singe a acquis très tôt une grande popularité. Pourtant, le ouistiti demeure assez mal connu.
En effet, cet habitant de l’inextricable forêt amazonienne est difficilement observable dans son milieu naturel. Il existe huit espèces de ouistitis, connues à ce jour. Cependant, il est probable que de nouvelles découvertes interviendront au fur et à mesure de l’exploration de l’immensité amazonienne.
En 1985, le primatologue suisse, Marco Schwartz, a découvert au Brésil, le ouistiti Rio Mauès.

Le ouistiti : un singe du Nouveau Monde

Les singes du Nouveau Monde, plus précisément ceux vivant en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, se répartissent en deux familles :

  • Les Cebidae : saïmiris, sapajous, singes hurleurs

Sapajou capucin ou singe capucin

Sapajou capucin ou singe capucin (Cebus capucinus) . By g-na . (CC BY-NC-ND 3.0)

  • Les Callitrichidae: Genres: Callimico, Callithrix, Leontopithecus, Saguinus. (ouistiti, tamarin-lion, tamarin)

Tamarin empereur

Tamarin empereur (Saguinus imperator). By Tim Ellis . (CC BY-NC-ND 3.0)

Le tamarin de Goeldi (Callimico goeldi) est classé dans un genre à part, Callimico, dont il constitue la seule espèce. En effet, contrairement aux autres ouistitis et tamarins, il possède 36 dents au lieu de 32. Il pèse 400 à 530 g. Ce tamarin vit dans les forêts du Brésil, de Bolivie, du Pérou et de Colombie. Il est à noter que la femelle ne met au monde qu'un seul petit à la fois. De plus, les mâles s'impliquent peu dans l'éducation des petits.

Tamarin de Goeldi

Tamarin de Goeldi . By Lemai 13 . (CC BY-NC-ND 3.0)

Minuscules singes arboricoles, les Callitrichidae vivent essentiellement en Amérique du Sud. Avec leur fin pelage soyeux, leur longue queue et toute une gamme de touffes, de crêtes, de crinières ou de moustaches, cette famille comporte les singes les plus colorés du monde.

Ouistiti argenté

Ouistiti argenté (Callithrix argentata). By Lil Butcher . (CC BY-NC-ND 3.0)

Cette famille présente des caractères extrêmement particuliers qui la distinguent nettement des autres primates :

  • Monogamie
  • Grossesses gémellaires (les petits naissent par deux)
  • Soins prodigués par les pères à leur progéniture
  • Vie en groupes sociaux importants

Les Callitrichidae se distinguent des Cébidés par la possession de griffes à tous les doigts, sauf au gros orteil, pourvu d’un ongle.

C’est parmi cette famille que l’on trouve l’un des plus petits singes du monde : le ouistiti mignon (Callithrix pygmaea) qui ne dépasse pas 25 cm pour moins de 150 grammes.

Ouistiti pygmée

Ouistiti pygmée ou mignon. By Marko K . (CC BY-NC-ND 3.0)

Le record est tenu par le galago de Demidoff, un prosimien, qui pèse 100 grammes.

Parmi les huit espèces de ouistitis, les plus répandus sont :

  • Le ouistiti à toupet blanc ou ouistiti commun (Callithrix jacchus) qui vit dans le Nord-Est du Brésil
  • Le ouistiti argenté (Callithrix argentata) qui vit en Amazonie brésilienne et bolivienne
  • Le ouistiti de Geoffroy (Callithrix geoffroyi) qui vit dans l’est du Brésil
  • Le ouistiti à tête jaune (Callithrix flaviceps) qui vit dans l’est du Brésil
  • Le ouistiti pygmée (Callithrix pygmaea) également appelé ouistiti mignon ou marmouset qui vit au Pérou, en Equateur et au Brésil

Les petits vampires de la forêt

Fruits ou petites proies, les puissantes mâchoires des ouistitis s’accommodent de la diversité. La forêt équatoriale leur fournit un aliment de choix : les gommes.
Petits vampires arboricoles, ils plantent leurs incisives dans les troncs.

Ce sont les seuls primates à pratiquer régulièrement des incisions dans les arbres gommeux. Leurs incisives développées ont la forme d’une gouge de menuisier : outil courbe, à bout tranchant et creusé d’un canal.
Les ouistitis plantent leurs incisives dans l’écorce et « gougent » de bas en haut, produisant un trou ovale d’un diamètre de 2 à 3 cm et pouvant aller jusqu’à 15 cm de long.

Le ouistiti mignon passe jusqu’à 2/3 de son temps d’alimentation à racler les arbres.

Ouistiti

Le ouistiti possède de puissantes mâchoires. By Joachim S.Müller . (CC BY-NC-ND 3.0)

Ces sécrétions résineuses sont riches et très appréciées de tous les ouistitis. C’est pourquoi, les différentes espèces n’occupent jamais les mêmes aires forestières et évitent ainsi la concurrence.

Les ouistitis sont très friands d’insectes. Avec divers fruits tendres, ces deux aliments constituent la base de leur menu.

Tamarin lion doré

Tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia). By Jan Tik . (CC BY-NC-ND 3.0)

Ils ont une manière particulière de tuer leurs proies. Ils tiennent fermement l’insecte par le cou et percent sa boîte crânienne d’une morsure rapide.
Cette technique de chasse n’est pas innée mais due à un apprentissage en observant les adultes.

Un singe arboricole

Souples et légers, les ouistitis bondissent de branche en branche. Contrairement à de nombreux primates arboricoles, ouistitis et tamarins n’ont pas de pouce opposable. De ce fait, ils ne peuvent s’accrocher aux grosses branches.
Mais grâce à leur faible poids, ils sautillent vers la cime des arbres où ils vont s’agripper aux branches les plus fines à l’aide de leurs quatre pattes griffues.

Ouistiti de Geoffroy

Ouistiti de Geoffroy. By Brunkford braun . (CC BY-NC-ND 3.0)

Dans la forêt chaude et humide d’Amazonie, où les cimes des arbres atteignent 10 mètres, toute une végétation intermédiaire se développe.
C’est là que les ouistitis trouvent l’essentiel de leur nourriture.

Ouistiti

Le ouistiti est arboricole. By Sarah and Lain . (CC BY-NC-ND 3.0)

Bien que dépourvus de queue préhensile, les ouistitis comptent parmi les primates les mieux adaptés à la vie arboricole.
Ils foulent à peine le sol. Les arbres leur servent de site de repos, de garde-manger mais leur fournissent aussi une protection contre les prédateurs.

Des barrières infranchissables

La forêt amazonienne n’est pas un gigantesque espace uniforme. Elle est traversée de chaînes de montagnes, de forêts sèches et même de terres désertiques.

Ces habitats sont de piètre qualité pour les ouistitis.

Ouistiti argenté

Ouistiti argenté (Callithrix argentata). By Rehavish . (CC BY-NC-ND 3.0)

De même, ils peuvent difficilement traverser les fleuves et en tout cas, détestent l’eau. C’est pourquoi une espèce particulière peut coloniser une berge du fleuve tandis que, sur la rive opposée, vivent des ouistitis d’un tout autre type.

La diversité des espèces au sein des Callitrichidae et leur répartition discontinue s’expliquent donc entièrement par les transformations du milieu ambiant.

Une vie communautaire

Ces singes vivent par petits groupes très hiérarchisés, au sein desquels la toilette collective et la protection du territoire constituent des activités sociales rituelles.

Ces petits groupes familiaux de 12 à 15 individus sont dirigés par un seul couple dominant. En captivité, ils préfèrent pourtant vivre en couple.

Ouistiti pygmée

Ouistiti pygmée . By Kevin Sanjvanislands . (CC BY-NC-ND 3.0)

Le mâle plus âgé qui conduit le groupe dispose d’un droit de préséance sur la nourriture. Les mâles adultes et mariés se dirigent en premier vers les insectes ou les fruits. Puis, c’est au tour des épouses après lesquelles les jeunes mâles non mariés peuvent manger, et enfin les femelles non mariées et les juvéniles.

Les ouistitis marquent leur rang social par des gestes d’intimidation ou un comportement dominateur. Par exemple, les mâles dominants tournent le dos aux autres mâles et lèvent la queue en montrant leurs organes génitaux.
Les ouistitis mâles ont d’ailleurs un scrotum souvent coloré pour souligner leur « carte de visite ».

Tamarin lion

Tamarin lion . By Joachim S.Müller . (CC BY-NC-ND 3.0)

L’épouillage mutuel ou « grooming » est le comportement social le plus évident. Il assure la cohésion entre membres et conforte la hiérarchie. Il limite également l’agressivité des ouistitis.
Un bon « groomer » est très convoité par les autres membres.

La défense du territoire et la communication

Le ouistiti est très territorial. Les femelles sont particulièrement agressives à l’encontre des groupes rivaux. La taille du territoire varie selon les espèces : 5 000 m² maximum pour le ouistiti mignon et de 10 à 40 hectares pour les autres ouistitis.

Ouistiti pygmée

Ouistiti pygmée. © dinosoria (CC BY-SA 3.0)

Le marquage du territoire s’effectue en émettant des sécrétions issues de glandes logées dans la gorge et la région génitale.
Le marquage s’opère notamment lors de l’incision des troncs.

Une communication orale, à base de cris suprasoniques inaudibles à l’oreille humaine, complète les marques territoriales.

En cas de rencontre entre groupes rivaux, les ouistitis se lancent dans diverses poursuites et parades.

La reproduction du ouistiti

Fait unique chez les singes, tous les membres du groupe prennent soin des jumeaux et de leurs parents.
Le père porte les nouveau-nés sur son dos.

Seul le couple dominant et monogame peut se reproduire. La femelle met au monde dans 90% des cas des jumeaux.
Le couple peut s’accoupler toute l’année. La gestation dure cinq mois environ. Les jumeaux, non identiques, naissent deux fois dans l’année.

Bébé ouistiti

Un bébé ouistiti. By Leo Reynolds . (CC BY-NC-ND 3.0)

Les petits ont un poids élevé, entre 20 et 25%, de celui de la mère.

Quand les jeunes atteignent 7 à 10 jours, le père les porte sur son dos jusqu’à l’âge de 6 ou 7 semaines. Les petits tètent leur mère durant 15 à 30 minutes toutes les 2 ou 3 heures. C’est le seul moment où elle prend les petits avec elle.
Ce sont les autres mâles qui aident au transport, au nourrissage et aux jeux des jumeaux.

Un couple de tamarin empereur

Un couple de tamarin empereur. By Joachim S.Müller . (CC BY-NC-ND 3.0)

A partir de 3 semaines, les jeunes commencent à explorer leur environnement. Dès 4 semaines, ils mangent des aliments tendres bien qu’ils ne soient pas encore sevrés.

Ils atteindront leur taille adulte à 2 ans.

Le ouistiti à toupets blancs ou ouistiti commun

C’est le singe le plus domestiqué au monde. Chaque année, c’est par milliers qu’on les capture. Ils sont envoyés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

Des conventions internationales ont été instaurées pour empêcher ce commerce massif et protéger les espèces.

ouistiti à toupets blancs

Ouistiti à toupets blancs. By Ennor . (CC BY-NC-ND 3.0)

Ce ouistiti se reconnaît à ses longues touffes de poils blancs (les toupets) sur les oreilles. Il possède également une flamme blanche sur le front.

Très actif, il se déplace sur les branches avec une agilité d’écureuil. C’est le plus répandu parmi toutes les espèces.
Sa vision binoculaire, assez limitée, permet cependant une bonne estimation des distances. Il compense, comme tous les ouistitis, cette insuffisance visuelle en tournant la tête sur les côtés.

Le ouistiti commun n'est pas un animal de compagnie. By Madveggie . (CC BY-NC-ND 3.0)

Le ouistiti commun est en aucun cas un animal de compagnie malgré le commerce dont il fait l’objet.

Il mesure de 18 à 20 cm pour un poids de 200 à 300 grammes.

Ouistitis en danger

Le domaine vital des ouistitis, aussi bien que de toutes les autres espèces vivant dans la forêt amazonienne, ne cesse de se restreindre.

Ouistitis et tamarins sont fortement menacés par la destruction croissante des forêts. Les petits-singes lions brésiliens sont au seuil de l’extinction, victime du déboisement et du trafic illégal.

Tamarin lion

Tamarin lion. © dinosoria (CC BY-SA 3.0)

D’ailleurs, si le déboisement se poursuit au même rythme, l’Amazonie ne sera plus, dans 50 ans, qu’un immense désert.

Outre les conséquences catastrophiques pour le climat mondial, la faune, très riche, disparaîtra.

Actuellement, les ouistitis du Sud et du Sud-Est du Brésil risquent de disparaître rapidement si la destruction du « poumon de la Terre » n’est pas arrêtée.

V.B (13.10.2005) M.à.J (05.2007)

Gorille . Capucin moine

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