Les Monotrèmes
Les Monotrèmes ne vivent actuellement qu’en Australie, en Tasmanie
et en Nouvelle-Guinée. Ils sont représentés
par deux familles :
Les Tachyglossidae représentés par les échidnés
qui comportent 4 espèces dont l’échidné
à bec court et l’échidné à bec
long.

Echidné
à bec court. By
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Les Ornithorhynchidae constitués
d’une seule espèce, l’ornithorynque.

Ornithorynque. Licence
Les Monotrèmes pondent des œufs, comme les reptiles
et les oiseaux, mais produisent aussi du lait pour nourrir leurs
petits, comme les mammifères.
De plus, bien qu’ils soient endothermes, ils sont incapables
de réguler efficacement leur température interne.
A partir de 1802, l’étude de l’anatomie de l’ornithorynque
révéla des traits si étonnants que cet ordre
fut créé.
C’est la contraction des mots grecs monos « unique »
et tremata « trou » car l’ordre des monotrèmes
regroupe des animaux dotés d’un orifice unique servant
à la fois aux fonctions urinaire et de reproduction.
Les Monotrèmes actuels sont des animaux extrêmement
spécialisés. Il est possible que ce groupe ait été
autrefois plus large mais aucun fossile n’a pu encore reconstitué
les différents stades de leur évolution.

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En 1985, quelques dents associées à un fragment de
mandibule datant du Crétacé inférieur ont
été découvertes en Australie. L’animal a étéappelé
Steropodon. Ses dents ressemblent à celles de l’ornithorynque
juvénile actuel. Il avait la taille d’un chat ce qui
est très grand pour un mammifère du Mésozoïque.
Dans des niveaux du même âge, un autre Monotrème
a été découvert : kollikodon.
Très récemment, on a mis à jour en Amérique
du Sud une molaire d’Ornithorhynchidae vieille de 62
millions d’années. Cette découverte suggère
une répartition plus vaste des Monotrèmes avant la
séparation de l’Australie des autres continents.
Ces différents fossiles plaident en faveur d’une diversité
très précoce de ce groupe, dont l’origine est
encore inconnue.
Les principales caractéristiques des Monotrèmes sont:
- Ils sont couverts de poils
- Ils allaitent leurs petits
- Ils ont un coeur à quatre compartiments
- Ils possèdent trois osselets dans l'oreille
- Ils pondent des oeufs
- Ils possèdent une ceinture scapulaire (os des épaules) à quatre os comme les reptiles
Portrait de l’ornithorynque
L’ornithorynque est recouvert de poils bruns épais
qui le protègent du froid et maintiennent la température
de son corps dans l’eau.
Ses pieds sont palmés. Hors de l’eau, cette membrane
peut se rétracter afin de faciliter la marche et les travaux
de terrassement.
Son bec, en forme de bec de canard, n’est pas constitué de cartilage dur mais d’une
peau épaisse très sensible car riche en terminaisons
nerveuses.

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L’ornithorynque mâle possède un ergot corné
derrière chaque cheville postérieure, relié
à une glande à venin. Cette glande n’est active
qu’à la période de reproduction.
Un ornithorynque peut mesurer jusqu'à 60 cm de long et peser jusqu’à 2,7 kg. Sa longévité
est de 10 à 15 ans.
L'ornithorynque vit dans l'est de l'Australie, en Tasmanie, sur les îles Kangaroo et King.
Mode de vie de l’ornithorynque
Cet animal est essentiellement actif au lever et au coucher du soleil. C’est
un animal amphibie qui chasse sa nourriture dans l’eau mais
vit dans des terriers aménagés sur les berges.
C’est un animal discret qu’il est très rare
de rencontrer dans la nature.

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Son régime alimentaire est essentiellement composé
de larves d’insectes. En une seule nuit, il est capable d’avaler
son poids en nourriture. Il complète son menu avec des invertébrés.
Quand il plonge, ses yeux et ses oreilles sont obturés par un repli de peau. Il se sert uniquement de son bec mou, très sensible au toucher et aux signaux électriques émis par ses proies.
Pourtant, il n’a pas de
dents. En effet, en devenant adulte, il perd les quelques dents
qui avaient percé lors de son adolescence.
Adulte, il ne dispose que de lames cornées incapables d’assurer
seules la mastication. Il a donc mis au point une technique de broyage
particulière.

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Il stocke les proies collectées dans deux poches buccales,
situées au niveau des joues, puis remonte à la surface,
s’installe sur le dos, et commence à triturer ce bol
alimentaire.
Sa langue frotte les aliments contre les parois cornées des
poches jugales et des lames dentaires.
Il peut rester jusqu’à 5 minutes en apnée.
L’arme secrète de l’ornithorynque
L’ornithorynque possède une redoutable botte secrète,
capable de venir à bout d’un chien. C’est en
1816, au cours d’une chasse, que le dard fut découvert.
Alors qu’un rabatteur ramassait un animal blessé de
l’eau, sa main fut percée d’un coup d’aiguillon
dissimulé par un repli de peau de la patte arrière.
La main et l’épaule enflèrent rapidement et
l’homme fut immobilisé plusieurs jours. Ce dard est
empoisonné.

L’ornithorynque est ainsi entré dans le cercle très
fermé des mammifères venimeux.
La toxicité de ce venin est extrême ; même en
infime quantité, il tue un lapin ou un chien sauvage.
Cette glande a venin ne s’active qu’à l’époque
de la reproduction. Elle sert donc principalement aux combats entre
mâles. L’ergot corné qui ne mesure que 2 cm existe
sous une forme atrophiée chez les femelles.
La reproduction de l'ornithorynque
Au printemps, l'accouplement à lieu dans
l’eau. La femelle a, auparavant, bien préparé
son terrier sur une berge. En effet, environ trois semaines, après la fécondation,
elle y pondra un à trois œufs à coquille molle.
Ces œufs sont minuscules, pas plus de 2 cm de long.

Le terrier peut mesurer jusqu'à
15 m. Il est garni de feuillages. La femelle obstrue le couloir
d'accès ce qui le transforme en véritable couveuse. Illustration © Simon Turvey
La femelle se met sur le dos pour pondre. Enduits d’une substance
visqueuse, les œufs sont collés l’un à
l’autre et adhèrent ainsi à la fourrure de leur
mère.
L’ornithorynque ne dispose pas de poche abdominale dans laquelle
l’incubation pourrait s’effectuer. De ce fait, la femelle
maintient délicatement ses œufs entre la base de sa
queue et la surface de l’abdomen.
Repliée sur elle-même, elle souffle de l’air
chaud avec son museau pour que le terrier soit à bonne température.
Au bout de 10 jours d’incubation, les petits cassent leur
coquille ; ils sont roses et sans poils. Ils disposent, comme les
reptiles, d’une petite dent pour casser leur coquille.

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La femelle est dépourvue de tétons ; les
petits sucent le lait maternel qui suinte des deux champs mammaires sur la fourrure
(canaux lactifères).
Seule la mère s’occupe des jeunes. Elle ne se reproduit
que tous les deux ans mais apporte beaucoup d’attention aux
petits d’où un faible taux de mortalité.
A partir de 3 ou 4 mois, les jeunes quittent le terrier pour leur premier
bain. Ils ont déjà presque leur taille adulte. C’est
à 18 mois, qu’ils atteindront leur maturité.
Des animaux mi-reptiles, mi-mammifères
Les Monotrèmes mâles disposent d’un pénis,
qui au repos, loge dans un sac préputial à l’intérieur
du système urogénital. Cette caractéristique
se retrouve chez les reptiles.
Les testicules sont également internes.
Cette caractéristique anatomique est liée à
la température nécessaire pour la production d’un
sperme fertile.
En effet, les Monotrèmes ont une température basse
par rapport à celle des mammifères placentaires (32°C
contre 38°C).
Les mammifères placentaires disposent d’un sac externe
appelé scrotum. Ce sac ne se justifie pas chez les monotrèmes
car il serait à une température trop basse.
L’œuf des monotrèmes est méroblastique
c’est-à-dire qu’il contient le nécessaire
pour nourrir le fœtus pendant sa croissance comme chez les
reptiles et les oiseaux.
En fait, le mode de reproduction emprunte à la fois aux
reptiles et aux mammifères.

Squelette d'un ornithorynque. La
structure rappelle celle des lézards et des crocodiles. Les
pattes sont notamment tournées vers l'extérieur
L’avenir de l'ornithorynque
Le territoire des Monotrèmes s’est réduit avec
l’expansion des activités humaines. Cependant, on estime
que le biotope de l’ornithorynque ne s’est réduit
que de 10% en deux siècles.
Par contre, cette espèce a été proche de l’extinction
au début du 20ème siècle avant que l’Australie
ne promulgue une loi de sauvegarde de l’espèce.

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L’ornithorynque a très peu de prédateurs naturels.
Il a fait l’objet d’un commerce pour sa fourrure au
19ème siècle qui a failli l’exterminer.
Il faut souligner que l’espérance de vie des ornithorynques
en captivité est très aléatoire. Un seul homme
a réussi à maintenir en vie ces animaux hors de leur
milieu naturel : David Fleavy, directeur d’un parc zoologique
australien.
C’est dans son centre qu’a eu lieu en 1943 la première
naissance d’un bébé ornithorynque en captivité.
C’est d ‘ailleurs grâce à cette naissance
que les chercheurs ont pu recueillir des informations sur le mode
de reproduction de cette espèce.
Par la suite, cinq couples ont été implantés
dans l’île Kangaroo, au sud du continent australien.
La lignée continue à y prospérer.
V.B (03.2004) .M.à.J 12.2007
Classification
Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Sous-classe: Prototheria
Ordre: Monotremata
Famille: Ornithorhynchidae
Genre:Ornithorhynchus
Espèce: Ornithorhynchus anatinus
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