Ornithorynque
L’ornithorynque
(Ornithorhynchus anatinus) est un animal bien étrange dont la découverte
en 1798 décontenança la communauté
scientifique. En effet, cet incroyable mammifère
est capable de pondre des œufs. L’ornithorynque
et les échidnés font partie de l’ordre
des Monotrèmes (Monotremata). |
Les Monotrèmes ne vivent actuellement qu’en Australie, en Tasmanie et en Nouvelle-Guinée. Ils sont représentés par deux familles : Les Tachyglossidae représentés par les échidnés qui comportent 4 espèces dont l’échidné à bec court et l’échidné à bec long.
Echidné à bec court. By Kookr Licence Les Ornithorhynchidae constitués d’une seule espèce, l’ornithorynque.
Ornithorynque. Licence Les Monotrèmes pondent des œufs, comme les reptiles
et les oiseaux, mais produisent aussi du lait pour nourrir leurs
petits, comme les mammifères. A partir de 1802, l’étude de l’anatomie de l’ornithorynque
révéla des traits si étonnants que cet ordre
fut créé. Les Monotrèmes actuels sont des animaux extrêmement spécialisés. Il est possible que ce groupe ait été autrefois plus large mais aucun fossile n’a pu encore reconstitué les différents stades de leur évolution.
By Alumroot Licence En 1985, quelques dents associées à un fragment de
mandibule datant du Crétacé inférieur ont
été découvertes en Australie. L’animal a étéappelé
Steropodon. Ses dents ressemblent à celles de l’ornithorynque
juvénile actuel. Il avait la taille d’un chat ce qui
est très grand pour un mammifère du Mésozoïque. Très récemment, on a mis à jour en Amérique du Sud une molaire d’Ornithorhynchidae vieille de 62 millions d’années. Cette découverte suggère une répartition plus vaste des Monotrèmes avant la séparation de l’Australie des autres continents. Ces différents fossiles plaident en faveur d’une diversité très précoce de ce groupe, dont l’origine est encore inconnue. Les principales caractéristiques des Monotrèmes sont:
L’ornithorynque est recouvert de poils bruns épais
qui le protègent du froid et maintiennent la température
de son corps dans l’eau.
By Superfluity Licence L’ornithorynque mâle possède un ergot corné derrière chaque cheville postérieure, relié à une glande à venin. Cette glande n’est active qu’à la période de reproduction. Un ornithorynque peut mesurer jusqu'à 60 cm de long et peser jusqu’à 2,7 kg. Sa longévité est de 10 à 15 ans. L'ornithorynque vit dans l'est de l'Australie, en Tasmanie, sur les îles Kangaroo et King.
Cet animal est essentiellement actif au lever et au coucher du soleil. C’est un animal amphibie qui chasse sa nourriture dans l’eau mais vit dans des terriers aménagés sur les berges. C’est un animal discret qu’il est très rare de rencontrer dans la nature.
By Marjk Licence Son régime alimentaire est essentiellement composé de larves d’insectes. En une seule nuit, il est capable d’avaler son poids en nourriture. Il complète son menu avec des invertébrés. Quand il plonge, ses yeux et ses oreilles sont obturés par un repli de peau. Il se sert uniquement de son bec mou, très sensible au toucher et aux signaux électriques émis par ses proies. Pourtant, il n’a pas de
dents. En effet, en devenant adulte, il perd les quelques dents
qui avaient percé lors de son adolescence.
By Bret Arnett Licence Il stocke les proies collectées dans deux poches buccales,
situées au niveau des joues, puis remonte à la surface,
s’installe sur le dos, et commence à triturer ce bol
alimentaire. Il peut rester jusqu’à 5 minutes en apnée.
L’ornithorynque possède une redoutable botte secrète,
capable de venir à bout d’un chien. C’est en
1816, au cours d’une chasse, que le dard fut découvert.
Alors qu’un rabatteur ramassait un animal blessé de
l’eau, sa main fut percée d’un coup d’aiguillon
dissimulé par un repli de peau de la patte arrière.
L’ornithorynque est ainsi entré dans le cercle très fermé des mammifères venimeux. La toxicité de ce venin est extrême ; même en
infime quantité, il tue un lapin ou un chien sauvage. Cette glande a venin ne s’active qu’à l’époque de la reproduction. Elle sert donc principalement aux combats entre mâles. L’ergot corné qui ne mesure que 2 cm existe sous une forme atrophiée chez les femelles.
Le terrier peut mesurer jusqu'à 15 m. Il est garni de feuillages. La femelle obstrue le couloir d'accès ce qui le transforme en véritable couveuse. Illustration © Simon Turvey La femelle se met sur le dos pour pondre. Enduits d’une substance
visqueuse, les œufs sont collés l’un à
l’autre et adhèrent ainsi à la fourrure de leur
mère. Repliée sur elle-même, elle souffle de l’air chaud avec son museau pour que le terrier soit à bonne température. Au bout de 10 jours d’incubation, les petits cassent leur coquille ; ils sont roses et sans poils. Ils disposent, comme les reptiles, d’une petite dent pour casser leur coquille.
La femelle est dépourvue de tétons ; les
petits sucent le lait maternel qui suinte des deux champs mammaires sur la fourrure
(canaux lactifères). A partir de 3 ou 4 mois, les jeunes quittent le terrier pour leur premier bain. Ils ont déjà presque leur taille adulte. C’est à 18 mois, qu’ils atteindront leur maturité.
Les Monotrèmes mâles disposent d’un pénis,
qui au repos, loge dans un sac préputial à l’intérieur
du système urogénital. Cette caractéristique
se retrouve chez les reptiles. Cette caractéristique anatomique est liée à
la température nécessaire pour la production d’un
sperme fertile. L’œuf des monotrèmes est méroblastique c’est-à-dire qu’il contient le nécessaire pour nourrir le fœtus pendant sa croissance comme chez les reptiles et les oiseaux. En fait, le mode de reproduction emprunte à la fois aux reptiles et aux mammifères.
Squelette d'un ornithorynque. La structure rappelle celle des lézards et des crocodiles. Les pattes sont notamment tournées vers l'extérieur
Le territoire des Monotrèmes s’est réduit avec
l’expansion des activités humaines. Cependant, on estime
que le biotope de l’ornithorynque ne s’est réduit
que de 10% en deux siècles.
L’ornithorynque a très peu de prédateurs naturels. Il a fait l’objet d’un commerce pour sa fourrure au 19ème siècle qui a failli l’exterminer. Il faut souligner que l’espérance de vie des ornithorynques
en captivité est très aléatoire. Un seul homme
a réussi à maintenir en vie ces animaux hors de leur
milieu naturel : David Fleavy, directeur d’un parc zoologique
australien. V.B (03.2004) .M.à.J 12.2007
Règne: Animalia |










