Oradour-sur-Glane
La Seconde Guerre mondiale
peut être qualifiée de « sale
» guerre, à condition bien sûr
qu’une guerre puisse être propre. |
En 1944, l’organisation du maquis français est efficace. Les groupes isolés se sont regroupés en réseaux et la Résistance est approvisionnée par les parachutages britanniques. Ces résistants constituent les Forces françaises de l’intérieur (FFI). C’est une véritable armée de partisans qualifiée par les Allemands de ramassis de « bandits » et de « terroristes ». Le 9 juin 1944, des maquisards enlèvent un officier SS. Selon des rumeurs parvenues aux Allemands, il aurait été fusillé par la Résistance dans le petit village d’Oradour-sur-Glane.
Carte postale d'Oradour-sur-Glane avant la tragédie Le 10 juin, un détachement de la division SS Das Reich fait irruption dans le village. C’est sur la base de cette vague rumeur non fondée que le massacre va se dérouler.
Les SS ont encerclé le village et rassemblé la population sur la place du marché. Un témoin, rescapé du massacre, raconte : "Ils ont alors demandé aux hommes de se rassembler
en quatre ou cinq groupes. Chacun de ces groupes a ensuite été
emmené dans une grange, dont les Allemands ont bouclé
toutes les portes. "Les maisons ont toutes été incendiées l’une après l’autre après avoir été fouillées."
Les restes méconnaissables des victimes (photo d'archives) " Vers 17h, les Allemands sont revenus dans l’église.
Ils ont posé une espèce de caisse sur le prie-Dieu
de communion, des mèches qui brûlaient en sortaient.
Citons notamment le cas de Madame Rouffanche qui parvient à s'enfuir de l'église. Elle est suivie par une autre femme et son bébé dans les bras. Malheureusement, les cris de l'enfant alertent les Allemands qui n'hésitent pas à les mitrailler. Par miracle, Mme Rouffanche a survécu. "Puis, les Allemands ont commencé à tirer par les fenêtres de l’église. Ils sont rentrés pour achever les survivants à la mitraillette. Alors, ils ont jeté quelque chose par terre et l’église s’est mise à brûler." Vers 18h, les SS ont arrêté un train et ont fait descendre tous ceux qui se rendaient à Oradour-sur-Glane. Ils les ont criblés de balles et ont jeté leurs corps dans le brasier.
L'église d'Oradour, après le passage des SS (photo d'archives) Le massacre d’Oradour-sur-Glane a coûté la vie à 642 personnes, âgées de 6 mois à 85 ans. Seules 7 personnes, un enfant, une femme et 5 hommes, ont miraculeusement réchappé au massacre et ont pu témoigner de cette tragédie.
Le procès, longtemps attendu des soldats ayant participé
au massacre d'Oradour, débuta en janvier 1953 devant le tribunal
militaire de Bordeaux. La présence de Français suscita une vive controverse
qui failli déboucher sur une nouvelle affaire Dreyfus. Les soldats allemands ne firent que de la prison et les Français furent tout simplement relâchés.
Oradour-sur-Glane est aujourd'hui une ville moderne qui accueille chaque année environ 300 000 personnes venant visiter les ruines et le Centre de la Mémoire. Le bourg actuel, construit après la Seconde Guerre mondiale, est situé à l'écart des ruines du village. En effet, après la guerre, le général de Gaulle a décidé de ne jamais reconstruire le village qui est devenu un mémorial à la douleur de la France sous le régime nazi. En 1999, le village fut consacré village martyr.
Le nouveau village d'Oradour-sur-Glane L’un des passe-temps favori de l'Homme est de commémorer
les massacres qu'il a lui-même perpétré. Il
est important, effectivement, de se souvenir et de rendre hommage
aux victimes. Cependant, pour les générations actuelles
et futures, il serait encore mieux que le mot « guerre »
soit à tout jamais aboli de notre vocabulaire. Philippe V. V.B (24.05.2005)
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