Opus
Dei
L’Opus Dei est une puissance controversée
au sein même de l’Eglise. Mais, l’œuvre
de Dieu mérite t-elle l’appellation
de « sainte mafia » ? |
L’Opus Dei naît en 1928 en Espagne, sous le nom de
Société sacerdotale de la Sainte Croix et Opus Dei. Cela suppose bien sûr une grande discipline de vie. L’Opus Dei, ou Œuvre de Dieu, dispense la formation spirituelle nécessaire à ses membres. Elle les recrute dans les milieux plutôt aisés, intellectuels, universitaires mais séduit également des hommes d’affaires catholiques par son message de sanctification par le travail.
Les « numéraires » observent le célibat,
tandis que les surnuméraires peuvent se marier et vivre en
famille. Pour adhérer à l’Opus Dei, il faut passer par une période de probation, suivie d’une oblation de cinq ans et enfin s’engager à vie.
José Maria Escriva de Balaguer L’organisation est très hiérarchisée. Les fidèles sont suivis par un conseiller spirituel. Ils doivent assister tous les jours à la messe, prier et dire quotidiennement le chapelet, et bien sûr se confesser régulièrement.
Depuis sa création les dirigeants de l’Opus Dei sont :
Monseigneur Echevarria
Les préceptes du fondateur de l’Institution sont rassemblés
dans un livre publié en 1934, El Camino (Le chemin). L’Opus Dei compterait environ 85 000 membres dont environ 2 000 prêtres répartis dans une soixantaine de pays. Certains occupent des postes très influents au Vatican. L’œuvre contrôle des associations, des fondations, des universités comme celle de Pampelune, en Espagne, créée en 1952 et qui jouit d’une renommée mondiale. En France, une quinzaine de centres réunissent environ 1 500 membres. L’Opus Dei sera approuvé par Rome en 1950. Pie XII
récompense l’œuvre en reconnaissant son statut
d’institut séculier. Il semble que l’esprit conservateur de l’Opus Dei plaise au Pape. Peut-être a t-il voulu également récompenser l’Institution de son soutien financier au syndicat polonais de Lech Walesa, Solidarité.
L’indépendance et la puissance de l’Opus Dei
suscitent critiques et controverses. Evêques et théologiens
s’affrontent à son sujet. Tout d’abord d’avoir soutenu les régimes militaires d’Amériques latine et plus largement de sympathies pour l’extrême droite. Mais, face à ces accusations, les dignitaires de l’œuvre opposent un démenti catégorique. Effectivement, dans les années soixante, le général
Franco a choisi plusieurs de ses ministres dans les rangs de l’Opus
Dei. Cependant, certains historiens soulignent que ces ministres
ont joué un rôle positif dans le développement
du pays.
Prélats et dignitaires lors de la cérémonie de béatification devant la basilique Saint-Pierre Le deuxième reproche est l’implication de l’Opus Dei dans des scandales financiers comme celui de la banque Ambrosio en 1982. Enfin, divers témoignages font état de la difficulté
pour les membres de quitter l’Institution et de l’éloignement
forcé des jeunes recrues de leur famille. En Belgique une commission parlementaire a défini l'organisation comme un mouvement sectaire. Selon certains témoignages, cette organisation pratiquerait le recrutement de mineurs.
Les dignitaires de l’Opus Dei rejettent toutes ces calomnies et affirment : « Puisqu’elle n’impose aucun choix politique ou idéologiques à ses membres, l’œuvre ne saurait être incriminée pour leurs agissements ; elle n’est pas responsable de leurs choix personnels ». Cautionnée par le Pape, l’Opus Dei a acquis une certaine
respectabilité et l’on ne parle plus aujourd’hui
de « sainte mafia ».
Photo prise le 17 mai 1992 sur la place Saint Pierre Le décret concernant les miracles attribués à son intercession a été promulgué en présence du Pape le 20 décembre 2001 et ce dernier a canonisé le fondateur en 2002. Le pape a fait l’éloge du fondateur de l’œuvre : « Un prêtre exemplaire qui a réussi à ouvrir de nouveaux horizons apostoliques aux activités missionnaires et d’évangélisation ». |





