La création des jeux panhelléniques
C’est
en 776 av. J.-C. que sont fondés les jeux
Olympiques, voulus par Pélops, fils de
Tantale et roi du Péloponnèse.
Les jeux qui, à compter de cette date,
se tiendront tous les quatre ans le premier jour
de pleine lune suivant le solstice d'été,
deviennent la clé de voûte du calendrier
suivi dans tout le monde grec.
Au
début, les athlètes ne se défient
qu'à la course. Puis, au fil des ans, les
jeux Olympiques durent jusqu'à cinq jours
et les disciplines sportives se diversifient pour
inclure le pugilat, la lutte, le lancer du disque
et du javelot, le concours de sauts, le pentathlon,
diverses compétitions équestres
et le pancrace.

Le pancrace représenté
sur un vase. By Mary harrsch
Le
pancrace est une sorte de pugilat mêlé
de lutte, technique de combat adoptée par
Thésée pour vaincre le Minotaure.
Mais, pendant près de 1500 ans, les événements
qui se tiennent à Olympie ne sont pas simplement
sportifs.
Le symbole des jeux olympiques
La
victoire aux jeux panhelléniques est, pour
l'athlète, l'objectif suprême. Cette
victoire en fait pour un instant l'égal
des dieux. De plus, le vainqueur fait la fierté
et la gloire de sa ville d'origine. Et, paradoxalement
sans doute, les jeux Olympiques ont toujours été
un symbole de paix et d'union entre les cités
grecques.
La
mémoire de ces jeux nous est parvenue par
les sculptures et les décorations des précieux
vases attiques ainsi que par les nombreux tableaux
et poèmes consacrés aux athlètes
par des générations d'artistes.

Un athlète
qui se prépare au saut. By Mary harrsch
Les
jeux Olympiques sont la plus importante compétition
sportive du monde ancien.
Les
spectateurs aussi viennent de tout le monde grec.
Cette affluence fait d'Olympie un carrefour politique
et culturel.

Port d'Olympie
aujourd'hui. By Chip Smith
La
participation aux jeux n'était pas ouverte
à toute la population grecque, mais seulement
aux membres des oligarchies qui, de ce fait, représentaient
leur patrie d'origine.
Les
athlètes subventionnaient leur voyage et
leur séjour, et payaient aussi le prix
de l'immortalisation de leur victoire.
Exaltant
les vertus nobles par excellence, comme la force,
la puissance, le sang-froid et l'adresse, les
jeux et leurs participants ont largement inspiré
les artistes.

Lancement du javelot.
By Mary harrsch
Le
nom des vainqueurs était inscrit sur des
listes (on en connaît une seule, mise à
jour en 217 après J.-C. par Sextus Julius
l'Africain).
Leur ville d'origine leur assurait alors une rente
à vie, des offrandes et les honneurs. Le
prix en lui-même était symbolique
: une couronne d'olivier et le droit de participer
aux cérémonies religieuses en l'honneur
de Zeus.

Entrée du
stade. By Alun Salt
Malgré
une réelle volonté de compétition
pacifique entre les meilleurs athlètes
du monde, les jeux sont toujours aujourd’hui
bien souvent le reflet de rivalités internationales
et ce depuis la création des Olympiades.
La Grèce antique ne forma jamais un État
unifié. Les querelles entre ses cités-États
empêchaient une cohésion politique
durable.
Conflits
et guerres permanentes ne trouvaient un répit
que pendant ce bref laps de temps.
L’histoire d’Olympie
A
l'origine, les Grecs nomment le site l'Altis,
le bois sacré. Cette terre est protégée
des dieux. Régulièrement, les peuples
de l'Elide s'y rencontrent lors de grandes fêtes
et de concours, suspendant pendant un bref laps
de temps leurs hostilités. De caractère
initiatique, le culte de Zeus s'accompagne de
compétions sportives.
Le
premier espace sportif date probablement du Vle
siècle avant J.-C. : les gradins avec des
sièges en terre battue suivaient la pente
du sol. Sur la tribune prenaient place les organisateurs
des jeux, les Hellanodices, face à un autel
de marbre occupé par la prêtresse
de Déméter, déesse de la
terre, de l’agriculture et du blé.

By Cdnbusiness
Avec
le temps, l'importance de ce sanctuaire et de
la ville voisine s'est accrue. Le site a pris
le nom d'Olympie.
La tradition situe en 776 avant J.-C. le premier
cycle de rites sacrés et d'épreuves
sportives célébrés sous le
nom de jeux Olympiques.
À
partir du Xe siècle av. J.-C., alors que
la civilisation mycénienne prospère,
la ville est consacrée au culte de Zeus.
Les
jeux Olympiques survivent à la conquête
romaine de la Grèce jusqu'en 393 apr. J.-C.,
date à laquelle ils sont abolis par l'empereur
Théodose qui les considère comme
un exemple de dépravation et de paganisme
manifeste. Olympie est mise à sac par les
Barbares et ensevelie par deux tremblements de
terre.
Au VIe siècle, des tremblements de terre
provoquèrent des inondations qui déposèrent
jusqu'à 5 m de boue alluviale sur Olympie.

Des lutteurs. By
Mary harrsch
L'expédition
archéologique allemande conduite par Ernst
Curtius dans le Péloponnèse a mis
au jour, en 1875, les somptueuses ruines d'Olympie.
Le baron Pierre de Coubertin a, quant à
lui, fait revivre les Jeux. Le 6 avril 1896, cet
aristocrate parisien organise à Athènes
les nouveaux jeux Olympiques, qui durent 10 jours,
avec la participation de 13 pays et 245 athlètes.
Ce 6 avril reste la date d'anniversaire du sport
moderne.
Préparation et organisation des
jeux Olympiques
Les jeux étaient, à l'époque
classique, placés sous la responsabilité
des Éléens. Plusieurs mois à
l'avance, des ambassadeurs appelés spondophores
parcouraient la Grèce, les colonies d'Égypte
et de Crimée pour annoncer le jour d'ouverture
des jeux. Une assemblée de magistrats éléens
choisissait les juges, ou hellanodices: ces derniers
sélectionnaient les concurrents, supervisaient
leur entraînement, organisaient les compétitions
et surveillaient les épreuves.

Partie du Philipéion,
un sanctuaire destiné à la célébration
des héros macédoniens. By Alun Salt
Des
enquêtes rigoureuses étaient menées
sur les athlètes et l'histoire de leur
famille: ne pouvaient participer aux épreuves
que les hommes et les adolescents libres, de pure
ascendance grecque.
Cette discrimination fut suspendue pour les Romains
au IIe siècle av. J.-C., lorsque Rome affirma
son hégémonie sur le monde grec.
La compétition était formellement
interdite aux femmes, à l'exception des
courses de chars. En effet, les vainqueurs n'étant
pas les auriges (conducteurs) mais les propriétaires
de l'attelage, les femmes propriétaires
pouvaient donc gagner une course.
Barbares, esclaves et jeunes filles étaient
acceptés parmi les spectateurs, mais pas
les femmes mariées.
La première journée était
consacrée à des sacrifices et au
serment olympique prêté par les participants.
Le sacrifice fait sur l'autel de Zeus Horkios,
le protecteur des serments, avait un caractère
particulièrement solennel.

Partie de l'atelier
de Phidias qui réalisa la statue de Zeus.
By Neil Carey
Devant
la statue de Zeus, on tuait et on dépeçait
un sanglier. Les participants juraient, sur les
membres de l'animal, ne pas tricher, ne jamais
avoir commis de crime et être aptes à
concourir selon les règlements en vigueur.
Les principales épreuves
Les
principales épreuves étaient les
courses de chars, les courses hippiques, la lutte,
le pugilat, le pancrace, les courses à
pied et le pentathlon. Hormis les courses de chars,
toutes les épreuves se pratiquaient totalement
nu.
Dans
la compétition olympique antique, il n'y
avait aucun sport d'équipe.
Les
courses de chars et les courses hippiques se déroulaient
dans l'hippodrome, une arène de 706 m qui
longeait le sud du stade principal.
Les chevaux s'élançaient dans le
vacarme des trompettes dès que tombait
la corde marquant la ligne de départ. On
ne sait pas exactement quelle distance parcouraient
les coureurs; ils montaient à cru, avec
des rênes mais sans étriers. Un cheval
pouvait remporter l'épreuve même
s'il jetait à bas son cavalier: ce fut
le cas de la jument Aura, dont le jockey tomba
en début de course mais qui fut néanmoins
la première à franchir la ligne
d'arrivée.

Le temple dorique
de Zeus n'est plus aujourd'hui qu'un tas de ruines.
By Alun Salt
Les
courses de chars étaient périlleuses:
les auriges dirigeaient des attelages de quatre
chevaux (plus tard réduits à deux)
à l'aide d'un fouet, sur environ 14 km
de piste bordée d'ornières, ce qui
rendait la compétition très éprouvante.
Les accidents étaient fréquents,
et il fallait faire preuve d'une extraordinaire
dextérité pour négocier,
à cette vitesse, des virages serrés,
éviter les chars accidentés et les
adversaires à terre. Quarante à
cinquante attelages s'alignaient parfois derrière
la ligne de départ.

Il reste peu de
choses de la superbe cité d'Olympie. By
Cdnbusiness
Le
pancrace était l'une des épreuves
les plus brutales. Tous les coups étaient
permis, sauf mordre ou mettre les doigts dans
les yeux de son rival. Les adversaires ensanglantés
se roulaient dans la boue (on arrosait le sol
d'eau) en se battant, un spectacle déconseillé
aux âmes sensibles... II fallait forcer
l'adversaire à reconnaître sa défaite.
Tuer était mal vu: une épreuve de
force qui se terminait par la mort de l'un des
combattants était synonyme de honte pour
le vainqueur.
L'épreuve
la plus caractéristique était le
pentathlon, qui incluait cinq disciplines: la
course, le saut en longueur, le lancer de disque,
le lancer de javelot et la lutte. Le pentathlon
exaltait particulièrement la plastique
des athlètes.
Le disque était une pierre ronde ou une
plaque de bronze.

By Cdnbusiness
Après
la conquête romaine au milieu du IIe siècle
av. J.-C., l'organisation des jeux connut quelques
modifications. En 65, l'empereur Néron
voulut même que la musique et le théâtre
soient inscrits comme disciplines olympiques.
Il désira participer à l'épreuve
de course de chars, avec un équipage de
dix chevaux. Il versa à terre, mais réclama
cependant la couronne de la victoire. L'année
suivante, il se suicida, et ces 211es olympiades
disparurent des tablettes.
Les chefs d’œuvre d’Olympie
L'édifice
le plus important est le temple de Zeus. Conçu
en 470 av. J.-C., en marbre précieux, le
gigantesque temple de Zeus a été
financé par le butin de guerre que la ville
d'Elis avait raflé à Pise.
Ce
temple dominait tous les autres de sa masse imposante.
Edifié par Libon d'Elis, de style dorique,
périptère, c'est-à-dire entouré
d'une colonnade, il était entièrement
en pierre, avec des tuiles de marbre pentélique.
Ses dimensions, 28 m sur 64 pour une hauteur de
20 m, en font le plus grand de tout le Péloponnèse.

Ruines du temple
de Zeus. By Arkntina
Des
groupes de reliefs remarquablement conservés
qui ornaient les deux frontons étaient
consacrés à la mythologie.
Ses métopes, sculptées en bas relief,
représentent les Douze Travaux d’Hercule.
La
cella abrite une des sept merveilles du monde
: la statue de Zeus. Cette statue de Phidias est
recouverte d’ivoire
et d’or.
Haute de 12 m, elle représente le dieu
assis sur un trône, un sceptre dans la main
gauche et l'effigie de Nikè, la Victoire
ailée, dans la main droite.

Sculpture ornementale
sur le temple de Zeus. © Ministère
de la culture
À
côté du temple se tient l'olivier
sacré dont le feuillage sert à tresser
les couronnes qui ornent la tête des vainqueurs.
Parmi
les autres édifices religieux, on distingue
le temple d'Héra datant du VIIe siècle
av. J.-C. environ, et les trésors, de petits
temples construits par les diverses villes qui
participent aux Jeux.

Reconstitution 3d de la statue de Zeus
Parmi
les édifices sportifs, le stade pouvant
accueillir 45 000 spectateurs revêt une
importance particulière. Il est surmonté
de deux plates-formes de pierre, l'une tournée
vers le sud pour les hellanodices, les juges de
compétition, et l'autre vers le nord sur
laquelle se tient l'autel de la prêtresse
de Déméter.
On
peut également admirer les vestiges de
la palestre, du gymnase et du Philippeion, sanctuaire
voulu par Philippe II en 338 av. J.-C. et terminé
par Alexandre le Grand à la gloire des
athlètes macédoniens.
Le
prytanée et le bouleutérion ont
été construits par la suite. Dans
le prytanée était conservé
le feu sacré devenue la flamme éternelle,
sur lequel veillaient les prêtres.
Dans le bouleutérion siégeait le
conseil. Avant les compétitions, tous les
athlètes y prêtaient serment.
V.B
(07.02.2007)
Références bibliographiques
L’univers
de la mythologie grecque, éditions Gründ.
Civilisations disparues, Nov’edit. Les sites
archéologiques, éditions Gründ.
Les grandes civilisations disparues, sélection
du Reader’s Digest
Crédit photographique
Les photos sont sous licence creative commons
La reconstitution 3d de Zeus est une capture d'écran issue du DVD Les 7 Merveilles du Monde. © 2002 M6 Interactions
I. Olympie
II. Jeux olympiques de l'Antiquité
III. Création des Jeux Olympiques modernes
IV. Jeux Olympiques. De 1900 à 2008
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