Olympie A la gloire des Jeux Olympiques Aujourd'hui,
les ruines d'Olympie offrent un témoignage
à la gloire des jeux olympiques antiques.
La cité d’Olympie s'insère
dans la vallée fertile du Péloponnèse.
Dès le VII siècle avant notre ère,
cette ville verra la consécration, tous
les quatre ans, de la plus grande fête du
monde hellénique : les jeux panhelléniques. Les
jeux Olympiques étaient alors une fête
dédiée en l’honneur de Zeus,
le plus puissant des dieux. Apollon y aurait vaincu Arès, le dieu de
la guerre, à la lutte, et Hermès
à la course. Olympie devint donc un centre
de compétition sportive entre les dieux,
soumis à une réglementation établie
par le héros Héraclès (Hercule). I. Olympie II. Jeux olympiques de l'Antiquité |
C’est
en 776 av. J.-C. que sont fondés les jeux
Olympiques, voulus par Pélops, fils de
Tantale et roi du Péloponnèse. Au début, les athlètes ne se défient qu'à la course. Puis, au fil des ans, les jeux Olympiques durent jusqu'à cinq jours et les disciplines sportives se diversifient pour inclure le pugilat, la lutte, le lancer du disque et du javelot, le concours de sauts, le pentathlon, diverses compétitions équestres et le pancrace.
Le pancrace représenté sur un vase (British Museum). © Jerry Nouse Le pancrace est une sorte de pugilat mêlé de lutte, technique de combat adoptée par Thésée pour vaincre le Minotaure. Mais, pendant près de 1500 ans, les événements qui se tiennent à Olympie ne sont pas simplement sportifs.
La victoire aux jeux panhelléniques est, pour l'athlète, l'objectif suprême. Cette victoire en fait pour un instant l'égal des dieux. De plus, le vainqueur fait la fierté et la gloire de sa ville d'origine. Et, paradoxalement sans doute, les jeux Olympiques ont toujours été un symbole de paix et d'union entre les cités grecques. La mémoire de ces jeux nous est parvenue par les sculptures et les décorations des précieux vases attiques ainsi que par les nombreux tableaux et poèmes consacrés aux athlètes par des générations d'artistes.
Lutteurs représentés sur ce bas-relief, 500 avant notre ère environ. Musée National Archéologique d'Athènes. © Jerry Nouse Les jeux Olympiques sont la plus importante compétition sportive du monde ancien. Les spectateurs aussi viennent de tout le monde grec. Cette affluence fait d'Olympie un carrefour politique et culturel.
Olympie aujourd'hui. By Neil Carey La participation aux jeux n'était pas ouverte à toute la population grecque, mais seulement aux membres des oligarchies qui, de ce fait, représentaient leur patrie d'origine. Les athlètes subventionnaient leur voyage et leur séjour, et payaient aussi le prix de l'immortalisation de leur victoire. Exaltant les vertus nobles par excellence, comme la force, la puissance, le sang-froid et l'adresse, les jeux et leurs participants ont largement inspiré les artistes. Le
nom des vainqueurs était inscrit sur des
listes (on en connaît une seule, mise à
jour en 217 après J.-C. par Sextus Julius
l'Africain).
Entrée du stade. By Alun Salt Malgré une réelle volonté de compétition pacifique entre les meilleurs athlètes du monde, les jeux sont toujours aujourd’hui bien souvent le reflet de rivalités internationales et ce depuis la création des Olympiades. La Grèce antique ne forma jamais un État unifié. Les querelles entre ses cités-États empêchaient une cohésion politique durable. Conflits et guerres permanentes ne trouvaient un répit que pendant ce bref laps de temps.
A l'origine, les Grecs nomment le site l'Altis, le bois sacré. Cette terre est protégée des dieux. Régulièrement, les peuples de l'Elide s'y rencontrent lors de grandes fêtes et de concours, suspendant pendant un bref laps de temps leurs hostilités. De caractère initiatique, le culte de Zeus s'accompagne de compétions sportives. Le premier espace sportif date probablement du Vle siècle avant J.-C. : les gradins avec des sièges en terre battue suivaient la pente du sol. Sur la tribune prenaient place les organisateurs des jeux, les Hellanodices, face à un autel de marbre occupé par la prêtresse de Déméter, déesse de la terre, de l’agriculture et du blé.
Vestiges du grand gymnase d'Olympie. By Neil Carey Avec
le temps, l'importance de ce sanctuaire et de
la ville voisine s'est accrue. Le site a pris
le nom d'Olympie. À partir du Xe siècle av. J.-C., alors que la civilisation mycénienne prospère, la ville est consacrée au culte de Zeus. Les
jeux Olympiques survivent à la conquête
romaine de la Grèce jusqu'en 393 apr. J.-C.,
date à laquelle ils sont abolis par l'empereur
Théodose qui les considère comme
un exemple de dépravation et de paganisme
manifeste. Olympie est mise à sac par les
Barbares et ensevelie par deux tremblements de
terre.
Ruines d'Olympie avec vue sur l'entrée du stade. By Peuplier L'expédition archéologique allemande conduite par Ernst Curtius dans le Péloponnèse a mis au jour, en 1875, les somptueuses ruines d'Olympie. Le baron Pierre de Coubertin a, quant à lui, fait revivre les Jeux. Le 6 avril 1896, cet aristocrate parisien organise à Athènes les nouveaux jeux Olympiques, qui durent 10 jours, avec la participation de 13 pays et 245 athlètes. Ce 6 avril reste la date d'anniversaire du sport moderne.
Les jeux étaient, à l'époque classique, placés sous la responsabilité des Éléens. Plusieurs mois à l'avance, des ambassadeurs appelés spondophores parcouraient la Grèce, les colonies d'Égypte et de Crimée pour annoncer le jour d'ouverture des jeux. Une assemblée de magistrats éléens choisissait les juges, ou hellanodices: ces derniers sélectionnaient les concurrents, supervisaient leur entraînement, organisaient les compétitions et surveillaient les épreuves.
Partie du Philipéion, un sanctuaire destiné à la célébration des héros macédoniens. By Alun Salt Des
enquêtes rigoureuses étaient menées
sur les athlètes et l'histoire de leur
famille: ne pouvaient participer aux épreuves
que les hommes et les adolescents libres, de pure
ascendance grecque. Barbares, esclaves et jeunes filles étaient
acceptés parmi les spectateurs, mais pas
les femmes mariées.
Partie de l'atelier de Phidias qui réalisa la statue de Zeus. By Neil Carey Devant la statue de Zeus, on tuait et on dépeçait un sanglier. Les participants juraient, sur les membres de l'animal, ne pas tricher, ne jamais avoir commis de crime et être aptes à concourir selon les règlements en vigueur.
Les principales épreuves étaient les courses de chars, les courses hippiques, la lutte, le pugilat, le pancrace, les courses à pied et le pentathlon. Hormis les courses de chars, toutes les épreuves se pratiquaient totalement nu. Dans la compétition olympique antique, il n'y avait aucun sport d'équipe. Les
courses de chars et les courses hippiques se déroulaient
dans l'hippodrome, une arène de 706 m qui
longeait le sud du stade principal.
Le temple dorique de Zeus n'est plus aujourd'hui qu'un tas de ruines. By Alun Salt Les courses de chars étaient périlleuses: les auriges dirigeaient des attelages de quatre chevaux (plus tard réduits à deux) à l'aide d'un fouet, sur environ 14 km de piste bordée d'ornières, ce qui rendait la compétition très éprouvante. Les accidents étaient fréquents, et il fallait faire preuve d'une extraordinaire dextérité pour négocier, à cette vitesse, des virages serrés, éviter les chars accidentés et les adversaires à terre. Quarante à cinquante attelages s'alignaient parfois derrière la ligne de départ.
Il reste peu de choses de la superbe cité d'Olympie. By Neil Carey Le pancrace était l'une des épreuves les plus brutales. Tous les coups étaient permis, sauf mordre ou mettre les doigts dans les yeux de son rival. Les adversaires ensanglantés se roulaient dans la boue (on arrosait le sol d'eau) en se battant, un spectacle déconseillé aux âmes sensibles... II fallait forcer l'adversaire à reconnaître sa défaite. Tuer était mal vu: une épreuve de force qui se terminait par la mort de l'un des combattants était synonyme de honte pour le vainqueur. L'épreuve
la plus caractéristique était le
pentathlon, qui incluait cinq disciplines: la
course, le saut en longueur, le lancer de disque,
le lancer de javelot et la lutte. Le pentathlon
exaltait particulièrement la plastique
des athlètes.
Olympie au printemps. By Ivan Zuber Après la conquête romaine au milieu du IIe siècle av. J.-C., l'organisation des jeux connut quelques modifications. En 65, l'empereur Néron voulut même que la musique et le théâtre soient inscrits comme disciplines olympiques. Il désira participer à l'épreuve de course de chars, avec un équipage de dix chevaux. Il versa à terre, mais réclama cependant la couronne de la victoire. L'année suivante, il se suicida, et ces 211es olympiades disparurent des tablettes.
L'édifice le plus important est le temple de Zeus. Conçu en 470 av. J.-C., en marbre précieux, le gigantesque temple de Zeus a été financé par le butin de guerre que la ville d'Elis avait raflé à Pise. Ce
temple dominait tous les autres de sa masse imposante.
Edifié par Libon d'Elis, de style dorique,
périptère, c'est-à-dire entouré
d'une colonnade, il était entièrement
en pierre, avec des tuiles de marbre pentélique.
Ruines du temple de Zeus. By Peuplier Des
groupes de reliefs remarquablement conservés
qui ornaient les deux frontons étaient
consacrés à la mythologie. La
cella abrite une des sept merveilles du monde
: la statue de Zeus. Cette statue de Phidias est
recouverte d’ivoire
et d’or.
Sculpture ornementale sur le temple de Zeus. © Ministère de la culture À côté du temple se tient l'olivier sacré dont le feuillage sert à tresser les couronnes qui ornent la tête des vainqueurs. Parmi les autres édifices religieux, on distingue le temple d'Héra datant du VIIe siècle av. J.-C. environ, et les trésors, de petits temples construits par les diverses villes qui participent aux Jeux.
Reconstitution 3d de la statue de Zeus (voir crédit photographique) Parmi les édifices sportifs, le stade pouvant accueillir 45 000 spectateurs revêt une importance particulière. Il est surmonté de deux plates-formes de pierre, l'une tournée vers le sud pour les hellanodices, les juges de compétition, et l'autre vers le nord sur laquelle se tient l'autel de la prêtresse de Déméter. On peut également admirer les vestiges de la palestre, du gymnase et du Philippeion, sanctuaire voulu par Philippe II en 338 av. J.-C. et terminé par Alexandre le Grand à la gloire des athlètes macédoniens. Le
prytanée et le bouleutérion ont
été construits par la suite. Dans
le prytanée était conservé
le feu sacré devenue la flamme éternelle,
sur lequel veillaient les prêtres. V.B (07.02.2007)
L’univers de la mythologie grecque, éditions Gründ. Civilisations disparues, Nov’edit. Les sites archéologiques, éditions Gründ. Les grandes civilisations disparues, sélection du Reader’s Digest
Toutes les photos, sauf autre mention, sont sous Licence creative commons Attribution paternité Share Alike 3.0 unported La reconstitution 3d de Zeus est une capture d'écran issue du DVD Les 7 Merveilles du Monde. © 2002 M6 Interactions Merci à Jerry Nouse pour son aimable autorisation de diffuser ses photos I. Olympie II. Jeux olympiques de l'Antiquité III. Création des Jeux Olympiques modernes |












