O.G.M

Ces plantes génétiquement modifiées sont-elles dangereuses pour l’homme ?

Actuellement, les O.G.M représentent 7% des terres cultivées dans le monde, soit environ un milliard et demi d’hectares.
O.G.M est l’abréviation de « organisme génétiquement modifié ». Les techniques de transformation, développées à l’origine chez les bactéries et les cellules animales, ont pu être adaptées aux cellules végétales grâce aux progrès de la biologie moléculaire et cellulaire végétale.
L’objectif est de rendre les cultures plus résistantes aux herbicides ou aux insectes. Pour les agriculteurs, ces plantes modifiées permettent donc un bien meilleur rendement et donc de plus grands bénéfices.
Très controversés, les O.G.M font depuis peu l’objet d’un rapport qui affirme qu’ils représentent un réel danger pour la santé.

La transgénose (ou transgénèse) végétale

Schématiquement, il est possible pour certaines plantes d’obtenir, à partir d’une cellule transformée, une plante dont toutes les cellules, dérivant de celle manipulée à l’origine, possèdent cette information génétique.

Les premières plantes transgéniques ont été obtenues dans les années 1980. Les plantes cultivées les plus étudiées sont le tabac, la pomme de terre, le colza, les céréales (maïs, blé et riz), et les espèces potagères, en particulier la tomate, le melon et le concombre.

Les gènes introduits ou en voie de l’être, sont ceux qui peuvent présenter un intérêt économique pour les grandes entreprises (résistance à des herbicides ou à des agents pathogènes).

Les applications industrielles sont variées : elles concernent l’obtention de plantes mâles stériles, de plantes résistantes aux herbicides, à des agents pathogènes (virus, champignons, bactéries, nématodes) ou à des insectes ravageurs.

Les atouts des O.G.M

Aujourd’hui 22 pays cultivent des O.G.M. Parmi ces plantes, on trouve : luzerne, soja, maïs, coton, colza, riz, courge, papaye.

Les principaux pays cultivant des O.G.M sont : Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine, Inde, Chine.

Les pays en voie de développement sont particulièrement intéressés par les O.G.M. En effet, un épandage limité de pesticides et un meilleur rendement permettent aux petits agriculteurs d’obtenir de meilleurs revenus.
Ainsi, l’Inde a triplé ses cultures d’O.G.M entre 2005 et 2006. L’Afrique du Sud et les Philippines sont également en tête pour ce type de cultures.

De nombreux autres pays en voie de développement vont certainement s’intéresser aux O.G.M car les chercheurs travaillent sur la création de variétés tolérantes à la sécheresse.

Le montant estimé des bénéfices économiques est de 27 milliards de dollars entre 1996 et 2005.

La résistance des plantes aux insectes est évidemment un atout. Ainsi, la société belge Plant Genetic Systems a obtenu en 1986 des plantes résistantes à une chenille de lépidoptère, Manduca sexta, responsable de gros dégâts dans les cultures de tabac aux États-Unis.

De même, la résistance vis à vis des bactéries permet des rendements nettement supérieurs. Par exemple, l’introduction de riz génétiquement modifié a permis en Afrique de lutter contre la bactériose du riz, responsable de ravages considérables atteignant 10% des récoltes.

Les expériences portent également sur la lutte contre les virus des végétaux. Des réussites ont été obtenues avec le tabac ou la tomate.

Les O.G.M permettent également une adaptation du produit. Par exemple, chez la tomate, il est possible de retarder la maturation des fruits.

Les fruits obtenus par cette manipulation se prêtent mieux à la récolte mécanique, restent fermes durant plusieurs semaines, et se sont révélés moins sensibles aux agents pathogènes. Aux États-Unis, la société Calgene a introduit sur le marché une telle variété de tomates, ayant un contenu réduit en polygalacturonase. Ce sont les premières plantes transgéniques commercialisées.

Enfin, les applications thérapeutiques peuvent être nombreuses. Depuis une vingtaine d’années, l’industrie pharmaceutique utilise des bactéries génétiquement modifiées pour produire certaines molécules qui ne peuvent pas être synthétisées par les techniques classiques de la chimie.
Depuis quelques années des essais sont en cours avec les plantes.

Doit-on avoir peur des O.G.M ?

L’introduction d’organismes génétiquement modifiés dans la nature se heurte à certaines oppositions. Les consommateurs européens, notamment, manifestent vis-à-vis des produits qui dérivent des O.G.M; une réaction de rejet inspirée par la crainte que ces produits puissent présenter des risques encore inconnus pour la santé ou l’environnement.

Depuis plusieurs années des programmes sont engagés, notamment au sein de l’Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A.), pour évaluer les impacts des O.G.M. sur la santé, l’agriculture et l’environnement.

Plusieurs questions se posent encore. Il y a-t-il transfert des trangènes d’une espèce à une autre ?
Existe-t-il une persistance et une dissémination des O.G.M. dans l’environnement ? Doit-on craindre une perturbation des populations naturelles ?

Des experts français estiment qu’une variété de maïs (le MON 863), autorisée en France et en Europe, a des effets toxiques sur le foie.
L’expérience a été menée sur des rats nourris avec ce maïs génétiquement modifié. Les auteurs de cette étude, financée en partie par Greenpeace, demandent de nouveaux tests.
Pour eux, ce maïs est impropre à la consommation car il représente un grave danger.
Cette étude est bien sûr contestée.

Il semble cependant urgent que des tests, effectués par des organismes indépendants, soient automatiquement effectués et cela sur de longues durées, sur tous les végétaux génétiquement modifiés.

Véronique Battaglia (14.03.2007)

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