O.G.M
Ces plantes génétiquement modifiées sont-elles dangereuses pour l’homme ? Actuellement,
les O.G.M représentent 7% des terres cultivées
dans le monde, soit environ un milliard et demi
d’hectares.
|
Schématiquement, il est possible pour certaines plantes d’obtenir, à partir d’une cellule transformée, une plante dont toutes les cellules, dérivant de celle manipulée à l’origine, possèdent cette information génétique. Les premières plantes transgéniques ont été obtenues dans les années 1980. Les plantes cultivées les plus étudiées sont le tabac, la pomme de terre, le colza, les céréales (maïs, blé et riz), et les espèces potagères, en particulier la tomate, le melon et le concombre. Les gènes introduits ou en voie de l’être, sont ceux qui peuvent présenter un intérêt économique pour les grandes entreprises (résistance à des herbicides ou à des agents pathogènes). Les applications industrielles sont variées : elles concernent l’obtention de plantes mâles stériles, de plantes résistantes aux herbicides, à des agents pathogènes (virus, champignons, bactéries, nématodes) ou à des insectes ravageurs.
Aujourd’hui 22 pays cultivent des O.G.M. Parmi ces plantes, on trouve : luzerne, soja, maïs, coton, colza, riz, courge, papaye. Les principaux pays cultivant des O.G.M sont : Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine, Inde, Chine. Les
pays en voie de développement sont particulièrement
intéressés par les O.G.M. En effet,
un épandage limité de pesticides
et un meilleur rendement permettent aux petits
agriculteurs d’obtenir de meilleurs revenus. De nombreux autres pays en voie de développement vont certainement s’intéresser aux O.G.M car les chercheurs travaillent sur la création de variétés tolérantes à la sécheresse. Le montant estimé des bénéfices économiques est de 27 milliards de dollars entre 1996 et 2005. La résistance des plantes aux insectes est évidemment un atout. Ainsi, la société belge Plant Genetic Systems a obtenu en 1986 des plantes résistantes à une chenille de lépidoptère, Manduca sexta, responsable de gros dégâts dans les cultures de tabac aux États-Unis. De même, la résistance vis à vis des bactéries permet des rendements nettement supérieurs. Par exemple, l’introduction de riz génétiquement modifié a permis en Afrique de lutter contre la bactériose du riz, responsable de ravages considérables atteignant 10% des récoltes. Les expériences portent également sur la lutte contre les virus des végétaux. Des réussites ont été obtenues avec le tabac ou la tomate. Les O.G.M permettent également une adaptation du produit. Par exemple, chez la tomate, il est possible de retarder la maturation des fruits. Les fruits obtenus par cette manipulation se prêtent mieux à la récolte mécanique, restent fermes durant plusieurs semaines, et se sont révélés moins sensibles aux agents pathogènes. Aux États-Unis, la société Calgene a introduit sur le marché une telle variété de tomates, ayant un contenu réduit en polygalacturonase. Ce sont les premières plantes transgéniques commercialisées. Enfin,
les applications thérapeutiques peuvent
être nombreuses. Depuis une vingtaine d’années,
l’industrie pharmaceutique utilise des bactéries
génétiquement modifiées pour
produire certaines molécules qui ne peuvent
pas être synthétisées par
les techniques classiques de la chimie.
L’introduction d’organismes génétiquement modifiés dans la nature se heurte à certaines oppositions. Les consommateurs européens, notamment, manifestent vis-à-vis des produits qui dérivent des O.G.M; une réaction de rejet inspirée par la crainte que ces produits puissent présenter des risques encore inconnus pour la santé ou l’environnement. Depuis plusieurs années des programmes sont engagés, notamment au sein de l’Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A.), pour évaluer les impacts des O.G.M. sur la santé, l’agriculture et l’environnement. Plusieurs
questions se posent encore. Il y a-t-il transfert
des trangènes d’une espèce
à une autre ? Des experts français
estiment qu’une variété de
maïs (le MON 863), autorisée en France
et en Europe, a des effets toxiques sur le foie.
Il semble cependant urgent que des tests, effectués par des organismes indépendants, soient automatiquement effectués et cela sur de longues durées, sur tous les végétaux génétiquement modifiés. V. Battaglia (14.03.2007) |