La transgénose (ou transgénèse)
végétale
Schématiquement,
il est possible pour certaines plantes d’obtenir,
à partir d’une cellule transformée,
une plante dont toutes les cellules, dérivant
de celle manipulée à l’origine,
possèdent cette information génétique.
Les
premières plantes transgéniques
ont été obtenues dans les années
1980. Les plantes cultivées les plus étudiées
sont le tabac, la pomme de terre, le colza, les
céréales (maïs, blé
et riz), et les espèces potagères,
en particulier la tomate, le melon et le concombre.
Les
gènes introduits ou en voie de l’être,
sont ceux qui peuvent présenter un intérêt
économique pour les grandes entreprises
(résistance à des herbicides ou
à des agents pathogènes).
Les
applications industrielles sont variées
: elles concernent l’obtention de plantes
mâles stériles, de plantes résistantes
aux herbicides, à des agents pathogènes
(virus, champignons, bactéries, nématodes)
ou à des insectes ravageurs.
Les atouts des O.G.M
Aujourd’hui
22 pays cultivent des O.G.M. Parmi ces plantes,
on trouve : luzerne, soja, maïs, coton, colza,
riz, courge, papaye.
Les
principaux pays cultivant des O.G.M sont : Etats-Unis,
Canada, Mexique, Brésil, Argentine, Inde,
Chine.
Les
pays en voie de développement sont particulièrement
intéressés par les O.G.M. En effet,
un épandage limité de pesticides
et un meilleur rendement permettent aux petits
agriculteurs d’obtenir de meilleurs revenus.
Ainsi, l’Inde a triplé ses cultures
d’O.G.M entre 2005 et 2006. L’Afrique
du Sud et les Philippines sont également
en tête pour ce type de cultures.
De
nombreux autres pays en voie de développement
vont certainement s’intéresser aux
O.G.M car les chercheurs travaillent sur la création
de variétés tolérantes à
la sécheresse.
Le
montant estimé des bénéfices
économiques est de 27 milliards de dollars
entre 1996 et 2005.
La
résistance des plantes aux insectes est
évidemment un atout. Ainsi, la société
belge Plant Genetic Systems a obtenu en 1986 des
plantes résistantes à une chenille
de lépidoptère, Manduca sexta, responsable
de gros dégâts dans les cultures
de tabac aux États-Unis.
De
même, la résistance vis à
vis des bactéries permet des rendements
nettement supérieurs. Par exemple, l’introduction
de riz génétiquement modifié
a permis en Afrique de lutter contre la bactériose
du riz, responsable de ravages considérables
atteignant 10% des récoltes.
Les
expériences portent également sur
la lutte contre les virus des végétaux.
Des réussites ont été obtenues
avec le tabac ou la tomate.
Les
O.G.M permettent également une adaptation
du produit. Par exemple, chez la tomate, il est
possible de retarder la maturation des fruits.
Les
fruits obtenus par cette manipulation se prêtent
mieux à la récolte mécanique,
restent fermes durant plusieurs semaines, et se
sont révélés moins sensibles
aux agents pathogènes. Aux États-Unis,
la société Calgene a introduit sur
le marché une telle variété
de tomates, ayant un contenu réduit en
polygalacturonase. Ce sont les premières
plantes transgéniques commercialisées.
Enfin,
les applications thérapeutiques peuvent
être nombreuses. Depuis une vingtaine d’années,
l’industrie pharmaceutique utilise des bactéries
génétiquement modifiées pour
produire certaines molécules qui ne peuvent
pas être synthétisées par
les techniques classiques de la chimie.
Depuis quelques années des essais sont
en cours avec les plantes.
Doit-on avoir peur des O.G.M ?
L’introduction
d’organismes génétiquement
modifiés dans la nature se heurte à
certaines oppositions. Les consommateurs européens,
notamment, manifestent vis-à-vis des produits
qui dérivent des O.G.M; une réaction
de rejet inspirée par la crainte que ces
produits puissent présenter des risques encore
inconnus pour la santé ou l’environnement.
Depuis
plusieurs années des programmes sont engagés,
notamment au sein de l’Institut National
de la Recherche Agronomique (I.N.R.A.), pour évaluer
les impacts des O.G.M. sur la santé, l’agriculture
et l’environnement.
Plusieurs
questions se posent encore. Il y a-t-il transfert
des trangènes d’une espèce
à une autre ?
Existe-t-il une persistance et une dissémination
des O.G.M. dans l’environnement ? Doit-on craindre une perturbation
des populations naturelles ?
Des experts français
estiment qu’une variété de
maïs (le MON 863), autorisée en France
et en Europe, a des effets toxiques sur le foie.
L’expérience a été
menée sur des rats nourris avec ce maïs
génétiquement modifié. Les
auteurs de cette étude, financée
en partie par Greenpeace, demandent de nouveaux
tests.
Pour eux, ce maïs est impropre à la
consommation car il représente un grave
danger.
Cette étude est bien sûr contestée.
Il
semble cependant urgent que des tests, effectués
par des organismes indépendants, soient
automatiquement effectués et cela sur de
longues durées, sur tous les végétaux
génétiquement modifiés.
Véronique Battaglia
(14.03.2007)
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