Dans la vallée de la
Boyne, au nord de Dublin, au sommet d’un
petit contrefort, des agriculteurs ont édifiés
un tumulus de 80 m de diamètre sur 10 m
de haut.
Newgrange est la plus grande et la plus élaborée
des trois sépultures du néolithique
découvertes dans cette vallée.
Mais, ce n’est pas un tombeau comme les
autres. Il s’agirait en fait d’une
sorte de cathédrale préhistorique
élevée à la gloire du Soleil,
symbole de vie.
La sépulture de Newgrange
Au sud, se dresse un mur de quartz blanc. Une entrée, protégée
par un monolithe richement sculpté, se découpe au
milieu de ce mur.
Ce tumulus recèle un chef-d’œuvre d’architecture
mégalithique.
L’entrée débouche sur une galerie de 18 m de
long, bordée de part et d’autre de 43 monolithes de
près de 2 m de haut, pesant chacun 10 à 12 tonnes.
A l’extrémité de cette galerie, un enchevêtrement
de pierres massives forme une chambre cruciforme.
Au pied de chacun des bras de la croix se trouve une pierre large,
creusée en cuvette.
C’est au cœur de cette galerie qu’étaient
déposés les morts.
L’énigme de Newgrange
Alors qu’ils travaillaient à la restauration de Newgrange,
entreprise en 1960, deux archéologues Irlandais découvrirent
une ouverture verticale pratiquée entre les dalles du toit.
Cette brèche comportait une structure décorée.
En 1969, pressentant que cette ouverture avait une fonction particulière,
ils décidèrent de se poster à l’intérieur
du tombeau le 21 décembre, jour du solstice d’hiver.
4 minutes après le lever du soleil, un premier rayon direct
pénétra par l’ouverture du toit et longea la
galerie pour atteindre la pierre en cuvette de la chambre du fond.
Le mince rai de lumière s’élargit et embrasa
soudain la tombe.
17 minutes après, le Soleil disparaissait.
Il s’avéra ensuite que ces illuminations commençaient
environ une semaine avant le solstice d’hiver et durait jusqu’au
28 décembre environ.
Chaque année, pendant cette période, le Soleil pénétrait
dans le tombeau où seuls les morts pouvaient le voir.
Un tombeau qui vénère la vie
Il a fallu attendre 1988 pour que toute la lumière soit
faite sur Newgrange. Un astrophysicien, P.Ray, découvrit
que la galerie centrale se trouvait au moment du solstice d’hiver
d’il y a 5 150 ans en plein dans l’axe du levant.
A l’époque, le tombeau s’illuminait à
l’instant précis de l’apparition du Soleil. Une
telle précision ne pouvait évidemment pas être
le fait du hasard.
La découverte de Ray fut d’une portée considérable
pour les chercheurs qui étudient l’homme du néolithique,
notamment en Irlande.
En effet, ces tumulus sont les seuls vestiges qu’ils puissent
examiner car cette culture, qui remonte à 10 000 ans environ,
s’éteignit sans laisser de traces écrites.
Reconstitution du tombeau et de la
pénétration du Soleil
Les archéologues pensent que les hommes qui construisirent
ces tombes appartenaient à une petite communauté de
3 000 personnes environ.
La grande complexité de l’ouvrage ainsi que sa remarquable
exécution montrent combien on a sous-estimé les facultés
créatrices des sociétés préhistoriques.
Cependant, ce talent servait essentiellement à construire
des tombes.
Un millier d’années après son édification,
Newgrange n’était plus qu’une simple butte sur
laquelle des envahisseurs faisaient paître leurs troupeaux.
La communauté de Newgrange a-t-elle été victime
de son obsession de la mort ? Son extinction a-t-elle été
causée par un effondrement de son économie lorsque
les terres cessèrent d’être cultivées
?