Néolithique Les premiers villages. Guerre. Rites funéraires Devenu cultivateur et éleveur, l’homme du néolithique n’est plus un nomade à la recherche de moyens de subsistance. Grâce à un outillage plus perfectionné, la production alimentaire augmente et il peut s’organiser en collectivité.
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Au paléolithique, les hommes construisent des habitations faciles à démonter. L’avènement de l’agriculture va modifier cet état de chose.
Village néolithique de l'île de Chypre (VIe millénaire avant notre ère). By Wessex Archaeology . Licence Cependant, il faut souligner que cette chronologie n’est pas aussi formelle. En effet, au Mexique, la domestication de la courge a précédé d’au moins 1 000 ans la sédentarisation des Indiens. Les natoufiens, principalement implantés dans les actuels Israël et Jordanie, habitaient déjà des maisons en dur il y a 12 000 ans. Leur économie reposait pourtant essentiellement sur la chasse et la cueillette.
Les premières constructions rectangulaires apparaissent il y a 10 000 ans à Çatal Höyük, en Anatolie.
Reconstitution 3D de Çatal Höyük. By Open Knowledge . Licence Çatal Höyük pouvait loger plusieurs centaines de personnes. Ce site s’étale sur environ 15 hectares. Les maisons sont recouvertes de nombreuses peintures dont certaines semblent évoquer des scènes mythiques : vautours attaquant des hommes sans tête, culte du taureau.
Crânes déposés dans une demeure. By Open Knowledge . Licence Les plans des habitations ont été constamment améliorés. Grâce à la chaux et au plâtre, inventés il y a 9 600 ans environ, les murs sont enduits et les sols isolés. A Sawwan, un site irakien vieux de 8 000 ans, les habitations sont entourées d’un muret d’enceinte.
Les figures féminines sont très abondantes au néolithique (Museum of Anatolian Civilization) . By Brewbooks . Licence Les habitations deviennent plus raffinées avec la céramique. A Oueili, en Irak, des carrelages ont été exhumés sur ce site vieux de 7 500 ans.
Céramique peinte. IVe millénaire. (Musée d'Israël). © dinosoria.com Un peu partout, la civilisation néolithique s’étend. L’ensemble de l’Europe va être colonisé en trois millénaires.
Vestiges du village de Skara Brae en Ecosse. By Basykes . Licence Les hommes quittent leurs huttes de branchage recouvertes de peau pour de grandes maisons en torchis. A Skara Brae, en Ecosse, le bois se faisant rare, les habitants ont construit les premières maisons de pierre, avec un foyer central et des banquettes latérales en guise de lit.
Maison de Skara Brae. By Lil Jim . Licence On peut en déduire que si les espaces à l’intérieur des habitations se sont spécialisées, il en a été de même pour les activités humaines.
Au début du néolithique, l’amélioration de la production agricole a des effets bénéfiques. Dans un premier temps, les conditions de vie s’améliorent et la démographie explose. Ces masses humaines de plus en plus importantes rentrent en concurrence. Poussées par le besoin de protéger leurs biens, des communautés établissent leurs villages sur des hauteurs escarpées ou à l’abri derrière des murailles, comme à Jéricho. Les conflits territoriaux devaient certainement exister bien avant mais c’est au néolithique que la notion de « guerre » apparaît. Cette thèse est confirmée par des traces d’incendies violents et de nombreux fragments de squelettes humains qui portent des séquelles de coups et de blessures. En Languedoc, en France, vers le milieu du IIIe millénaire avant notre ère, les hameaux de la culture de Fontbouisse regroupent plusieurs familles dans de longues maisons de pierre sèche, à l’intérieur d’une grande enceinte basse, flanquée de tours rondes.
Reconstitution du village préhistorique de Cambous. © archeologue.org La guerre apparaît avec l’instinct de propriété. On a retrouvé des charniers où les hommes sont jetés pêle-mêle, le crâne enfoncé, des pointes de silex enfoncées entre les côtes. Qui dit guerre, dit guerriers. Apparemment, dès cette époque, les guerriers tendent à dominer ceux qu’ils défendent.
Mégalithe d'Irlande. By James Shiell . Licence Des tombes beaucoup plus riches sont construites avec d’énormes blocs de pierre. Ces sépultures sont les mégalithes.
Alors que les néandertaliens déposaient dans une simple fosse le défunt accompagné de quelques offrandes (fleurs par exemple), les sépultures du néolithique témoignent de rapports étroits entre le monde des morts et celui des vivants. La plupart des défunts sont inhumés mais l’incinération existe aussi. Les morts sont enterrés en position fœtale, allongés sur le dos. La plupart du temps, les villages se dotent de cimetières.
Squelette exhumé à Çatal Höyük. By Open Knowledge . Licence Vers 3 500 avant notre ère, apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales, et la hiérarchisation de la société se perpétue dans les tombeaux. Le culte des crânes est propre au néolithique. ‘Ain Ghazal, en Jordanie, est l’un des plus grands sites néolithiques connus.
Crâne de Jéricho. VIIème millénaire. Jérusalem. (Musée des Antiquités) . © dinosoria.com On a retrouvé de nombreuses petites figurines d’argile d’animaux, principalement des bovins. Les figurines humaines sont plus rares et toutes, à une exception près, sont décapitées. Elles se présentent sous la forme de corps acéphales ou de têtes seules.
Figurine animale retrouvée en 2002 à Çatal Höyük. By Open Knowledge . Licence Les morts étaient généralement enterrés sous le sol des maisons. Après une période plus ou moins longue permettant la décomposition, la fosse funéraire était rouverte et on en ôtait le crâne.
Corps enterré sous une maison à Çatal Höyük. By Open Knowledge . Licence Des crânes étaient ré-enterrés ailleurs mais certains recevaient un traitement particulier. Les traits du visage étaient reconstitués à l’aide de plâtre.
Crâne humain provenant de Jéricho. Les traits du visage sont modelés en plâtre et des coquilles de porcelaine remplacent les yeux. (VIIe millénaire avant notre ère). Jérusalem, Musée des Antiquités. © dinosoria.com Les enfants de moins de 15 mois étaient traités sans égards et étaient jetés pour la plupart sur des décharges.
Certaines agglomérations du néolithique sont très importantes. Cependant, les spécialistes estiment que ce n’est pas le nombre qui fait la ville mais l’organisation de l’espace. Les villages de Çatal Höyük ou de ‘Ain Ghazal ne répondent pas à cette définition. On ne peut donc pas parler de ville avant la naissance des grandes cités d’Egypte, de Mésopotamie et de la vallée de l’Indus. V.B (02.11.2007)
La révolution néolithique, l’histoire du monde N° 1, éditions Larousse 1993 Reconstitution du village préhistorique de Cambous
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