La découverte de Nazca C’est
en 1927 qu’un pilote péruvien découvre
par hasard les incroyables tracés. Il vole alors au
sud du Pérou, à 400 km de Lima et 50 km de la
côte du Pacifique.
L’archéologue américain, Paul Kosok,
est le premier à venir sur les lieux en 1939.

Vue aérienne des lignes
de Nazca (Photo Servicio Aerofotografico Nacional del Peru)
Ces tracés sont attribués aux Nazcas. C’est
un peuple assez méconnu qui a connu son apogée
au cours des derniers siècles précédant
notre ère.
La culture Nazca, qui s’est développée
au début de notre ère, a été précédée
d’une période baptisée Nazca primitif.
Cette culture est contemporaine de Paracas Necropolis, entre
300 avant notre ère et 500 après notre ère
environ.
La culture Nazca, localisée sur la côte et l’intérieur
des terres péruviennes, est connue pour avoir élaboré
la poterie polychrome la plus éclatante de l’Amérique
du Sud. Tessons et poteries retrouvées sur le site
des tracés de Nazca appartiennent au style Nazca.

Homme-Oiseau portant des masques
félins sur le corps. Céramique Nazca, vers 200-700.
Musée national d'archéologie, Lima
On retrouve sur les poteries et jarres funéraires
l’inspiration des dessins de Nazca. Aux éléments
géométriques se mèlent de nombreuses
figures de têtes humaines et d’animaux.

Jarre funéraire en terre
cuite polychrome. Vers 200-700. Musée national d'archéologie,
Lima
La ressemblance entre certains de leurs dessins et ceux
de la pampa permet de penser qu’ils sont les auteurs
des énigmatiques dessins et lignes. D'inspiration sobre
à ses débuts, la céramique Nazca atteindra
par la suite une grande complexité dans ses motifs.

Vase Nazca
On a également retrouvé des momies. On sait
qu’ils décapitaient leurs ennemis et vouaient
un culte aux têtes coupées.

Momie Paracas. Enveloppe en
tissu multicolore recouvert de plumes, dans laquelle on déposait
la momie
Les figures avaient été recouvertes par la
poussière. Ils ont resurgi du passé dans toute
leur splendeur grâce au travail d’une mathématicienne
allemande, Maria Reiche. Elle leur a consacré toute
sa vie à partir de 1945.

Sur cette photo, on peut observer
la géométrie parfaite des lignes et des "pistes"
(Photo Servicio Aerofotografico Nacional del Peru)
Grâce au carbone 14, il a pu être établi
que certains résidus organiques trouvés dans
les environs datent d’une période située
entre 350 et 600 après notre ère et des poteries
remontent au Ier siècle avant notre ère.
Mais, les lignes elles-mêmes et les dessins n’ont
pas pu être datés.
Nazca vue du ciel
Ces tracés mystérieux sont appelés «
pistas » dans les pays de langue espagnole. Les aviateurs
peuvent en observer depuis l’équateur jusqu’au-delà
des tropiques et tout le long de la Cordillère des
Andes.
Au Pérou, les pampas sont d’immenses étendues
vierges de sable et de pierrailles.
L’endroit où il y a le plus de tracés
se situe entre Palpa et Nazca.
On peut différencier plusieurs types
de dessins :
- Les lignes qui ressemblent à un long sillon
- Les pistes qui sont des surfaces claires en forme de
pistes d’atterrissage, rectangulaires ou triangulaires.
Leur largeur varie de 3 à 100 m
- Les dessins à proprement parler : animaux, hommes
…

Dessin baptisé "Le
Chien" (Photo Maria Reiche)
Même d’avion et à haute altitude, on ne
distingue pas la fin des grandes lignes qui semblent partir
dans toutes les directions.
Pourtant, ces lignes sont régies selon un plan puisqu’elles
aboutissent toutes à des pistes. Ces lignes se comptent
par millier.
Lignes et pistes sont d’une géométrie
parfaite et le désordre de l’ensemble n’est
qu’apparent.
Ceux qui ont étudiés Nazca ont donné
des noms à ces dessins en fonction de ce qu’ils
sont censés représenter. L’identification
est cependant, dans de nombreux cas, très subjective.

Dessin baptisé "La
Fleur" (Photo Servicio Aerofotografico Nacional del Peru)
Les dessins sont appelés « grabados ».
Parmi eux, il y a l’araignée, longue de 46 m,
dont l’abdomen est moins important que le thorax.
On trouve également un singe qui fait 100 m de long.
Il a été dessiné en pleine action et
sa longue queue se replie en spirale. Ce singe n'est pas un
singe pour certains auteurs. Ils y voient plutôt un
homme dans un "engin volant".

Singe ou homme volant ?
Plusieurs dessins sont recouverts de lignes. Cela implique
que les dessins sont plus anciens.
Parmi les dessins, on trouve notamment :
- Un colibri
- Un perroquet de plus de 50 m de long
- Un chien
- Deux personnages avec une coiffure en forme d’auréole

Le Perroquet (Photo Servicio
Aerofotografico Nacional del Peru)
D’autres dessins sont difficiles à interpréter
: volatiles à quatre pattes, sauriens, poissons, poussin,
fleurs, serpents à plusieurs têtes ainsi que
des objets non identifiés.
Les tracés sont constitués tantôt par
de simples rangées de pierres brutes, tantôt
par une variété de graminée des Andes,
l’Ichu.

La Sirène (Photo Servicio
Aerofotografico Nacional del Peru)
Outre les tracés énigmatiques, un peu partout
on trouve des débris de poterie rouges. Ces débris
dateraient, selon les professeurs Rowe et Menzel, d’environ
2 000 ans.
Les sondages effectués en 1948 par le Docteur Rossel
Castro n’ont mis au jour que de rares ossements de petits
animaux sauvages.

Le colibri (Photo Antonio Attini)
Le site a été abondamment pourvu de poteries
mais on ignore dans quel but. Cependant, les tracés
n'ayant pu être datés, on ne peut affirmer que
les poteries sont de la même époque.
Les différentes hypothèses
Pour le professeur Kosok et pour Maria Reiche, la Nazca est
un calendrier astronomique. Ce dernier était utilisé
par les anciennes civilisations pour connaître les dates
d’équinoxes, d’éclipses, le moment
des semailles …
En effet, le 22 juin 1941, Kosok vit le soleil se coucher
au bout de l’une des lignes. C’était le
solstice d’hiver au sud du Pérou.
C’est ce qui convainquit Kosok que les lignes avaient
une vocation astronomique.

Les marques de Nazca ont été
tracées en déblayant la fine couche de pierres
sombres couvrant la pampa désertique pour mettre à
nu le sol plus clair
Pourtant, lorsque l’astronome Gérard S. Hawkins
encoda les divers alignements dans son ordinateur, en cherchant
à isoler une période donnée entre 5 000
avant notre ère et 1900 de notre ère, il fut
déçu.
Aucune des lignes n’était dirigée de manière
concluante vers certaines étoiles à des moments
importants comme le solstice ou l’équinoxe.
Mais, plus tard, le Dr Phyllis Pitluga, une chercheuse de
l’Adler Planetarium de Chicago, découvrit que
ce n’était pas tout à fait vrai.
Ses recherches démontrèrent que l’araignée
géante était censée représenter
la constellation d’Orion et que la série des
lignes droites qui l’entouraient retraçait les
mouvements des trois étoiles du baudrier d’Orion.

L'Araignée (Photo Antonio
Attini)
On remarquera que, pour l’araignée de Nazca,
comme pour les pyramides de Gizeh, un rapprochement a été
fait avec le baudrier d’Orion.
L’ethnologue Simone Waisbard et son fils,
informaticien sont persuadés qu’il s’agit
d’un calendrier météorologique.
Où plutôt de plusieurs calendriers superposés
au fil des siècles ce qui explique que certains sont
recouverts de lignes.
Un autre spécialiste du site, Tony Morisson, penche
pour une signification religieuse en se fondant sur les coutumes
et la religion des Nazcas.
Bien sûr, l’hypothèse d’un
peuple non terrien a été largement émise.
Depuis la découverte des tracés, cette région
est devenue le rendez-vous des extraterrestres et des ovnis.
Cependant, hormis les farfelus qui voient des E.T partout,
il y aussi des éléments plus sérieux
pour étayer la visite d’extraterrestres dans
le passé.
Des lecteurs de la Bible ont rapproché les visions
d’Ezéchiel de certaines descriptions d’ovnis
: « des roues enflammées transportant des êtres
vivants dans le ciel ».
Certains phénomènes décrits par la Bible
et par d’autres textes anciens exprimeraient-ils la
réaction de peuples dénués de technologie
devant des machines qu’ils ne pouvaient comprendre ?
Ce n’est pas du tout invraisemblable car après
tout, on peut également imaginer comment réagiraient
les hommes du 19e siècle face aux prouesses techniques
d’aujourd’hui.

Cette curieuse silhouette humaine,
appelée " l'Astronaute" est considérée
par certains comme la preuve que les tracés de Nazca
sont le produit d'une culture extraterrestre (Photo Antonio
Attini)
Les tracés de Nazcas ont bien été fait
par des hommes mais peut-être étaient-ils destinés
à des « êtres » venus du ciel ?
En effet, une chose est sure, ces tracés ont été
faits pour être vus du ciel et non du sol. Ils avaient
donc une destination céleste.
On songe bien sûr immédiatement à des
dieux vénérés par cette civilisation.
Les dessins deviendraient alors des repères géants
pour guider ces dieux en vue de leur hypothétique retour
ou tout simplement en hommage à ces dieux.

La Couleuvre (Photo Servicio
Aerofotografico Nacional del Peru)
Tony Morrison, un zoologiste qui a étudié les
lignes avec Gérald Hawkins, conclut son livre Pathways
to the Gods (1978) par une citation, écrite en 1586
par Luis de Monzon, un magistrat espagnol :
« Les vieux Indiens disent que (…) d’après
ce qu’ils savent de leurs ancêtres, dans des temps
très anciens, avant que les Incas ne règnent
sur eux, un autre peuple était venu qu’on appelait
les Viracochas. Ils n’étaient pas nombreux et
furent suivis par des Indiens qui avaient écouté
leur parole.
Ils disent aujourd’hui que ce devait être de simples
personnes. Et c’est pour eux qu’ils ont construit
les pistes qu’on peut voir aujourd’hui. »
On retrouve donc là le légendaire héros
civilisateur Viracocha, aussi appelé Quetzalcoatl,
dont les Indiens espéraient le retour quand Cortès
débarqua.

Personnages avec des coiffures
rayonnantes (Photo Servicio Aerofotografico Nacional del Peru)
Ce peuple a probablement tracé ces gigantesques motifs
parce qu’ils s’attendaient à voir revenir
Viracocha, par la voie des airs cette fois. Les dessins étaient
censés servir de balise.
C’est sans doute l’explication la plus simple
et la plus évidente sur le rôle de ces lignes.
A cela, on peut ajouter que lignes et dessins pouvaient être
des symboles religieux et de fertilité.
Comment les tracés ont-ils été
dessinés ?
Comment les Nazcas ont-ils faits pour tracer des dessins
aussi parfaits sans les voir ?
Maria Reiche affirme que c’est en agrandissant des
maquettes dont elle a trouvé les traces près
de certaines figures animales.
L’Américain Jim Woodman et l’aérostier
anglais Julian Nott ont essayé de prouver que les Nazcas
savaient fabriquer des ballons à air chaud pour superviser
le tracé des figures. Ils ont fabriqué en 1975
un ballon en utilisant du tissu et des cordes du même
genre que ceux trouvés sur les momies nazcas.
Le ballon s’est élevé à 90 m avant
de s’écraser. Bien sûr, rien ne dit que
les nazcas ne savaient pas voler mais rien, non plus, n’est
venu le confirmer. De plus, ce n’est pas en prenant
de l’altitude qu’on peut dessiner une figure de
300 mètres.
En fait, nul ne sait avec certitude quelle technique a été
employée pour réaliser ce chef-d’œuvre
uniquement visible du ciel mais certaines hypothèses
sont plus plausibles que d’autres.
Il est bien plus probable que la théorie de Maria
Reiche soit la bonne. Il s’agissait simplement de créer
une version agrandie d’un plan ou d’un dessin.
La réalisation de dessins gigantesques n’est
pas hors de portée avec une main d’œuvre
consciencieuse dirigée par des prêtres.
D’ailleurs, il n’est pas entièrement vrai
que les lignes de Nazca ne peuvent être distinguées
au niveau du sol.
Il y a dans la région de nombreuses collines et montagnes
qui auraient permis aux artistes de prendre du recul.
D’autres tracés sur la Terre
Les tracés terrestres destinés à être
vus du ciel ne sont pas rares sur la Terre. Il en existe en
Amérique du Nord et en Angleterre notamment.
Dessins
et tracés mystérieux dans le monde
V.B (05.03.2006)
Bibliographie
Builders of the Ancient World : Marvels of Engineering. Washington,
D.C, National Geographic Society, 1986.
L’énigme des Andes, Robert Charroux, 1974
Castleden Rodney. The Wilmington Giant : The Quest for a Lost
Myth. Wellinggorough, Northamptonshire. Turnstone Press, 1983
From Atlantis to the Sphinx, Colin Wilson, 1997
Les Sites archéologiques, Editions Gründ, 2004
<
Enigme Archéologie. Paléontologie |