Le code de Taiho
Dans
la seconde moitié du VIIe siècle,
le code dit « de Taiho » est promulgué
en 701. Il sera appliqué jusqu'au début
du règne de l'empereur Meiji (1867-1912),
qui, en l'abolissant, mettra enfin un terme à
un système féodal d'organisation
de la société peu adapté
au monde moderne.

Gardien de la religion
bouddhiste. By Nicolasc
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Ce
code est divisé en deux parties l'une,
administrative, traite essentiellement des fonctionnaires,
de leur rôle dans la gestion de la cour
et dans le contrôle de la population; l'autre,
pénale, fort mal conservée, concerne
les délits, les crimes et les peines.

L'un des trois
bouddhas du temple de Yakushi-ji. By
Idua Japan Licence
Le
Japon a emprunté aux classiques de la Chine
la théorie du gouvernement bienveillant,
qui doit faire en sorte que le peuple puisse se
nourrir et vivre dans la paix, et cela par le
moyen de l'incitation au travail, à l'honnêteté
et à la frugalité. Cette fonction
de moralisation revient théoriquement à
l'empereur, mais, dans la pratique, c'est à
une administration de type bureaucratique qu'elle
est confiée.

Rue touristique
du Nara moderne. By Josephin
Busan, Rok Licence
Ainsi,
en dépit d'une structure administrative
composée sur le papier avec rigueur et
d'une division des tâches apparemment stricte,
le Japon est dirigé par un groupe réduit
d'hommes appartenant à une aristocratie
de naissance, aidés par des fonctionnaires
d'origine plus humble.

Sculpture d'inspiration
chinoise à Nara. By
Idua Japan Licence
Hérité
de la Chine, ce système privilégiait
les plus hauts rangs, non pas sur des notions
de compétence mais de naissance.
L’empereur du Japon
Le
culte national, le shinto, et la pensée
chinoise, taoïste ou confucéenne,
ont modelé l'idéologie impériale.
L'empereur est le descendant et le représentant
des divinités fondatrices. « Divinité
visible», il est l'interlocuteur privilégié
de toutes les divinités du pays. Il ordonne
les prières et les offrandes pour obtenir
de bonnes récoltes.
Son administration contrôle les sanctuaires.

Salla principale
du temple deTodai-ji. By
Lux Tonnerre Licence
L'empereur
est le « tenno », c'est-à-dire
qu'il est assimilé à l'étoile
Polaire, point fixe autour duquel s'ordonne l'Univers,
ou bien au Soleil qui, de façon naturelle,
a une influence bénéfique. Mais
il est aussi le souverain bienfaisant de la tradition
confucéenne qui, par sa vertu, moralise
son peuple et gouverne avec sagesse, entouré
de bons conseillers.
Le sort des paysans
L'immense influence de la Chine avait transformé
la vie au japon, du moins celle des seigneurs,
des courtisans et des chefs religieux. Les paysans,
eux, continuaient à vivre pauvrement. Ils
travaillaient dur pour fournir les richesses nécessaires
au train de vie de la cour impériale.

Koen ParK
. By Kalavinka Licence
Et
pourtant, les nantis de la fastueuse Nara les
considéraient comme des animaux. Vêtus
de fibres d'écorce, ils habitaient de simples
huttes en torchis. Leur vie était rythmée
par les travaux agricoles; certains élevaient
des vers à soie. Totalement incultes, ils
vénéraient des divinités
des champs et des montagnes.

Fontaine en forme
de dragon de Nara. By Marcom
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Les gens du peuple étaient complètement
ignorés des nobles comme des moines bouddhistes.
Nul ne parle d'eux dans les chroniques, si ce
n'est par allusion. La fondation de Nara aggrava
leurs conditions de vie déjà misérables:
les impôts levés pour construire
la nouvelle cité devenaient chaque jour
un peu plus lourds.
Les temples de Nara
Au VIIIe siècle, il manquait au japon une
capitale digne de sa splendeur croissante. En
710, sous l'impératrice Gemmyo (règne:
708-714), Nara devint la résidence fixe
de la cour impériale.
La ville s'appelait à l'époque Heijô-kyô;
elle était bâtie sur un plan en damier,
à la manière de Changan, la capitale
Tang en Chine ((l'actuelle Xi'an). L'architecture
était d'inspiration chinoise avec ses palais,
ses monastères et ses hautes pagodes.

By Kalavinka
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Six sectes sont alors fondées, la plupart
par des moines japonais formés en Chine.
Chacune a à coeur de marquer les esprits
et se lance dans la construction de temples splendides.
Ainsi sont érigés le Yakushi-ji,
le Toshodai-ji et le Todai-ji.
Dans le Todai-ji (Grand Temple oriental), étaient
ordonnés tous les moines. La construction
du Todai-ji (achevée en 752) a été
une entreprise titanesque qui a nécessité
20 ans de travail : la salle principale (Daibutsu-den)
abritait une statue de bronze du Bouddha Vairocana
(le Bouddha Seigneur de l'Univers) de 18 mètres
de hauteur pesant 450 tonnes.

By Idua Japan
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En 735, une grave épidémie de variole
se déclara, touchant aussi les membres
de la famille impériale. L'empereur Shômu
(règne: 724-749) décida alors de
construire cette gigantesque effigie du Bouddha
en bronze doré.
La salle même, avec 48 mètres de
haute est le plus grand édifice de bois
du monde Le temple et la statue d'origine ont
été détruits par un incendie
et reconstruits à une échelle plus
modeste à la fin du XVIe siècle.
Dans ce même temple, on peut admirer une
terrifiante statue, Shukango-Shi, qui est un protecteur
du bouddhisme et non un guerrier. Cependant, il
combat avec violence tout ennemi de la religion.

© L'essor
du Japon, éditions Larousse
Le Yakushi-ji abrite les trois Bouddhas qui constituent
la Trinité de Yakushi.
Construit au VIIIe siècle, le temple shintoïste
de Kasuga-ji est dédié aux divinités
protectrices de la ville.
Mesurant à peine 16 m de haut, la Muro-ji
est la plus petite pagode à cinq étages
du Japon. Les 3 000 rhododendrons qui l’entourent
lui ont valu le nom de « pagode des fleurs
».

By Snoopdroop
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Quand Heijo-kyo a été abandonnée
en 784, seul le palais impérial a subsisté
pour rappeler l'existence de la ville; le reste
a été livré à la culture
du riz.
Aujourd'hui, il ne reste que les fondations (mais
quelques parties ont été reconstruites
et ouvertes au public), et, au cours des fouilles,
on a retrouvé des milliers de tablettes
de bois qui ont permis de connaître dans
les moindres détails la vie à la
cour du japon au VIIIe siècle.
V.B (12.02.2007)
Références bibliographiques
L’essor du Japon, éditions Larousse.
Les grandes civilisations disparues, sélection
du Reader’s Digest. Les sites archéologiques,
éditions Gründ
< Moyen Âge
< Archéologie.
Monument
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