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La mode des N.A.C devient-elle dangereuse ?

Depuis quelques décennies, le grand public s’est entiché des nouveaux animaux de compagnie, appelés communément N.A.C.
Le chien et le chat sont devenus, de toute évidence, des animaux trop répandus et certains semblent rechercher la nouveauté et l’exotisme.
Araignée, scorpion, serpent ou gecko ont donc envahi nos contrées et cet engouement commence à poser de sérieux problèmes.

Invasion de serpents

Nous ne le dirons jamais assez mais un serpent n’a vraiment rien d’un animal de compagnie. Dans leur environnement naturel, les serpents évitent soigneusement l’homme. En cas de rencontre, dans le meilleur des cas, ils fuient et en dernier ressort, ils mordent.

Que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord, acheter un serpent est devenu un acte presque banal.
Le problème est que relâcher dans la nature ces animaux devenus trop encombrants est également devenu un acte banal.
L’irresponsabilité de ces particuliers est donc bien à montrer du doigt.

Boa constrictor

Boa constrictor. © dinosoria.com

Aux États-Unis, ce type de comportement est si répandu que l’écosystème de plusieurs États est sérieusement menacé.
Des pythons, des anacondas et des boas ont été relâchés en masse dans la nature depuis environ 30 ans. Ces animaux se sont bien sûr reproduits et parfaitement adaptés à leur nouveau biotope.
À part le fait, qu’ils peuvent représenter un réel danger pour l’homme, ils sont également en train de déstabiliser les écosystèmes.
Les espèces locales deviennent leurs proies et si rien n’est fait, elles pourraient bien disparaître dans les prochaines années.

Anaconda

Anaconda. © dinosoria.com

Le cas de la Floride est particulièrement inquiétant. Cet écosystème, déjà largement fragilisé par l’homme, est actuellement très menacé par la colonisation de ces nouveaux arrivants.

Des responsables de l’US Geological Survey ont tiré, cette année, la sonnette d’alarme.

Croisement dangereux de serpents

En France, un phénomène plutôt inquiétant est en train de se développer. Des propriétaires de reptiles n’ont rien trouvé de mieux que de croiser des serpents venimeux d’espèces différentes.

Boomslang

Boomslang. © dinosoria.com

Là encore, cette reproduction contre nature pose un sérieux problème. Ces serpents hybrides possèdent un venin contre lequel il n’existe aucun sérum.

Administrer un sérum non approprié est bien plus dangereux que le venin inoculé. En cas de morsure, il n’existerait donc aucun sérum.

Trafics d’animaux et extinction programmée d’espèces

De nombreux propriétaires de NAC ont acheté les animaux tout à fait illégalement.  Internet est d’ailleurs largement montré du doigt régulièrement car c’est le support le moins facile à contrôler.

Les petites annonces pullulent et tout cela dans la plus parfaite illégalité.

Tous ces animaux, non autorisés, sont transportés le plus souvent dans les pires conditions et le taux de mortalité est très élevé.

Dernièrement, en Norvège, les voyageurs ont eu une grosse frayeur à la douane du port de Kristiansand.
Une grosse mygale est soudainement apparue au milieu des bagages. L’araignée en question  possède un venin très dangereux.
Après une fouille en règle du propriétaire des bagages, les douaniers ont découvert sur l’homme 14 pythons dans des bas de soie scotchés autour du buste et 10 geckos enfermés dans des sacs attachés aux jambes.

Mygale

Les mygales font l'objet d'un commerce intensif. © dinosoria.com

Au Maroc, ce sont les macaques qui payent un lourd tribut à cette nouvelle mode. Les bébés sont arrachés à leur mère puis vendus sur des marchés aux touristes.
Ces derniers passent la frontière avec l’animal, qui a été endormi, enfermé dans le coffre de la voiture.

Dans certains pays européens, les refuges sont complètement saturés par ces singes qui sont, une fois adultes, abandonnés.

Paradoxalement, plus une espèce devient rare et plus elle est convoitée. D’un côté, certains essayent désespérément de protéger les espèces en voie d’extinction et de l’autre, les amateurs argentés achètent à prix d’or ces animaux.

Macaque de Barbarie

Bébé Macaque de Barbarie. © dinosoria.com

Ce commerce international illégal représente  plusieurs milliards de dollars chaque année.
L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) s’inquiète car un tiers des oiseaux et des mammifères du monde sont menacés par ce commerce.

En 2007, l’ONG  « Trafic-Europe » a diffusé un rapport sur le montant de ces transactions. Les reptiles vivants représentent un marché de 31 millions de dollars chaque année.
Les primates qui sont tous en danger extrême représentent un marché annuel de 75 millions de dollars.

Tous ces animaux sont prélevés dans la nature ce qui affaiblit considérablement les populations déjà très fragiles.

Malheureusement, malgré les nombreuses lois de protection, ce commerce ne cesse d’augmenter chaque année d’environ 10%.

Lezard

Les reptiles, toutes espèces confondues, sont les animaux les plus lucratifs. © dinosoria.com

Les scientifiques sont loin d’être exemptes de tous reproches. Tests et expériences sur les animaux  existent toujours dans les laboratoires et les demandes de ces laboratoires sont loin d’être négligeables.
Chaque fois qu’une nouvelle espèce est découverte, des spécimens sont tués pour être naturalisés. Cette pratique qui date de plusieurs siècles n’a toujours pas été abandonnée.

Que l’on tue au nom de la science ou pour de l’argent, le résultat est le même.

Ce triste bilan ne réjouira pas les amoureux du vivant et je doute beaucoup que la situation s’améliore dans les prochaines années.
Plus on médiatise la défense de l’environnement, de la faune et de la flore et plus on assiste à un massacre qu’il soit légal ou illégal.

V. Battaglia (06.12.2009)

N.A.C (Nouveaux animaux de compagnie). Règlementation

Liens

UICN (en français)

TRAFFIC est le réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages. Sa mission est de s'assurer que ce commerce ne menace pas la conservation de la nature.

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