La mode des N.A.C devient-elle dangereuse ? Depuis quelques décennies, le grand public s’est entiché des nouveaux animaux de compagnie, appelés communément N.A.C.
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Nous ne le dirons jamais assez mais un serpent n’a vraiment rien d’un animal de compagnie. Dans leur environnement naturel, les serpents évitent soigneusement l’homme. En cas de rencontre, dans le meilleur des cas, ils fuient et en dernier ressort, ils mordent. Que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord, achetez un serpent est devenu un acte presque banal.
Boa constrictor. © dinosoria.com Aux Etats-Unis, ce type de comportement est si répandu que l’écosystème de plusieurs Etats est sérieusement menacé.
Anaconda. © dinosoria.com Le cas de la Floride est particulièrement inquiétant. Cet écosystème, déjà largement fragilisé par l’homme, est actuellement très menacé par la colonisation de ces nouveaux arrivants. Des responsables de l’US Geological Survey ont tiré, cette année, la sonnette d’alarme.
En France, un phénomène plutôt inquiétant est en train de se développer. Des propriétaires de reptiles n’ont rien trouvé de mieux que de croiser des serpents venimeux d’espèces différentes.
Boomslang. © dinosoria.com Là encore, cette reproduction contre nature pose un sérieux problème. Ces serpents hybrides possèdent un venin contre lequel il n’existe aucun sérum. Administrer un sérum non approprié est bien plus dangereux que le venin inoculé. En cas de morsure, il n’existerait donc aucun sérum.
De nombreux propriétaires de NAC ont acheté les animaux tout à fait illégalement. Internet est d’ailleurs largement montré du doigt régulièrement car c’est le support le moins facile à contrôler. Les petites annonces pullulent et tout cela dans la plus parfaite illégalité. Tous ces animaux, non autorisés, sont transportés le plus souvent dans les pires conditions et le taux de mortalité est très élevé. Dernièrement, en Norvège, les voyageurs ont eu une grosse frayeur à la douane du port de Kristiansand.
Les mygales font l'objet d'un commerce intensif. © dinosoria.com Au Maroc, ce sont les macaques qui payent un lourd tribu à cette nouvelle mode. Les bébés sont arrachés à leur mère puis vendus sur des marchés aux touristes. Dans certains pays européens, les refuges sont complètement saturés par ces singes qui sont, une fois adultes, abandonnés. Paradoxalement, plus une espèce devient rare et plus elle est convoitée. D’un côté, certains essayent désespérément de protéger les espèces en voie d’extinction et de l’autre, les amateurs argentés achètent à prix d’or ces animaux.
Bébé Macaque de Barbarie. © dinosoria.com Ce commerce international illégal représente plusieurs milliards de dollars chaque année. En 2007, l’ONG « Trafic-Europe » a diffusé un rapport sur le montant de ces transactions. Les reptiles vivants représentent un marché de 31 millions de dollars chaque année. Tous ces animaux sont prélevés dans la nature ce qui affaiblit considérablement les populations déjà très fragiles. Malheureusement, malgré les nombreuses lois de protection, ce commerce ne cesse d’augmenter chaque année d’environ 10%.
Les reptiles, toutes espèces confondues, sont les animaux les plus lucratifs. © dinosoria.com Les scientifiques sont loin d’être exemptes de tous reproches. Tests et expériences sur les animaux existent toujours dans les laboratoires et les demandes de ces laboratoires sont loin d’être négligeables. Que l’on tue au nom de la science ou pour de l’argent, le résultat est le même. Ce triste bilan ne réjouira pas les amoureux du vivant et je doute beaucoup que la situation s’améliore dans les prochaines années. V. Battaglia (06.12.2009)
UICN (en français) TRAFFIC est le réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages. Sa mission est de s'assurer que ce commerce ne menace pas la conservation de la nature. |







