En décembre 2005, le chikungunya est arrivé
sur l'île de la Réunion. Un moustique,
Aedes albopictus, également appelé
moustique tigre, est le vecteur de cette maladie,
très contagieuse. L’épidémie
de Chikungunya continue de se propager en dépit
des mesures de démoustication de masse. Le
virus a déjà provoqué une dizaine
de décès de personnes âgées
et aurait fait entre 50 000 et 100 000 victimes.
Cette maladie virale transmise par les moustiques
s'est déclarée dans l'océan
Indien début 2005. Elle provoque des douleurs
musculaires et articulaires particulièrement
invalidantes et pénibles, même si elle
demeure généralement bénigne.
Il existe environ 3 000 espèces de moustiques
dans le monde, sauf en Antarctique. Chez les espèces
qui piquent l’homme ou le bétail, il
n’y a que la femelle qui se nourrit de sang.
Quelles maladies peut transmettre
le moustique ?
Le genre Anopheles, avec notamment Anopheles Gambiae, est
le principal genre de moustiques vecteurs du paludisme.
Cet insecte sévit en Afrique et pique plus volontiers
l’homme que le bétail.
Anopheles Gambiae (Insectes
Editions Bordas)
Aedes Cantans est une espèce européenne qui
se reproduit dans les mares temporaires. Cette espèce
pique également l’homme et peut transmettre différentes
maladies.
Le moustique le plus connu en Europe est le moustique commun
du genre Culex, notamment Culex pipiens. Les Culex transmettent
des maladies dont la filariose.
D’une manière générale, la femelle
de nombreuses espèces est vectrice d’organismes
qui causent des maladies graves à l’homme et
au bétail.
Parmi ces maladies, on compte la fièvre jaune, le paludisme,
la dengue, la filariose et l’encéphalite.
Dans le monde, une personne meurt du paludisme toutes les
12 secondes.
Le chikungunya sévit aux Comores depuis le début
de l'année 2005. En métropole, plusieurs cas
confirmés en provenance des Comores ont été
signalés à Marseille.
Il n’existe aucun vaccin contre cette maladie. Elle
est mortelle chez les sujets fragiles comme les personnes
âgées ou les jeunes enfants.
Elle est également dangereuse pour les fœtus.
Aedes albopictus
Les symptômes se caractérisent par une forte
fièvre de plus de 39°C, des courbatures dans les
articulations d’où le nom chikungunya en swali
(« celui qui marche courbé »). Dans certains
cas, il y a une éruption cutanée de plaques
rouges.
Une personne atteinte par cette maladie est, selon les experts,
immunisée, pour environ 10 ans.
Cette maladie avait déjà été
répertoriée en 1953-1954 en Afrique.
Les moustiques vecteurs de ce virus, proche de la fièvre
jaune et de la dengue, sont Aedes aegyptii et Aedes albopictus.
Le moustique est avide de sang
Pour pouvoir pondre, les moustiques femelles ont besoin de
faire un repas de sang dont nous sommes les principales victimes.
Les soirs d’été, les mâles, fraîchement
éclos et réunis en essaims, volent haut dans
le ciel. Ils repèrent les femelles qui tournoient plus
près du sol.
La femelle pénètre dans l’essaim des mâles
ou attire un prétendant en faisant vibrer ses ailes.
Les sons jouent un rôle essentiel. On peut provoquer,
chez le mâle, le processus d’accouplement, à
l’aide d’un diapason qui reproduit la tonalité
émise par une femelle.
Après l’accouplement, celles-ci se mettent
en quête de nourriture.
Pour pouvoir pondre, elles ont absolument besoin d’absorber
du sang. Elles sucent donc le sang des vertébrés
mais également les fluides des plantes et le nectar.
Les mâles, eux, ne sucent que les fluides végétaux,
le nectar et le miellat.
Les femelles recherchent le petit vaisseau sanguin pour y
planter une sorte de trompe creusée d’un fin
canal.
Une salive piquante est injectée de manière
à empêcher la coagulation du sang. Tout en suçant,
elle achemine de la salive dans la plaie.
C’est cette salive qui provoque de terribles démangeaisons.
Le cycle biologique du moustique
Une fois gorgées de sang, les femelles ont l’abdomen
transformé en une petite outre rouge. Elles recherchent
alors l’eau, indispensable à la ponte.
Une femelle du genre Culex
gorgée de sang
Un à deux jours après leur repas de sang, elles
sont prêtes à pondre leurs œufs. Selon les
espèces, les œufs sont pondus, soit isolément,
soit en groupes de 30 à 300.
Peu de temps après, les larves s’éparpillent
dans l’eau. Quand elles ne nagent pas, les larves se
tiennent près de la surface, la tête en bas.
Elles se tiennent ainsi pour pouvoir respirer grâce
à un tube qu’elles laissent émerger.
Environ 3 semaines plus tard, les larves se transforment
en nymphes, toujours aquatiques. Leurs enveloppes libéreront
bientôt les insectes ailés, qui 24 heures après,
s’il s’agit de femelles, sont déjà
en mesure de piquer.
La longévité d’un moustique va de 5 jours
à un mois. La femelle vit plus longtemps que le mâle
et pendant cette courte période, elle a plusieurs cycles
de reproduction.
Le moustique tigre
Aedes albopictus, est sombre, tacheté de blanc. Il
a un cycle de reproduction assez court, d’environ une
semaine entre la ponte et l'adulte. Il est très agressif
et pique pendant la journée et au crépuscule.
Notre moustique commun, lui, pique la nuit.
La propagation de la maladie est extrêmement rapide.
Le ministre de l'Outre-mer François Baroin a annoncé
mercredi 15 février 2006 que probablement 100 000 personnes
devraient avoir contracté le virus du Chikungunya à
la fin de cette semaine sur l'île de La Réunion.
Il y a également un peu plus de 500 cas à Mayotte.
Classification
Classe des Insectes
Ordre des Diptères (une paire d’ailes)
Sous-ordre des Nématocères
Famille des Culicidés