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Histoire du vampirisme

Le vampirisme est né des puissantes vertus que l’homme a toujours attribué au sang ainsi qu’à sa peur de la vengeance des morts.

La parfaite conservation de certains cadavres a largement contribué aux croyances en l’immortalité de certains êtres maléfiques.

La peur des morts-vivants

Dans l’Antiquité, le panthéon assyrien possède des démons suceurs de sang dont la cruelle Lilith.
Dans la Bible, Lilith est la première femme créée par Dieu. Mais, il utilisa de la boue, mélangée à des immondices pour la façonner.
Créature impure et mauvaise, Adam la rejeta. Dieu créa alors Ève.
Symbole du mal absolu, du vice et de la luxure, Lilith représente l'abandon aux sens.

De leur côté, les Romains ont Lamia, une goule malfaisante qui vampirise et dévore les fœtus.

Tueur de vampire

Panoplie du tueur de vampires au 19e siècle. By JoshBerglund19

Il existe des écrits religieux irlandais, du 7e ou 8e siècle, qui font mention des vampires. L'excommunication est d'ailleurs préconisée pour ceux qui croient aux morts-vivants.

C’est au XIe siècle que l’on trouve la première mention officielle du vampirisme en Occident. Le mythe s’étend au monde entier.
Ainsi, au XIIe siècle, il est tellement bien implanté que l’on doit, en Angleterre, brûler ces créatures pour apaiser la colère populaire.
Autant préciser que ce sont de pauvres victimes innocentes qui font les frais de cette superstition.

Depuis une dizaine d'années, de nombreux squelettes, datés du Moyen Age, étrangement mutilés ont été découverts en Europe. Les individus ont subi des mutilations afin qu'ils ne reviennent pas à la vie.

Zombi. Squelette du Moyen Age

La pierre placée dans la bouche empêche l'âme de s'échapper et le défunt de revenir à la vie (Kilteasheen, Irlande). « Vampires et morts-vivants au Moyen Âge » diffusé sur Arte

À partir de 1730, des tombes sont profanées en grand nombre. Les cadavres, soupçonnés d’être des vampires, sont déterrés, leurs cœurs sont transpercés d’un pieu puis les corps sont brûlés.
Le phénomène prend tant d’ampleur que l’armée est obligée d’intervenir. Ce macabre rituel est parti de Grèce pour s’étendre à toute l’Europe centrale.

En décembre 1732, des médecins militaires autrichiens ont enquêté sur une série de décès survenus dans un village de Serbie, qui fait alors partie de l'Empire austro-hongrois.

Les habitants du village ont expliqué aux Autrichiens que 17 personnes étaient mortes subitement en l'espace de trois mois. Plusieurs d'entre elles se seraient transformées en vampires.

Le chirurgien en chef a rédigé un rapport précis des autopsies qu'il a réalisé, car les autorités craignaient qu'il ne s'agisse d'un foyer épidémique.

Le chirurgien a constaté que sur les 17 corps, seuls quatre se décomposaient selon un processus qui lui semblait naturel.

Les autres cadavres présentaient, selon lui, des anomalies :

  • Ongles longs
  • Peau souple
  • Présence de sang frais à l'intérieur du corps
  • Présence de sang à la commissure des lèvres

Le chirurgien a conclu dans son rapport à des actes de vampirisme. La presse s'est aussitôt emparée de l'histoire qui a fait la Une dans toute l'Europe.

La rumeur est venue se greffer sur des peurs préexistantes. Une gigantesque chasse aux vampires s'est alors organisée.

De nombreuses tombes de personnes récemment décédées ont été profanées, les dépouilles exhumées et les têtes tranchées.
Des cadavres ont été brûlés sur des buchers.

Autopsie d'un vampire

Depuis le 18e siècle, la médecine a fait des progrès. Elle a établi que les stigmates du vampirisme n'étaient en fait que les marques d'un processus normal de décomposition.

Un corps peut paraître inaltéré simplement parce que les gaz issus de la décomposition font gonfler les tissus.

Les marques de sang, autour de la bouche, sont les conséquences d'un rejet de liquide gastrique.

Le syndrome de Dracula

Les scientifiques ont cherché à trouver des bases rationnelles pour expliquer le vampirisme. Les dernières théories médicales s’orientent vers une maladie rare : la porphyrie.
Cette affection héréditaire aboutit à l’accumulation dans le sang d’un des composants de l’hémoglobine, la porphyrine. Cela entraîne divers symptômes cutanés.
Dans les années 1980, des chercheurs ont décrit une forme très rare de cette maladie. Les patients développaient des dents pointues, une hypersensibilité à la lumière et un besoin de sang.

Des cas, inconnus par nos ancêtres, de cette maladie, ont certainement dû alimenter la peur populaire.

V. Battaglia (17.06.2012)