Les ancêtres du morse
L’origine
des " pinnipèdes" (aujourd'hui ordre des Carnivora) est localisée dans
le Pacifique Nord.
On pense que les éléphants de mer
et les morses ont des ancêtres communs avec
les ours.
Dans
le sous-ordre des Caniformia, le morse est aujourd’hui
l’unique représentant de la famille
des Odobenidae.
Le morse est apparenté aux otaries et non
aux phoques, comme l’attestent ses membres
postérieurs robustes et articulés.

Squelette
d'un morse du Pléistocène. By Oliverk
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Il
y a environ 25 millions d’années,
des carnivores terrestres proches de l’ours,
les énaliarctidés, adoptèrent
près du littoral une vie partagée
entre la terre et l’eau. Leur structure
dentaire permet de leur affilier tant les otaries
que les morses.
Au
Pliocène inférieur, il y a 5 millions
d’années, au moins cinq genres de
morses vivaient sur la côte nord du Pacifique.
Les premiers morses, tel l’Imagotaria, avaient
un aspect très proche des lions de mer
actuels.

Squelette d'un
morse du Pléistocène. By Oliverk
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Certains
morses purent traverser le bras de mer qui séparait
l’Amérique du Nord de l’Amérique
du Sud, au Miocène supérieur, il
y a 8 millions d’années.
Au
Pliocène inférieur, 3 millions d’années
plus tard, ils avaient migré vers le nord
de l’Atlantique. Colonisant ce nouvel océan,
ils prospérèrent bientôt jusqu’aux
eaux arctiques, et ce n’est qu’il
y a 300 000 ans qu’ils revinrent peupler
le Pacifique, via le détroit de Béring.
Aujourd’hui,
on distingue deux sous-espèces :
- Morse
du Pacifique (Odobenus rosmarus divergens) qui
vit dans les mers de Béring, des Tchouktches
et de Laptev
- Morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus
rosmarus) qui vit dans les régions côtières
du nord-est du Canada et du Groenland
O. r. laptevi, une troisième sous-espèce n'est pas reconnue par la plupart des auteurs.
Portrait du morse
Massif,
le morse mâle peut atteindre près
de 4 m de long pour un poids qui varie de 400 kg à 1,7
tonnes. La femelle est plus petite.
Outre
les défenses, l’anatomie du morse
se caractérise par un épiderme particulier.
D'une épaisseur moyenne de 3 cm, la peau
du morse est fendillée d'un réseau
de sillons et de replis où les parasites
sont nombreux à venir se nicher.

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Recouvrant
une couche de lard calorigène, cet épiderme
à l'aspect granuleux est parsemé
de poils drus formant un véritable duvet
qui se clairseme à mesure que l'animal
vieillit. La propriété la plus étonnante
de cette peau est une vascularisation importante
en capillaires sanguins qui, lorsque l'animal
s'expose au soleil, font affluer le sang et rosir
le corps de l'animal tout entier. Quel contraste
avec la masse grise sortie de l'eau glacée
quelques instants plus tôt !

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Le
régime alimentaire du morse est à
base de mollusques bivalves, palourdes, coques
et autres moules, fort nombreuses sur les fonds
peu profonds des mers boréales. Pour repérer
cette nourriture dans des eaux ténébreuses,
notamment en hiver, le morse utilise principalement
son museau comme instrument de fouissage. Le dessus
du nez, renforcé d'un cuir épais,
racle les sols boueux, et les vibrisses très
sensibles, plantées en nombre à
l'extrémité du museau, plus de 400,
détectent efficacement les coquillages
dont il n'a plus qu'à aspirer la chair.

By Pneff
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Lorsqu'il
s'attaque à des invertébrés
tels que crabes, concombres de mer ou poulpes,
le morse produit un souffle puissant qui pulse
l'eau comme une trombe et déblaie les sédiments
masquant ses proies.
La vie sociale du morse
Les
morses sont des animaux très sociables,
et ils adorent s'entasser les uns sur les autres,
sans distinction de sexe et par centaines, sur
les rivages ou la banquise. Ce sont des animaux
particulièrement grégaires.

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La
solidarité des morses entre eux est légendaire:
des guetteurs alertent la colonie en cas de danger,
et si un congénère isolé
est d'aventure attaqué par un ours polaire,
tous les adultes viennent à sa rescousse
!
Cri du Morse
Pourtant,
dans les grands rassemblements, les places centrales
sont très disputées, et seuls les
gros mâles pourront réellement y
prétendre. Mais attention, la perte accidentelle
d'une défense signifiera la fin des privilèges
statutaires liés à cet attribut.
Les défenses du morse
Les
défenses sont en fait des canines supérieures
dont la croissance est continue.
Une longueur de défenses respectable confère
au morse une position dominante.
Les confrontations de statut sont fréquentes.
Dans ce cas là, les défenses servent
d’armes de combat.
Les
défenses sont portées par les deux
sexes et peuvent atteindre plus d’ un mètre
de long chez les mâles. La moyenne est de 50 cm. C’est à
partir de 6 mois que leur croissance débute.

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Ces
défenses ont un rôle social mais
sont également utiles à l’animal.
Prenant appui sur ses défenses plantées
dans la banquise, le morse peut se hisser hors
de l'eau.
De plus, creusant la banquise afin d'obtenir un
trou d'aération, le morse y plante ensuite
ses dents et se maintient ainsi accroché
pendant la sieste.
Ses défenses fouillent également
la vase pour débusquer les divers coquillages
dont il se nourrit.

By James
Moberg Licence
Enfin,
les longues défenses du morse constituent
des armes redoutables contre l'orque.
Certains chasseurs ayant blessé quelques-uns
de ces animaux pourraient certainement témoigner
de leur efficacité et de la fureur qui
peut s'emparer alors de l'animal. Il est
alors capable de faire chavirer une petite embarcation.
Malheureusement
pour lui, ses longues canines d’ivoire ont
attisé la cupidité des hommes,
ce qui lui a valu d’être quasiment
exterminé.
La reproduction du morse
Rôdant
près des rivages où s'amassent les
femelles, le mâle s'efforce de les attirer
dans l'eau où l'accouplement aura lieu.
Le morse donne à cet effet un véritable
concert acoustique. Immergeant sa tête,
il produit d'abord sous l'eau des sons à
la résonance étouffée. Puis,
émergeant la tête à nouveau,
il émet une série de cliquetis grâce
à deux poches d'air logées dans
les joues qui se gonflent et amplifient ses appels.

Un jeune de moins
de 6 mois. By Cmiper Licence
Les
femelles mettent bas tous les deux ans. La gestation
dure 15 à 16 mois dont 4 à 5 mois
de nidation différée.
Chaque portée compte un à deux petits
qui naissent entre le mois d’avril et le
mois de juin.
La
longévité d’un morse en liberté
est de 20 à 25 ans.
Le morse en danger
Véritable
providence pour les Esquimaux, à qui il
procure peau, graisse et nourriture, le morse
a beau se cantonner aux régions polaires,
rien n'y fait: il continue d'être chassé
pour ses grandes défenses d'ivoire, les
plus grandes et les plus pures après celles
de l'éléphant.

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Bien
que la population de morses du Pacifique soit
stable (200 000 individus environ), cette espèce
est au bord du déclin.
Les morses de l’Atlantique, eux, ont été
chassés jusqu’à une quasi-extinction.
Avec persévérance, les populations
se sont plus ou moins reconstituées à
plusieurs reprises. Ce n’est plus le cas
aujourd’hui car le taux de mortalité
naturelle a augmenté tandis que le taux
de natalité a diminué.

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Le
morse a été un élément
vital de la culture et de la survie des Esquimaux,
qui mangeaient sa chair, construisaient tentes
et kayaks avec sa peau, s'éclairaient avec
sa graisse, faisaient des outils de ses tendons
et de ses os (au même titre que le fut le
bison pour les Indiens).
Si
les populations sont au seuil de l’extinction,
c’est à cause de la chasse intensive
menée par les trafiquants d’ivoire.
V.B
(04.01.2007)
L'Arctique
Classification
Règne:
Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Ordre: Carnivora
Sous-ordre: Caniformia
Famille: Odobenidae
Genre: Odobenus
Espèce: O. rosmarus
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