Première étape
: l’ordovicien
La chasse aux grands prédateurs démarre à
l’ère paléozoïque pendant la période
de l’ordovicien ( 438 – 505 Ma avant notre ère).
Durant l’ordovicien, les animaux se développèrent
dans les mers peu profondes. Au début de cette période,
la vie animale n’existait d’ailleurs que dans
la mer. Ce n’est qu’à la fin de l’ordovicien
que certains animaux firent leurs premiers pas sur la terre
ferme.
Cette période est caractérisée par l’absence
de plantes et d’herbe. De ce fait, le gaz carbonique
n’est pas recyclé et l’oxygène est
insuffisant.
A la fin de l’ordovicien, le climat devint froid ;
ce changement climatique entraîna la disparition de
50% des espèces animales.
Lors de ce premier périple, Nigel rencontre les deux
principaux prédateurs de l’ordovicien : Le
Nautiloïde Orthocère et les Scorpions de mer.

Nigel face à un Nautiloïde
Orthocère géant
Les Nautiloïdes sont des mollusques proches des
Nautiles nacrés d’aujourd’hui. Ils pouvaient
rester immobiles sur les fonds marins pour attendre une proie
ou sillonner les mers à grande vitesse.
C’est la forme originale de leur coquille qui leur permettait
ce nouveau mode de vie.
Conique ou enroulée, elle possédait plusieurs
chambres internes dont certaines étaient creuses et
remplies de gaz.

Grâce à cet ingénieux système,
le nautiloïde pouvait contrôler ses montées
et descentes comme un sous-marin. Il lui suffisait de lâcher
une certaine quantité de gaz.
Les nautiloïdes étaient les plus grands animaux
marins de l’ordovicien. Certains atteignaient 5 m de
diamètre. Ils possédaient une bouche munie d’un
bec corné très puissant.

Video
Nautiloïde Orthocère
Les scorpions de mer
Les Euryptérides (ou scorpions de mer) sont les plus
grands arthropodes qui ont jamais existé.
Ils font partie des chélicérates
« pinces qui mordent », groupe qui
inclut les scorpions et les araignées actuelles.
Les scorpions de mer ont vécu de l’ordovicien
au permien.
Ceux présentés dans le documentaire
sont de taille assez modeste proches d’Eurypterus.
En
savoir plus sur les scorpions de mer

Mais, Perygotus rhenanius atteignait près de 3 m
de long. C’était une véritable menace
pour la faune. Il avait de grands yeux perçants qui
lui permettaient de repérer les poissons cuirassés.
Il enserrait sa proie entre les deux branches d’une
grande pince dont les parois internes étaient couvertes
d’épines.
A cette époque, les scorpions de mer étaient
des chasseurs très répandus des mers peu profondes.

Certains sortaient même de l’eau et respiraient
grâce à des « poumons spéciaux ».

Deuxième étape : le Dévonien
Le dévonien est l’âge des poissons. Cette
période a débuté il y a 408 Ma environ.
Le climat était chaud. C’est à la fin
de cette période que les premières forêts
ont fait leur apparition.
Ce qui caractérise le dévonien est l’apparition
des premiers amphibiens.
Cette deuxième exploration permet à Nigel de
rencontrer le plus grand prédateur marin du dévonien
: le Dunkleosteus.

Ce poisson fait partie du groupe des placodermes. Les placodermes
possédaient de puissantes mâchoires.
Des boucliers recouvraient la tête et la
partie avant du corps.
Vers la fin du dévonien, certains placodermes
devinrent de véritables prédateurs.
C’est le cas du Dunkleosteus qui mesurait
de 3 à 5 mètres de long. Ses plaques
buccales pouvaient facilement couper un poisson
en deux.
En
savoir plus sur Dunkleosteus

Un Dunkleosteus s'interesse
d'un peu trop prêt à Nigel
Video
Dunkleosteus
Les placodermes partageaient les mers avec d’autres
groupes de poissons : les requins.
Dans le documentaire, on voit brièvement l’un
d’entre eux : le requin enclume
ou Stethacanthus qui signifie « thorax épineux
».

Ce petit requin portait une étrange tourelle sur
le dos dont le haut était plat et recouvert d’une
rangée d’épines. Une autre excroissance
épineuse se situait sur le dessus de sa tête.
Troisième étape : Le Trias
Au début du Trias, les terres formaient un seul grand
continent : la Pangée.
Le niveau de la mer était très bas et le climat
était chaud et sec. Les premiers dinosaures apparurent
à la fin de cette période dont l’Eoraptor.

Eoraptor reconstitué
par la BBC
Des géants marins parcouraient les mers. Nigel fait
la connaissance du Cymbospondylus et du Tanystropheus.

Nigel face au Cymbospondylus
Dans ces mers, on trouvait les nothosaures
qui furent les premiers reptiles marins à s’adapter
réellement à la vie sous-marine. C’était
des prédateurs amphibies dotés d’un long
cou et de dents fines et pointues.
Les Ichthyosaures dont fait partie
le Cymbospondylus étaient aussi bien adaptés
à la vie marine que nos dauphins actuels.

Un Nothosaure vu par la BBC
Shonisaurus est l’un des plus grands reptiles marins
avec un poids évalué à 20 tonnes.
Au crétacé, les ichthyosaures devinrent rares
et disparurent bien avant la fin du Mésozoïque
et donc de la disparition des reptiles marins.
Video Nothosaure
Tanystropheus
appartenait lui au groupe des prolacertiformes qui disparurent
à la fin du Trias. Sa tête était petite
mais son cou mince était plus long que le reste de
son corps.
Son cou n’était pas très souple. La plupart
des fossiles ont été retrouvés dans des
roches marines. On pense donc qu’il pêchait depuis
le bord de l’eau.
On voit Nigel arracher le bout de la queue d’un Tanystropheus.
Et expliquer que comme les lézards, elle repoussera.

Nigel à la poursuite
d'un Tanystropheus
Effectivement, on a constaté sur des squelettes que
les vertèbres de la queue étaient parfois fracturées.
Cela suggère qu’elle pouvait se détacher
si des prédateurs la mordaient.
Video Tanystropheus
Quatrième étape : Le Jurassique
Pendant cette période, la Pangée commença
à se morceler. Le climat devint plus humide et le niveau
des mers s’éleva.
Les dinosaures étaient devenus les animaux terrestres
dominants.
Dans les mers, de nouveaux prédateurs apparurent. Nigel
fait la connaissance avec le plus impressionnant d’entre
eux : le
Liopleurodon
Sa chasse au Liopleurodon lui permet également de croiser
le Methriorynchus.

Liopleurodon (© BBC)
Les pliosaures furent les meilleurs
des prédateurs marins du jurassique inférieur
au crétacé.
Avec leurs puissantes mâchoires, ils pouvaient attaquer
des proies aussi grandes qu’eux et leur arracher des
morceaux de chair comme le font aujourd’hui les requins.
L’aboutissement de leur superbe évolution fut
sans conteste le Liopleurodon.
On évalue sa taille entre 12 et 20 m pour un poids
d’au moins 100 tonnes.
Ses dents coniques mesuraient plus de 30 cm de long soit deux
fois celles d’un Tyrannosaurus Rex.
Elles étaient plantées à l’avant
de la mâchoire et dirigées vers l’extérieur.
Ses mâchoires mesuraient plus de 4 m.
Vidéo Liopleurodon
Le Methriorhynchus était, lui, un crocodile marin
de 3 m de long. Les doigts de ses pattes antérieures
et postérieures étaient palmés. Sa mâchoire
fine était garnie de dents petites et pointues.
Cinquième étape : Le Crétacé
Au début du crétacé, les dinosaures
vivaient déjà depuis plus de 80 Ma. Le célèbre
Tyrannosaure fit son apparition pendant cette période.
Ce fût la dernière période de domination
pour les dinosaures, reptiles marins et volants qui disparurent
lors de la grande extinction de la fin du crétacé.
A ce moment là, les plus grands prédateurs marins
étaient les mosasaures, des lézards marins gigantesques.
Nigel va d’ailleurs en faire la dangereuse expérience
en se frottant d’un peu trop prêt à ces
monstres marins.
Il rencontrera également le Xiphactinus
qui pouvait avaler des proies aussi grandes qu’un être
humain.
Enfin, il verra évoluer les graciles elasmosaurus
au cou interminable.
Les Mosasaures
Les mosasaures furent les derniers venus des reptiles marins
du Mésozoïque. Contrairement aux autres reptiles
marins, ils appartenaient à la même lignée
que les varans d’aujourd’hui. Ils font partie
des prédateurs marins les plus terrifiants qui aient
jamais existé.

En haut, Globidens; en bas,
Plotosaurus
Parmi les plus grands mosasaures, on trouve le Tylosaurus
de 11 m de long, le Mosasaurus et le Protosaurus.

Mosasaurus

Un mosasaure vu par la BBC
Les Téléostéens
Xiphactinus était un téléostéen
primitif du crétacé supérieur. Il mesurait
plus de 4 m de long. Ses dents coniques proéminentes
pouvaient attraper des proies de près de 2 m de long.

Video
Xiphactinus
Sixième étape : L’Eocène
C’est au début du tertiaire (Paléocène
et Eocène) que les formes modernes de la faune marine
apparurent.
Les poissons acquirent leur morphologie actuelle. Les mammifères
colonisèrent les milieux aquatiques avec l’apparition
des premières baleines : le
Basilosaurus

Nigel est prudent et ne nage pas en compagnie de cet ancêtre
de la baleine. Il reste prudemment dans sa cage pour l’observer.
Il a d’ailleurs raison car si nos cétacés
sont pour la plupart très pacifiques, ce n’était
pas le cas de ce prédateur de près de 20 m de
long.
Comme la plupart des autres baleines primitives, le Basilosaurus
avait encore de petites pattes postérieures articulées
au niveau du genou. Ses pattes étaient munies de pieds
à trois doigts.

Le Basilosaurus avale l'émetteur
de Nigel
Septième étape : Le Pliocène
Le Pliocène marque la fin de l’ère Tertiaire
et le début de l’âge glaciaire. C’est
durant cette période que vécut le gigantesque
Megalodon « grande dent
».
Carcharocles Megalodon est sans aucun doute le plus grand
poisson de tous les temps. Il est apparu au Miocène,
il y a 23 Ma, pour disparaître à la fin du Pliocène,
il y a 5,3 Ma.

Nigel est en mauvaise posture
face au terrible Megalodon
On estime sa taille à environ 15 m de long.
Son arrivée dans les mers tempérées du
miocène est sans doute liée à l’essor
des mammifères marins, ses proies favorites.
Contrairement à ce qui est dit dans le documentaire,
le
Megalodon n’est pas l’ancêtre du Grand
blanc.
Les paléontologues sont à peu prêt certains
que le grand blanc descend d’une autre grande espèce
fossile du miocène, ancêtre du mako ou requin
taupe bleu.
Video
Megalodon
La théorie sur la disparition
du Megalodon
Le Megalodon était comme tous les grands prédateurs
en haut de la chaîne alimentaire. Il se nourrissait
surtout de mammifères marins dont la baleine.
Au Pliocène, un isthme se forma entre les deux Amériques.
Cela bloqua les courants chauds de l’Atlantique et du
Pacifique.
La mer se refroidit et les espèces durent s’adapter
aux eaux froides. Ce fut le cas de la baleine qui, grâce
à son épaisse couche de graisse, pu migrer vers
les eaux glacées.
Comme tous les requins, le Megalodon vivait en eaux tempérées.
Privé de sa proie favorite, le Megalodon s’éteignit.
Cette théorie est tentante.

Cependant, le Megalodon a côtoyé le Grand Blanc.
Hors, le Grand Blanc a perduré jusqu’à
aujourd’hui.
Certes, sa taille est beaucoup moins imposante et ses proies
plus petites.
Cependant, à cette époque, la plupart des cétacés
modernes étaient déjà présents
dont les dauphins ainsi que les calamars géants des
grands fonds.
Ces proies auraient-elles été insuffisantes
pour ce monstre marin ? Nous n’en saurons probablement
jamais rien.
De même que le mystère de l’extinction
des dinosaures reste insoluble, celui de la disparition de
ce superbe prédateur fera encore couler beaucoup d’encre.
Alors pourquoi ne pas rêver et imaginer notre Megalodon
chassant ses proies préférées dans les
grands fonds océaniques …
V.B (12.2003)
Dossiers complémentaires sur le
Megalodon
Comparatif
entre le Megalodon et le Requin Grand Blanc
Portrait
du Megalodon
Le DVD : Sur
la Terre des Dinosaures. Les Inédits
< Monde
Marin préhistorique
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