Les Mongols
Les Mongols sont un groupe de tribus nomades qui émergent,
en tant que nation constituée, au début du XIIe
siècle.
Leurs ancêtres, venus des forêts du nord de la
Sibérie, se sont alors installés sur les hauts
plateaux de la Mongolie actuelle.
A cette époque, les Mongols sont un peuple de chasseurs,
pêcheurs et éleveurs.
Le pays qu’ils contrôlent est divisé en
trois Etats dominés par des tribus turques : les Naymans,
les Merkits, les Keraïts et les Tatars.
C’est Témüdjin, né vers 1167, le
futur Gengis Khan « souverain universel », qui
fédérera ces tribus nomades.
Gengis Khan
Temüdjin est le fils d’un chef respecté.
A 9 ans, il quitte le clan paternel pour vivre dans la tribu
de sa future épouse.
Mais, son père est empoisonné par les Tatars
et les tribus se disputent ses possessions. Temüdjin
est destitué.
Pourtant, peu à peu, il parvient à reconstituer
le territoire de son père. Violent et valeureux, ses
exploits rassemblent autour de lui de nombreux jeunes guerriers.

Portrait de Gengis Khan peint
sur soie
Il bat les tatars et dès lors sa puissance militaire
et politique ne cesse de croître.
Il est assez fort pour s’attaquer aux tribus turques.
En 1206, il fonde l’Etat Mongol. Proclamé souverain
universel, Tchingiz Kagan ou Gengis Khan, littéralement
le Khan Océan, il établit sa capitale, une immense
ville de tentes, à Karakorum.
Gengis Khan est né et la conquête du monde commence.
Il adopte cette fière devise : »Un seul Soleil
au ciel, un seul souverain sur terre ».
Les conquêtes de Gengis Khan
Pendant toute sa vie, Gengis Khan gouvernera son peuple sans
descendre de selle, massacrant réduisant en esclavage
et soumettant sans répit les peuples.
Sa première victime est le Chine du Nord, en 1209,
alors gouvernée par la dynastie Jin. En 1213, les cavaliers
mongols franchissent la Grande Muraille et s’emparent
de toute la zone située au nord du fleuve jaune.
Les Mongols s’emparent de Pékin en 1215 et en
1217, ils sont maître de la Chine méridionale.

Gengis Khan représenté
au milieu d'un combat
Les mongols marchent vers l’ouest et mettent les villes
à sac. Le bruit de leurs exploits arrive jusqu’en
Europe et au Bassin méditerranéen.
En 1220, les Mongols attaquent les villes de Merv et de Samarkand
et massacrent les populations.
5 ans plus tard, après avoir étendu son empire
sur l’Iran, l’Afghanistan et jusqu’aux rives
de l’Indus, Gengis Khan et ses troupes rentrent sur
leurs terres d’origine.
Il meurt le 25 août 1227. La cause de sa mort est inconnue.
On a évoqué l’hypothèse d’une
chute de cheval.
La puissance militaire des Mongols
Les armées mongoles surpassaient rarement en nombre
celles de leurs ennemis. Mais, leur organisation et leur sens
tactique étaient nettement supérieurs.
Sans peur et sans pitié, les Mongols plaçaient
leurs prisonniers en première ligne, affublés
d’insignes mongols, pour qu’ils subissent l’assaut
initial.
Une des manœuvres préférées de
Gengis Khan consistait à utiliser ses cavaliers pour
prendre les ennemis sur le flanc et disloquer leurs formations.
Puis, il les attaquait subrepticement par l’arrière.
Pendant les longues campagnes, les armées mongoles
comptaient plus de chevaux que de guerriers.
Les cavaliers disposaient d’une monture fraîche
chaque jour. Rapides, ils semaient la panique dans les rangs
adverses.

Selle brodée mongole
(Musée national, Frounzé, Kirghizistan)
L’autre atout des Mongols était qu’ils
possédaient des bateaux démontables qui leur
permettaient de franchir les cours d’eau.
Les cavaliers mongols sont endurcis par leurs multiples déplacements.
Lors des longues haltes, ils groupent en cercle leurs tentes
rondes, les yourtes, mais ils dorment souvent à même
le sol.
Ils peuvent endurer les étés accablants et les
hivers rigoureux.

Les mongols aujourd'hui sont
les habitants semi-nomades du Gobi. Ils élèvent
leurs troupeaux de moutons, chèvres, vaches
et chameaux sur de vastes étendues de steppes.
By Tiarescott Licence
Les Mongols sont bien sûr d’admirables cavaliers
mais ce sont aussi les meilleurs archers de leur époque.
Les Mongols, fléau des dieux ?
Gengis Khan était féroce mais de manière
raisonnée. Toute cité qui résiste est
saccagée. A son fils Toluy qui a choisi d’épargner
une place conquise, il écrit :
« La pitié est signe d’un caractère
faible, seule la sévérité retient les
hommes dans le devoir ; un ennemi simplement vaincu n’est
jamais réconcilié et déteste toujours
son nouveau maître. »
C’est lors de la conquête de l’Iran que
la férocité des Mongols a été
la plus marquée. La plupart des grandes cités
sont incendiées et leurs habitants égorgés.

Les vaincus sont précipités,
tête la première, dans des "marmites",
troncs d'arbre remplis d'eau bouillante (XIVe siècle,
Bibliothèque nationale, Paris)
Toute résistance est brisée dans la terreur.
La population des montagnes de l’Iran est massacrée
sans raison particulière à part démontrer
la puissance mongole.
Autre exemple de la férocité des Mongols. Le
9 avril 1241, près de Leignitz, 30 000 à 40
000 croisés et chevaliers teutoniques affrontent les
Mongols.
Ils sont entièrement écrasés. Pour recenser
les victimes, les Mongols coupent une oreille aux cadavres
et en emplissent ainsi des sacs.
Gengis Khan et ses successeurs ont laissé le souvenir
d’innombrables atrocités. La liste des exactions
mongoles est impressionnante et il n’y a aucun doute
sur le fait que Gengis Khan était un nomade farouche
et cruel.

Image de Gengis Khan et de
ses fils extraite d'un manuscrit datant de 1318
Parallèlement à cette cruauté, c’est
également un grand administrateur. Durant son règne,
hommes, marchandises et idées circulent librement à
travers toute l’Asie.
Il a su créer un réel flux économique
et culturel.
L’héritage de Gengis Khan
Après sa mort, son troisième fils, Ogoday,
devient le khan suprême des Mongols. La nation prospère
sous le commandement de ce chef puissant qui construit la
cité de Karakorum.
Il étend l’empire vers l’Europe en soumettant
les principautés russes de Moscou et de Kiev.
En 1241, ses armées entrent en Pologne et envahissent
la Croatie.
L’Europe occidentale s’attend alors à
une invasion mais Ogoday meurt en novembre 1241 et ses armées
se retirent.
Son fils lui succède mais meurt peu après.
Fabrication de kochma (feutre)
au Kazakstan. La technique n'a pas changé depuis le
XIIIe siècle (L'histoire du Monde, Ed Larousse)
C’est un petit-fils de Gengis Khan, Möngke, qui
prend le pouvoir. Peu à peu, la discorde et la guerre
civile s’installent entre les tribus.
Malgré tout, après avoir couper la tête
de la plupart des Princes rebelles, Möngke sera le dernier
grand souverain de cet immense empire.
L’empire mongol commencera à s’effriter
après sa mort en 1259.
V.B (01.03.2006)
Bibliographie principale
L’histoire du Monde, Editions Larousse.
Dossier complémentaire
Le
désert de Gobi
< Moyen Âge
|