Les
momies en Amérique du Sud
L’Egypte est sans conteste la terre des
momies. Pourtant, les premiers embaumeurs ne sont
pas égyptiens. Dans le monde entier, des
cultures ont pratiqué la momification. L’Amérique du Sud est le lieu de
naissance de la momification et l’un des
derniers endroits où l’on perpétua
cette tradition.
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L’Amérique du Sud possède un climat qui a facilité la conservation de momies naturelles. Le long des côtes du Pérou et du Chili, le climat est chaud et sec toute l’année. De ce fait, les corps séchaient lentement et au bout du processus ne restait qu’une peau tendue sur les os.
Momie mexicaine. By drini . Licence Au sommet des montagnes, il fait sec et il gèle en permanence.
Les corps ne se décomposent donc pas. Les Incas sacrifiaient des enfants à leurs dieux et l’on
a retrouvé certaines vicitmes qui sont devenues des momies
naturelles.
Elle fut tuée au sommet du mont Ampato au Pérou. Elle a peut-être été frappée à la tête ou droguée puis laissée sur place où elle est morte gelée. Enveloppée de tissus, l’enfant a été enterrée avec des statuettes en or et en argent, des pots en terre glaise et des sacs de maïs. Outre les sacrifices effectués, les Incas momifiaient les corps de leurs empereurs. Ces momies étaient exposées lors des fêtes. On les faisait « défiler » dans les rues comme des morts vivants.
Momie inca découverte près de Nazca. By leander.canaris . Licence Leur présence était la preuve de la toute puissance de l’empereur dans le passé comme dans le présent. Malheureusement, les espagnols ont détruit la plupart des momies du Pérou.
Les momies chinchorros sont connues des archéologues depuis
1917. Momie chinchorros recouverte d'argile. © dinosoria.com Les Chinchorros étaient des pêcheurs qui vivaient
le long de la côte nord du Chili. Chinchorro est un ancien
mot espagnol qui signifie « filet de pêche ». L’écriture n’existant pas, ils ne nous ont laissé comme vestiges que leurs momies qui sont les plus vieilles du monde.
Momie péruvienne. By quinet . Licence On sait que ce peuple a ainsi conservé ses morts jusqu’en 1 700 avant notre ère environ. A partir de là, ils commencèrent à réaliser des fardos c’est-à-dire des ballots funéraires. La technique d’embaument de ce peuple est unique. En effet,
ils incisaient l’abdomen, ôtaient les viscères
puis enlevaient la peau et la chair des os.
Fardo funéraire du Pérou . By An en Alain . Licence Ils extrayaient le cerveau. Jusque là, rien d’extraordinaire.
C’est le processus de reconstitution du corps qui est unique.
Momies Chinchorros. © dinosoria.com Les embaumeurs enduisaient la peau d’une mince couche de pâte à base de cendres qui durcissait au séchage. La momie n’avait plus qu’à être peinte
et parée de quelques atouts pour lui donner une apparence
« vivante ». Les momies chinchorros n’étaient pas enterrées tout de suite. Elles étaient d’abord exposées un certain temps puis on les plaçait dans des tombes.
Vers 400 avant notre ère, dans le sud du Pérou, la
mode fut aux fardos. Cette pratique dura plus de 1 000 ans. Les fardos étaient composés de couches successives de pièces de tissu appelées "mantos". Leur nombre était peut-être proportionnel à l'importance du défunt. Au fil du temps, le tissu absorbait les substances liquides et le corps se desséchait.
Momie de Nazca (Musée régional de Cuzco). By Exfordy . Licence C’est en 1925 qu’on a découvert, sur une presqu’île désertique de la côte sud du Pérou, l’un des plus surprenants trésors de l’Amérique précolombienne. Ce trésor est constitué de milliers de pièces
de tissu. Ces pièces appartiennent à une civilisation
baptisée Paracas du nom du lieu de la découverte.
Pièce de tissu Paracas. Licence Tous les textiles de Paracas proviennent de chambres funéraires.
Ces dernières abritent des corps momifiés qui ont
été trouvés en position fœtale, bras croisés
sur la poitrine. L’examen des crânes a révélé, dans de nombreux cas, des traces de trépanation ainsi que des déformations de la tête, qui est souvent en forme de « pain de sucre ». Le démaillotage des fardos a montré que les corps avaient été habillés de vêtements ainsi que d’immenses pièces de tissu mesurant jusqu’à 20 mètres de long et 6 mètres de large. Les fibres utilisées sont le coton et la laine de camélidés,
notamment l’alpaga et la vigogne, des cousins du lama. Les corps étaient ensevelis avec de nombreux objets du quotidien et des produits alimentaires. On retrouve là des rites très proches de ceux pratiqués en Egypte.
Sacrifice Incas. Découverte de trois momies d'enfants |








