Mesa Verde : des palais de
pierre
C’est en 1888 que trois éleveurs
partis à la recherche de bêtes qui
s’étaient échappées
découvrirent Sun Point et plusieurs habitations.
La découverte de Cliff Palace, cette cité
en pierres, date de cette époque.

Vue panoramique
de Cliff Palace . Licence
Les recherches se poursuivirent grâce à
un jeune explorateur suédois, Gustav Nordenskjöld,
qui souhaita réaliser une véritable
étude archéologique.
Il explora les deux collines appelées
Wetherill Mesa et Chapin Mesa. En 1906, Mesa Verde
« Table verte », reçut le statut
de parc national.
A partir de cette date, les fouilles archéologiques
s’intensifièrent.

Le Cliff Palace.
Les premiers Indiens Pueblos bâtirent ces
villages troglodytes complexes (cliff-dwellings)
entre le XIe et le XIIIe siècle. Licence
En 1959, le professeur J.S Newberry entreprit
une expédition pour le compte de l’armée
américaine.
Il fit état d’un vaste plateau de
2 600 m d’altitude.
Il fallut encore attendre 15 ans pour qu’un
photographe de l’U.S Geological Survey découvre
le premier abri troglodytique dissimulé
derrière le vaste plateau.

La Spruce Tree
House doit son nom au grand pin de Douglas planté
devant elle. Construite entre 1200 et 1276, elle
comprend 140 pièces et 9 kivas ou lieux
de culte . Licence
Dès lors cette région suscita la
curiosité. On y découvrit de nombreux
vestiges de ceux qu’on baptisa Anasazi,
mot qui signifie dans la langue navajo «
les anciens ».
Cliff Palace est une structure en briques d’argile
et de boue, qui compte plus de 200 pièces.
On y dénombre 23 lieux de culte ou kivas,
des chambres et des magasins pour stocker les
récoltes.

Cliff Palace .
Licence
Selon les archéologues, Cliff Palace,
construit vers la fin du XIIe siècle, pouvait
abriter environ 250 personnes.
A Mesa Verde, on a identifié environ 3
900 sites dont plus de 600 habitations troglodytiques.
La culture Anasazi
Pendant de nombreux siècles, les Indiens
Anasazis ont vécu sur les plateaux du sud
de l’Utah et du Colorado et sur ceux de
l’Arizona et du Nouveau-Mexique.

Des graffitis peints
sur la roche qui datent du Xe et XIe siècle
représentant des danses et des rituels
(© Guido Rossi)
L’histoire du peuplement de Mesa Verde
dans les premiers siècles de notre ère
reste encore très mystérieuse.
Au stade actuel de nos connaissances, on dénombre
quatre périodes successives d’occupation
du site :
- Environ 450 à 700 de notre ère
: période Basket Maker III, l'agriculture
se généralise (maïs, courges),
associée à la chasse et à
la cueillette ; outillage lithique, travail
de l'os ; développement de la céramique
et de la vannerie ; maisons-fosses avec foyers
centraux.
(Certains ouvrages avancent les dates de 200
avant notre ère à 700 de notre
ère)
- Entre 700 et 900 : période Pueblo I
: apparition de villages de maisons rectangulaires
aux murs de pierre ; kivas cérémonielles
- Entre 900 et 1100 : période Pueblo
II
- Entre 1100 et 1300 : période Pueblo
III qui correspond à la construction
de grands complexes architecturaux comme Mesa
Verde et également au travail de l'argent
et de la turquoise
Vivant de l’élevage et de la chasse,
les premiers habitants de ces lieux se sédentarisèrent
pour pratiquer l’agriculture. Ils maîtrisaient
déjà la céramique et fabriquaient
des vanneries d’où le nom de Basket
Makers « fabricants de paniers ».

Urne à motifs
de corde tressée du XIIe siècle
(© Jerry Jacka)
Appelées « jacal », leurs
maisons primitives étaient de simples puits
étayés par des poteaux en bois.
Rapidement, ils formèrent de petits villages,
d'abord situés au pied des éperons
rocheux, puis en hauteur, sur les « mesas
».
Vers 500 de notre ère, ils fabriquaient
des céramiques, des arcs et des flèches
et se mirent à élever des dindes.

Une des 5 grandes
kivas sur le site de Far View House que les Anasazis
fondèrent à partir du XIIe siècle
(© Guido Rossi)
A partir de la phase Pueblo II, les Anasazis
ont changé leurs habitudes en matière
d’habitation. Ils commencèrent à
construire de véritables habitations à
la surface du plateau.
Les maisons se transformèrent en villages
que les Espagnols appelleront « pueblos
».
Au fil des siècles, les villages se transformèrent
en villes et vers 1100, le plateau du Colorado
connut une croissance démographique.

Licence
Les kivas étaient de vastes structures
souterraines de plan circulaire réservées
aux cérémonies et au culte.
Dans de nombreux cas, les kivas étaient
reliées à des structures analogues
à des donjons dont la fonction n’est
pas vraiment connue.
On a également retrouvé un complexe
monumental entouré d’un double mur
d’enceinte, peut-être un temple, baptisé
le « Temple du Soleil ».

Le "Temple
du Soleil" était peut-être un
lieu culturel ou un monument funéraire
(© Christophe Boisivieux)
On pense que les Anasazis ont construit ces
troglodytes pour se protéger. La difficulté
d’accès empêchait tout intrus
de les attaquer.
A partir de 1300 de notre ère, les Anasazis
abandonnèrent les lieux. Cet abandon est-il
dû à la sécheresse et donc
la disette ?
Plus récemment, les autorités
locales ont décidé de substituer
au terme Anasazi, une appellation plus générale
« les anciens habitants du pueblo ».
Actuellement, plus de 23 tribus, en plus des Navajo,
peuvent prétendre être les descendantes
de ceux qui ont édifié les constructions
de Mesa Verde.
Ces tribus ont toutes des ancêtres qui ont
habité des pueblos semblables dans le Nouveau-Mexique.
Cependant, aucun autre édifice n’a
égalé la splendeur de Mesa Verde.
Chaco Canyon: Le mystère
Anasazi
Les plateaux rocheux aux tons ocrés semblent
indiquer que les indiens anasazis s’intéressaient
à l’astronomie. D’après
certains archéostronomes, ces roches présenteraient
un certain nombre de signes tendant à prouver
que ce peuple possédait des connaissances
développées en astronomie.

Chaco Canyon. Licence
Sur une saillie, à quelques mètres
d’une butte très élevée
du Chaco Canyon au Nouveau-Mexique, trois imposants
blocs de grès déterminaient une
fente à travers laquelle le soleil dardait
ses rayons, qui atteignaient deux spirales gravées
à même la roche.
Pendant peut-être 1000 ans, ces rayons
de soleil indiquaient précisément
les solstices d’été et d’hiver,
les équinoxes de mars et de septembre ainsi
que les jours de l’année où
le jour et la nuit ont la même durée.
Les spécialistes pensent que cet étrange
phénomène, auquel on a donné
le nom de Dague Solaire, est un calendrier anasazi.
La mort d’une étoile
Les rochers du Chaco Canyon semblent indiquer
que les Anasazis assistèrent à la
mort d’une étoile. En effet, une
falaise comporte un rocher qui est orné
de trois peintures : un croissant, un disque nimbé
de rayons et une main.
Juste en dessous, un point entouré de
deux cercles représente le Soleil.

Hansen Planetarium,
Salt Lake City. By Buggs Licence
Découvert en 1972, ces symboles apparaissent
en d’autres endroits des territoires indiens.
Ils illustrent une conjonction astrale occasionnelle
: le rapprochement de Vénus et de la Lune.
Cependant, certains astronomes pensent que ces
peintures commémorent un phénomène
céleste. Le disque nimbé de rayons
pourrait représenter l’explosion
d’une étoile.

Zoom sur les pictogrammes
Les symboles du Chaco Canyon datent de l’époque
où des astronomes chinois enregistraient
sur leurs cartes l’apparition d’une
étoile, résultant vraisemblablement
de l’explosion d’une supernova.
Cette étoile hôte est apparue le
5 juillet 1054. Le rémanent de cette étoile
forme la nébuleuse du Crabe, dans la constellation
du Taureau.
Les pictogrammes anasazis dépeignent-ils
cette explosion cataclysmique ?
En 1979, un astronome de la NASA a reconstitué
la voûte céleste de cette nuit de
juillet 1054. Cette nuit-là, la Lune, croissant
inversé, se trouvait à deux degrés
à peine de la nébuleuse du Crabe.
Des routes sans issue
Les routes des Indiens anasazis du Nouveau-Mexique
sont loin d’être de simples sentiers.
Elles constituaient un réseau de 800 km
de chaussées très bien conçues.
Aujourd’hui, ces routes ont presque totalement
disparu. Certaines ont 10 m de large et traversaient
le désert, tout droit, quelle que soit
la configuration du terrain.
Les Anasazis ne reculèrent devant rien
pour tracer des artères rectilignes, n’hésitant
pas à creuser la falaise ou à construire
des rampes.

Route photographiée
au flash (© David Brill)
La plupart de ces routes reliaient Chaco Canyon
aux communautés. Mais, le plus mystérieux
c’est que certaines routes débouchent
en pleine nature. A certains endroits, il y a
non pas une mais deux routes strictement parallèles.
La route dite du Grand Nord aboutit sur une butte.
Elle ne mène nulle part et par endroits,
est jonchée de débris de poterie.
Pourquoi se donner autant de mal pour construire
une route sans issue ? De nombreuses légendes
anasazis mentionnent des pèlerinages rituels
à des montagnes sacrées.
Ces longues routes rectilignes menaient peut-être
à des sipapu, orifices à partir
desquels il était possible de communiquer
avec l’au-delà.
Peut-être que ces magnifiques chaussées
servaient exclusivement à relier Chaco
Canyon à quelque monde invisible.
V.B (23.05.2006)
Dossiers complémentaires
sur le plateau du Colorado
Parc
National du Grand Canyon
Le
plateau du Colorado
Références bibliographiques
Les sites archéologiques, éditions
Gründ. Splendeurs des civilisations perdues,
éditions Gründ. La sagesse des anciennes
civilisations, Editions Time Life
< Archéologie
<
Enigmes Paléontologie.
Archéologie
|