L’inconscience humaine
Autrefois, la mer d’Aral était alimentée par
deux grands fleuves, le Syr-Daria et l’Amou-Daria qui maintenaient
la mer à un niveau stable. De 64 000 Km², il n'en reste
aujourd'hui qu'environ 30 000 Km².
Au début des années 60, les économistes soviétiques,
soucieux de rentabilité, décident d’intensifier
la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan.
Pour irriguer les cultures, ils font détourner les deux fleuves.
Non seulement la mer d’Aral n’est plus alimentée
mais les deux fleuves sont également à sec.

Zoom
Carte géographique
Des tonnes de défoliants déversés de manière
anarchique sur les cultures ont achevé la catastrophe.
Au fil des années, les produits chimiques balayés
par le vent se sont dispersés dans les villages environnants.
Une catastrophe écologique
Depuis le début des années 60, la mer d’Aral
a perdu 50% de sa superficie. L’environnement en est complètement
bouleversé.
Ses eaux, saturées de sel et de produits chimiques, ont tué
toute la faune marine.
Seules quelques crevettes arrivent encore à résister
et une étrange raie mutante a fait son apparition.
Le sable, gris et salé, emporté par le vent, empoisonne
l’environnement jusqu’en Arctique.

Des bateaux échoués
sur une mer morte. By Upyernoz Licence
Le climat s’est totalement transformé. Initialement,
les températures oscillaient entre – 25°C en hiver
à plus de 35°C en été.
Aujourd’hui, il fait – 50°C à +50°C.
La population vivait de la pêche. Inutile de dire que les
60 000 pêcheurs sont au chômage.

© Pierre A. FRADIN
L’eau potable est, elle aussi, devenue salée. L’abus
d’engrais, de nitrate et de pesticides a pollué l’atmosphère.
Le bétail se désaltère dans les mares toxiques
et mange du fourrage passé au défoliant.
Une mer qui tue
L’ancien port prospère de Mouinak est devenu une ville
empoisonnée. La vie y est devenue impossible à cause
de la pollution de l’eau et de l’air.
La population qui habitait près de la mer a du fuir ces lieux
pestilentiels où la mortalité infantile est de 118
pour 1 000. Un taux comparable à celui du Bangladesh.
Il reste sur les 48 000 habitants de Mouinak, 20 000 personnes
environ qui sont toutes atteintes de maladies graves : tuberculose,
affection du sang, cancers …

Les femmes font des fausses couches
à répétition et mettent au
monde des enfants malformés ou mort-nés.
Leur lait est impropre à la consommation.
L’homme est un apprenti sorcier
La seule solution réaliste serait de stopper l’agriculture
intensive. Mais, c’est bien sûr la seule solution que
les pouvoirs publics n’ont pas examiné.
Les conséquences économiques passent avant l’environnement
et la santé publique.
Chaque année, la mer d’Aral continue à se rétrécir.
Lorsqu’elle sera totalement desséchée, elle
laissera place au plus grand désert du monde.

Les pêcheurs, au chômage,
sont devenus éleveurs de chameaux laineux
Le territoire de l’ex-Union Soviétique est un bel
exemple de l’inconscience humaine :
- 13% des terres sont saturées en sel ou en composés
salés
- En 1988, les statistiques officielles indiquaient que 10% de
la nourriture consommée était impropre à
la consommation à cause d’un niveau trop élevé
de pesticides
- En 1989, seulement 30% des eaux usées ont été
traitées
- Le lac Baïkal qui constitue 8% des réserves d'eau douce de
la planète est en train de subir le même sort que
la mer d’Aral. Ses eaux sont polluées à cause
d’un complexe de cellulose installé sur ses rives

© Pierre A. FRADIN
Quand j’entends à la télévision que
les pays industrialisés se réunissent pour «
parler » d’environnement, je reste perplexe.
Toute cette folie humaine ne me rend absolument pas optimiste sur
le devenir de l’humanité.
Découvertes archéologiques
surprenantes dans la mer d'Aral
Une découverte capitale a été
faite lors de la mise en œuvre du projet
pour sauver la Mer d’Aral : une implantation,
datant du XIVème siècle après
J.-C., couvrant un site funéraire qui pourrait
remonter au IXème siècle après
J.-C., dans un endroit qui, une dizaine d’années
auparavant, était encore recouvert d’eau.
Concernant les tombes, elles contiennent les
dépouilles d’anciens guerriers. L’une
des caractéristiques surprenantes de ces
squelettes est leur taille : plus de 2 mètres
– d’autant plus surprenante que la
taille moyenne des ethnies de la région
est bien en-deça de cette taille. Les anthropologues
et les archéologues font des recherches pour trouver l’origine
de ces mystérieux guerriers. (citation
regard-est.com)
Dossier
complet sur les découvertes archéologiques
Un sauvetage difficile mais
des résultats encourageants
Voici un résumé des principales
actions qui ont été entreprises
pour sauver la mer d'Aral.
Après l’effondrement de l’URSS en 1991, l’aide
internationale s’est précipitée dans cette région.
Malheureusement , après de multiples rapports,
les experts concluent que la mer d’Aral
ne pourra pas retrouver son niveau initial.
Les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains
endroits, et la mer d'Aral s'est séparée
en deux bassins, la Grande et la Petite Aral.

By Upyernoz
Licence
Des institutions internationales, dont la Banque
mondiale, le PNUD (Programme des Nations unies
pour le développement), l’UNESCO,
l’Union européenne, ont accouru.
Divers organismes ont été créés
dont le Projet du bassin de la mer d’Aral
(ASBP).
Leurs propositions ont éveillé
de grands espoirs chez les riverains.
Il y a eut de nombreuses promesses non tenues.
En effet, ces institutions ne possèdaient
pas l’argent qu’il fallait pour résoudre
un problème de cette ampleur.
Il faut souligner le fait que la population du Kazakhstan a réuni,
à la surprise générale, 2,5 millions de dollars
pour construire elle-même un barrage de sable, de 14 kilomètres
de long et de 30 mètres de large, qui a transformé
en lac la mer d’Aral du Nord, près de la ville d’Aral’sk.

Culture de concombres dans l'ancienne
Union soviétique
L’entreprise, disent les responsables kazakhs, ne pourra
être poursuivie que s’ils obtiennent les 15 millions
de dollars qu’ils ont demandé à la Banque mondiale
pour construire un barrage permanent.
Il ne s’agit plus de sauver la mer d’Aral car l’Ouzbékistan,
second exportateur mondial de coton, n’acceptera jamais de
se priver de cette culture lucrative.
Il s’agit maintenant d’éviter un désastre
humain et social.

© Pierre A. FRADIN
Les institutions internationales ont fourni à la population
de l’eau saine et des équipements de santé.
La Banque mondiale a financé la création de 25 stations
pour contrôler la qualité de l’eau potable dans
toute l’Asie centrale.
Jusqu'à récemment, on pensait que
la mer d’Aral disparaîtrait très
probablement d’ici 25 ans. Les spécialistes
se sont peut-être montrés un peu
trop pessimistes.
Un espoir pour la mer d'Aral
Une dépêche du 3 décembre
2005 annonçait que des sources souterraines,
jusqu’à présent insoupçonnées,
fourniraient quatre milliards de mètres
cubes d’eau par an.
Cette eau providentielle prendrait sa source dans l’Himalaya,
cheminerait dans les couches géologiques, et ressortirait
au niveau d’une zone de fracture au fond du lac.
Malheureusement, ces sources ne suffisent pas
à combler l’assèchement en
cours de la mer d’Aral.

© Pierre A. FRADIN
Au Kazakhstan, un espoir renaît avec les
projets du président Noursoultan Nazarbaïev.
Il est question de rehausser le niveau de la petite
mer de 6 mètres, ce qui permettrait à
l'industrie de la pêche de renaître,
et à la ville d'Aralsk de redevenir un
port. Ce projet estimé à 120 millions
de dollars serait financé principalement
par les revenus du pétrole du Kazakhstan.
Pendant l’été 2006, un barrage
a permis à la mer de regagner plusieurs
millions de mètres cubes d'eau sur ses
rivages nord.
Lors de la diffusion récente du documentaire
sur Arte, nous avons eu la surprise et la joie
de voir des bateaux de pêche remis à
flot.
Les rives kazakhs de la petite mer d'Aral ont
repris vie et des camps de pêcheurs se réinstallent
.
Bientôt se seront des villages entiers qui
se réorganiseront autour de la seule source
économique de cette région : la
pêche.
Cependant, tout ne semble pas si rose. En effet,
les journalistes font allusion à un scandale
possible concernant le produit de cette pêche.
Les poissons de cette mer sont-ils contaminés
par les nombreuses années d’expérimentation
nucléaire et bactériologique effectuée
par l’Union Soviétique ?
Article
Le retour de la Mer d’Aral : à quel
prix ? De Vincent Prado, Aurel Ziegler et Mathieu
Lere
Mer d'Aral. Témoignage d'un internaute
V.B (02.2005) M.à.J 13.07.2007
Un rapport édifiant de l'UNESCO
Consultation
du rapport
Dossier complémentaire
sur l'eau
La
prochaine guerre sera t-elle la guerre de l’eau
?
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Mers et Océans
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