Mer d’Aral
La mer d’Aral, étendue d’eau
autrefois grande comme le Portugal, est aujourd’hui
un lac salé qui se dessèche au milieu
d’un désert. Récemment, un documentaire diffusé
sur Arte "Le retour de la Mer d’Aral
: à quel prix ?" redonne un peu d'espoir
quant à l'avenir de la mer d'Aral et de
la population locale. |
Autrefois, la mer d’Aral était alimentée par
deux grands fleuves, le Syr-Daria et l’Amou-Daria qui maintenaient
la mer à un niveau stable. De 64 000 Km², il n'en reste
aujourd'hui qu'environ 30 000 Km².
Des tonnes de défoliants déversés de manière
anarchique sur les cultures ont achevé la catastrophe.
Depuis le début des années 60, la mer d’Aral
a perdu 50% de sa superficie. L’environnement en est complètement
bouleversé. Le sable, gris et salé, emporté par le vent, empoisonne l’environnement jusqu’en Arctique.
Des bateaux échoués sur une mer morte. By Upyernoz Licence Le climat s’est totalement transformé. Initialement,
les températures oscillaient entre – 25°C en hiver
à plus de 35°C en été. La population vivait de la pêche. Inutile de dire que les 60 000 pêcheurs sont au chômage.
© Pierre A. FRADIN L’eau potable est, elle aussi, devenue salée. L’abus
d’engrais, de nitrate et de pesticides a pollué l’atmosphère.
L’ancien port prospère de Mouinak est devenu une ville
empoisonnée. La vie y est devenue impossible à cause
de la pollution de l’eau et de l’air. Il reste sur les 48 000 habitants de Mouinak, 20 000 personnes environ qui sont toutes atteintes de maladies graves : tuberculose, affection du sang, cancers …
Les femmes font des fausses couches à répétition et mettent au monde des enfants malformés ou mort-nés. Leur lait est impropre à la consommation.
La seule solution réaliste serait de stopper l’agriculture
intensive. Mais, c’est bien sûr la seule solution que
les pouvoirs publics n’ont pas examiné. Chaque année, la mer d’Aral continue à se rétrécir. Lorsqu’elle sera totalement desséchée, elle laissera place au plus grand désert du monde.
Les pêcheurs, au chômage, sont devenus éleveurs de chameaux laineux Le territoire de l’ex-Union Soviétique est un bel exemple de l’inconscience humaine :
© Pierre A. FRADIN Quand j’entends à la télévision que
les pays industrialisés se réunissent pour «
parler » d’environnement, je reste perplexe.
Une découverte capitale a été faite lors de la mise en œuvre du projet pour sauver la Mer d’Aral : une implantation, datant du XIVème siècle après J.-C., couvrant un site funéraire qui pourrait remonter au IXème siècle après J.-C., dans un endroit qui, une dizaine d’années auparavant, était encore recouvert d’eau. Concernant les tombes, elles contiennent les dépouilles d’anciens guerriers. L’une des caractéristiques surprenantes de ces squelettes est leur taille : plus de 2 mètres – d’autant plus surprenante que la taille moyenne des ethnies de la région est bien en-deça de cette taille. Les anthropologues et les archéologues font des recherches pour trouver l’origine de ces mystérieux guerriers. (citation regard-est.com)
Voici un résumé des principales actions qui ont été entreprises pour sauver la mer d'Aral. Après l’effondrement de l’URSS en 1991, l’aide
internationale s’est précipitée dans cette région. Les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains endroits, et la mer d'Aral s'est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral.
By Upyernoz Licence Des institutions internationales, dont la Banque mondiale, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), l’UNESCO, l’Union européenne, ont accouru. Divers organismes ont été créés dont le Projet du bassin de la mer d’Aral (ASBP). Leurs propositions ont éveillé de grands espoirs chez les riverains. Il y a eut de nombreuses promesses non tenues. En effet, ces institutions ne possèdaient pas l’argent qu’il fallait pour résoudre un problème de cette ampleur. Il faut souligner le fait que la population du Kazakhstan a réuni, à la surprise générale, 2,5 millions de dollars pour construire elle-même un barrage de sable, de 14 kilomètres de long et de 30 mètres de large, qui a transformé en lac la mer d’Aral du Nord, près de la ville d’Aral’sk.
Culture de concombres dans l'ancienne Union soviétique L’entreprise, disent les responsables kazakhs, ne pourra
être poursuivie que s’ils obtiennent les 15 millions
de dollars qu’ils ont demandé à la Banque mondiale
pour construire un barrage permanent.
© Pierre A. FRADIN Les institutions internationales ont fourni à la population de l’eau saine et des équipements de santé. La Banque mondiale a financé la création de 25 stations pour contrôler la qualité de l’eau potable dans toute l’Asie centrale. Jusqu'à récemment, on pensait que la mer d’Aral disparaîtrait très probablement d’ici 25 ans. Les spécialistes se sont peut-être montrés un peu trop pessimistes.
Une dépêche du 3 décembre
2005 annonçait que des sources souterraines,
jusqu’à présent insoupçonnées,
fourniraient quatre milliards de mètres
cubes d’eau par an. Malheureusement, ces sources ne suffisent pas à combler l’assèchement en cours de la mer d’Aral.
© Pierre A. FRADIN Au Kazakhstan, un espoir renaît avec les projets du président Noursoultan Nazarbaïev. Il est question de rehausser le niveau de la petite mer de 6 mètres, ce qui permettrait à l'industrie de la pêche de renaître, et à la ville d'Aralsk de redevenir un port. Ce projet estimé à 120 millions de dollars serait financé principalement par les revenus du pétrole du Kazakhstan. Pendant l’été 2006, un barrage
a permis à la mer de regagner plusieurs
millions de mètres cubes d'eau sur ses
rivages nord. Cependant, tout ne semble pas si rose. En effet,
les journalistes font allusion à un scandale
possible concernant le produit de cette pêche.
V.B (02.2005) M.à.J 13.07.2007
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