Contrairement à ce que l’on pourrait
croire, le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) du film «
les Dents de la Mer » n’était
pas si éloigné de la réalité.
Des témoignages sur l’existence de
grands blancs de tailles gigantesques circulent
mais sont-ils à prendre au sérieux
?
Certains pensent que le Megalodon (Carcharodon
megalodon ) a pu survivre. Ils s’appuient
sur des preuves tangibles bien que maigres.
Alors, la mort blanche circule t-elle en silence
et en toute discrétion dans les fonds marins
?
Un grand blanc de fiction bien réel
Comme à son habitude, Steven Spielberg s’est entouré
de spécialistes, notamment des experts du Muséum d’histoire
naturelle de New York, pour réaliser son film « Jaws
». La taille de 7 m de long est tout à fait raisonnable
pour un grand blanc. Seules les dents ont été surdimensionnées
pour accroître la frayeur des spectateurs.
Il y avait en fait trois requins mécaniques. D’un
poids de 1,5 t, les trois requins étaient manipulés
par treize techniciens.
Les cinéastes ont passé plusieurs semaines à
entraîner des grands requins blancs en Australie. Ils les
appâtaient puis leur apprenaient à attaquer au moment
voulu. C’est ainsi que plusieurs séquences du film
ont été filmées avec de vrais requins.
Un cascadeur de petite taille (1,50 m) a été engagé
pour tourner la scène de l’attaque d’une cage
de plongeurs. A côté de lui, le grand blanc qui ne
mesurait que 4,8 m paraissait plus grand que nature.
Rappelons que ce succès cinématographique a provoqué
une véritable panique et une vague d’hystérie.
Un véritable massacre de requins dont la plupart étaient
totalement inoffensifs s’en est suivi.
Ce requin géant de fiction pourrait bien selon certains
témoignages rejoindre la réalité.
On estime qu’un grand blanc ne dépasse pas 8 m de
long et cette taille est un record. La plupart de spécimens
sont beaucoup plus petits, de l’ordre de 6 m de long.
Les dents fossiles, récoltées dans les sédiments
cénozoïques du monde entier, permettent de retracer
l’évolution des différentes lignées de
grands requins blancs.
Elles ont toutes une caractéristique commune : les bords
sont finement crénelées.
Dent d'un grand
requin blanc
Les dents fossilisées de requins sont connues depuis fort
longtemps. Pour les naturalistes du Moyen-Age
et de la Renaissance, ces dents étaient
des langues de serpent que Saint Paul avait transformé
en pierre.
On les appelait glossopetrae (langues de pierre).
Bords d'une dent
de Megalodon (Source Internet)
C’est en 1666 que l’on découvrit leur réelle
origine. Un physicien Danois compara ces dents
fossiles avec celles d’un grand blanc capturé.
Il nota la ressemblance et comprit qu’il
s’agissait de dents de requins. Par contre,
le processus de fossilisation lui échappa.
Aujourd’hui encore, les seules preuves que nous ayons de
l’existence de requins blancs géants sont leurs dents.
Des témoignages sur les grands blancs
géants
A la fin du 19e siècle, le navire océanographique
Challenger découvrit au fond du Pacifique des dents actuelles
de requin blanc mais longues de 12,5 cm !
En 1918, les pêcheurs de langoustes de Port Stephens en Australie
refusèrent de sortir en mer pendant plusieurs semaines. Ils
prétendaient qu’un requin d’une grandeur phénoménale
rodait autour de leurs casiers.
Il avait été vu par plusieurs pêcheurs et tous
semblaient terrorisés.
L’inspecteur des Pêcheries de Sydney s’était
rendu sur place. Voilà ce qu’il mentionna dans son
rapport :
« Bien que tous les pêcheurs ne soient pas d’accord
sur la taille de l’animal, il ne fait aucun doute qu’il
s’agit bien d’un requin. Tous ont côtoyé
dans leur travail les grands blancs dont certains atteignaient 10
m de long.
Ils n’ont aucune raison de mentir car en restant à
terre, ils perdent une partie de leurs revenus. La plupart des témoignages
s’accordent sur une taille de 35 à 40 m de long. Un
pêcheur a dit « sa tête était aussi grosse
que le toit du petit hangar ».
L’inspecteur a rapporté également ce qu’il
l’avait le plus intrigué. Tous les pêcheurs insistaient
sur la blancheur cadavérique de la bête.
Vu de dessous, le grand blanc porte
bien son nom de "Mort blanche" . By
Osaka Steve
En mars 1954, le Rachel Cohen, un cotre australien, venait d’être
mis en cale sèche. Le navire avait l’arbre d’hélice
faussé.
Alors que la mer était très agitée, au large
de Timor (Indonésie), un choc violent s’était
produit.
Les ouvriers retirèrent 17 dents de 8 cm à leur base
et d’environ 10 cm du collet à la pointe. Le demi-cercle
décrit par l’implantation des dents atteignait presque
2 m de diamètre !
Les ichtyologues australiens ont estimé la taille de ce requin
à 24 m de long.
Les mâchoires du grand blanc,
armées d'une soixantaine de dents, s'ouvrent
à 180°. Quand elles se referment, elles
exercent une pression de 5 t par cm² . Licence
En 1980, un requin géant d’environ 27 m aurait été
vu au large des côtes du Queensland et de la Nouvelle Galles
du Sud. Mais, il n’existe aucune preuve formelle.
Un requin de 20 m a la réputation de fréquenter la
False Bay, près du Cap. Là encore, nous ne possédons
aucune photo. Erreur d’estimation ?
Chassé à outrance puis protégé alors
qu’il était au bord de l’extinction, le grand
requin blanc est bien mal connu. Tout ce dont on est certain c’est
qu’il n’a jamais été très abondant.
Le rapport proie/prédateur est toujours respecté par
la nature qui fait bien les choses.
Ses cousins, tel le Carcharodon megalodon, ne devaient pas non
plus être très nombreux, pour les mêmes raisons.
De tels géants ont besoin de ressources alimentaires importantes.
La présence, malgré de maigres indices, de grands
blancs géants, nous incite à nous demander si le Megalodon
ne pourrait pas avoir survécu.
Le Megalodon est-il toujours vivant ?
Officiellement, Carcharodon megalodon ( ou Carcharocles megalodon) s’est éteint
il y a seulement 3 à 4 millions d’années. Parmi
tous les fossiles, ses dents sont les plus imposantes puisqu’elles
atteignent 18 cm de haut.
Source Internet
La preuve la plus intéressante d’une éventuelle
survie est cette découverte effectuée il y a 10 ans
environ.
Bernard Seurat, spécialiste des requins au laboratoire d’ichtyologie,
a découvert une dent de megalodon en draguant des fonds sédimentaires
au large de la Nouvelle-Calédonie.
Il l’a confié à Philippe Janvier, chargé
de recherches au CNRS.
Celui-ci a déclaré :
« Vous savez, elle est en parfaite état de conservation,
vraiment très fraîche, à vrai dire assez peu
fossile. Et ce qui est étonnant, c’est qu’elle
a été ramassée au milieu d’une faune
parfaitement actuelle ».
Extrait de Les monstres sont vivants
de Eric Joly-Pierre Affre
Il est également à souligner que des dents fossiles
de megalodon, vieilles de seulement 5 000 ans, ont été
découvertes au large de la côte Victoria il y a quelques
années.
Si un requin de la taille du megalodon a survécu, il ne
peut subsister que dans les mêmes zones que les calmars géants.
Un animal de cette taille a forcément de gros besoins alimentaires
même si on sait qu’un grand blanc peut jeûner
un certain temps.
Ce serait donc peut probable qu’il vive dans les profondeurs
abyssales, beaucoup plus pauvres en nourriture.
Une chose est sure, la population ne doit pas être très
importante comme c’est le cas du grand blanc.
Il sera donc difficile de pouvoir observer un spécimen,
s’il existe, dans l’immensité des océans.
V.B (04/2005). M.à.J 12.2007
Dossiers complémentairessur le Megalodon et le requin blanc