Mayas et sacrifices Comme pour la plupart des civilisations amérindiennes, il existe des paradoxes dans la civilisation Maya. |
Les Mayas offraient aux dieux des prisonniers qui étaient sacrifiés au cours de cérémonies. Ils pensaient que leur survie dépendait de ces dieux qu’ils devaient donc absolument contenter et apaiser. Toutes les religions, y compris monothéistes, sont empreintes de sacrifices. Notre vision du Bien et du Mal n’est pas si différente de celle des Mayas.
Chac, dieu de la Pluie, du Tonnerre et des Eclairs. By Jami Dwyer . Licence L’agneau des Juifs puis des Chrétiens et enfin des Musulmans, est la victime sacrificielle par excellence. Autrefois, les Juifs enduisaient les portes de sang des agneaux sacrifiés pour écarter de leur maison les forces du mal. Les Mayas poursuivaient le même but. Tout au long de l’année, ils organisaient des cérémonies afin de se prémunir du courroux des dieux. Ils ne pratiquaient pas uniquement des sacrifices. Les monarques devaient par exemple se soumettre à des saignées pour honorer les dieux. De la même manière que les ascètes de toute religion se flagellent jusqu’au sang par esprit de sacrifice, l’aristocratie maya s’automutilait.
Dieu du Maïs. By Beesnest McClain . Licence On a retrouvé des panneaux sculptés, à Yaxchilán, qui témoignent de ces rituels. Sur l’un des panneaux, Dame Xoc, épouse d’un roi, fait passer une corde hérissée de ronces dans un trou percé dans sa langue. Cet étrange rituel se déroulait dans un lieu obscur, un temple probablement. La fumée qui s’échappe du récipient était la figuration d’une créature surnaturelle : le Serpent des Visions. Le Serpent des Visions permettait aux monarques de communiquer avec le monde surnaturel. Pour symboliser le passage entre les deux mondes, cette créature possédait deux têtes avec une gueule béante, chacune dans l’un des mondes. Les rois et les nobles pouvaient ainsi communiquer avec les dieux, les apaiser et s’assurer de leur soutien.
Sculpture maya à Copán. By Vaticanus . Licence D’autres découvertes confirment ces mutilations rituelles. Mais, ces mutilations étaient réciproques. En effet, sur certaines illustrations des codex, les dieux se livrent eux-aussi à des automutilations.
Le sport le plus répandu en Méso-Amérique a été baptisé le « jeu de balle ». D’après ce que l’on en sait, il y avait plusieurs types de parties.
Jeu de balle à Chichen Itza. By Paul Mannix . Licence Les règles du jeu de balle ne nous sont pas vraiment connues. Ce sont les premiers explorateurs européens qui ont décrit cet étrange rituel. Chaque équipe comptait environ 1 à 4 joueurs. Ils ne devaient pas toucher de la main ou du pied la balle. Pour se protéger, les joueurs portaient des protections sur un avant-bras, une jambe et autour de la taille.
Anneau en pierre du jeu de balle à Chichen Itza. By Time Tarts Historical Solutions . Licence L’équipe marquait des points chaque fois qu’un joueur lançait la balle dans un endroit précis du terrain ou à travers un anneau en pierre fixée en haut d’un mur. D’après les récits, les perdants étaient souvent des prisonniers qui avaient été affaiblis par des privations. Il arrivait que la fin du match soit suivi d’un autre « jeu ». La tête d’une des victimes était enveloppée de latex et utilisée comme balle.
Joueurs représentés sur un mur à Chichen Itza. By a2gemma . Licence Ce spectacle sanglant nous fait penser aux jeux de cirque très prisés des Romains qui se terminaient invariablement par la mise à mort d’animaux et d’êtres humains. Les Mayas poursuivaient un objectif bien précis à travers ces sacrifices tandis que les Romains se contentaient de mises à mort pour le plaisir. Véronique Battaglia (23.03.2009)
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