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Mastaba

Du mastaba à la première pyramide

Dans l’Egypte antique, le culte des morts était lié au tombeau. Le mastaba était un monument funéraire réservé aux rois et aux nobles des premières dynasties.
Le mot mastaba vient de l’arabe et signifie « banc de pierre ». En effet, les premières sépultures étaient des fosses enfouies dans de simples tertres de sable. Les parois étaient renforcées par des appentis de bois.
Mais ces premières sépultures ne résistaient pas très longtemps aux éléments naturels. Aussi, les rois et les notables firent-ils recouvrir le monticule par un empilement de briques crues ou de pierres taillées qui prit la forme d’un « banc », appelé plus tard mastaba, aux parois latérales légèrement inclinées.

 

 

Une vie après la mort

Si les Egyptiens ont laissé tant de monuments funéraires, c’est que pour eux la vie après la mort était bien plus importante que la vie terrestre.
Du prince au paysan, la mort obsédait tous les Egyptiens. Selon eux, un individu était composé de plusieurs éléments que la mort dispersait.

Mastaba

La paroi de la tombe de Iroukaptah à Saqqarah est ornée de huit statues représentant la famille du défunt. © dinosoria.com

Il était donc vital de les rassembler pour survivre dans l’autre monde. La personne humaine comprenait un corps auquel étaient associés plusieurs principes spirituels :

  • L’akh est un principe immortel, une force divine représentée par un ibis, que seuls possèdent les rois et les dieux
  • Le ba, symbolisé par un oiseau à tête humaine, est un principe spirituel plus indépendant du corps, qui reprend sa liberté après la mort
  • Le ka est l’énergie vitale qui, pour se perpétuer, a besoin d’un support : momie, statue ou image

Bas relief Mastaba

Les bas-reliefs accompagnaient le défunt dans sa nouvelle vie. © dinosoria.com

Chaque homme naissait avec un  ka qui le suivait durant toute son existence mortelle. Après la mort, il lui fallait prendre des dispositions pour que le ka  ne le quitte pas.

Selon les Egyptiens, les morts survivaient dans leurs tombes qui devenaient donc des demeures éternelles.
Plus elles étaient belles, plus la vie du défunt serait parfaite. Il était indispensable d’apporter des boissons et de la nourriture pour que le ka  puisse survivre.

Culte funéraire

Les mastabas étaient plus modestes que les tombeaux royaux mais seuls les notables pouvaient se les offrir. Les plus pauvres de l’Egypte ancienne étaient enterrés dans des fosses et leurs corps privés de soins.

La survie des morts dépendait de la bonne volonté des vivants. Prévoyants, les Egyptiens prirent quelques précautions afin que les vivants n’oublient pas leurs devoirs en s’appuyant sur le pouvoir des images.

Scene gravée sur un mastaba

Des scènes de la vie quotidienne ornaient les mastabas. © dinosoria.com

Une image équivalait à la réalité. On plaçait donc souvent des statues dans le serdab, une chambre du mastaba située derrière la chapelle où étaient accomplis les rites.

Statue . Egypte Ancienne

On plaçait des objets appartenant au défunt et des statues. © dinosoria.com

Le ka du défunt prenait possession de la représentation et profitait ainsi des offrandes apportées.
Les bas-reliefs et les hiéroglyphes n’étaient pas uniquement décoratifs. Eux aussi prenaient vie.
Ainsi, l’image du défunt était-elle gravée dans la chapelle, sur un bloc ou une stèle de pierre.
Il y était souvent représenté devant une table chargée de victuailles.

bas-relief mastaba

Bas-relief d'un mastaba. By kairoinfo4u. (CC BY-NC-ND 3.0)

Si les vivants ne remplissaient pas leurs devoirs en apportant des offrandes, les gravures pourvoyaient à ses besoins.
Ce n’est pas un hasard si sur les bas-reliefs, sont souvent représentés des paysans en train de faucher, des femmes en train de tisser et d’autres scènes quotidiennes de la vie.
Grâce à la magie des images, le défunt était assurer d’obtenir tout ce dont il avait besoin dans sa nouvelle vie.

Structure des mastabas

Extérieurement, le mastaba est une sorte de tumulus rectangulaire aux murs de briques crues ou de pierres taillées.

Mastaba de Mérésankh III

Mastaba de Mérésankh III à Gizeh. By Gaspa . (CC BY-SA 3.0) . (Blog de l'auteur)

C’est à Gizeh et à Saqqarah que se trouvent les mastabas les plus importants. L’un des mastabas date du règne du roi Ouadji.
Ouadji (le serpent) est le nom du quatrième souverain connu de la Ier dynastie (Période thinite).
Le plus ancien mastaba de Saqqarah est considéré comme celui du roi Aha, le fils de Narmer qui ne serait autre, selon d’autres sources, que le roi Ménès, le premier souverain de la première dynastie égyptienne.

Saqqarah

Entrée du complexe de Saqqarah. By Rita Willaert . (CC BY-NC-ND 3.0)

Les mastabas des deux grandes nécropoles sont constitués de deux parties indépendantes :

  • La chambre funéraire où repose le défunt dans son sarcophage
  • La chapelle dont les parois sont couvertes de scènes de la vie quotidienne

Le caveau était aménagé à l’extrémité d’un puits qui partait du sommet du mastaba. Ce puits était comblé après l’enterrement.

La première pyramide : le tombeau du roi Djeser

Vers 2700 avant notre ère, Djeser (ou Djoser) le plus célèbre pharaon de la IIIe dynastie, se lance dans des expéditions dans le Sinaï et gouverne le pays, aidé par son vizir Imhotep. C’est à cet homme hors du commun que le pharaon demande de construire son tombeau, sur le plateau de Saqqarah, sur la rive gauche du Nil.

Pyramide de Djeser

Pyramide de Djoser. © dinosoria.com

Ce projet va s’effectuer en plusieurs étapes.

Imhotep décide d’utiliser des pierres pour un monument qui défiera le temps mieux que toutes les constructions de briques crues utilisées jusque là.
Pour le revêtement extérieur, il emploie le calcaire blanc. Les terrassiers ont d’abord creusé un large puits de 7 mètres de côté. A 28 mètres de profondeur, ils creusent la chambre funéraire secrète.

Le caveau est revêtu de granit venu des carrières d’Assouan à 960 km de là.
On accède à la chambre funéraire par un long couloir.
C’est là que sera déposé le sarcophage du pharaon après l’accomplissement des rituels funéraires.

Saqqarah. Pyramide de Djeser

By kairoinfo4u. (CC BY-NC-ND 3.0)

Le couloir sera ensuite bouché par un bloc de granite d’un poids de 3,5 tonnes. Cela n’a malheureusement pas empêché le pillage de la tombe.

A l’origine la partie visible du tombeau n’est qu’un mastaba traditionnel. Mais Imhotep à l’idée de l’agrandir à l’est en adjoignant sous l’édifice un nouveau puits.
Le mastaba est entouré d’une enceinte de 1 600 mètres de long, ornée de quatorze fausses portes.
La quinzième porte est la seule qui permette de pénétrer dans l’édifice.

Fausse porte

Fausse porte. © dinosoria.com

Imhotep fait surélever le tombeau en y ajoutant cinq constructions superposées, chacune plus petite que la précédente : la première pyramide est née.
L’escalier dressé vers le cil symbolise l’aspiration du pharaon à s’élever vers les dieux.

Mais, cette pyramide n’est pas comparable avec les célèbres pyramides à faces lisses de la IVe dynastie comme celles de Kheops ou Khephren.
En effet, la première pyramide qui mesure 62 mètres de haut, possède une base rectangulaire, ses faces sont irrégulières et son sommet n’est pas pointu mais en forme de terrasse.

Pyramides de Gizeh

Pyramides de Gizeh. © dinosoria.com

Imhotep fait également bâtir, autour de la pyramide, des petits temples et des chapelles. Cet ensemble, qui forme le complexe funéraire, permet au pharaon de célébrer les fêtes grâce auxquelles il règnera dans l’au-delà.

Imhotep : constructeur et homme de savoir

Sur le socle d’une statue, Imhotep a fait graver l’inscription suivante : »Le chancelier du roi de Basse-Egypte, le premier après le roi de Haute-Egypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, constructeur, sculpteur… »

Imhotep n’était pas uniquement celui qui inventa la notion de pyramide. C’était également un ministre avisé et le maître des scribes.

Imhotep

Imhotep. © dinosoria.com

Au Ier millénaire, il fut divinisé, et les Grecs, qui l’appelaient Imoutès, l’assimilèrent à Asclépios (Esculape), le dieu de la Médecine.

On attribue à Imhotep un recueil  « sapientiel « c’est-à-dire un livre de morale.

V.Battaglia (11.11.2007)

Références. Liens externes

L’Egypte des premiers pharaons, l’histoire du monde, Larousse 1993
Egypte, éditions Nov’edit 2004
Les grandes civilisations disparues, Sélection du reader’s Digest 2004

Mastaba de Mérérouka
Statues d'Imhotep

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