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Marcher sur le feu

La marche sur le feu: Spiritualité ou leurre ?

Certaines personnes semblent avoir acquis une stupéfiante immunité contre les brûlures. On rencontre ces « marcheurs sur le feu » sur tous les continents et à toutes les époques. D’où vient cette tradition ? Comment ces hommes et ces femmes peuvent-ils affronter un brasier ou des braises sans aucun dommage corporel ?

Marcher sur le feu est une pratique encore courante en de nombreux lieux du monde. Magie, spiritualité ou trucage ?

Témoignages sur la marche sur le feu

Le roi Nabuchodonosor condamna un jour trois de ses fonctionnaires à être précipités dans un brasier. A la stupéfaction générale, les trois hommes sortirent indemnes des flammes, sans même que leurs vêtements aient brûlé.
Le texte de la Bible est formel : »Les princes, gouverneurs et capitaines du roi, et tous ceux qui étaient témoins, constatèrent que le feu n’avait aucun pouvoir sur ces hommes, et qu’il ne brûla ni un seul cheveu de leurs têtes, ni leurs vêtements, et la fumée des brasiers ne les incommodait même pas. »

Dan l’Antiquité gréco-romaine, Platon et Virgile rapportent, avec d’autres écrivains, des récits d’humains qui marchent sur les charbons ardents.

Une marche du feu en Asie du Sud-Est (Photo Inexpliqué N°21)

Les annales de l’Eglise primitive et médiévale sont remplies de témoignages de phénomènes inexpliqués dont plusieurs sur l’insensibilité au feu.

En 1637, le père Paul Lejeune, un jésuite français, est plutôt ennuyé par certaines pratiques des Hurons québécois.
Chaque fois qu’il cherche à les convertir au christianisme, les Indiens se tournent vers leurs sorciers.
Ces derniers démontrent la supériorité de leur « magie » sur celle des Blancs en organisant des spectacles sur le thème de la guérison par le feu.

Le missionnaire écrit à l’époque : »Vous devez me croire car je parle de quelque chose que j’ai vu de mes propres yeux. Les sorciers indiens retirent les pierres brûlantes du feu puis les placent entre leurs dents.
Ils les portent ainsi jusqu’aux malades. Ils restent dans cette position un certain temps. Ni eux, ni les malades ne sont brûlés.
Les malades ont pourtant le corps frotté avec des braises rougeoyantes. »

Après les cérémonies, les pieds des marcheurs sont exempts de toute brûlure (Photo Inexpliqué N°11)

Aux Etats-Unis, en 1871, le New York Herald relate les exploits d’un forgeron du Maryland :

« Nathan Cocker chauffe à blanc le fer d’une pelle et se l’applique sur la plante des pieds. Il fait ensuite fondre une boule de plomb et prend un « bain de bouche » avec le métal en fusion. Il plonge également ses mains dans le fourneau de sa forge et y prend des charbons ardents. »

Les exemples sont trop nombreux pour être tous cités. Les témoignages contemporains ne manquent pas non plus.
A Bali, de nos jours, les danseurs exécutent des mouvements dans un brasier. Les bouddhistes japonais organisent également des cérémonies de marche sur le feu.

Une cérémonie de marche sur le feu chez les bouddhistes japonais (Photo Inexpliqué N°11)

Les tribus chonas d’Afrique australe connaissent des techniques pour s’immuniser contre les brûlures.
En fait, sur tous les continents, des rites d’initiation au feu existent.

En 1921, deux Anglais ont tenté l’expérience en Inde. Lors d’une cérémonie, ils ont traversé la fournaise.
Monseigneur Despatures, évêque de Mysore, aux Indes, en a rapporté l’histoire :

« Quand ils sont revenus près de moi, je les ai interrogés. Ils m’ont dit qu’ils sentaient qu’ils étaient dans le brasier, mais que le feu ne les brûlait pas… »

A Bali, de nos jours, une marche sur le feu (Photo Inexpliqué N°11)

Ce phénomène a également été décrit par un observateur neutre en 1994. Le photographe Charles Walker se trouvait dans un village du Ceylan.

« Le foyer de 3,50 m de long était couvert de braises. Un assistant jeta du petit bois jusqu’à ce que les flammes atteignent la hauteur de la taille. La chaleur fut telle que je dus reculer mon trépied.
Les marcheurs ne semblaient pas ressentir la chaleur. Ils avançaient avec une grande dignité, assez lentement, au milieu des flammes. Leurs vêtements ne prenaient pas feu.
Ils avaient dressé un petit autel à l’écart du foyer et prié avant leur épreuve. Ils étaient protégés par quelque chose, mais je n’ai aucune idée de ce que c’était. »

Rituel de marche sur le feu à Kandy, au Sri Lanka (Photo First Information Group 1997)

Il arrive également que les choses tournent mal. L’unité des grands brûlés de l’hôpital de Katagarama, au Ceylan, traite régulièrement ceux pour qui la cérémonie a été désastreuse.

A Tahiti, un volontaire occidental ne fut pas assez courageux pour marcher pieds nus sur les braises, et conserva ses chaussures.

Il sortit indemne de l’épreuve, mais, quelques jours plus tard, l’intensité de la chaleur fit peler la peau de son visage.

Des marcheurs sur le feu, à l'île Maurice, de nos jours (Photo Inexpliqué N°26)

Le chercheur américain Max Freedom Long assista à un rituel de marche sur le feu durant lequel un homme mourut et deux autres furent grièvement blessés.

Origines du rituel de la marche sur le feu

On estime généralement que l’origine de ces rituels du feu est à chercher du côté des chamans de l’Asie centrale. D'autres chercheurs pensent que cela provient plutôt d'Orient.
Dans la plupart des cas, c’est un seul homme qui confère l’immunité aux autres.

La plupart des « marcheurs sur le feu « de Polynésie, de Malaisie ou de Tahiti sont des fidèles des religions hindouistes.

Bien sûr, les sceptiques parlent de supercherie ou de « truc d’Oriental ». Cependant, les Occidentaux peuvent aussi apprendre à marcher sur le feu. Cela renforce d'ailleurs l'hypothèse d'un leurre.

Un fakir de Calcutta danse au-dessus d'un brasier (Photo Inexpliqué N°11)

Quelle est la recette de ce pouvoir "mystérieux" ?

Le docteur Hocken qui a lui-même participé à une cérémonie a essayé d’en tirer une théorie à la fin du 19e siècle.

Pour ce sceptique, les pieds des indigènes pouvaient être immunisés par un traitement à l’acide sulfurique dilué ou à l’alun.

Mais, cette hypothèse s'est révélée fausse.

En 1935, une expérience est tentée en Grande-Bretagne. Elle est organisée par des chercheurs de l’université de Londres.
Une fosse de 7 m de long est creusée et un lit de braise y est répandu. La température est de 430°C.
Un jeune Hindou accepte d’y marcher et de faire plusieurs traversées. Les scientifiques ne constatent aucun dommage sur le jeune garçon et bien sûr aucun trucage.

Une autre expérience de même type est menée en 1937, toujours en Angleterre.

Ahmed Hussein participe à l'expérience  en 1937 sous l'oeil de plusieurs scientifiques (Photo Inexpliqué N°26)

On s’est demandé si l’autohypnose ou l’hypnose de groupe pouvait expliquer cet étrange pouvoir.

On a également constaté que l’immunité contre le feu n’effaçait pas les autres douleurs. Par exemple, on peut marcher sur des braises sans être brûlé mais souffrir après coup de coupures dues aux pierres.

De même, il a été démontré qu’un marcheur sur le feu se montrera sensible à la simple chaleur d’une cigarette sous la plante des pieds alors qu’il vient de traverser une fosse de braises.

L' expérience de marche sur le feu en avril 1937, en Angleterre, avec un jeune Britannique (Photo Inexpliqué N°26)

Explication rationnelle de la marche sur le feu

Le chercheur Carlos Fonseka enquêta lui aussi sur ce phénomène et se rendit à Ceylan. Il découvrit que les participants ne restaient que trois secondes en moyenne dans le feu et qu’ils traversaient en dix pas.

Donc, la plante des pieds ne reste pas plus d'une seconde au contact du feu. Ce contact, très bref, explique en grande partie l'absence de brûlure.
Cela explique d'ailleurs pourquoi ces marcheurs ne sont pas affectés par le feu du brasier mais ne supportent pas la brûlure d'une cigarette.

Il s’aperçut aussi que les marcheurs étaient habitués à marcher pieds nus et que leur plante de pied était très dure. Une corne aux pieds très épaisse constitue une excellente protection.

Carlos Fonseka a tenté de démontrer que ce rituel n'avait aucun rapport avec la pureté de l'âme (Photo First Information Group )

Il est à signaler également que quelques expériences ont été menées. Un électro-encéphalogramme d’un fakir en train de marcher sur le feu a été effectué. On a pu observer une forte émission d’ondes alpha, caractéristiques des états de transe ou de méditation. Mais, cela ne constitue en rien une preuve scientifique.

L’énigme des « marcheurs sur le feu » se résumerait donc en une vaste mise en scène dans laquelle la dimension spirituelle n'aurait aucune place. La marche sur le feu n'a certainement rien de surnaturel.

V.Battaglia (12.04.2006)

Bibliographie principale

Inexpliqué N° 11 . 21 . 26 . First Information Group, 1997

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