Parmi tous les animaux préhistoriques, le
Mammouth est certainement l’espèce
la mieux connue.
Son extraordinaire conservation dans les sols gelés
de Sibérie et d’Alaska en est la principale
raison.
Grâce aux dizaines de spécimens retrouvés,
les scientifiques ont pu étudier la peau
du mammouth mais également ses muscles et
tous les organes internes comme l’estomac,
le cœur ou les organes sexuels.
Mammouth : Un trafic juteux
Il est certain que les chasseurs d’ivoire ont extrait des
centaines de spécimens que les scientifiques n’ont
jamais pu étudier. On sait que la Russie a exporté
ou utilisé environ 1 500 tonnes d’ivoire depuis la
fin du 17è siècle. Dans la mesure où une paire
de défenses pèse en moyenne 60 Kg, il s’agirait
d’au moins 25 000 individus extraits de la glace.
Les premières découvertes de mammouths
Par des témoignages, on sait que déjà à
l’époque de Pierre Le Grand, des mammouths ont été
découverts par les populations locales.
C’est en 1808 que le premier mammouth est exposé au
Musée de Saint Pétersbourg. C’est un mâle
âgé de 45 ans et de 3 mètres de haut qui est
d’ailleurs toujours exposé.
Depuis, de nombreuses découvertes ont été faites.
On peut citer :
Le mammouth de la Berezovska en 1901
Le mammouth de la grande île Liakhov en 1906
Le bébé mammouth surnommé Dima en 1977
Le mammouth Jarkov en 1997
Le mammouth de Yukagir en 2003
Défenses du mammouth de Jarkov
qui mesurent 4 m de long
Les derniers mammouths survivants
On a cru pendant longtemps que tous les mammouths avaient disparu
il y a environ 10 000 ans. En 1993, cette certitude fut balayée
par une incroyable découverte.
C’est dans l’île de Wrangel, au Nord-Est de la
Sibérie, que le paléontologue S.Vartanyan a découvert
des fossiles datés entre 7 000 et 4 000 ans.
Ces mammouths étaient donc contemporains des Pharaons.
Ces mammouths insulaires ont opéré une adaptation
identique aux éléphants nains de Sicile. L’île
ne mesurait que 150 Km de long et leur taille s’est donc progressivement
réduite.
Ils y ont subsisté pendant 6 000 ans.
Une mâchoire de mammouth
On pense que ces animaux sont restés prisonniers de l’île
quand le réchauffement climatique a libéré
les eaux des calottes glaciaires.
Certains chercheurs ont avancé l’hypothèse
que les premiers Sibériens qui atteignirent l’île
peu avant 4 000 ans auraient exterminé cette population déjà
réduite et fragilisée.
Des mammouths en Amérique du Nord
Le premier mammouth a migré en Amérique fut Mammuthus
meridionalis il y a 2 millions d’années.
Mammuthus primigenius ou mammouth laineux le suivit il y a 50 000
ans.
On connaît également le mammouth de Colomb et le mammouth
pygmée (mammuthus exilis).
En 1901 ce mammouth a été
extrait en Sibérie puis naturalisé dans la position
où il se trouvait
Mammuthus meridionalis mesurait au moins 4 m de haut au garrot
et a conquis de nombreux états d’Amérique mais
également le Canada et le Mexique.
Pendant la deuxième moitié du Pléistocène,
le mammouth de Colomb s’est adapté à des régions
tempérées.
Cette espèce a été chassée par les premiers
hommes qui ont colonisé l’Amérique il y a plus
de 13 000 ans.
Les Mammouths pygmées
Cette espèce a peuplé l’île de Santarosae
dont il ne reste aujourd’hui que quelques terres émergées.
Au Pléistocène, le niveau des mers était de
plus de 100 m inférieur.
Ils n’ont pu arriver sur cette île qu’à
la nage car aucun « pont » de terre n’a jamais
existé. L’insularité a provoqué une diminution
de moitié de leur taille.
Une extinction controversée
La cause de l’extinction des mammouths Nord Américains
divise toujours les paléontologues. Trois hypothèses
sont avancées :
La chasse
Une épidémie
Les changements climatiques
On sait que les hommes ont bien chassé le mammouth en Amérique
du Nord. Mais, il est peu probable que cette chasse soit la cause
de l’extinction de toute une espèce dont la répartition
géographique était si importante.
Une amulette en ivoire de mammouth
sculptée il y a environ 34 000 ans
Si les changements climatiques peuvent s’adapter à
la Sibérie pour expliquer la disparition de cette espèce,
ce n’est pas le cas dans des régions tempérées
du Sud des Etats-Unis.
L’épidémie, quant à elle, n’est
que très hypothétique et peu vraisemblable.
Une toute nouvelle théorie mettant en avant l'explosion
d'une supernova est très prometteuse.