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Mamelouk ou mameluk

Le mamluk, « celui qui est possédé », en arabe était un soldat esclave membre des milices des sultans.
Les mamelouks au service des derniers sultans Ayyubides s’emparèrent du pouvoir en Égypte en 1250 jusqu’en 1517.

En 1250, les mamelouks écrasent l’armée des croisés de Saint Louis. En 1260, ces soldats fanatiques repoussent les Mongols, jusqu’à présent invaincus, en Syrie.
Cette victoire éclatante des mamelouks sauve d’ailleurs l’Islam d’une invasion. Mais, entre-temps, les mameluks ont fondé leur propre régime en renversant la dynastie en place.
Le destin des mamelouks comme celui des janissaires, autres soldats esclaves de l’armée ottomane, se finira dans un bain de sang.

 

 

Qui étaient les mamelouks ?

Les mamelouks sont des enfants qui ont été achetés pour être préparés à la guerre. Ces enfants, éduqués en Egypte, proviennent de Turquie.
Achetés à des familles pauvres en Russie et en Asie centrale, ces enfants sont acheminés jusqu’en Egypte par des marchands d’esclaves musulmans.
Païens, ce sont des proies faciles pour un endoctrinement aussi bien militaire que religieux.

Les enfants, garçons et filles, ont en moyenne de 10 à 15 ans. A cette époque de troubles provoqués par l’expansion mongole, les marchés aux esclaves sont nombreux et très bien approvisionnés.

© Michaud R et S

A partir du moment où ils sont achetés, les enfants doivent parcourir un long périple qui les mène jusqu’aux rives du Nil.
Soit, ils embarquent dans les ports de la mer Noire pour se rendre jusqu’à Alexandrie ; soit, ils traversent l’Anatolie ou l’Iran puis la Syrie jusqu’en Egypte.

Ce voyage éprouvant dure plusieurs mois mais cette « marchandise » est bien traitée car elle coûte chère à l’achat et sera revendue avec une bonne marge.

A leur arrivée au marché du Caire, les filles sont achetées pour être les futures épouses des mamelouks. Les garçons sont conduits vers les casernes comprenant des écoles militaires.

L’éducation militaire des mamelouks

Les garçons vivent entre eux et parlent leur langue maternelle, le turc. Ils apprennent les rudiments de l’arabe et on leur donne un nom arabe qui se rajoute à leur nom turc.
En fait, il s’agit du même nom pour tous : Ibn ‘Abd Allah complété du nom de la caserne à laquelle ils appartiennent.

Des théologiens les initient à la foi musulmane puisqu’ils devront plus tard en être les fidèles défenseurs.
Une fois l’éducation religieuse achevée, ils commencent leur entraînement militaire. L’objectif est avant tout d’en faire des cavaliers.

Arme mamelouk

Afin d’éviter tout problème de pédérastie, les enseignants, hormis les théologiens, sont tous des eunuques.

La formation militaire, très rude, fera d’eux de redoutables combattants à cheval. Un mamelouk cesse d’être un esclave dès qu’il est considéré comme un soldat prêt à se battre. A ce moment là, lors d’une somptueuse cérémonie, le jeune soldat est affranchi, en présence du sultan, et devient un soldat à part entière.

La fin des mamelouks

Peu à peu, les mamelouks constituent, en Egypte, une aristocratie militaire. Assez bizarrement, ce ne sont pas les enfants des mamelouks qui perpétuent la tradition. En effet, seuls les enfants achetés ailleurs et formés militairement et religieusement peuvent prétendre aux plus hauts postes.

Ils sont auréolés d’une telle bravoure et d’une telle fidélité à l’Islam que l’un d’entre eux deviendra sultan et règnera sur l’Egypte à partir de 1250.
Ses successeurs (appelés traditionnellement bahrites) seront également des mamelouks qui parviendront au pouvoir, dans la plupart des cas, par la force afin d’évincer les enfants légitimes des sultans.
Ils formaient une oligarchie militaire au sein de laquelle était choisi, au milieu d’intrigues sanglantes, le sultan.

Mameluk. (Peinture de 1810). (DP)

On peut sans conteste parler d’idéologie mamelouk qui s’apparente à un certain fanatisme.

Les mamelouks étaient les grands vainqueurs des terribles Mongols. Pourtant, ils sont finalement défaits en 1517 par les troupes ottomanes, et, parmi celles-ci, par les « nouvelles milices » : les yeni tcheri (yeni çeri en turc) qui sont devenus en français les « janissaires ».

Le plus paradoxale, c’est que les janissaires ont une histoire analogue à celle des mamelouks. En effet, ces milices sont composées d’enfants chrétiens enlevés dans les Balkans.
Turquifiés, ils sont ensuite éduqués dans la loi musulmane et préparés à la guerre. Comme les mamelouks en Egypte, les janissaires ont joué un rôle essentiel dans la vie politique de l’empire ottoman.

Les janissaires (miniature du XVIIIe siècle, Istanbul, musée de Topkapi)

Devenus trop puissants et freinant l’évolution des réformes nécessaires, l’institution des janissaires a été dissoute dans un bain de sang en 1826.

Après 1517, les mamelouks se rallièrent aux Ottomans et leurs beys jouirent d’une autonomie accrue aux XVIIe et XVIIIe s.

Plusieurs centaines de mamelouks se retrouvèrent au service de Napoléon Ier. Les mamelouks de la Garde impériale appartenaient à un corps spécial créé par Napoléon Ier en 1804 et rattaché aux chasseurs à cheval de la Garde.

La charge des Mameluks en 1808 par Francisco de Goya. (DP)

Chef d’un contingent albanais de l’armée ottomane envoyée en Égypte contre Bonaparte, Méhémet Ali (Muhammad Ali) s’empara du pouvoir et se fit reconnaître wali d’Égypte par la Porte en 1805.
Pour asseoir son autorité, il fit massacrer les mamelouks en 1811 et réorganisa, avec le concours de techniciens européens, l’administration et l’économie égyptiennes.

V.Battaglia (17.04.2007)

Références principales

L'Histoire du Monde. Larousse 1994
Mameluk. Encyclopédie Larousse 2005

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