Qui étaient les mamelouks ?
Les
mamelouks sont des enfants qui ont été
achetés pour être préparés
à la guerre. Ces enfants, éduqués
en Egypte, proviennent de Turquie.
Achetés à des familles pauvres en
Russie et en Asie centrale, ces enfants sont acheminés
jusqu’en Egypte par des marchands d’esclaves
musulmans.
Païens, ce sont des proies faciles pour un
endoctrinement aussi bien militaire que religieux.
Les
enfants, garçons et filles, ont en moyenne
de 10 à 15 ans. A cette époque de
troubles provoqués par l’expansion
mongole, les marchés aux esclaves sont
nombreux et très bien approvisionnés.

© Michaud
R et S
A
partir du moment où ils sont achetés,
les enfants doivent parcourir un long périple
qui les mène jusqu’aux rives du Nil.
Soit, ils embarquent dans les ports de la mer
Noire pour se rendre jusqu’à Alexandrie
; soit, ils traversent l’Anatolie ou l’Iran
puis la Syrie jusqu’en Egypte.
Ce
voyage éprouvant dure plusieurs mois mais
cette « marchandise » est bien traitée
car elle coûte chère à l’achat
et sera revendue avec une bonne marge.
A
leur arrivée au marché du Caire,
les filles sont achetées pour être
les futures épouses des mamelouks. Les
garçons sont conduits vers les casernes
comprenant des écoles militaires.
L’éducation militaire des
mamelouks
Les
garçons vivent entre eux et parlent leur
langue maternelle, le turc. Ils apprennent les
rudiments de l’arabe et on leur donne un
nom arabe qui se rajoute à leur nom turc.
En fait, il s’agit du même nom pour
tous : Ibn ‘Abd Allah complété
du nom de la caserne à laquelle ils appartiennent.
Des
théologiens les initient à la foi
musulmane puisqu’ils devront plus tard en
être les fidèles défenseurs.
Une fois l’éducation religieuse achevée,
ils commencent leur entraînement militaire.
L’objectif est avant tout d’en faire
des cavaliers.

Arme mamelouk .
Source Internet
Afin
d’éviter tout problème de
pédérastie, les enseignants, hormis
les théologiens, sont tous des eunuques.
La
formation militaire, très rude, fera d’eux
de redoutables combattants à cheval. Un
mamelouk cesse d’être un esclave dès
qu’il est considéré comme
un soldat prêt à se battre. A ce
moment là, lors d’une somptueuse
cérémonie, le jeune soldat est affranchi,
en présence du sultan, et devient un soldat
à part entière.
La fin des mamelouks
Peu
à peu, les mamelouks constituent, en Egypte,
une aristocratie militaire. Assez bizarrement,
ce ne sont pas les enfants des mamelouks qui perpétuent
la tradition. En effet, seuls les enfants achetés
ailleurs et formés militairement et religieusement
peuvent prétendre aux plus hauts postes.
Ils
sont auréolés d’une telle
bravoure et d’une telle fidélité
à l’Islam que l’un d’entre
eux deviendra sultan et règnera sur l’Egypte
à partir de 1250.
Ses successeurs (appelés traditionnellement
bahrites) seront également des mamelouks
qui parviendront au pouvoir, dans la plupart des
cas, par la force afin d’évincer
les enfants légitimes des sultans.
Ils formaient une oligarchie militaire au sein
de laquelle était choisi, au milieu d’intrigues
sanglantes, le sultan.

Mameluk. (Peinture
de 1810). Licence
On
peut sans conteste parler d’idéologie
mamelouk qui s’apparente à un certain
fanatisme.
Les
mamelouks étaient les grands vainqueurs
des terribles Mongols. Pourtant, ils sont finalement
défaits en 1517 par les troupes ottomanes,
et, parmi celles-ci, par les « nouvelles
milices » : les yeni tcheri (yeni çeri
en turc) qui sont devenus en français les
« janissaires ».
Le
plus paradoxale, c’est que les janissaires
ont une histoire analogue à celle des mamelouks.
En effet, ces milices sont composées d’enfants
chrétiens enlevés dans les Balkans.
Turquifiés, ils sont ensuite éduqués
dans la loi musulmane et préparés
à la guerre. Comme les mamelouks en Egypte,
les janissaires ont joué un rôle
essentiel dans la vie politique de l’empire
ottoman.

Les janissaires
(miniature du XVIIIe siècle, Istanbul,
musée de Topkapi)
Devenus
trop puissants et freinant l’évolution
des réformes nécessaires, l’institution
des janissaires a été dissoute dans
un bain de sang en 1826.
Après
1517, les mamelouks se rallièrent aux Ottomans
et leurs beys jouirent d’une autonomie accrue
aux XVIIe et XVIIIe s.
Plusieurs
centaines de mamelouks se retrouvèrent
au service de Napoléon Ier. Les mamelouks
de la Garde impériale appartenaient à
un corps spécial créé par
Napoléon Ier en 1804 et rattaché
aux chasseurs à cheval de la Garde.

La charge des Mameluks
en 1808 par Francisco de Goya. Licence
Chef
d’un contingent albanais de l’armée
ottomane envoyée en Égypte contre
Bonaparte, Méhémet Ali (Muhammad
Ali) s’empara du pouvoir et se fit reconnaître
wali d’Égypte par la Porte en 1805.
Pour asseoir son autorité, il fit massacrer
les mamelouks en 1811 et réorganisa, avec
le concours de techniciens européens, l’administration
et l’économie égyptiennes.
V.B
(17.04.2007)
< Moyen Âge
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