Les
prophéties de saint Malachie
Il
s'agissait d'une très ancienne prophétie,
attribuée á Saint Malachie, un évêque
irlandais du XIIe siècle, et publiée
pour la première fois en 1595. Partie
I: Les prophéties de saint Malachie
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La
première prophétie, sans nom d'auteur,
est un recueil manuscrit conservé à
la bibliothèque de l'Arsenal à Paris.
Le pape Grégoire XV Le second recueil, dit de Scaliger, contient deux vaticinations forts obscures datant du XIIIe siècle et donne comme dernier pape, Urbain VI, qui régna de 1378 á 1389. La dernière enfin, due à un certain Joannini et imprimée à Venise en 1600, est aussi fantaisiste que les deux premières. Leurs auteurs, d'ailleurs, étaient prudents, et l'un d'eux n'hésitait pas à terminer ainsi sa prédiction : « Au surplus le Seigneur, qui tient entre ses mains les étoiles mêmes du firmament, est assez puissant pour changer d'avis, s'il lui plaît. » Avec de pareilles réserves, on évite ainsi tout risque d'erreur...
Les prédictions de saint Malachie paraissent être d'une autre veine. Leur succès peut sans doute s'expliquer par le fait qu'elles assignent, comme date de la fin du monde, les années voisines de l'an 2000. Cette
prophétie, en outre, n'étant pas
encore accomplie, puisqu'il reste un ou deux papes,
en comptant le pape actuel.
Malachie (Peinture italienne du Xe siècle) Toutes
ces raisons sont certainement pour beaucoup dans
l'intérêt qu'elle a suscité
et suscite encore de nos jours. Avant d'aborder l'étude de ce texte proprement dit, voyons qui fut son véritable auteur.
Malachie naquit en 1094, en Irlande, dans la ville d'Armagh. Jeune encore il voulut devenir prêtre et se mit sous la direction d'un pieux ermite, Ismar. L'évêque d'Armagh, frappé de sa sainteté, lui conféra la prêtrise. Il réforma ensuite les monastères d'Irlande, y rétablit la discipline, ce qui lui valut à trente ans d'accéder á l'épiscopat. Quelques
années plus tard il devenait archevêque
d'Armagh et primat d'Irlande, la plus haute dignité
ecclésiastique du pays. En 1139, il fit le voyage de Rome, visita au passage Clairvaux, où il se lia d'amitié avec saint Bernard, fut reçu avec les plus grands honneurs par le pape Innocent II et revint en Irlande poursuivre son apostolat. En 1148 il revint en France pour y saluer le pape Eugène III, qui devait s'y rendre, et eut la consolation de mourir entre les bras de saint Bernard, qui, plus tard, écrivit sa vie pour l'édification de ses frères. Or,
le saint parle des dons prophétiques de
son ami. Voilà donc attestés les dons de voyance de Malachie par un témoin irrécusable. Est-ce à dire qu'il est bien l'auteur de la prophétie sur les papes ? Beaucoup l'ont cru, d'autres l'on contesté.
Ce qui est certain, c'est que nul n'en entendit parler avant 1595, date de sa première publication, c'est-à-dire prés de cinq siècles et demi après sa mort ! Il
semble bien extraordinaire qu'un écrit
de cette importance soit demeuré si longtemps
inconnu. Il était déjà l'auteur de savants traités sur l'histoire de son ordre lorsqu'il fit paraître en 1595 son Lignum vitae (Arbre de vie) dédié á Philippe II d'Espagne et qui était une énumération des bénédictins élevés á l'épiscopat. Après avoir rapporté les divers épisodes de la vie de l'un d'eux, saint Malachie, il ajoute : « Il écrivit quelques opuscules. Je n'en ai rien vu jusqu'à ce jour, si ce n'est une certaine prophétie sur les souverains pontifes. Comme elle est courte, qu'elle n'a pas encore été imprimée, á ma connaissance, et que beaucoup désirent la posséder, j'en ai rapporté ici le texte. » Suivent alors cent onze petites devises allant du pape Célestin Il (1143-1144) á un texte annonçant le jugement dernier et la fin du monde sous le pontificat d'un certain Pierre le Romain, qui pourrait être le 112e pape après Célestin II. Rappelons que le souverain pontife actuel est le 111e de la liste de saint Malachie. Benoît XVI est-il le dernier pape c’est-à-dire ce fameux Pierre de Rome ? Ou la conclusion de la prophétie décrit le dernier pontificat ?, auquel cas, Pierre de Rome n’a pas encore été élu.
Les soixante-quatorze premières devises jusqu'à Urbain VII (1590) étaient suivies d'un court commentaire explicatif dû à un érudit dominicain espagnol, Alphonse Ciacconius, spécialiste de l'histoire des papes. Certains critiques ont avancé que c'est lui qui aurait écrit le texte en entier et qui aurait abusé la bonne foi d'Arnold de Wyon. Le but : influencer les cardinaux réunis en conclave après la mort d'Urbain VII pour leur faire élire l'évêque d'Orvieto, ami de Ciacconius, le cardinal Simoncelli, en lui donnant comme devise : De antiquitate urbis (de la ville ancienne), c'est-à-dire Orvieto (Urbs vetus : la ville ancienne).
Le trône de Pierre, au Vatican C'est possible, mais non certain ; en effet, Simoncelli ne fut pas élu, et dans ces conditions on peut s'interroger sur les raisons qui auraient poussé ces érudits à publier cinq ans après une prophétie de circonstance et qui avait par surcroît échoué. De plus, il est indéniable que la prophétie des papes, dés sa parution, s'étant répandue dans toute l'Europe où elle suscita le plus grand intérêt, fit alors l'objet de recherches et d'études de la part de savants de tout ordre, dont la plupart crurent á son authenticité. Ouvrage
réellement dû á l'archevêque
d'Armagh ou bien texte fabriqué á
la fin du XVIe siécle ? Il semble difficile
de trancher tant que des preuves formelles ne
seront pas apportées dans un sens ou dans
l'autre. Après cette date, en effet, aucune falsification n'est possible : on ne peut plus dés lors supposer l'intervention d'un mauvais plaisant fabriquant ses prédictions après coup. V.Battaglia (8.08.2006) Partie II: La fin des papes selon Malachie
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