La naissance du maccarthysme
Le
19 février 1950, à l’occasion
d’une conférence, le sénateur
J. McCarthy s’attaque avec virulence au
communisme. A ses yeux, le communisme représente
un danger mondial mais également un fléau
au sein même des institutions américaines.
Il affirme que des espions communistes se sont
infiltrés dans l’Administration et
occupent des postes clefs au sein même du
gouvernement.
Il
encourage donc tous les Américains à
mener une croisade pour démasquer ces traîtres
qui mettent en péril la vie de la Nation.
Contre
toute attente, ce discours farfelu et sans aucun
fondement va se répandre dans toute l’Amérique.
Le
maccarthysme est né. Il va plonger les
Etats-Unis dans une véritable fièvre
de dénonciations et calomnies.
Qui était Joseph McCarthy ?
Irlandais
d’origine et catholique, McCarthy est un
sénateur républicain. Réputé
comme un bon vivant, c’est également
un joueur et un grand buveur.
Mais, cet homme qui a fait trembler l’Amérique
pendant quatre ans est également un menteur
qui a inventé de toutes pièces une
biographie le mettant à son avantage.
En
1950, quand il fait son discours qui a déterminé
la suite des évènements, son mandat
arrive à expiration. Il n’est pas
du tout certain d’être réélu
et met donc en œuvre une stratégie
purement politicienne.
Jusqu’à présent, McCarthy
ne s’était jamais intéressé
aux éventuelles infiltrations communistes.

J. McCarthy. Licence
Il
est fort probable que cette campagne s’est
inspirée de certaines déclarations.
Dès 1946, le président Truman avait
ordonné une enquête sur les sympathies
politiques des fonctionnaires. A partir de 1947,
de nombreux fonctionnaires ont d’ailleurs
été renvoyés pour leurs opinions
subversives.
McCarthy n’a fait que reprendre à
son compte cette hantise de l’après-guerre
et cette peur bien ancrée de l’U.R.S.S.
Mais,
à partir de 1950, la constitution américaine
est en grand danger car n’importe quel citoyen
peut être arrêté sur simple
dénonciation.
La chasse aux sorcières
Départements
d’Etats, Sénat, Chambre des représentants
et Commissions diverses mettent en place des listes
noires de citoyens potentiellement suspects.
Ces gens-là sont soit licenciés,
soit inscrits sur une liste de ceux qu’il
ne faut pas embaucher.
Cette
fièvre s’étend dans toute
l’Amérique. Ne pas participer à
cette chasse aux sorcières serait considéré
comme un manque de patriotisme.
Mais
il n’y a pas que dans le secteur public
que le maccarthysme sévit. Le monde du
cinéma est particulièrement touché.
Un certain Ronald Reagan, président du
syndicat des acteurs, se montre très actif
dans la recherche des communistes infiltrés.
De
grands noms du 7e Art participent avec frénésie
à cette campagne dont notamment Cecil.B.
De Mille, Elia Kazan, Ginger Rogers ou Gary Cooper.
Charlie
Chaplin est obligé de s’exiler en
Europe ainsi que Jules Dassin.
Le
monde littéraire est bien évidemment
une cible privilégiée. Tous les
écrivains de gauche sont alors obligés
de rendre des comptes.
D’une
manière générale, tous les
secteurs sont touchés et chacun prie pour
ne pas être ajouté aux listes noires
qui circulent.
Si
au début, cette campagne concernait les
communistes, rapidement on pourchasse également
les homosexuels et les drogués.
Calomnies et délations sont devenues un
sport national.
La
« Terreur Rouge » ne prendra fin que
lorsque le Sénat censurera enfin McCarthy
en décembre 1954. Il sera alors définitivement
écarté de la politique. Il mourra
en 1957.
Les conséquences du maccarthysme
Deux
personnes ont payé de leur vie cette frénésie
hystérique ; ce sont Ethel et Julius Rosenberg.
Le couple, accusé d’espionnage au
bénéfice de l’U.R.S.S, est
condamné à la chaise électrique
en 1953.
Le
couple Rosenberg était-il coupable ? Le
couple a été accusé d’avoir
livré à l’U.R.S.S de secrets
concernant la bombe atomique.
En réalité, il semblerait, qu’effectivement,
le couple a bien livré des secrets militaires,
mais très secondaires, dans le domaine
de l’électronique.

Ethel et Julius
Rosenberg. Licence
Il
semblerait également qu’Ethel n’ait
pas participé activement et n’a jamais
donné aucun renseignement. Elle était
simplement au courant des activités de
son mari.
Dans
les milieux politiques, 26 mesures d’expulsion
ont été appliquées. Près
de 4 millions de fonctionnaires ont fait l’objet
d’une surveillance et bon nombre d’entre
eux ont préféré démissionner.
Dans
tous les milieux, y compris ouvriers, des milliers
de personnes ont perdu leur emploi. Aujourd’hui
encore, l’Amérique n’a pas
oublié cette période trouble, devenue
synonyme de dictature au nom de la sécurité
nationale.
V.B
(13.05.2007)
Références bibliographiques
La Chasse Aux Sorcieres - Le Maccarthysme; Toinet Marie-France. Editions Complexe 1997
L'histoire N° 27 : Le Maccarthysme 1980
Cinema 71 N° 160 : Jean Rouch - Le Maccarthysme - Cinema Et Idéologie 1971
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