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Macareux moine

Cet oiseau, à l’habit noir et blanc, se pare à la saison des amours, d’un bec bariolé. Le macareux moine (Fratercula arctica) ressemble alors à un petit clown triste.
Le macareux moine (en anglais: atlantic puffin) peut sembler comique avec son gros bec. Cependant, ce bec peut constituer une arme redoutable.

Emblème de la Ligue française pour la Protection des Oiseaux (LPO), le macareux moine porte le surnom de « clown des mers ».

Classification: Classe: Aves . Ordre: Charadriiformes. Famille: Alcidae

 

Portrait de Fratercula arctica

Ce petit oiseau marin mesure de 26 à 29 cm pour un poids de 320 à 490 grammes. Son envergure est de 47 à 63 cm.
Alors que son corps est blanc et noir, son bec est vivement coloré de même que le contour de ses yeux et ses pattes.
A la saison des amours, son bec se bariole de rouge, de bleu et de jaune d’où son surnom de « clown des mers ».

Macareux moine

Le bec du macareux moine se bariole à la saison des amours. © dinosoria.com

Il est vrai que le macareux moine est passionnant à observer tant ses mimiques sont insolites et hilarantes.

En hiver, le bec perd ses couleurs à cause de la chute de la plaque cornée. De même, les joues deviennent grises.

Son aspect de clown est renforcé par son regard, souligné par un fin sourcil noir qui se prolonge vers l’arrière tel le maquillage d’un artiste.

Pour observer les macareux moines

La période la plus favorable à l’observation se situe de mai à octobre. En hiver, le macareux moine vit la plupart du temps en pleine mer.
Par contre, en été il vient à terre pour nicher.

Colonie de macareux moines

En été, le macareux moine niche au sol. © dinosoria.com

Son aire de répartition est centrée sur l’océan Atlantique et la mer du Nord. On peut l’observer pendant la période de nidification sur les côtes de la Bretagne jusqu’au Groenland, dans la région du Spitzberg, en Islande, en Grande-Bretagne, en Irlande ainsi que le long des côtes de Norvège et de Russie.

Macareux moine

Au niveau mondial, le macareux moine n'est pas menacé. © dinosoria.com

Les colonies les plus importantes sont situées en Islande, deux à trois millions de couples environ, en Irlande, en Ecosse, aux Shetlands et en Scandinavie.

On peut également le rencontrer en Alaska et le long des côtes nord du Canada.

En France, le macareux moine ne se reproduit que dans l’archipel des Sept-Îles et dans la baie de Morlaix. Cette population est assez réduite et se limite à quelques centaines de couples.

Mode de vie du macareux moine

C’est un oiseau pélagique, c’est-à-dire qu’il passe la plus grande partie de son temps en pleine mer.

Pendant la période de reproduction, il revient sur la terre ferme et nidifie le long des côtes insulaires ou continentales.

Macareux moine

Le macareux moine utilise des plumes pour aménager son nid. © dinosoria.com

En été, il est présent au sommet des falaises, sur les pentes abruptes et herbeuses.

Les macareux utilisent leur bec pour aligner des petits poissons comme on le fait sur une brochette.
Ils s’en servent également pour creuser des terriers dans les pentes herbacées des îles marines.

Cet oiseau se nourrit presque exclusivement de poissons mais il capture également des crustacés et des vers.

Macareux moine

Le macareux moine est un oiseau marin. © dinosoria.com

Il chasse en groupe et plonge sous l’eau pour capturer ses proies. C’est un bon plongeur qui peut descendre à plusieurs mètres de profondeur.

Son chant n’est pas très mélodieux et s’apparente à des grognements graves.

Sa longévité est d‘environ 21 ans.

Reproduction du macareux moine

L’accouplement a lieu en pleine mer.

Ensuite,  le couple construit un terrier  qui se termine par une confortable chambre rembourrée de végétaux.
Ils peuvent également investir un terrier abandonné d’un lapin de garenne.

Le couple garni son terrier de plumes, d’herbes et de feuilles. C’est très amusant d’observer les couples se dandiner en transporter dans leur bec de longues plumes et des végétaux.

Macareux moine

L'aménagement du nid demande de gros efforts. © dinosoria.com

La femelle y pond un seul œuf blanc tacheté de brun ou de mauve, une seule fois par an. L’œuf est principalement couvé par la femelle pendant 38 à 46 jours.

Le poussin est materné pendant 38 jours. Le petit reste au nid mais n’est pas totalement à l’abri des prédateurs. Les rongeurs, notamment les surmulots, ne sont jamais très loin.

Le poussin est couvert d’un duvet brun foncé sur le dos et blanc sur le ventre. Il est nourri de poissons que les parents régurgitent.

Macareux moine qui prepare son nid

La femelle macareux ne pond qu'un seul oeuf par an. © dinosoria.com

A l’âge de 38 jours, l’oisillon est abandonné car ses parents doivent retourner en mer. Le petit doit alors se débrouiller seul pour trouver sa nourriture.
Il quitte le nid la nuit pour pêcher ses proies.

Il atteindra sa maturité sexuelle vers 4 ou 5 ans.

Protection du macareux moine

Jusqu’au début du 20e siècle, le macareux moine a fait l’objet d’un véritable massacre. La Ligue pour la Protection des Oiseaux a été créée en 1912 pour le protéger et a ensuite étendu son action sur toutes les espèces.
C’est pourquoi le macareux moine orne le logo de cette organisation.

Macareux moine

Les petites ailes du macareux moine l'obligent à des battements très rapides. © dinosoria.com

En France, l’espèce a failli être éradiquée. En Bretagne, les chasseurs de macareux ont littéralement décimé l’espèce dans cette région.

A la fin du 19e siècle, on comptait environ 15 000 couples nicheurs le long des côtes atlantiques.

Aujourd’hui, la population nicheuse française reste très réduite et sous haute protection.

Macareux moine

Le bec du macareux moine est puissant. © dinosoria.com

Heureusement, à l’échelle mondiale, la population de macareux n’est pas menacée.

Cependant, ces oiseaux marins sont les plus touchés à chaque marée noire. En effet, ils plongent dans les nappes de pétrole pour pêcher sans prendre conscience de la menace. De ce fait, le macareux moine figure parmi les principales victimes des nappes de mazout.

V.Battaglia (01.2005). M.à.J 09.2009

Références

Peter Harrison, Seabirds of the World. Princeton University Press 1996
Jim Enticott et David Tipling, Seabirds of the World. New Holland Publishers Ltd 2002
Lars Svensson & Dan Zetterström & Killian Mullarney, Birds of Europe. Princeton University Press 2009

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