La naissance de Londres
De
nombreux vestiges d’origine romaine (mur
d’enceinte, sanctuaire de Mithra...) révèlent
une activité commerciale importante, dont
l’intensité s’accroît
après la conquête de la Bretagne
par Claude en 43 après J.-C.
Occupée par Aulus Plautius, la ville est
dénommée dès lors Londinium
La première mention de Londinium apparaît
sur un site Celte et date d’environ 50 de
notre ère.

La tamise
Port
fluvial et maritime à la fois, premier
carrefour routier de la province romaine, Londinium
devient un centre très actif du trafic
international dès le règne de Néron.
Dépeuplée
puis incendiée vers 120 après J.-C.,
elle renaît rapidement à la vie sous
la protection du Cripplegate Fort.
Le développement de Londres
Évacuée
en 407 par les légions romaines sous la
pression anglo-saxonne, la ville devient en 604
le siège d’un évêché
pourvu d’une cathédrale : Saint Paul.
Londres
se développe d’abord en tant que
centre commercial grâce à la convergence
des voies romaines qui y font affluer les négociants,
ainsi qu’en portent témoignage l’œuvre
de Bède le Vénérable ou les
vestiges de poterie d’Ipswich et de la région
rhénane découverts en 1962.

Base
de pillage danoise à partir de 871-872,
elle est réoccupée en 886 par le
roi anglo-saxon Alfred le Grand, qui en renforce
les défenses.
Elle
attire également les Colonais et autres
négociants allemands, et elle redevient
l’un des principaux centres du commerce
de l’Europe du Nord-Ouest au XIe s.

Picadilly
Londres, qui échappe aux conséquences
néfastes de la conquête normande
grâce à une prompte soumission au
vainqueur en 1066, s’accroît en superficie
et en population. Bien défendue par la
Tour blanche, édifiée sur l’ordre
de Guillaume le Conquérant, qui fait de
ce bâtiment tout à la fois un palais
royal, une forteresse et une prison, la ville
apparaît dès lors comme la véritable
capitale politique et économique du royaume.

Tour
de Londres. By Alun Salt Licence
En avril 1258, Londres est le siège du
Parlement.
Londres est devenue la véritable capitale
de l’Angleterre aux termes de la charte
de 1327, qui scelle son alliance avec la Couronne.
La communauté étrangère accentue
le cosmopolitisme de la ville : affaiblie par
l’expulsion des Juifs en 1290, elle est
renforcée par la présence des marchands
italiens.

Big Ben
et Westminster
Mais
elle y favorise également la naissance
d’un courant xénophobe, accru par
la présence d’artisans flamands du
textile.

Gros plan
sur Big Ben (Photo Laura Spedick)
La
ville aux cent églises se développe
depuis le XIVe s. entre deux pôles extrêmes
: la City, à l’est, centre de la
vie économique, ou l’ordre est maintenu
exclusivement par la milice urbaine, et Westminster,
la ville royale, à l’ouest, ou la
vie politique du pays s’organise autour
de trois bâtiments : l’abbaye de Westminster,
reconstruite au XIIIe s. et ou sont couronnés
les souverains, le palais de Westminster, édifié
par Guillaume II le Roux et ou siège le
Parlement, enfin le palais de Whitehall ou sont
installés jusqu’à l’incendie
de 1698 les services de l’Administration
royale et ceux de la Cour.

Westminster
(photo Stacy Katz)
Naissance d’un empire colonial
Avec
le XVIe s., le destin de Londres connaît
un changement capital. Grâce aux grandes
découvertes, le port se trouve placé
au centre des nouveaux axes des échanges
mondiaux.

La tamise
Dans
toutes les directions, vers le Nouveau Monde,
vers l’Orient, vers les pays baltiques,
les affaires se développent : Compagnie
de Moscovie (1555), Royal Exchange (1568), Compagnie
des Indes orientales (1600), Compagnie de Virginie
(1606). La cité contribue largement à
jeter les bases du premier empire colonial britannique.

Buckingham
Palace
En
même temps, l’agglomération,
jusqu’alors enserrée dans son enceinte,
la déborde rapidement.
Le West End commence à se bâtir (Covent
Garden en 1631). L’expansion se poursuit
brillamment au temps des Stuarts, mais, pour Londres,
le milieu du XVIIe s. constitue une des périodes
les plus troublées de son histoire.
La grande peste de Londres
Fléau
redoutable, la peste, au fil des siècles,
atteint tous les pays du monde. Venue d’Orient,
la terrible maladie frappe l’Occident notamment
au XIVe siècle.
Selon les régions et les pays, les pertes
humaines, entre le début du XIVe et la
fin du XVe siècle, sont estimées
entre 55 et 80%.

Saint François
priant pendant une épidémie de peste
(Museum of Fine Arts)
L’Angleterre
avait déjà été touchée
par la peste en 1348. La maladie avait alors emprunté
sa forme pneumonique la plus brutale.
En 1665, l’épidémie emporte
sans doute le septième de la population.
L'incendie de Londres
C’est
le dimanche 2 septembre 1666, vers une heure du
matin, qu’un incendie dans une boulangerie,
va provoquer une véritable catastrophe.
Provoqué probablement par une lampe à
huile, cet incident déclanche un des plus
gigantesques incendies de l’histoire occidentale.
En
6 heures, 300 maisons ont déjà brûlé.
Londres est alors une ville de bois et de torchis
où les pauvres s’entassent.
C’est alors la ville la plus peuplée
du royaume.

L'Incendie
de Londres (XVIIe siècle, musée
de Londres)
Malheureusement,
en ce 2 septembre, la sécheresse dure depuis
plusieurs semaines et un fort vent attise les
flammes.
L’incendie
atteint son apogée quand les flammes arrivent
jusqu’aux docks où des matières
combustibles sont entreposées.
De
partout, jaillissent des flammes et la fumée
est devenue si épaisse que nul ne peut
approcher le sinistre.
A
la nuit, la Tamise est recouverte d’embarcations
où s’entassent hommes et objets.

Blason
de Londres qui reprend la croix de Saint-Georges
Ce
n’est que le 5 septembre que l’on
commence à contrôler la situation
mais il faudra attendre le dimanche 9 pour que
la pluie éteigne les derniers foyers.
Après
une semaine, Londres n’est plus qu’un
tas de décombres. On ne compte que 6 victimes
mais les quatre cinquièmes de la ville
sont détruits.

Tower Bridge
. By Casual Touriot
Licence
Le
grand incendie a détruit la plupart des
édifices publics (la cathédrale
Saint Paul, 87 églises, 11 000 maisons)
et laisse des dizaines de milliers de sans-abri.
Mais,
sur l’immense espace dévasté,
la reconstruction est menée activement
sous l’inspiration de sir Christopher Wren.
Afin qu’un tel désastre ne puisse
se reproduire, on reconstruit en brique et non
en bois. Une des premières opérations
de l’urbanisme moderne est alors décidée.

Londres
comporte plusieurs parcs dont Greenwich Park
Le
Londres gothique disparaît au profit d’un
Londres classique et baroque. La pression démographique
favorise la poussée vers les faubourgs
: dans l’East End, à Whitechapel
(quartier des Juifs), à Spitalfields (refuge
des huguenots français), à Shoreditch
; dans le West End, avec la construction de Bloomsbury.

Le
Millennium Dome à Greenwich a été
installé pour célébrer le
nouveau millénaire en 2000
Le XVIIIe s. voit se prolonger le mouvement dans
toutes les directions avec notamment la construction
de nouveaux ponts (Westminster, Blackfriars).
Le grand essor du XIXe siècle
Le
XIXe s. marque un nouveau tournant dans le développement
de la ville. C’est le début d’une
extension de moins en moins contrôlée.

La relève
de la garde à Buckingham Palace (©
Axel)
En
un siècle, la population fait plus que
sextupler. La superficie de la ville s’enfle
démesurément.
Les villages et les bourgs de la périphérie
sont englobés les uns après les
autres. Rien ne tient devant l’avance inexorable
de la marée « de briques et de mortier
».

10 Downing
Street, résidence du Premier ministre
Pendant
plus d’un siècle, le port de Londres
a imposé sa suprématie comme premier
port du monde.
Les
chemins de fer font leur apparition en 1836. La
première ligne du métropolitain
est ouverte dès 1863. Creusée à
faible profondeur, elle fonctionne en partie en
tranchée, en partie en tunnel avec des
trains à vapeur.

Il
faut attendre 1900 pour la percée à
grande profondeur du « tube » desservi
par des trains électriques. Les premiers
omnibus circulent à partir de 1829.

Cathédrale
Saint Paul
Le
paysage urbain s’enrichit de nouveaux monuments
(Buckingham palace et National Gallery, Trafalgar
square).
Londres est la première ville du monde
par sa population, métropole de la finance
et du capitalisme, centre d’attraction pour
les provinciaux en quête de fortune, pour
les immigrants venus de la campagne, pour les
populations chassées par la misère
(Irlandais) ou par la persécution (Juifs
de Russie), refuge ouvert à tous (proscrits
français du 2 Décembre et de la
Commune, patriotes italiens …).

Londres offre dans son cosmopolitisme des contrastes
sociaux les plus violents : d’un côté,
l’opulence aristocratique des quartiers
nobles de Belgravia et de Kensington ; de l’autre,
les masses ouvrières, victimes du chômage
et de la misère, avec au bas de l’échelle
sociale les bas-fonds, ou se mêlent épaves
et criminels.
Une enquête sociologique très fouillée
conclut, en 1889, que le tiers de la population
vit au-dessous du minimum vital.
Londres aujourd’hui
L’aspect
de Londres n’a guère changé
au début du XXe s. et entre les deux guerres
mondiales. En revanche, la ville a subi de profondes
transformations depuis les bombardements allemands
de 1940.

Coventry
dévastée par les bombes en 1940
L’extension
de la ville a été circonscrite grâce
à la création d’une ceinture
verte. La ville est devenue une des grandes places
financières.
Comme par le passé, Londres héberge
de nombreuses communautés : Indiens (6,1%
de la population), Africains (5,3%), Antillais
(4,8%) mais également des Pakistanais,
des Bangladais ou des Chinois.
V.B
(16.08.2006)
Dossier complémentaire
sur Londres
La
Tour de Londres
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