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Histoire du lion

Lion des cavernes

Le genre félidé tel que nous le connaissons aujourd’hui apparut il y a environ 10 millions d’années en Eurasie.
Lors de la dernière période glaciaire, au Pléistocène, le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) était très répandu.
Le territoire du lion des cavernes s’étendait à toute l’Eurasie. D’autres sous-espèces de lions préhistoriques vivaient en Amérique du Nord ainsi qu’en Amérique du Sud.

L’histoire du lion

On ignore en fait l’origine exacte du lion. On sait simplement que les Machairodontinés (Félins à dents de sabre) ne sont pas les ancêtres du lion et qu’ils s’apparentent plus à d’autres grands félins.

On a retrouvé des fossiles, datés d’environ 250 000 ans, en Allemagne, en Grèce et en Sibérie. Ces lions préhistoriques étaient beaucoup plus imposants que notre lion actuel.

Lion

Lion d'Afriqe actuel. © dinosoria.com

Il y a 10 000 ans, on rencontrait des lions sur presque tout le continent africain et en Eurasie. D’autres  sous-espèces vivaient en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans les régions situées au nord de l’Amérique du Sud.

Il y a environ 2 000 ans, le lion avait complètement disparu de la péninsule balkanique, son dernier refuge en Europe.

Il a également été chassé de Palestine à l’époque des Croisades.

Une des sous-espèces les plus imposantes, le lion d’Afrique du Nord, a été totalement exterminée. Dès les années 1890, il n’en restait plus aucun en Tunisie et il avait presque complètement disparu d’Algérie.

Ces populations de lions d’Afrique du Nord avaient déjà été largement fragilisées par les prélèvements excessifs d’individus destinés au jeu du Cirque sous l’Empire romain. Lors de l’inauguration du Colisée, en 81, pas moins de 9 000 animaux furent sacrifiés, dont de nombreux lions.

Lion de l'Atlas

Lion de l'Atlas. Holder, Joseph Bassett. Peinture de 1898. Licence

En Afrique du Nord, le lion réussit à trouver refuge dans les montagnes de l’Atlas mais le dernier représentant fut tué en 1922.

Le lion de l’Atlas (Panthera leo leo) était une sous-espèce majestueuse. L’adulte mâle possédait la plus incroyable crinière jamais observée, qui s’étendait sur la tête, le cou, la poitrine et l’ensemble le long du ventre.

Sur le continent africain, le même sort a été réservé au lion du Cap (Panthera leo melanochaita). Sa crinière était presque aussi imposante que celle du lion de l’Atlas, mais à la différence qu’elle était noire.

Le dernier lion du Cap a été abattu dans la province du Natal en 1865.

Lion du Cap

Lion du Cap. Rembrandt. Le Louvre, Paris. Licence

Les lions d’Asie (Panthera leo persica)  ont été également massivement massacrés en Inde. Sous l’Empire anglais, la chasse au tigre et au lion était très prisée. Les colons britanniques ont d’ailleurs failli exterminer le tigre.
Dès 1900, on ne comptait déjà plus qu’une centaine de spécimens. Diverses mesures de protection permirent de porter ce nombre à 180 en 1970.
Aujourd’hui, la population compte un peu plus de 300 individus qui sont parqués dans une région d’une superficie de 1 400 km² : la forêt de Gir.

Confinés dans cette seule réserve, les lions sont menacés d’extinction car ce territoire est beaucoup trop petit.

Lion d'Asie

Lion d'Asie. Zoo de Bristol. By Adrian Pingstone. Licence

Pour sauver l’espèce, la reproduction en captivité est la seule méthode viable à moyen terme. Plusieurs zoos occidentaux ont pris en charge des lions provenant de la forêt de Gir dans le cadre d’un programme de reproduction.
Mais, on ne peut compter sur le parc d’animaux en captivité pour assurer la survie d’une espèce. Il faut impérativement la protéger dans son environnement naturel.

Tant bien que mal, le lion a quand même réussi à survivre dans de nombreux pays d’Afrique Noire.
Les chasseurs de gros gibier ont tellement massacré de lions en Tanzanie et au Kenya qu’en 1929, on fit une réserve : Le parc national de Serengeti.

Lionne et son lionceau

Lionne et son lionceau. © dinosoria.com

Malgré la bêtise de l’homme, le roi des animaux continue à déchirer les nuits africaines de ses rugissements même si, pour le protéger, il est parqué dans des réserves.

Le lion des cavernes

Plusieurs espèces de lions ont vécu au Pléistocène.

Panthera leo fossilis vivait au Pléistocène inférieur et moyen. Ses fossiles ont été mis au jour en Italie et en Allemagne.

Panthera leo atrox vivait en Amérique du Nord et en Amérique du Sud durant le Pléistocène supérieur. Le lion d'Amérique, très imposant, était déjà chassé par les Amérindiens. On estime son poids à environ 380 kg.

Lion des Cavernes

Reconstitution Panthera leo atrox. By Sergiodlarosa

Le lion des cavernes (P. leo spelaea)  vivait en Eurasie au Pléistocène. Il dépassait d’environ un tiers la taille du lion de l’Inde et lui était sans doute étroitement apparenté.

Toutefois, sa relation avec les lions plus récents d’Asie et des Balkans demeure inconnue.

Ce lion, d’après les fossiles, mesurait 1,20 m au garrot pour une longueur légèrement supérieure à 2 m.
C’était donc un lion de grande taille mais quand même beaucoup moins imposant que Panthera leo atrox ou lion américain.
Certains grands mâles africains actuels présentent une taille comparable à celle du lion des cavernes.

Lion des cavernes

Peinture d'un lion des cavernes . Heinrich Harder (vers 1920). Licence

Le lion des cavernes tient son nom du fait que de nombreux fossiles ont été mis au jour dans des cavernes. Cependant, il est peu probable que ces animaux vivaient dans des grottes.
Les fossiles sont peut être ceux d’animaux  chassés par nos ancêtres ou par d’autres prédateurs.

Les rennes étaient l’une des proies de ces lions comme le prouvent des empreintes fossiles mélangées des deux espèces.
A la même époque, d’autres grands herbivores foulaient les steppes d’Eurasie : mammouths, chevaux sauvages, bisons des steppes, bœufs musqués, mégacéros et antilopes saïga.

Il est certain que nos ancêtres chassaient le lion des cavernes. Des peintures rupestres représentent cet animal. On peut notamment admirer une tête de lion des cavernes dans la grotte Cosquer, datée d’environ 18 500 ans.

On a également découvert des statuettes d’ivoire et des figurines d’argile, du Paléolithique, qui représentent cet animal.
D’après les représentations, les mâles possédaient déjà une crinière bien qu’elle ne soit pas très développée sur les peintures et autres représentations.
Quelques représentations rupestres montrent plusieurs lions chassant ensemble ce qui nous fait bien sûr penser aux clans des lions actuels et des lionnes chassant en groupe.

Lionne

Les lions du Pléistocène avaient probablement le même mode de vie que nos lions actuels. © dinosoria.com

Durant la dernière glaciation, l’Europe faisait partie d’un immense ensemble de steppes et de toundras, qui s’étendait de l’Atlantique à l’Oural, traversait l’Asie jusqu’au Pacifique. Cette vaste zone fut parfois reliée aux toundras d’Amérique du Nord grâce à l’assèchement de la Béringie centrale.

Tout au long de la dernière glaciation, le climat y était froid et sec avec une température maximale de 15°C en été.

Avec la fin de la glaciation, il y a environ 10 000 ans, le climat se réchauffa rapidement et les régions boisées s’agrandirent.
Cependant, le lion des cavernes ne profita pas, apparemment de ce réchauffement, et s’éteignit à la fin de la glaciation de Würm.
Quelques petites populations ont pu survivre au-delà de cette période, notamment dans les Balkans.

Lion

En Afrique, les lions sont en sécurité dans des réserves. © dinosoria.com

Comme pour de nombreuses autres espèces, les causes exactes de cette extinction ne sont pas connues. L’homme ne peut en être le seul responsable car les extinctions se sont produites sur une trop vaste échelle.

Les changements climatiques restent, pour le moment, l’explication la plus plausible même si elle n’explique pas pourquoi certaines espèces ont survécu à des glaciations précédentes.

V.Battaglia (19.08.2009) 

Lion . Hyène des cavernes

Références

Ronnie Liljegren. Les Animaux d’Europe pendant l’ère glaciaire. Berceaux de l’humanité. Larousse 2003
Le lion. Collection Marshall Cavendish. 1994
A.Turner. Prehistoric mammals . Firecrest Books Ltd. 2004
Panthera leo spelaea sur Paleobiology Database

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