L’affaire Dreyfus l’amène
à la politique active. Il est ardemment
dreyfusard. Une conversation avec Lucien Herr
le conduit au socialisme ; il rejoint alors les
intellectuels socialistes qui travaillent à
réaliser l’unité et collabore
à l’Humanité de Jean Jaurès.
La mort de Jean Jaurès et le début
des hostilités en 1914 jettent Léon
Blum de nouveau dans l’action. Il devient
chef de cabinet du ministre socialiste des Travaux
publics, Marcel Sembat, et le demeure jusqu’en
décembre 1916.
À une heure où l’unité
socialiste semble menacée, on le pousse
en avant pour qu’il joue un rôle de
conciliateur. En avril 1919, Léon Blum
rapporte devant le congrès le programme
d’action que la S.F.I.O. présente
aux électeurs. Le 16 novembre 1919, il
est, de justesse, élu député
de Paris.
À la tête de l’opposition,
il préconise la nationalisation des chemins
de fer et combat l’occupation de la Ruhr.
Il est le chef du parti socialiste après
le congrès de Tours en 1920.
En 1933, il condamne avec vigueur les thèses
néo-socialistes, qui, selon sa propre expression,
l’épouvantent.
Il préside deux gouvernements du Front
populaire : 1936-1937 et 1938
Le
Front populaire
À l’Assemblée nationale de
Vichy (juillet 1940), il est l’un des quatre-vingts
parlementaires qui refusent de voter les pleins
pouvoirs au maréchal Pétain. Arrêté
le 15 septembre 1940, il est interné successivement
à Chazeron (deux mois) et à Bourassol
(une année).
Un « conseil de justice politique »,
constitué par le gouvernement de Vichy,
le condamne, le 16 octobre 1941, à la détention
dans une prison militaire (fort du Portalet).
En février 1942, il est traduit, avec plusieurs
inculpés, devant la Cour de Riom sous l’accusation
d’avoir trahi les devoirs de sa charge.
Sa défense se révèle si efficace
que le gouvernement suspend les débats
(11 avril 1942). C’est pendant ces mois
de détention qu’il rédige
son livre « À l’échelle
humaine », où il expose sa conception
humaniste du socialisme.
Après l’occupation, par les armées
allemandes, de la zone sud, il est déporté
successivement à Dachau, à Buchenwald
et dans le Haut-Adige, ou il est libéré,
en mai 1945, par une armée américaine
venant d’Italie.
Revenu en France, il s’installe dans une
semi-retraite. Par des articles dans le Populaire,
il exerce une influence que certains contestent
; par ses interventions dans les congrès,
il précise les conditions nécessaires
pour qu’il soit possible d’envisager
l’unité avec les communistes.
En décembre 1946, Léon Blum constitue
un gouvernement socialiste homogène dont
la mission est de mettre en place les institutions
de la IVe République ; pour lutter contre
l’inflation, il décide une baisse
autoritaire des prix.
Après la démission du gouvernement
Ramadier (novembre 1947), Vincent Auriol, devenu
président de la République, le charge
de former un gouvernement, qui, selon toute vraisemblance,
va se trouver devant une vague de grèves.
Mais, le 22 novembre 1947, au lieu des 309 voix
nécessaires, Léon Blum n’en
recueille que 300.
Il est encore, en août 1949, vice-président
du Conseil dans l’éphémère
ministère André Marie, mais il meurt
subitement le 30 mars 1950.
V.B (27.04.2006)
Source © Larousse 2005
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Front populaire de 1936
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