La famille des pétromyzontidés
compte environ 30 espèces aussi bien marines
que d’eau douce. Si la lamproie marine américaine
est un fléau, la sous-espèce d’Europe
est en voie d’extinction.
La lamproie est considérée comme
un parasite pour les autres poissons. Son mode
d’alimentation très particulier nous
rappelle certains monstres de science-fiction.
Seule la lamproie de Planer n’est pas un
parasite comme ses semblables.
La Lamproie marine (Petromyzon marinus)
Parmi les différentes espèces de lamproies, l’espèce
la plus connue est la lamproie de mer qui vit principalement dans
l’Atlantique Nord.
Son mode d’alimentation est parasitaire. Elle se cramponne
aux poissons avec sa bouche et arrache leur chair avec ses dents.
Elle colle sa ventouse buccale sur sa victime, ronge la peau et
les chairs, puis pompe le sang qui reste fluide grâce à
un anticoagulant contenu dans sa salive.
Ainsi, la lamproie se nourrit du sang et des fluides corporels de
ses proies.
La lamproie marine américaine est un véritable fléau
pour la faune marine. Par contre, la sous-espèce d’Europe,
dont la larve est victime de la pollution, est en voie d’extinction.
A l’automne, les lamproies marines qui ont atteint leur maturité
sexuelle, gagnent les estuaires des fleuves. Une fois en eau douce,
elles cessent de s’alimenter et l’intestin s’atrophie.
Le mâle remonte le premier le cours des fleuves, franchissant
les parois rocheuses en s’aidant de sa bouche ventouse.
Puis, la femelle le rejoint pour l’aider à préparer
le nid de pierres où elle déposera environ 200 000
œufs.
Les adultes, peu après l’accouplement, se laissent
emporter par le courant et meurent.
Les œufs éclosent deux semaines plus tard et il en
sort des prélarves qui deviennent après environ 5
semaines des larves de 10 mm. Ces larves passent 4 à 5 ans
en eau douce avant de prendre leur aspect définitif alors
qu’elles mesurent 15 cm. Elles gagnent alors la mer et le
cycle reprend.
D’autres genres vivent également au large de l’Australie
et de la Nouvelle-Zélande.
La lamproie marine mesure de 60 cm jusqu’à un mètre
de long. Son poids varie entre 700 g et un kilo. Elle possède
un plus grand nombre de dents que la Lamproie fluviatile. Sa longévité
moyenne est de 8 ans.
La lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis)
Le mode d’alimentation du Lampetra fluviatilis est le même
que celui de la lamproie marine.
En atteignant sa maturité, le corps de la lamproie de rivière
rétrécit, la nageoire dorsale s’élargit
et, chez la femelle, une nageoire anale apparaît.
Le frai a lieu au printemps et pendant l’été.
Il s’effectue dans les ruisseaux aux eaux peu profondes et
au courant fort.
La femelle s’accroche à une pierre à l’aide
de sa ventouse. Elle creuse un trou avec sa queue pour y déposer
4 000 à 40 000 œufs.
Le mâle se fixe, lui aussi, au rocher, juste au-dessus de
la tête de la femelle, et féconde les œufs au
fur et à mesure qu’elle les pond.
Pour cette espèce aussi, l’accouplement signifie la
mort des adultes.
Les larves, appelées ammocètes, sont aveugles et
dépourvues de dents. Elles vivent dans la vase et se nourrissent
de minuscules invertébrés pendant 3 à 5 ans.
Elles se métamorphosent ensuite et nagent vers la mer, où
elles resteront un à deux ans avant de regagner les eaux
douces pour y frayer.
La lamproie s'accroche aux poissons
pour s'alimenter . Licence
On trouve la lamproie de rivière dans tous les fleuves d’Europe
puis en Méditerranée, sur la côte européenne
de l’Atlantique, en mer du Nord, en mer d’Irlande et
en mer Baltique. Elle mesure en moyenne 25 à 40 cm pour un
poids d'environ 60 g. Sa longévité est d’environ
7 ans.
La lamproie de Planer (Lampetra planeri) est la plus petite avec
12 à 20 cm. C’est une lamproie de rivière adaptée
à l’eau douce.
Elle vit dans le cours supérieur des rivières où
l’eau est riche en oxygène.
Cependant, la lamproie de Planer, contrairement à ses semblables,
ne se comporte pas en parasite.
L’adulte ne se nourrit pas, car son intestin est atrophié
et les dents de son disque suceur sont émoussées.
Il se consacre uniquement à la reproduction puis il meurt.
La femelle pond 800 à 1 400 œufs en eau vive et peu
profonde. Les larves vivent au fond de l’eau pendant 3 à
5 ans en filtrant les débris de toutes sortes.
Ensuite, la métamorphose s’effectue et elles deviennent
des lamproies adultes, aptes à se reproduire, juste avant
de mourir.
La Lamproie : pas un authentique poisson
Les lamproies ne sont pas d’authentiques poissons et font
partie de la classe des Céphalaspidomorphes.
Très primitives, les lamproies sont des poissons sans mâchoires
où Agnathes. Ce furent les premiers poissons qui se développèrent
au Cambrien. Elles ne possèdent ni mâchoires, ni écailles,
ni nageoires paires, ni colonne vertébrale osseuse.
Les seules espèces qui vivent encore actuellement sont les
myxines et les lamproies.
Durant l’Ordovicien et le Silurien, les gnathostomes, où
vertébrés possédant des mâchoires, se
diversifièrent en quatre groupes :
Les poissons cuirassés (placodermes)
Les poissons cartilagineux (chondrichtyens)
Les requins épineux (acanthodiens)
Les poissons osseux (ostéichtyens)
Les poissons cartilagineux et osseux sont devenus les vertébrés
dominants aussi bien dans l’eau que sur la terre ferme.