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Lamproie

La famille des Petromyzontidae compte environ 37 espèces aussi bien marines que d’eau douce. Si la lamproie marine américaine est un fléau, la sous-espèce d’Europe est en voie d’extinction.
La lamproie est considérée comme un parasite pour les autres poissons. Son mode d’alimentation très particulier nous rappelle certains monstres de science-fiction. Seule la lamproie de Planer n’est pas un parasite comme ses semblables.

Lamproie marine (Petromyzon marinus)

Parmi les différentes espèces de lamproies, l’espèce la plus connue est la lamproie de mer qui vit principalement dans l’Atlantique Nord.

Son mode d’alimentation est parasitaire. Elle se cramponne aux poissons avec sa bouche et arrache leur chair avec ses dents.
Elle colle sa ventouse buccale sur sa victime, ronge la peau et les chairs, puis pompe le sang qui reste fluide grâce à un anticoagulant contenu dans sa salive.
Ainsi, la lamproie se nourrit du sang et des fluides corporels de ses proies.

Petromyzon marinus . Lamproie

Bouche ventouse d'une Lamproie marine © Berthoule

La lamproie marine américaine est un véritable fléau pour la faune marine. Par contre, la sous-espèce d’Europe, dont la larve est victime de la pollution, est en voie d’extinction.

A l’automne, les lamproies marines qui ont atteint leur maturité sexuelle, gagnent les estuaires des fleuves. Une fois en eau douce, elles cessent de s’alimenter et l’intestin s’atrophie.

Le mâle remonte le premier le cours des fleuves, franchissant les parois rocheuses en s’aidant de sa bouche ventouse.
Puis, la femelle le rejoint pour l’aider à préparer le nid de pierres où elle déposera environ 200 000 œufs.

Les adultes, peu après l’accouplement, se laissent emporter par le courant et meurent.

Les œufs éclosent deux semaines plus tard et il en sort des prélarves qui deviennent après environ 5 semaines des larves de 10 mm. Ces larves passent 4 à 5 ans en eau douce avant de prendre leur aspect définitif alors qu’elles mesurent 15 cm. Elles gagnent alors la mer et le cycle reprend.

D’autres genres vivent également au large de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

La lamproie marine mesure de 60 cm jusqu’à un mètre de long. Son poids varie entre 700 g et un kilo. Elle possède un plus grand nombre de dents que la Lamproie fluviatile. Sa longévité moyenne est de 8 ans.

La lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis)

Le mode d’alimentation du Lampetra fluviatilis est le même que celui de la lamproie marine.

En atteignant sa maturité, le corps de la lamproie de rivière rétrécit, la nageoire dorsale s’élargit et, chez la femelle, une nageoire anale apparaît.

Lampetra fluviatilis

Lampetra fluviatilis. © Emme Interactive

Le frai a lieu au printemps et pendant l’été. Il s’effectue dans les ruisseaux aux eaux peu profondes et au courant fort.
La femelle s’accroche à une pierre à l’aide de sa ventouse. Elle creuse un trou avec sa queue pour y déposer 4 000 à 40 000 œufs.
Le mâle se fixe, lui aussi, au rocher, juste au-dessus de la tête de la femelle, et féconde les œufs au fur et à mesure qu’elle les pond.
Pour cette espèce aussi, l’accouplement signifie la mort des adultes.

Les larves, appelées ammocètes, sont aveugles et dépourvues de dents. Elles vivent dans la vase et se nourrissent de minuscules invertébrés pendant 3 à 5 ans.

Elles se métamorphosent ensuite et nagent vers la mer, où elles resteront un à deux ans avant de regagner les eaux douces pour y frayer.

Lamproie de rivière

La lamproie s'accroche aux poissons pour s'alimenter . © Emme Interactive

On trouve la lamproie de rivière dans tous les fleuves d’Europe puis en Méditerranée, sur la côte européenne de l’Atlantique, en mer du Nord, en mer d’Irlande et en mer Baltique. Elle mesure en moyenne 25 à 40 cm pour un poids d'environ 60 g. Sa longévité est d’environ 7 ans.

La lamproie de Planer (Lampetra planeri) est la plus petite avec 12 à 20 cm. C’est une lamproie de rivière adaptée à l’eau douce.
Elle vit dans le cours supérieur des rivières où l’eau est riche en oxygène.

Cependant, la lamproie de Planer, contrairement à ses semblables, ne se comporte pas en parasite.
L’adulte ne se nourrit pas, car son intestin est atrophié et les dents de son disque suceur sont émoussées.
Il se consacre uniquement à la reproduction puis il meurt.

Lamproie de Planer

Lamproie de Planer (Lampetra planeri) © Chaumeton-Lanceau

La femelle pond 800 à 1 400 œufs en eau vive et peu profonde. Les larves vivent au fond de l’eau pendant 3 à 5 ans en filtrant les débris de toutes sortes.
Ensuite, la métamorphose s’effectue et elles deviennent des lamproies adultes, aptes à se reproduire, juste avant de mourir.

La Lamproie : pas un authentique poisson

Les lamproies ne sont pas d’authentiques poissons et font partie de la classe des Céphalaspidomorphes.
Très primitives, les lamproies sont des poissons sans mâchoires où Agnathes. Ce furent les premiers poissons qui se développèrent au Cambrien. Elles ne possèdent ni mâchoires, ni écailles, ni nageoires paires, ni colonne vertébrale osseuse.

Les seules espèces qui vivent encore actuellement sont les myxines et les lamproies.

Durant l’Ordovicien et le Silurien, les gnathostomes, où vertébrés possédant des mâchoires, se diversifièrent en quatre groupes :

  • Les poissons cuirassés (placodermes)
  • Les poissons cartilagineux (chondrichtyens)
  • Les requins épineux (acanthodiens)
  • Les poissons osseux (ostéichtyens)

Les poissons cartilagineux et osseux sont devenus les vertébrés dominants aussi bien dans l’eau que sur la terre ferme.

V.Battaglia (7.07.2005). M.à.J 10.2006

Références

Poissons. Lamproie. Editions Proxima 2001
Larousse des Animaux. Editions Larousse 2006
Petromyzon marinus. Fish Base.org
Lampetra fluviatilis. Fish Base.org

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