Les pyramides de Gizeh
Ces
pyramides se trouvent tout près du Caire.
L’ensemble constitue la seule des Sept Merveilles
du monde antique qui soit encore debout.
La
principale pyramide est la Grande Pyramide qui
à l’origine s’élevait
à 147 m. Elle fut édifiée
vers 2600 avant notre ère.
Bonaparte
avait calculé que les blocs de pierre qui
la constituaient pourraient former un mur de 3
m de haut et 30 cm de large tout autour de la
France.
L’échelle
démesurée de la pyramide de Kheops
n’a d’égale que la précision
de sa conception.

Pyramide de Kheops.
By Alex Lbh Licence
A
la base, chaque côté mesure 230,50
m, et les différences entre les quatre
côtés ne dépassent pas 20
cm.
L’ajustement
des pierres est si précis qu’il est
impossible de glisser une feuille de papier dans
les interstices.
Les
faces de la pyramide sont parfaitement orientées,
avec une erreur de 4 degrés seulement,
nord-sud et est-ouest.
Au
19e siècle, la découverte de ces
caractéristiques a entraîné
la création d’une discipline pseudo-scientifique,
la pyramidologie.
Le
« pouce pyramidal » aurait été
une unité de mesure qui aurait véhiculé
sous une forme abrégée quantité
d’informations cosmiques fondamentales.
Cette unité est née des cogitations
d’un professeur d’astronomie, Charles
Piazzi Smith.
On a alors suggéré, en effectuant
des calculs complexes, que la Grande Pyramide
dévoilait le chiffre pi, la circonférence
de la Terre, la distance de la Terre au Soleil
….

Gizeh. By Nina
Aldin Thune Licence
En
outre, Smith, en rapportant chaque pouce pyramidal
à une année donnée, a découvert
que l’édifice constituait une mine
de renseignements chronologiques sur l’histoire
du monde.
Malheureusement
pour lui, il avait calculé selon ce principe
que la fin du monde devait se produire en 1881.
Cependant, ses idées ont fait de nombreux
adeptes qui continuent aujourd’hui à
défendre certaines de ses théories.

Barque solaire
de Kheops. By Alex Lbh Licence
Officiellement,
les pyramides ont été construites
pour glorifier le pharaon et constituent surtout
une sorte d’antichambre dans laquelle le
défunt attend avant de pénétrer
dans l’autre monde.
En
définitive, la controverse sur les pyramides
ne porte pas uniquement sur leur conception mais
également sur leur utilité.
Concernant
leur conception, une ancienne théorie refait
aujourd’hui surface ; celle des fausses
pierres.
Des pyramides en blocs de béton
?
En
1974, un chimiste français, Joseph Davidovits,
avança une audacieuse hypothèse
: les pierres ayant servi à la construction
de la Grande Pyramide auraient été
coulées sur place au fur et à mesure
des besoins.
Les anciens égyptiens auraient donc employé
une méthode analogue à celle du
ciment actuel.
D’après
lui, on fabriquait une substance liquide semblable
à de l’époxyde en mélangeant
à de la chaux broyée un liant spécial.
Cette
mixture était ensuite versée dans
des moules en bois où elle se solidifiait.
Elle devenait ainsi aussi dure que de la pierre.
Bien
sûr, cette hypothèse n’a pas
fait l’unanimité. S’appuyant
sur une multitude d’indices archéologiques,
nombre de chercheurs contestent la théorie
selon laquelle les pyramides seraient des «
mégalithes de plastique ».

Sphinx de Gizeh.
By Ian Sewell Licence
C’est
cette hypothèse qu’aujourd’hui
plusieurs spécialistes défendent
avec acharnement. L’affaire vient d’être
relancée par Gilles Hug et Michel Barsoum
dans un article où ils concluent qu’une
partie des blocs de pierre des pyramides de Gizeh
a été réalisée en
calcaire reconstitué.
Ils
s’appuient sur la différence de composition
entre les blocs et les pierres des carrières
officielles.
Rappelons que certaines carrières sont
distantes de plus de 1 000 km.
Toujours
selon Gilles Hug et Michel Barsoum, certains microconstituants
des pierres de la pyramide présentent les
traces d’une réaction chimique rapide
ne leur ayant pas permis une cristallisation naturelle.
Cette
anomalie s’explique très bien si
les pierres n’ont pas été
taillées mais coulées comme du béton.
D’après
toutes les analyses effectuées, la chimie
des pierres est bien différente des pierres
des carrières.

Pyramide de Mykerinos.
By Blueshade Licence
Cependant,
l’ensemble de la pyramide n’aurait
pas été conçu selon le même
principe. Michel Barsoum pense que les Egyptiens
ont utilisé du béton pour le sommet
mais ont taillé les pierres des parties
les plus basses.
Théorie à laquelle n’adhère
pas Joseph Davidovits qui lui, a toujours défendu,
l’idée de la fabrication d’une
pierre réagglomérée c’est-à-dire
un calcaire naturel reconstitué et traité
comme du béton.
Pour ce dernier, le béton a été
utilisé de la base au sommet.
Apparemment,
la dernière étude semble avoir convaincu
de nombreux scientifiques. Mais, les égyptologues
sont toujours sceptiques.
Ils rejettent cette idée de l’utilisation
de géopolymère pour la construction
des pyramides.
La théorie des égyptologues
Pour
l’instant, malgré les indices et
les anomalies constatées, pour les égyptologues,
le processus de construction est plus physique
que « chimique ».
Officiellement,
le processus de construction est le suivant :
- Les
pierres sont acheminées par bateau
- Elles sont déchargées et acheminées
grâce à des traîneaux de
rondins
- Les pierres sont taillées sur place pour
être hissées, sans poulie d’ailleurs,
car elle a été inventée
bien plus tard
D’énormes
rampes auraient été construites
pour hisser les pierres jusqu’au
sommet.

Pyramide
de Kheops. By Nina Aldin Thune Licence
Initialement,
la Grande Pyramide était recouverte d’un
revêtement composé de calcaires blancs
et brillants et de granites d’Assouan.
La pyramide blanche et lisse avait été
couverte, à son sommet de feuilles d’or
qui renvoyaient les rayons du soleil.
Malheureusement, ce revêtement a été
détruit par un sultan « guidé
par le prophète » vers 1400.
Un
tel processus aurait demandé une main-d’œuvre
colossale, 25 000 à 100 000 ouvriers.
Il
est évident que l’utilisation de
géopolymère aurait largement allégé
le nombre d’ouvriers nécessaires.
Cependant,
cette théorie, bien qu’alléchante,
demande à être confirmée grâce
à des prélèvements officiels
sur les pyramides.
En effet, les analyses effectuées l’ont
été sur quelques pierres appartenant
à des scientifiques et des égyptologues
amateurs.
Pour l’instant, les autorités égyptiennes
ont refusé toute mise à disposition
d’échantillons.
V.B
(04.12.2006)
< Enigmes
Paléontologie. Archéologie |