Au printemps 1940, Staline décide
de faire exécuter 15 000 officiers polonais
faits prisonniers depuis septembre 1939.
Ce n’est que le 13 avril 1943, qu’une
partie du charnier est découvert à
Katyn, à la frontière de la Biélorussie
et de la Russie, par l’armée allemande.
Aussitôt, les Soviétiques accusent
les nazis du massacre. Il faudra attendre 1990
pour que la culpabilité de Staline soit
enfin officiellement reconnue par l’U.R.S.S.
Katyn : un massacre programmé
Les 4 500 morts découverts à Katyn représentent
l’élite de l’armée polonaise. Leur exécution
fait partie d’un vaste plan conçu par Staline pour
détruire les cadres politiques, militaires et intellectuels
de la Pologne.
Le 5 mars 1940, Staline donne l’ordre d’exécuter
les cadres militaires mais aussi les fonctionnaires ainsi que les
représentants des classes aisées.
Il souhaitait éliminer tous ceux qui pouvaient constituer
un obstacle à son annexion.
Le 17 septembre 1939, l’Union soviétique envahit la
Pologne. 230 000 Polonais dont 15 000 officiers sont fait prisonniers.
Ils sont répartis dans les camps de concentration de Kozielsk,
d’Ostachkov et de Starobielsk. Ils communiqueront avec leur
famille jusqu’au printemps 1940 après quoi, plus personne
ne saura ce qu’ils sont devenus.
D’avril à mai 1940, 4 500 de ces prisonniers sont
emmenés dans la forêt de Katyn, près de Smolensk.
Ils sont ligotés puis abattus les uns après les autres
d’un coup de pistolet dans la nuque.
Les balles utilisées sont de fabrication allemande.
Les corps sont empilés dans sept fosses puis recouverts
de terre.
La découverte du charnier
C’est le 13 avril 1943 que la découverte des charniers
est rendue publique par Radio-Berlin : « des habitants de
la région ont indiqué aux autorités allemandes
un endroit où les bolcheviques avaient organisé des
exécutions massives. »
Une commission d’enquête de la Croix-Rouge internationale,
convoquée par les Allemands, a pu établir que toutes
les victimes ont été exécutées avec
des munitions allemandes, mais que les meurtres ont eu lieu avant
l’entrée de l’armée allemande dans cette
région.
Image d'archives. Avril 1943, le
charnier au moment de son dégagement
Où sont les corps des 11 000 prisonniers dont nul n’a
jamais plus eu de nouvelles ? D’autres charniers existent-ils
dans l’immense forêt biélorusse ?
Les autres victimes ont également pu être exécutées
dans les camps soviétiques.
Une polémique qui a duré 50 ans
Deux jours après l’annonce de la découverte
du charnier, les ondes soviétiques répliquent qu’il
s’agit soit d’un cimetière, soit de victimes
des exactions commises par les nazis.
En 1946, au procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques
essayent d’inscrire le massacre de Katyn au nombre des crimes
nazis. Devant le peu de crédibilité de leur rapport,
les Alliés refusent cette incrimination.
Avril 1943. Les paysans polonais
sous la direction de médecins légistes allemands dégagent
les corps
En 1951, une enquête américaine conclut à la
culpabilité du N.K.V.D (police secrète). Cependant,
le gouvernement soviétique continue de nier les faits.
En Union soviétique, jusqu’en 1990, on continue à
enseigner dans les livres d’histoire la version officielle
du gouvernement.
Cette même année, Mikhaïl Gorbatchev reconnaît
la responsabilité de Staline dans ce massacre.
Enfin, en octobre 1992, Boris Eltsine remet aux autorités
polonaises à Varsovie la copie de l’ordre signée
par Staline en 1940 qui a conduit à l’exécution
de 14 700 prisonniers polonais.
La vérité historique a enfin été rétablie
ce qui n’atténue en rien la monstruosité de
cet acte décidé par un seul homme.