Le
jouet dans les civilisations anciennes
Egypte. Grèce. Amérique du Sud
C’est en Egypte que l’on a retrouvé
les plus anciennes traces et représentations
de l’utilisation de jouets par les enfants.
Un noble appelé Mererouka, qui a vécu
vers 2 300 ans avant notre ère, a évoqué
ces jeux sur les parois de sa tombe.
Les enfants de la Grèce et de la Rome Antique
se voyaient également offrir des jouets.
Quant aux civilisations d’Amérique
du Sud, la découverte de ce qui semble
être des jouets remet par la même
occasion en cause l’invention
de la roue dans cette partie du monde.
Jeux et jouets en Egypte
La tombe de Mererouka a été découverte dans
la nécropole de Saqqarah, près du Caire actuel. Mererouka
était l'homme le plus puissant du royaume en ce temps-là.
Sa tombe est la plus vaste sépulture individuelle jamais
construite en Egypte.
Cet homme semblait fasciné par les jeux des enfants de l'époque.
Jouet d'enfant (vers 1150 avant notre
ère) Musée du Louvre
La nudité des garçons et la tresse qui pend sur un
côté de leur visage sont caractéristiques de
leur jeune âge.
Rien n’indique l’origine des joueurs. On ne sait donc
pas si les jeunes nobles se mêlaient aux enfants des couches
sociales plus pauvres.
Garçons et filles ne partagent pas les mêmes jeux.
Les garçons participent à des jeux qui exigent force
et adresse. Ainsi, sur les représentations, trois d’entre
eux portent sur leurs bras tendus un garçonnet qui avance
à quatre pattes.
D’autres garçons sont engagés dans une épreuve
de force et essayent de se déséquilibrer mutuellement.
Un jeu plus brutal a pour protagoniste principal un prisonnier,
incarné par un joueur, qui reçoit une volée
de coups de la part de ses compagnons.
Un peu plus loin, deux clans prennent part à un jeu qu’un
égyptologue égyptien moderne a identifié au
« khazza lawizza » de son enfance.
Ce divertissement s’est donc transmis aux petits égyptiens
durant plus de quatre millénaires.
Deux garçons, assis côte à côte, jambes
allongées et bras tendus, forment un obstacle que doivent
sauter leurs adversaires. Après chaque passage, ils élèvent
une main ou un pied.
Les fillettes exhibent leur agilité et leur grâce
dans des danses qu’elles interprètent avec des miroirs.
Elles jouent également avec des cerceaux.
Les jouets, absents des représentations et des textes, sont
connus grâce à l’archéologie. Les plus
beaux exemplaires ont été réalisés par
d’habiles artisans pour les enfants des riches. C’est
pour eux qu’on été réalisés les
premiers jouets connus articulés et actionnés par
un fil.
Jouet en ivoire provenant de la tombe
de Toutânkhamon (Musée Egyptien)
Parmi eux figure un lévrier en ivoire, en pleine course,
qui ouvre et ferme la gueule.
On a également retrouvé des pygmées en ivoire
qui dansent ou une femme en train de broyer du grain.
Jouet en bois (Musée de la
Bibliotheca Alexandrina)
Les tout-petits secouaient des hochets, des crécelles et
des clochettes. Dès qu’ils commencent à marcher,
ils traînaient derrière eux des chariots ou des animaux
montés sur roulettes.
Toupie provenant de la tombe de Toutânkhamon
Les jeux de société
étaient très à la mode. Le jeu du serpent était
un équivalent de notre jeu de l’oie.
Jeu du Mehen, un jeu de société
(IIIe siècle avant notre ère) Cambridge Fitzwilliam
Museum
Les enfants jouaient également
aux dés et à un jeu équivalent à notre
backgammon.
Dés en os d'un jeu de backgammon
Les fillettes étaient aux anges grâce aux poupées,
très stylisées, en bois, en chiffon ou en terre cuite.
Poupée avec des cheveux en
perle de boue (Musée Egyptien)
Les enfants des pauvres possédaient bien sûr peu
de jouets. Ils se contentaient de grossières figurines de
terre crue. En fait, et n’est-ce pas le plus important, ils
faisaient surtout travailler leur imagination.
Jouets et jeux dans la Grèce et la Rome
antiques
A la naissance, les enfants grecs et romains recevaient des jouets
qui célébraient l’évènement. Ils
en recevaient également à chaque anniversaire et au
Nouvel An.
Si les usages étaient proches des nôtres, par contre,
le symbolisme des jouets était différent. Les crécelles
ou les hochets ainsi que tous les jouets sonores étaient
investis d’un rôle magique. Leur bruit était
censé écarter les esprits malfaisants du bébé.
Les petits grecs jouaient avec des jeux qui se sont transmis jusqu’à
nos jours : toupies, Yo-yo, dînettes ou cerceaux.
La balançoire était également très appréciée
des jeunes Grecs puis plus tard des jeunes Romains.
Ces enfants, comme jeux collectifs, connaissaient le saute-mouton,
la mouche cuivrée (ancêtre du colin-maillard), les
dés, les osselets, les jeux de devinettes.
Finalement, leurs jeux et jouets n’étaient guère
différents de ceux que nous avons connus.
Le fossé est intervenu avec l’invention de l’électronique
et de l’informatique. Cependant, on peut se demander si robots,
consoles de jeux et jeux vidéo permettent toujours aux enfants
de faire preuve de créativité, d’adresse et
d’imagination.
Des jouets en Amérique du Sud ?
A Veracruz, au Mexique, des archéologues ont découvert
sur des sites funéraires datant du Ier siècle avant
notre ère, des petites figurines d’argile, équipées
d’une paire de roue.
On pensait jusqu’alors que les habitants du Nouveau Monde
ne connaissaient pas la roue. Les charrettes ne sont apparues sur
le continent américain qu’après la conquête
espagnole, soit 2 500 ans plus tard.
Cette découverte prouve que la roue était bien connue.
Pourtant, on peut se demander pourquoi ces populations ne tirèrent
aucun avantage de cette extraordinaire invention.
Ces statuettes datent de différentes époques. Certaines,
comme celles du jaguar, pouvaient également servir de sifflet.
Elles ont toutes été découvertes dans des tombes.
Elles avaient peut-être une signification spirituelle et non
ludique.
Nous ne savons pas pour le moment à quel usage était
destiné ces figurines.