L’apparition de la roue
Chronologiquement, la roue est d’abord
employée pour le transport et pour le tour.
Mais, les premières roues véhiculaires
en bois ont rarement survécu, tandis que
la fabrication de poteries au tour a laissé
des traces qui sont facilement reconnaissables
par les spécialistes.
Des tours de potier sont ainsi attestés
en Mésopotamie, à Sumer et à
Ur, vers 3500 avant notre ère.
Ils ont peut-être été aussi
en usage à la même époque
en Inde et en Iran.

Roue d'élévation
d'eau telle qu'elle continue à être
employée dans une oasis du désert
libyen
En ce qui concerne la roue véhiculaire,
nous ne sommes sûrs de son existence que
quelques siècles plus tard mais elle a
sans doute précédée l’invention
du tour.
La roue : une invention délaissée
?
Aux environ du Ier millénaire avant notre
ère, la roue s’est répandue
dans l’Ancien Monde. Les charrettes n’étaient
apparues sur le continent américain qu’après
la conquête espagnole, 2 500 ans plus tard.
Les historiens en avaient conclu que les habitants
du Nouveau Monde ne connaissaient pas la roue.
Mais, dans les années 40, à Veracruz,
au Mexique, des fouilles de sites funéraires
apportèrent la preuve du contraire.
On mis au jour plusieurs petites figurines d’argile,
chacune équipée d’une paire
de roues.
Les statuettes à roue ont été
construites pendant plusieurs siècles.
Certaines pouvaient servir de sifflet, d’autres
ressemblent à des jouets.

Pourquoi les habitants du Nouveau Monde ne tirèrent-ils
pas un usage pratique de la roue ?
Nul ne le sait.
Le premier véhicule
On trouve le premier témoignage d’un
véhicule à roues sur une tablette
du temple d’Inana, à Erech, en basse
Mésopotamie, qui a été daté
d’environ 3500 ans avant notre ère.
Cette tablette comporte un pictogramme très
schématique représentant ce qui
paraît être un chariot à deux
roues.
Des preuves plus tangibles attestent de l’emploi
de roues montées sur essieux au début
du IIIe millénaire en Mésopotamie
et dans l’Indus.

Chars à
roues pleines en bois sur l'étendard d'Ur
(Bas-relief en céramique mésopotamien,
IIIe millénaire, Londres, British Museum)
Des fouilles ont également mis au jour
à Mohenjo-Daro des modèles réduits
de chariots.
De plus, de véritables véhicules,
employés comme fourgons mortuaires, ont
été découverts dans les tombes
royales de Kish, de Suse et d’Ur.
Il s’agit de chars et de chariots à
deux ou quatre roues pleines.
Roue d’engrenage et transmission
Le premier instrument à train d’engrenages
connu est la célèbre horloge d’Anticythère
(Antikythira).
Ce mécanisme complexe, daté du IIe
siècle avant notre ère, a obligé
les archéologues à réviser
leurs conceptions sur le niveau technologique
atteint par les Grecs.

Reconstitution
du mécanisme d'Anticythère
Il faudra attendre près de 15 siècles,
et les premiers mécanismes d’horlogerie
de l’Occident médiéval, pour
voir apparaître des systèmes d’une
pareille complexité. La roue était
de toute évidence connue et utilisée
à une époque aussi reculée.
Cependant, c’est le seul objet de ce genre
qui a été retrouvé.
Le
mécanisme d'Anticythere
Les transmissions se composent d’au moins
deux roues d’engrenage et servent à
la transmission du mouvement.
Lorsque les dents s’engrènent, la
roue entraînée tourne dans le sens
opposé à celui de la roue motrice.
Ce principe était connu d’Aristote.
Dans l’ancienne Egypte, on puisait de l’eau
en utilisant la transmission de grandes roues
dentées en bois.
Les roues d’engrenage trouvent un grand
domaine d’utilisation : automobile, horlogerie
…

Les roues massives
étaient confectionnées avec un disque
de tronc d'arbre arrondi. Elles n'étaient
pas très résistantes et se brisaient
facilement. Les premiers progrès furent
apportés par des essieux auxquels la roue
était fixée par des chevilles en
bois
Une faucheuse gauloise
En 1834, l’inventeur américain Cyrus
McCormick mit au point la première faucheuse-moissonneuse
mécanique réellement efficace.
Cependant, une machine agricole analogue existait
déjà 2 000 ans auparavant dans la
Gaule antique.
Des bas-reliefs du Ier siècle représentent
cet antique engin : un énorme peigne fixé
sur deux roues et tiré par un âne
ou un mulet.

Le système semblait très bien fonctionner.
Pourtant, les Gaulois l’ont abandonné
au profit de l’ancienne méthode épuisante
pour les reins, le moissonnage à la faucille.
Pourquoi une telle régression ?
Bien que très ancienne, l’invention
de la roue ne trouvera une application à
grande échelle qu’au XIXe siècle
avec le début de l’ère industrielle.
L’expansion de la roue
dans le monde
La diffusion de la roue pleine a lieu au IIIe
millénaire depuis Sumer jusqu’à
la Syrie et l’Indus.
La roue à rayons apparaît vers 2000
avant notre ère en Mésopotamie,
en Iran et dans le Turkestan.
Cette innovation permet d’alléger
les roues et de les rendre plus manoeuvrables.
Elle rendra possible l’invention du char
léger à deux roues à rayons
au cours du IIe millénaire.

Char égyptien
à deux roues provenant d'une tombe de la
nécropole thébaine (1580-1320 avant
notre ère, Musée archéologique,
Florence)
La roue sert également à la mouture
des grains. Des meules et des moulins à
bras existaient en Mésopotamie à
la fin du IIe millénaire.
Le rouet est la dernière invention directement
issue de la roue. Il permet d’effectuer
un filage beaucoup plus rapide. Il rendra possible
l’émergence d’une première
industrie textile au Moyen Âge.
Le rouet a peut-être été inventé
en Inde ou en Chine. Il apparaît tardivement
entre le VIe et le VIIIe siècle.
V.B (02.05.2006)
Références bibliographiques
Les grandes inventions, éditions Larousse
1994. La Technique, Naumann & Göbel 2005.
La sagesse perdue des anciennes civilisations,
éditions Time-Life 1990
< Antiquité
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