Les enfants surdoués
Ces enfants semblent posséder un cerveau
qui fonctionne à un rythme incroyablement
rapide. Très jeunes, ils sont déjà
capables d’engloutir et assimiler les connaissances,
de raisonner comme des adultes, d’apprendre
à lire tout seul ou de jongler avec des
formules mathématiques.
Nous les appelons surdoués et leurs capacités
nous effraient un peu.
Est défini comme surdoué un enfant
dont le quotient intellectuel (Q.I.) dépasse
140 et qui manifeste par ailleurs des aptitudes
créatrices dans un ou plusieurs domaines.
Il n’y a pas que dans les sciences que
les enfants prodiges se distinguent mais également
dans les arts ou le sport.
Mozart apprit le clavecin à 4 ans, composa
sa première sonate à 6 ans et son
tout premier opéra, Bastien et Bastienne,
à 12 ans.

Le Thé à
l'anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au
Temple, avec toute la cour du prince de Conti
écoutant le jeune Mozart. Toile de Michel
Barthélemy Ollivier présentée
au Salon de 1777 (Musée du Louvre, Paris)
Primo Conti, un peintre italien né en
1900, réalisa son premier autoportrait
à 11 ans.
Christian Heinecken est un symbole parfait de
l’enfant prodige. Il mourut en 1725 à
l’âge de 4 ans 1/2. Il possédait
déjà des connaissances incroyables
en histoire sacrée, en géographie,
en droit et maîtrisait parfaitement le latin
et le français.

Christian Heinecken
Anatomiquement parlant, ces enfants ne présentent
aucune différence. Les chercheurs n’ont
trouvé aucune différence au niveau
du cerveau.
Les surdoués sont bien sûr beaucoup
plus nombreux que les génies en herbe.
Qu’est-ce que l’intelligence
?
Le principal obstacle est d’arriver à
donner une définition de l’intelligence.
On met souvent en avant les mathématiques
qui seraient le domaine privilégié
de l’intelligence.
Les notions les plus souvent citées
sont :
- Capacité à comprendre et à
manier des idées
- Grande faculté d’abstraction
- Faculté à s’adapter à
de nouvelles situations
Mais, comprendre les autres et les faire s’entendre
entre eux n’est-il pas une autre forme d’intelligence
?
L’intelligence du cœur en quelque sorte.
Etre capable de saisir rapidement une situation
et la débloquer est également une
forme d’intelligence.
Et que dire de ceux qui ont écrit l’histoire
de l’humanité et de leur fabuleuse
capacité à anticiper les évènements
?
La liste serait trop longue car l’intelligence
est insaisissable.
Quoi qu’il en soit, on s’accorde
à reconnaître qu’il y a une
échelle de l’intelligence.
Les tests d'intelligence
Un test d’intelligence est une épreuve
standardisée permettant d'évaluer
les capacités intellectuelles d'un sujet
par comparaison avec une moyenne établie
pour l'ensemble des individus ayant subi la même
épreuve.
Parmi les tests d'intelligence,
deux surtout sont utilisés :
Le test de Binet-Simon
mesure l'âge mental réel par rapport
à l'âge biologique. Il a ensuite
été perfectionné en test
de performance, ou quotient intellectuel (Q.I.),
par les psychologues allemand et américain
William Stern et Lewis M. Terman, respectivement
en 1910 et en 1917.
Le test de Weschler-Bellevue,
élaboré au Bellevue Psychiatric
Hospital de New York par le psychologue américain
David Weschler et publié en 1956, est destiné
à explorer l'ensemble du fonctionnement
psychique du sujet. Il consiste en une batterie
de tests mettant en jeu différentes opérations
intellectuelles : mise en ordre d'images, association
de différents éléments, reconstitution
de figures géométriques, etc…
Cependant, ces tests évaluent surtout
la logique et la rapidité. Ils ignorent
la créativité et l’imagination.
Ils ne mesurent donc pas l’intelligence
dans son ensemble et encore moins le génie.
Einstein aurait sans doute réalisé
un score médiocre.
Il faut donc se méfier des résultats
des tests de QI. Une mauvaise note ne fait de
personne un idiot.
La moyenne se situe autour de 100. Un surdoué
dépasse souvent 125.
Qu’est-ce qu’un
génie ?
Un enfant doué n’est pas un surdoué
qui lui-même n’est pas un génie.
De nombreux physiciens étaient sans conteste
des surdoués. Par contre, Einstein est
un physicien hors catégorie, hors échelle
: un génie.
Les physiciens surdoués ont tous un savoir
énorme et sont plus ou moins créatifs.
Einstein était différent. Ses travaux
et leurs résultats, tout comme ses idées,
ont bouleversés sa discipline mais, surtout,
notre représentation du monde et la philosophie.

Albert Einstein
Le génie est celui qui change tout, qui
va à contre-courant des idées du
moment. C’est un peu un marginal qui ne
compte que sur son intuition.
Autant dire qu’aucun test ne peut évaluer
un génie. Il échappe à toute
mesure.
Des cancres surdoués
Tous les surdoués ne brillent pas par
des résultats scolaires exceptionnels.
Timides, ils se font discrets pour passer inaperçus.
Beaucoup d’entre eux s’ennuient en
classe et finissent par devenir paresseux ou passent
leur temps à rêver.
Mais, il est rare qu’un surdoué
ne finisse pas par se faire remarquer dans son
domaine de prédilection. Cancres à
l’école, ils se réveillent
dans un environnement où leurs capacités
peuvent s’épanouir.
Le meilleur exemple est Pasteur. Mauvais élève,
il a démontré sa haute intelligence
une fois installé dans un laboratoire.

« Louis Pasteur
(à gauche) faisant l'appel des mordus devant
être vaccinés contre la rage par
le docteur Grancher. » (Gravure parue dans
l'Illustration © Archives Larbor)
L’imposture des bébés
Nobel
Il existe, notamment aux Etats-Unis, des banques
de spermes spécialisées dans la
semence de grands scientifiques, de cadres supérieurs
et de prix Nobel.
Plusieurs centaines de ces bébés
sont nés mais leurs parents ont eu une
énorme déception. Ils étaient
tout à fait ordinaires.
Aucun surdoué malgré ce sperme
« qualité garantie ».

Quelques "bébés
Nobel"
Cela n’étonnera en fait personne
car entre les gènes de la mère et
ceux du père, le nombre de combinaisons
est infini.
Le résultat est totalement aléatoire.
Le fils d’Einstein n’a jamais défrayé
la chronique par ses exploits.
Il est évident que les gènes sont
importants mais pas plus que l’environnement
dans lequel un enfant grandit.
L’éducation et l’environnement
familial influencent considérablement l’épanouissement
d’un individu.
Si on est à l’écoute de ses
enfants, le surdoué se réveillera
très vite. Dans le cas contraire, l’intellect
finit par s’endormir.
C’est l’éternel débat
entre l’inné et l’acquis.
Comment repérer un surdoué
et favoriser son épanouissement ?
Très tôt, c’est la curiosité
exacerbée de l’enfant qui dot alerter.
Il veut tout comprendre et pose sans arrêt
des questions.
Sa maîtrise du langage est en général
très précoce et sans passage par
le jargon « bébé ».
Très rapidement, c’est un fou de
lecture qui apprend très souvent à
lire seul.

Liu Ting, élève
à l'école pour surdoué de
Pékin. A 13 ans, elle jonglait avec les
formules mathématiques
L’enfant a une tendance au perfectionnisme
et déteste refaire deux fois la même
chose. Il préfère travailler seul
qu’en groupe ou sous le contrôle d’un
censeur.
Doit-on faire sauter des classes à un
surdoué ? C’est souvent la solution
adoptée mais l’enfant se retrouve
entouré de camarades plus vieux.
Les enfants surdoués posent un problème
éducatif particulier : les mêler
à d'autres élèves risque
de les démotiver, mais la création
de « classes de surdoués »
les expose à se désocialiser.
Certains enfants surdoués souffrent de
difficultés (désintérêt,
isolement, conduite d'échec) dues surtout
à ce décalage existant entre leur
rapidité d'apprentissage et une maturation
affective plus lente.
En Israël, il existe des groupes
d’enrichissement. Ils proposent des activités
parascolaires adaptées à tous les
niveaux.
Le gros avantage est que l’enfant peut approfondir
ses connaissances dans ses domaines favoris.
La créativité et la motivation
donnent de bien meilleurs résultats.
C’est très probablement la meilleure
solution sans perturber l’enfant. De nos
jours, il existe de nombreuses associations qui
proposent aux enfants comme aux adultes des activités
dans tous les domaines : astronomie, physique,
littérature, biologie, musique …
Enfin, la dernière solution est le travail
à domicile. Il y a une dizaine d’années,
Arthur Ramiandrisoa, un jeune français,
avait défrayé la chronique.
Il n’a jamais mis les pieds à l’école
et a passé tous ses examens en candidat
libre. Ses parents avaient mis au point un programme
d’apprentissage. Il est entré à
l’université à 12 ans.
Mais, avait-il des amis de son âge ?

Arthur Ramiandrisoa
Posséder des capacités intellectuelles
au-dessus de la moyenne ne doit pas être
synonyme de mise à l’écart.
Enfin, n’oublions pas qu’un cerveau
a besoin de se muscler comme le reste du corps.
Surdoué ou pas, on peut optimiser ses capacités
intellectuelles en respectant quelques règles
simples. L’intelligence ne s’use que
si on ne s’en sert pas alors gardons un
esprit ouvert et curieux quel que soit notre âge.
V.B (26.05.2006)
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de l'être humain
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