Une
prophétie catastrophique
Les Xhosa, jadis l’une des plus prospères tribus bantoues d’Afrique du Sud, vivaient au 18e et 19e siècle en clivage permanent avec les colons blancs qui s’appropriaient leurs terres. Une
frontière incertaine avait été
finalement établie en 1778 entre le peuple
Xhosa et les colons le long de la Fish River,
dans la province du Cap. C’est sur ce fond de peur et de superstition que la jeune Nongqause, nièce du sorcier Umhlakaza, eut sa vision en mai 1856.
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Alors qu’elle se trouvait près de la rivière, la jeune fille rencontra les ancêtres, sous la forme de quatre hommes grands, qui lui dirent : «
Nous sommes inquiets du déclin du peuple
Xhosa. Nous vous aiderons à mettre sur
pied une armée invincible pour repousser
l’homme blanc. Les Xhosa devaient ensuite construire de nouveaux enclos, pour les troupeaux prospères qui descendraient des pâturages célestes, et creuser des fosses profondes destinées à contenir les riches moissons que leur apporteraient les esprits. Ce n’est qu’après l’exécution de ces commandements que les ancêtres réapparaîtraient, précédés d’une tornade effroyable qui emporterait tous les incroyants.
Malgré les réticences de certains sceptiques de la tribu, le peuple Xhosa exécuta les ordres des ancêtres. Kreli, le chef de la tribu, influencé par le sorcier, ordonna le massacre des troupeaux et la destruction des récoltes. Pendant
10 mois, la tribu abandonna les travaux des champs.
Des milliers de Xhosa moururent de faim. Finalement,
Nongqause indiqua la date à laquelle les
ancêtres réapparaîtraient :
le 18 février 1857.
Mourant
de faim, les survivants se nourrirent de racines,
de baie et même d’écorce. Le sorcier, Umhlakasa, honni par son peuple, mourut lui-même de faim. Arrêtée, la jeune Nongqause, fut expédiée dans une ferme où elle mourut en 1898. 20 000 Xhosa sont morts de faim. Sur les 43 000 survivants, 30 000 furent obligés, pour subsister, de demander du travail dans les plantations des blancs. Cette tragique affaire peut nous sembler aberrante. Cependant, elle reflète bien l’histoire des tribus indigènes d’Afrique du Sud, partagées entre la haine et la superstition. V.B (25.11.2005) |