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Les Assemblées de la manchette. Paris, 1720-1750

L’histoire est remplie de faits insolites. L’anecdote qui suit est tirée d’un ouvrage du 18e siècle.
Les Assemblées de la manchette regroupent des pièces d’archives de la police parisienne concernant la surveillance des homosexuels.
Les « gens de la manchette » désignent les homosexuels tandis que les agents de surveillance sont appelés les « mouches ».
On les surnommera plus tard les « mouchards ».

Vers 1720, le but de la surveillance n’est pas de punir l’acte mais l’intention de le commettre en public.
Les relations masculines font l’objet d’une surveillance policière mais à visée dissuasive.

Les « mouches » ou « espions » doivent localiser les lieux publics les plus fréquentés par les « gens de la manchette ».
Ils n’hésitent pas à tendre des pièges pour attirer les éventuels homosexuels.

L’un de ces pièges consiste à déféquer ou à faire semblant dans les lieux les plus « contaminés ».
Apparemment, d’après les archives, les endroits les plus prisés par les homosexuels étaient les Tuileries, le jardin du Luxembourg et les quais de la Seine.

Les « mouches » baissaient donc leur pantalon une bonne partie de la nuit afin d’exhiber leurs parties génitales.
Ils pouvaient ainsi procéder à des flagrants délits dès qu’un homosexuel leur faisait une proposition « indécente ».
Leur sobriquet de « mouche » se transforma d’ailleurs en « mouche à merde » pour des raisons évidentes.

V. Battaglia (20.01.2010)

 

Lien

Claude Courouve. Les Assemblées de la Manchette. Surveillance des mœurs par la police parisienne ; archives de la Bastille
Ouvrage que vous pouvez télécharger sur In Libro Veritas. L'œuvre mise à disposition sous GNU Free Documentation Licence version 1.2. n'est pas intégrale. Une version numérisée de l'ensemble des archives doit être mise en ligne.