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Les Iguanodontidés (Iguanodontidae)

Les Iguanodontidés sont des dinosaures ornithopodes de taille moyenne ou grande (jusqu’à environ 10 m) qui vécurent du Jurassique supérieur à la fin du Crétacé.
Ces dinosaures étaient présents partout dans le monde ; Iguanodon étant le membre le plus connu de cette famille.
Durant la période du Jurassique supérieur, les Iguanodontidae se sont répandus dans le monde entier. Mais, quand la Pangée a commencé à se diviser, ces dinosaures sont restés isolés sur leurs différents continents.
Ouranosaurus, par exemple, est né en Afrique.
Les Iguanodontidés ont connu leur apogée en terme de diversité et d’abondance à la fin du Crétacé inférieur.
Ils ont ensuite commencé à décliner avant de disparaître à la fin de cette période.

 

Comparatif entre les Iguanodontidés

On constate une évolution chez les Iguanodontidae. Ils sont devenus de plus en plus grands et lourds mais également de moins en moins agiles.

De même, les membres inférieurs et postérieurs ont connu une évolution. Camptosaurus est apparu avant Iguanodon.
Il a vécu du Jurassique supérieur au Crétacé inférieur. Ses restes ont été retrouvés en Amérique du Nord et en Europe.
Ce dinosaure de 6 m de long marchait dressé sur ses pattes postérieures car ses pattes antérieures étaient trop courtes pour supporter son poids. Cependant, des traces de pas prouvent qu’il marchait parfois à quatre pattes.
Il possédait quatre doigts aux pieds et son pouce n’est pas complètement transformé en « éperon ».
Un petit sabot se trouvait à l’extrémité de chaque doigt.

Iguanodon, lui, pouvait atteindre 11 mètres ([ I. bernissartensis dont les fossiles ont été retrouvés en Europe, notamment en Belgique].
Ce grand ornithopode possédait des pieds à trois doigts et chaque orteil se terminait par un sabot.

Dessin © David Norman

Ses mains sont plus évoluées puisqu’il pouvait s’en servir aussi bien pour se défendre que pour attraper sa nourriture.

Dessin © David Norman

En effet, cette main comportait 4 doigts ainsi qu’un pouce terminé par une grosse pointe conique.
On ne connaît avec exactitude l’utilisation que faisait Iguanodon de cet ergot. On peut supposer qu’il s’en servait peut-être comme moyen de défense.

Iguanodon se déplaçait à quatre pattes mais pouvait se redresser sur ses membres postérieurs pour attraper la végétation. D’après sa morphologie, il était tout aussi bien bipède que quadrupède.

Régime alimentaire des Iguanodontidés

Les iguanodontidés sont des « broyeurs ». Leurs mâchoires et leurs dents sont parfaitement adaptées à cet usage.

Reconstitution par la BBC

Camptosaurus possédait de nombreuses dents petites et pointues afin de pouvoir transpercer les feuilles et les tiges. Son large bec corné lui servait à couper les plantes.
La végétation était particulièrement coriace car les dents s’usaient rapidement et devenaient presque plates.

Iguanodon possédait un large bec et des dents crénelées. Avec son bec, il engouffrait les végétaux qui étaient coupés et broyés avec ses nombreuses rangées de dents.
On sait qu’il conservait la nourriture mâchée dans ses poches musculeuses au niveau des joues afin de pouvoir la broyer une seconde fois.

Comparatif crânes de Camptosaurus et d'Iguanodon

Dessins © D. Norman et C.W Gilmore

Les iguanodons se déplaçaient en troupeau comme le montrent les pas fossilisés. Ils devaient, tout comme nos herbivores actuels, se déplacer en permanence à la recherche de nourriture.

Les dinosaures du Weald anglais (extrait de « Le livre de la vie » de Stephen Jay Gould)

Les données les plus riches sur la vie terrestre au début du Crétacé proviennent du Weald, au sud-est de l’Angleterre et de l’île de Wight.
Les dinosaures dominants étaient les ornithopodes dont notamment Iguanodon. Les sauropodes étaient par contre très rares et l’âge des géants herbivores était terminé.

Iguanodon y était particulièrement répandu et les nombreux fossiles retrouvés ont permis des études approfondies de ce dinosaure.

Moulage d'un squelette d'Iguanodon du musée Senckenberg, à Francfort

Son succès semble avoir été dû à ses habitudes alimentaires. Ses mâchoires étaient garnies de dents sans cesse remplacées, ce qui faisait de l’appareil buccal une sorte de râpe constamment en état de bon fonctionnement.
Le vrai progrès était la possibilité de mastiquer. En effet, l’équipement masticateur d’Iguanodon était évolué.
Les dents étaient inclinées de telle façon que, lorsque l’animal refermait ses mâchoires, elles poussaient les plaques latérales du museau vers le haut et l’extérieur.
Cela permettait aux dents d’exercer des forces de déchirement latérales.

Traces de pas attribuées à Iguanodon (© W.T Blows)

Iguanodon était capable de réduire ses aliments en bouillie, contrairement aux sauropodes qui avalaient les plantes entières.

La reproduction des dinosaures reste pour la plupart des espèces un mystère. En effet, on peut facilement imaginer que des dinosaures sans armures, ni épines tel Iguanodon s’accouplaient d’une manière « classique ». Le seul problème était que la femelle écarte sa queue.

Illustration © Le livre de la vie

Par contre, on n’ignore totalement quelle position pouvait prendre des dinosaures comme Stegosaurus qui possédait des piquants tout le long du dos.

Des iguanodontidés sur tous les continents

En Europe, les fossiles d’iguanodontidés sont nombreux. En 1877, on a retrouvé des os énormes, dans la petite ville de Bernissart en Belgique, appartenant à 31 iguanodons. Le premier fossile d’Iguanodon a été découvert en Angleterre en 1809.

La première reconstitution d’Iguanodon effectuée par Gideon Mantell en 1825 était totalement erronée. C’est ce géologue qui donna le nom d’iguanodon à ce nouveau dinosaure car les dents ressemblaient à celles des iguanes d’Amérique du Sud.
Ne possédant pas suffisamment d’éléments, il donna à Iguanodon l’apparence d’un dragon avec une petite tête et plaça le pouce en forme d’éperon au bout du museau.

Reconstitution par la BBC

Depuis, les paléontologues ont décrits de nombreuses espèces en Allemagne, Espagne ou en France.
En voici une liste non exhaustive :

Belgique : Iguanodon atherfieldensis, Iguanodon bernissartensis
France : Heterosaurus
Allemagne : Iguanodon atherfieldensis, Iguanodon bernissartensis, Terosaurus mantelli
Angleterre : Cetiosaurus brevius, Iguanodon anglicus, Iguanodon dawsoni, Iguanodon fittoni, Sphenospondylus gracilis, Vectisaurus valdensis …

Des fossiles ont également été découverts en Asie comme Jinzhousaurus yangi en Chine ou Altirhinus kurzanovski en Mongolie.

Squelette de Camptosaurus

Tenontosaurus dossi dont les fossiles ont été découverts notamment au Texas et en Arizona n’a été décrit qu’en 1995 puis 1997.

Encore plus tardivement, Lurdusaurus arenatus, qui vivait au Niger au Crétacé inférieur, n’a été décrit qu’en 1999. Son squelette assez bien conservé montre de grandes ressemblances avec les iguanodontidés d’Europe.

Toujours au Niger, Ouranosaurus est un iguanodontidé du Crétacé inférieur un peu particulier. En effet, il se caractérise par une « voile » qu’il porte tout le long de sa colonne vertébrale.
Cette voile, formée par le développement des épines neurales des vertèbres, servait peut-être de régulateur thermique.

Squelette d'Ouranosaurus du Musée municipal d'histoire naturelle de Venise

Il est à noter que des traces d’empreintes ont été retrouvées au nord du cercle polaire.

Classification

Ornithischia Ornithopoda Iguanodontia

V.B (06.09.2006)

Références bibliographiques

Le livre de la vie, sous la direction de Stephen Jay Gould, éditions Seuil. La grande encyclopédie des dinosaures de David Norman, éditions Gallimard. Dinosaures et autres animaux de la préhistoire, éditions Könemann. L’encyclopédie des dinosaures, éditions Gallimard. Dinosaures, les seigneurs de la Terre, éditions Nathan

En savoir plus sur les Iguanodontidés

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Camptosaurus

Ouranosaurus

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