Comparatif entre les Iguanodontidés
On
constate une évolution chez les Iguanodontidae.
Ils sont devenus de plus en plus grands et lourds
mais également de moins en moins agiles.
De
même, les membres inférieurs et postérieurs
ont connu une évolution. Camptosaurus est
apparu avant Iguanodon.
Il a vécu du Jurassique supérieur
au Crétacé inférieur. Ses
restes ont été retrouvés
en Amérique du Nord et en Europe.
Ce dinosaure de 6 m de long marchait dressé
sur ses pattes postérieures car ses pattes
antérieures étaient trop courtes
pour supporter son poids. Cependant, des traces
de pas prouvent qu’il marchait parfois à
quatre pattes.
Il possédait quatre doigts aux pieds et
son pouce n’est pas complètement
transformé en « éperon ».
Un petit sabot se trouvait à l’extrémité
de chaque doigt.

Iguanodon,
lui, pouvait atteindre 11 mètres ([ I.
bernissartensis dont les fossiles ont été
retrouvés en Europe, notamment en Belgique].
Ce grand ornithopode possédait des pieds
à trois doigts et chaque orteil se terminait
par un sabot.

Dessin
© David Norman
Ses mains sont plus évoluées puisqu’il
pouvait s’en servir aussi bien pour se défendre
que pour attraper sa nourriture.

Dessin
© David Norman
En effet, cette main comportait 4 doigts ainsi
qu’un pouce terminé par une grosse
pointe conique.
On ne connaît avec exactitude l’utilisation
que faisait Iguanodon de cet ergot. On peut supposer
qu’il s’en servait peut-être
comme moyen de défense.
Iguanodon
se déplaçait à quatre pattes
mais pouvait se redresser sur ses membres postérieurs
pour attraper la végétation. D’après
sa morphologie, il était tout aussi bien
bipède que quadrupède.
Régime alimentaire des Iguanodontidés
Les
iguanodontidés sont des « broyeurs
». Leurs mâchoires et leurs dents
sont parfaitement adaptées à cet
usage.

Reconstitution par
la BBC
Camptosaurus possédait de nombreuses dents
petites et pointues afin de pouvoir transpercer
les feuilles et les tiges. Son large bec corné
lui servait à couper les plantes.
La végétation était particulièrement
coriace car les dents s’usaient rapidement
et devenaient presque plates.
Iguanodon
possédait un large bec et des dents crénelées.
Avec son bec, il engouffrait les végétaux
qui étaient coupés et broyés
avec ses nombreuses rangées de dents.
On sait qu’il conservait la nourriture mâchée
dans ses poches musculeuses au niveau des joues
afin de pouvoir la broyer une seconde fois.
Comparatif
crânes de Camptosaurus et d'Iguanodon

Dessins
© D. Norman et C.W Gilmore
Les
iguanodons se déplaçaient en troupeau
comme le montrent les pas fossilisés. Ils
devaient, tout comme nos herbivores actuels, se
déplacer en permanence à la recherche
de nourriture.
Les dinosaures du Weald anglais (extrait
de « Le livre de la vie » de Stephen
Jay Gould)
Les
données les plus riches sur la vie terrestre
au début du Crétacé proviennent
du Weald, au sud-est de l’Angleterre et
de l’île de Wight.
Les dinosaures dominants étaient les ornithopodes
dont notamment Iguanodon. Les sauropodes étaient
par contre très rares et l’âge
des géants herbivores était terminé.
Iguanodon
y était particulièrement répandu
et les nombreux fossiles retrouvés ont
permis des études approfondies de ce dinosaure.

Moulage
d'un squelette d'Iguanodon du musée Senckenberg,
à Francfort
Son
succès semble avoir été dû
à ses habitudes alimentaires. Ses mâchoires
étaient garnies de dents sans cesse remplacées,
ce qui faisait de l’appareil buccal une
sorte de râpe constamment en état
de bon fonctionnement.
Le vrai progrès était la possibilité
de mastiquer. En effet, l’équipement
masticateur d’Iguanodon était évolué.
Les dents étaient inclinées de telle
façon que, lorsque l’animal refermait
ses mâchoires, elles poussaient les plaques
latérales du museau vers le haut et l’extérieur.
Cela permettait aux dents d’exercer des
forces de déchirement latérales.

Traces
de pas attribuées à Iguanodon (©
W.T Blows)
Iguanodon
était capable de réduire ses aliments
en bouillie, contrairement aux sauropodes qui
avalaient les plantes entières.
La
reproduction des dinosaures reste pour la plupart
des espèces un mystère. En effet,
on peut facilement imaginer que des dinosaures
sans armures, ni épines tel Iguanodon s’accouplaient
d’une manière « classique ».
Le seul problème était que la femelle
écarte sa queue.

Illustration ©
Le livre de la vie
Par contre, on n’ignore totalement quelle
position pouvait prendre des dinosaures comme
Stegosaurus qui possédait des piquants
tout le long du dos.
Des iguanodontidés sur tous les
continents
En
Europe, les fossiles d’iguanodontidés
sont nombreux. En 1877, on a retrouvé des
os énormes, dans la petite ville de Bernissart
en Belgique, appartenant à 31 iguanodons.
Le premier fossile d’Iguanodon a été
découvert en Angleterre en 1809.
La
première reconstitution d’Iguanodon
effectuée par Gideon Mantell en 1825 était
totalement erronée. C’est ce géologue
qui donna le nom d’iguanodon à ce
nouveau dinosaure car les dents ressemblaient
à celles des iguanes d’Amérique
du Sud.
Ne possédant pas suffisamment d’éléments,
il donna à Iguanodon l’apparence
d’un dragon avec une petite tête et
plaça le pouce en forme d’éperon
au bout du museau.

Reconstitution
par la BBC
Depuis,
les paléontologues ont décrits de
nombreuses espèces en Allemagne, Espagne
ou en France.
En voici une liste non exhaustive :
Belgique
: Iguanodon atherfieldensis, Iguanodon bernissartensis
France : Heterosaurus
Allemagne : Iguanodon atherfieldensis, Iguanodon
bernissartensis, Terosaurus mantelli
Angleterre : Cetiosaurus brevius, Iguanodon anglicus,
Iguanodon dawsoni, Iguanodon fittoni, Sphenospondylus
gracilis, Vectisaurus valdensis …
Des
fossiles ont également été
découverts en Asie comme Jinzhousaurus
yangi en Chine ou Altirhinus kurzanovski en Mongolie.

Squelette
de Camptosaurus
Tenontosaurus
dossi dont les fossiles ont été
découverts notamment au Texas et en Arizona
n’a été décrit qu’en
1995 puis 1997.
Encore
plus tardivement, Lurdusaurus arenatus, qui vivait
au Niger au Crétacé inférieur,
n’a été décrit qu’en
1999. Son squelette assez bien conservé
montre de grandes ressemblances avec les iguanodontidés
d’Europe.
Toujours
au Niger, Ouranosaurus est un iguanodontidé du Crétacé
inférieur un peu particulier. En effet,
il se caractérise par une « voile
» qu’il porte tout le long de sa colonne
vertébrale.
Cette voile, formée par le développement
des épines neurales des vertèbres,
servait peut-être de régulateur thermique.

Squelette
d'Ouranosaurus du Musée municipal d'histoire
naturelle de Venise
Il
est à noter que des traces d’empreintes
ont été retrouvées au nord
du cercle polaire.
Classification
Ornithischia
Ornithopoda Iguanodontia
V.B
(06.09.2006)
Références bibliographiques
Le
livre de la vie, sous la direction de Stephen
Jay Gould, éditions Seuil. La grande encyclopédie
des dinosaures de David Norman, éditions
Gallimard. Dinosaures et autres animaux de la
préhistoire, éditions Könemann.
L’encyclopédie des dinosaures, éditions
Gallimard. Dinosaures, les seigneurs de la Terre,
éditions Nathan
En
savoir plus sur les Iguanodontidés
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