Iguanodon Iguanodon (A la dent d'iguane) mérite sa place dans l'histoire des dinosaures. Ce fut le deuxième dinosaure découvert. On retrouva un morceau de son grand tibia dans le sud de l'Angleterre en 1809. |
Quelques dents et autres os furent découverts en 1819. Pour les scientifiques de l'époque, ces dents appartenaient à un mammifère géant. Mais Gideon Mantell, géologue et grand collectionneur de fossiles, remarqua que ces dents étaient de type reptilien et qu'elles ressemblaient à celles des iguanes d'Amérique centrale et du Sud. Il appela donc cet animal Iguanodon et le présenta à la communauté scientifique en 1825.
Baryonyx qui guette des Iguanodons. By Mark Witton Mantell essaya d'en faire une reconstitution, mais au vu des rares informations disponibles, il s'agissait de pures spéculations. Il donna à Iguanodon l'apparence d'un dragon, ayant une grosse queue et une petite tête de lézard. Il plaça une petite corne, en fait l'un des « pouces » de l'animal, sur son museau. En 1871, un squelette presque complet d’Iguanodon est découvert près de Hastings. Owen en décrivit différentes parties mais ne comprit pas que toutes appartenaient au même animal. Les pièces récoltées furent malencontreusement mélangées.
Photo de 1879-1880 du premier essai de remontage d'un Iguanodon. Des petits squelettes d'émeu et de wallaby servaient de modèles ( Institut royal des sciences naturelles de Belgique) Ce n'est qu'en 1878 que la véritable nature de Iguanodon devint claire. Cette année-là, dans la petite ville de Bernissart en Belgique, des mineurs de charbon qui creusaient une galerie découvrirent des os énormes qui s'avérèrent appartenir à plus de 30 iguanodons. Ces squelettes spectaculaires sont aujourd'hui exposés à l'Institut royal des sciences naturelles de Bruxelles.
Main isolée retrouvée à Bernissart ( Institut royal des sciences naturelles de Belgique). By Terra Nova Beaucoup plus récemment en 1980, près du village de Nehden, en Allemagne, on a découvert des fragments d’os fossiles dans une poche d’argile. Dans ces dépôts extrêmement fossilifères, des os éparpillés, des dents d’Iguanodon ainsi que les restes d’un bébé dinosaures furent mis au jour.
Spécimen exposé à Bruxelles ( Institut royal des sciences naturelles de Belgique). By Terra Nova Supplément d'informations transmis par Claire Serrano, conservation départementale de Haute-Marne (mars 2008) Parmi les lieux de découvertes de fossiles, trop peu connus des restes d'iguanodon sont conservés au musée de St Dizier, en Haute-Marne (France). Ils ont été découverts en 1971.
Iguanodon mesurait 5 m de haut, 9 m de long et devait peser quelque 4,5 t. Des troupeaux d'iguanodons devaient parcourir le paysage tropical du Crétacé, se nourrissant de fougères et de prêles aux abords des rivières. Bien que se tenant souvent à quatre pattes, ils pouvaient également prendre une position bipède, se servant de leur longue queue tendue pour se stabiliser.
Trace fossilisée d'un Iguanodon. By Raela 9 La tête de ce grand dinosaure se termine par un museau proéminent et de puissantes mâchoires en forme de bec. Les molaires devaient permettre de broyer les végétaux, car les os de la mâchoire supérieure pouvaient bouger indépendamment lorsque les deux mâchoires étaient emboîtées. Iguanodon possédait des pieds à trois doigts. Chaque orteil se termine par un sabot. Le bout des doigts était posé à plat sur le sol. Par contre, les os du pied étaient redressés au-dessus du sol. Iguanodon marchait donc sur la pointe des pieds.
Pied d'Iguanodon (photo prise au musée d'Histoire Naturelle de Londres). By Terra Nova Chaque bras, court, est terminé par une main à 5 doigts s'écartant complètement et permettant à l'animal de se déplacer à quatre pattes : 3 des doigts étaient pourvus de « sabots ». Le 5e, ou « petit » doigt, était suffisamment flexible pour saisir les feuilles basses et les amener à sa gueule.
Pouce d'Iguanodon (photo prise au musée d'Histoire Naturelle de Londres). By Terra Nova Le premier doigt, ou « pouce », formait un ergot proéminent sur le côté de la main. En 1825, Mantell n'avait retrouvé que l'un de ces ergots et, ne sachant pas de quelle partie du corps il provenait, il l'avait placé sur le museau, comme une corne.
Illustration Iguanodons. By Mark Witton Tout comme Megalosaurus, Iguanodon a laissé ses empreintes dans les roches du sud de l'Angleterre. De grandes traces laissent penser que les animaux se déplaçaient debout et en troupeau. Des empreintes similaires (mais aucun ossement) ont également été trouvées en Amérique du Sud et au Spitzberg, au nord du cercle polaire, témoignant ainsi de la grande répartition des iguanodons il y a quelque 100 millions d'années.
Le problème du dimorphisme sexuel est l'un des plus sérieux qui se pose à la paléontologie. Les différences entre les squelettes fossiles de deux animaux par ailleurs très semblables peuvent avoir plusieurs significations :
Seuls des animaux vivants apporteraient une réponse.
Dessin de Lavalette d'un squelette mis au jour à Bernissart (© Institut royal des sciences naturelles de Belgique) Dans le cas d'Iguanodon, les squelettes de Bernissart ont tous été découverts à l'intérieur d'un même gisement, ils pourraient par conséquent représenter une «population» locale.
Reconstitution de la musculature (© Mark Hallet) Ces deux espèces se distinguent par quelques différences anatomiques : la forme du crâne, des os de la main, du bassin et du pied. Mais que signifient-elles? Ces différences, puisqu'elles sont constantes (même en comparant des individus de taille semblable), indiquent à première vue qu'il s'agit de squelettes de deux espèces séparées (ce qui justifierait les deux noms). Il y a peu de chance en effet pour que ces deux «types» représentent des variations à l'intérieur d'une seule et même espèce (ces différences sont trop marquées et trop constantes).
Schéma de la fermeture de la main. Les doigts ne peuvent pas se rapprocher assez pour former un "poing" (Dessin de David Norman) Une des hypothèses serait que ces deux «types» représentent les mâles et les femelles d'une même espèce. Sur ce point, les opinions des «Spécialistes» divergent. Certains des auteurs qui accréditent l'hypothèse du dimorphisme sexuel considèrent que le «type» de petite taille (I. mantelli) est la forme mâle, tandis que d'autres le considèrent comme la forme femelle (si nous les comparons aux reptiles actuels, chez certains lézards et crocodiles, les mâles sont plus gros que les femelles, tandis que chez les tortues, les femelles sont généralement plus grosses que les mâles).
Illustration de l'attaque d'un Goniopholis sp. sur un jeune iguanodon. By Mark Witton Deux questions restent à résoudre : premièrement, les différences peuvent-elles refléter un dimorphisme sexuel, et deuxièmement, les deux «types» peuvent-ils avoir eu des niches écologiques différentes ? Nous ne disposons d'aucune réponse satisfaisante. Actuellement on admet qu'il peut s'agir, soit de deux espèces, soit d'une différence sexuelle au sein d'une même espèce.
Ornithischia Ornithopoda Iguanodontia Iguanodontidae Taille:6 à 11 m de long environ. [ Iguanodon bernissartensis: 11 m; Iguanodon hollingtonensis: 6 m ] Espèce type: Iguanodon bernissartensis: 11 m de long. Découvert en Belgique, Espagne, Allemagne, Angleterre. Décrit en 1881, Boulenger. 19 autres espèces décrites. Découverte des fossiles: Belgique, Allemagne, Espagne, Angleterre, Etats-Unis, Roumanie et France V.B (06.2003) M.à.J 28.03.2008
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