Les anciens Egyptiens admiraient
l’ibis sacré. Ils l’apprivoisèrent
et en firent le dieu Thot, symbole de l’éloquence
et du savoir. L’ibis sacré gardait
les temples et faisait l’objet d’un
culte fervent.
A cette époque, aucun roi, ni pharaon n’aurait
accepté d’être enterré
sans la présence à ses côtés
de nombreuses momies du dieu-ibis.
C’est pourquoi on a retrouvé autant
d’ibis sacrés momifiés dans
les sépultures.
Dieu Thot à tête d'ibis
avec la déesse Maât (Musée de Hanovre)
La population d’ibis sacrés est en forte diminution
sur les bords de la mer Caspienne et à l’est de la
mer Noire.
En revanche, cet oiseau est encore bien présent en Afrique
et à Madagascar.
Hôte de toutes les zones humides, il était autrefois
abondant le long du Nil. Il a aujourd’hui disparu d’Egypte
pour des raisons inconnues.
Assez longiligne, l’ibis sacré est plutôt court
sur pattes. Il arpente les marais et les rives des fleuves, scrutant
le fond envasé des eaux peu profondes pour y dénicher
ses proies.
Il se nourrit de grenouilles, d’insectes, de larves, de serpents
et de crustacés divers.
Charognard à l’occasion, il ne dédaigne pas
un cadavre de petit mammifère ou de poisson mort.
Dans les îles d’Afrique du Sud, il tue les oisillons
des cormorans et dévore les viscères des oiseaux morts.
On le rencontre en couples ou en petits groupes. Très sociable,
il se mêle volontiers aux troupeaux sans s’inquiéter
des bergers.
En vol, les ibis sacrés forment de longues lignes ondulantes,
où chaque individu reproduit les mouvements de celui qui
le précède comme le font les pélicans.
Les ibis volent en cadence, planant, glissant et ondulant au rythme
lent des battements de leurs larges ailes.
L’ibis sacré n’est pas un oiseau migrateur.
Il effectue des déplacements limités, abandonnant
le continent africain pour aller se reproduire dans les petites
îles côtières.
En France, certains ibis échappés de captivité,
on commencé à se reproduire près du Golfe du
Morbihan.
Un nid rencontré au sol est exceptionnel. L’ibis sacré
niche en colonie, dans les arbres proches de l’eau.
Le nid ressemble à une plate-forme plus ou moins volumineuse,
constituée de branchages.
Les deux parents participent à sa construction et couvent
à tour de rôle les 3 œufs environ de couleur blanc
verdâtre pendant 23 à 25 jours.
Ils élèvent ensemble les petits pendant environ 7
semaines.
V.B (31.07.2005)
Fiche technique
Ordre des Ciconiiformes
Famille des Threskiornithidés
Longueur : 65 à 75 cm environ
Nom scientifique : Threskiornis aethiopica
Distribution : Toute l’Afrique au sud du Sahara sauf dans
les forêts humides, Madagascar, Seychelles et sud de l’Iraq