Homme de Flores Homo floresiensis L'Homme de Florès ou Homo floresiensis est-il un Homo erectus qui a évolué en fonction de son environnement insulaire ? Il semblerait que l'extraordinaire découverte confirme que Homo floresiensis et donc Homo erectus a côtoyé l'homme moderne pendant bien plus longtemps qu'on ne le pensait. En effet, jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que depuis l’australopithèque, le seul homme préhistorique (hominidé scientifiquement) à avoir côtoyé l’homme moderne (Homo sapiens) était l’homme de Neandertal qui s’est éteint il y a environ 28 000 ans en Europe. Mais la découverte qui vient d’être faite remet tout en question. En effet, Peter Brown et son équipe ont découvert sur l’île Florès en Indonésie les squelettes d’un nouvel homo baptisé Homo floresiensis. Comme le dit le paléontologue Jean-Jacques Hublin: "c'est une révolution. Tous les arbres de l'évolution du genre Homo sont à jeter". Les dernières études sur les légendes locales pourraient être des pistes interessantes. En effet, il devient de plus en plus évident que l'homme de Florès était encore présent sur l'île à une époque très récente, peut-être même au XVIIe siècle. |
Sept squelettes de un mètre de haut ont été découverts dans une grotte (Liang Bua), sur une île indonésienne, l'île de Florès. Les découvreurs les ont baptisé "hobbits" en hommage à l'écrivain J.R.R Tolkien. D'après les datations, cette nouvelle espèce d'Homo aurait vécu il y a entre 95 000 et 13 000 ans. Donc, trois espèces d'Homo, au moins, ont coexisté.
Outre les fossiles humains dont le squelette presque complet d’une femme (le crâne, la mâchoire, les dents et os du corps), ont été retrouvés des os et des dents de sept autres individus. De plus, des outils et des os d'éléphants nains ont également été retrouvés à leurs côtés.
La petite taille de l'homme de Florès et les 380 centimètres cubes de son cerveau le distinguent de ses contemporains, Homo sapiens, qui évoluaient dans la même région à la même époque. Le crâne, décrit à la demande de la revue Nature par le paléontologue anglais Chris Stringer, qui ne fait pas partie des découvreurs, présente un "mélange unique de caractéristiques primitives et avancées". Le crâne est de la même taille que celui d'un chimpanzé, la boîte crânienne est basse avec une arcade sourcilière proéminente.
Crâne d'Homo floresiensis (Revue Nature) Cette femme, âgée d'une trentaine d'années,
a des mensurations hors normes. En effet, son crâne minuscule
est dotée d'un cerveau gros comme un pamplemousse. D'ailleurs, les paléontologues ont d'abord cru qu'ils venaient d'exhumer un enfant. Cependant, malgré sa petite taille cette femme est très bien proportionnée.
Le visage est délicat, comme celui des humains modernes. Les dents sont de la même taille que les nôtres. Ce sont ces dernières caractéristiques qui placent définitivement homo floresiensis parmi les hominidés. Le crâne de l'homme de Florès, bien que minuscule, est fait sur le même modèle que celui d'Homo erectus. Ce dernier pourrait donc être l'ancêtre d'Homo floresiensis.
Crâne d'un Homo erectus . (Natural History Museum, Michigan). By Thomas Roche . Licence
Isolé sur son île, cet Homo erectus aurait évolué vers le nanisme. «Les conditions insulaires peuvent conduire à une réduction de taille chez les mammifères» explique Marie-Hélène Moncel, préhistorienne au Muséum d’histoire naturelle de Paris. «Un des cas les plus connus est le fossile d’un mammouth nain datant de 4.000 ans retrouvé sur l’île de Wrangel au nord-est de la Sibérie». Selon les spécialistes, Homo floresiensis ne peut être classé parmi les hommes modernes, qu'on suppose sortis d'Afrique il y a 100 000 ans, et installés déjà depuis 60 000 ans dans le nord de l'Australie.
Crânes en partant de la gauche: Homo erectus. Homo neanderthalensis. Homo sapiens. By Hairymuseummatt . Licence Par contre Homo floresiensis pourrait être le descendant d’Homo erectus d'Asie, dont le plus connu est l'homme de Java. Ces ancêtres auraient pu atteindre l'île de Flores il y a presque un million d'années en passant sur des bras de terre. Ils arrivaient probablement du continent eurasiatique et ont franchi la ligne de Wallace en bateau. Quand le niveau de la mer est remonté, cette migration s’est
interrompue. Il faut rappeler qu'on a retrouvé, il y a 6 ans, sur cette
même île, des galets rudimentaires datés de Homo floresiensis fabriquait des outils et maîtrisait le feu. Des lames de silex noir, finement taillées, ont été découverts dans les mêmes niveaux que les ossements. Les découvreurs pensent que cette espèce s'est éteinte, il y a environ 12 000 ans, suite à une catastrophe volcanique. Cependant, rien n'indique qu'elle n'a pas pu survivre plus longtemps.
Cette question peut sembler stupide mais elle a pourtant été posée. En effet, les médias ont ressorti des légendes faisant état des nains, Ebu Gogo dans la langue locale "ancêtre de la forêt qui mange n'importe quoi" , qui vivraient dans les cavernes de l'Ouest de l’île de Flores. Ces légendes locales parlent de petits hommes habitant dans des grottes qui descendaient pour voler de la nourriture dans les villages. Mais nul ne sait s’il s’agit de mythes créés à partir de découvertes d’ossements ou d’une réalité. Il est vrai que treize mille ans, à l'échelle biologique, c'est hier. Les chercheurs n'hésitent pas à dire qu'ils ont probablement survécu jusqu'à il y a 12 000 ans.
Comparatif de l'os d'un bras de l'homme de Florès qui est deux fois plus petit que le nôtre (National Geographic) Recemment, les chercheurs ont même envisagé que l'homme de Florès pouvait être encore en vie au XVIIe siècle au moment de la colonisation de l'île par les Hollandais.
Si Homo floresiensis a subi le "nanisme insulaire", ce n'est pas le cas de tous les animaux qu'ils ont côtoyé. En effet, le dragon de Komodo vivait également sur l'île. On y trouvait également les stégodons, un groupe
d'éléphants asiatiques. Cet éléphant
nain mesurait
Les paléontologues qui ont découvert l’homme de Flores en 2004 présentent de nouvelles preuves de l’existence d’un Homo de petite taille il y a environ 15.000 ans sur cette île indonésienne. Michael Morwood, Peter Brown et leurs collègues ont trouvé d’autres fossiles d’hominidés dans la grotte de Liang Bua, notamment une mâchoire très similaire à la première. Ils publient ces découvertes dans la revue Nature du 13 octobre. Les paléontologues qui ont découvert l’hominidé sur Flores, vieux de seulement 18.000 ans, estiment qu’il s’agit d’une nouvelle espèce, Homo floresiensis, qui a évolué vers le nanisme à cause de son isolement insulaire. Malgré sa petite taille et son cerveau pas plus gros que celui d’un chimpanzé, l’homme de Flores avait des outils déjà sophistiqués. Contestant cette théorie, d’autres chercheurs affirment qu’une maladie est la cause de sa petitesse : l’homme de Flores serait microcéphale.
Grotte dans laquelle les restes d'Homo floresiensis ont été retrouvés (Capture d'écran d'après le documentaire diffusé sur Arte) Brown et ses collègues ont cependant trouvé d’autres fossiles sur le même site qui accréditent la thèse d’une nouvelle espèce d’Homo. Les os auraient appartenu à neuf individus différents, selon les paléontologues. La mâchoire est très similaire à celle du premier crâne exhumé. Les tibias et les os des bras retrouvés confirment qu’il s’agissait d’êtres de petite taille, environ un mètre de hauteur. En revanche ses proportions sont inhabituelles : il a de longs bras qui rappellent davantage les australopithèques qu’homo erectus.
Illustration de l'homme de Florès (Capture d'écran d'après le documentaire diffusé sur Arte) Si les chercheurs sont moins affirmatifs que lors de leur première publication sur l’arbre généalogique de l’homme de Flores, ils réaffirment qu’il s’agit bien d’une espèce en soi. Le débat n’est sans doute pas clos pour autant. Leurs contradicteurs ont récemment fait savoir qu’ils allaient publier leurs arguments.
Avec les neufs nouveaux squelettes partiels découverts par
les Australiens, nous avons la certitude que cet hominidé
est bien une espèce à part.
Nouvelle confirmation que l'homme de Flores est une espèce à part. Il ne s'agit pas d'un Homo sapiens atteint de microcéphalie ou de nanisme d'après les derniers tests effectués par Matthew Tocheri, du Museum d'histoire de Washington, et son équipe. Les chercheurs ont modélisé en 3D trois os du poignet (scaphoïde, trapezoïde et capitatum). Ces analyses montrent que les os sont morphologiquement proches de ceux des ancêtres de l'homme moderne et des grands singes mais pas d'Homo sapiens ni de Neandertal. Le lien entre l'homme de Flores et Homo erectus n'est pas établi pour le moment car les chercheurs ne disposent pas d'os du poignet de cette espèce pour la période donnée. V.B (2004) Dernière M.à.J 11.2007 |







