La découverte d’Homo floresiensis
Sept squelettes de un mètre de haut ont été
découverts dans une grotte (Liang Bua), sur une île
indonésienne, l'île de Flores.
Les découvreurs les ont baptisé "hobbits"
en hommage à l'écrivain J.R.R Tolkien.
D'après les datations, cette nouvelle espèce d'homo
aurait vécu il y a entre 95 000 et 13 000 ans.
Donc, trois espèces d'homo, au moins, ont coexisté.
Les squelettes présentent toutes les caractéristiques
morphologiques de notre genre Homo. Cependant ils ne mesurent qu’un
mètre et leur boîte crânienne est plus petite
que celle de Lucy, la célèbre australopithèque.

Outre les fossiles humains dont le
squelette presque complet d’une femme (le crâne, la
mâchoire, les dents et os du corps), ont été
retrouvés des os et des dents de sept autres individus. De
plus, des outils et des os d'éléphants nains ont également
été retrouvés à leurs côtés.
Portrait d'homo floresiensis
La petite taille de l'homme de Flores et les 380 centimètres
cubes de son cerveau le distinguent de ses contemporains Homo sapiens
qui évoluaient dans la même région à
la même époque.
Le crâne, décrit à la demande de la revue
Nature par le paléontologue anglais Chris Stringer, qui ne
fait pas partie des découvreurs, présente un "mélange
unique de caractéristiques primitives et avancées".
Le crâne est de la même taille que celui d'un chimpanzé,
la boîte crânienne est basse avec une arcade sourcilière
proéminente.

Crâne d'Homo floresiensis
Cette femme, âgée d'une trentaine d'années,
a des mensurations hors normes. En effet, son crâne minuscule
est dotée d'un cerveau gros comme un pamplemousse.
Elle pesait à peine 25 Kg et mesurait un mètre de
haut, soit 25 cm de moins que Lucy.
D'ailleurs, les paléontologues ont d'abord cru qu'ils venaient
d'exhumer un enfant. Cependant, malgré sa petite taille cette
femme est très bien proportionnée.

Le visage est délicat, comme celui des humains modernes.
Les dents sont de la même taille que les nôtres. Ce
sont ces dernières caractéristiques qui placent définitivement
homo floresiensis parmi les hominidés.
Le crâne de l'homme de Flores, bien que minuscule, est fait
sur le même modèle que celui d'Homo erectus. Ce dernier
pourrait donc être l'ancêtre d'Homo floresiensis.

Crâne d'un Homo erectus
Théorie sur ce nouvel hominidé
Isolé sur son île, cet Homo erectus aurait évolué
vers le nanisme. «Les conditions insulaires peuvent conduire
à une réduction de taille chez les mammifères»
explique Marie-Hélène Moncel, préhistorienne
au Muséum d’histoire naturelle de Paris. «Un
des cas les plus connus est le fossile d’un mammouth nain
datant de 4.000 ans retrouvé sur l’île de Wrangel
au nord-est de la Sibérie».
Selon les spécialistes, Homo floresiensis ne peut être
classé parmi les hommes modernes, qu'on suppose sortis d'Afrique
il y a 100 000 ans, et installés déjà depuis
60 000 ans dans le nord de l'Australie.

Crâne d'un Homo sapiens
Par contre Homo floresiensis pourrait être le descendant
d’Homo erectus d'Asie, dont le plus connu est l'homme de Java.
Ces ancêtres auraient pu atteindre l'île de Flores il
y a presque un million d'années en passant sur des bras de
terre. Ils arrivaient probablement du continent eurasiatique et
ont franchi la ligne de Wallace en bateau.
Quand le niveau de la mer est remonté, cette migration s’est
interrompue.
La taille de l'homme de Flores aurait alors évolué
à cause de facteurs environnementaux et de l'isolement génétique.
Il faut rappeler qu'on a retrouvé, il y a 6 ans, sur cette
même île, des galets rudimentaires datés de
800 000 ans avant notre ère.
Ces outils pourraient donc être la preuve qu'Homo erectus
est arrivé sur cette île très tôt.
Homo floresiensis fabriquait des outils et maîtrisait le
feu. Des lames de silex noir, finement taillées, ont été
découverts dans les mêmes niveaux que les ossements.
Les découvreurs pensent que cette espèce s'est éteinte,
il y a environ 12 000 ans, suite à une catastrophe volcanique.
Cependant, rien n'indique qu'elle n'a pas pu survivre plus longtemps.
Peut il encore exister des
survivants ? Légendes locales
Cette question peut sembler stupide mais elle a pourtant été
posée. En effet, les médias ont
ressorti des légendes faisant état
des nains, Ebu Gogo dans la langue locale "ancêtre
de la forêt qui mange n'importe quoi"
, qui vivraient dans les cavernes de l'Ouest de
l’île de Flores.
Ces légendes locales parlent de petits
hommes habitant dans des grottes qui descendaient
pour voler de la nourriture dans les villages.
Mais nul ne sait s’il s’agit de mythes
créés à partir de découvertes
d’ossements ou d’une réalité.
Il est vrai que treize mille ans, à l'échelle
biologique, c'est hier. Les chercheurs n'hésitent
pas à dire qu'ils ont probablement survécu
jusqu'à il y a 12 000 ans.

Comparatif de l'os
d'un bras de l'homme de Florès qui est
deux fois plus petit que le nôtre
Recemment, les chercheurs ont même envisagé
que l'homme de Florès pouvait être
encore en vie au XVIIe siècle au moment
de la colonisation de l'île par les Hollandais.
La faune de l'île de Flores: éléphant
et dragon
Si Homo floresiensis a subi le "nanisme insulaire", ce
n'est pas le cas de tous les animaux qu'ils ont côtoyé.
En effet, le dragon de Komodo vivait également sur l'île.
On y trouvait également les stégodons, un groupe
d'éléphants asiatiques. Cet éléphant
nain mesurait
1,5 m au garrot.
Dernière actualité sur Homo floresiensis
(octobre 2005)
Les paléontologues qui ont découvert l’homme
de Flores en 2004 présentent de nouvelles preuves de l’existence
d’un Homo de petite taille il y a environ 15.000 ans sur cette
île indonésienne. Michael Morwood, Peter Brown et leurs
collègues ont trouvé d’autres fossiles d’hominidés
dans la grotte de Liang Bua, notamment une mâchoire très
similaire à la première. Ils publient ces découvertes
dans la revue Nature du 13 octobre.
Les paléontologues qui ont découvert l’hominidé
sur Flores, vieux de seulement 18.000 ans, estiment
qu’il s’agit d’une nouvelle
espèce, Homo floresiensis, qui a évolué
vers le nanisme à cause de son isolement
insulaire. Malgré sa petite taille et son
cerveau pas plus gros que celui d’un chimpanzé,
l’homme de Flores avait des outils déjà
sophistiqués. Contestant cette théorie,
d’autres chercheurs affirment qu’une
maladie est la cause de sa petitesse : l’homme
de Flores serait microcéphale.

Grotte dans laquelle
les restes d'Homo floresiensis ont été
retrouvés
Brown et ses collègues ont cependant trouvé d’autres
fossiles sur le même site qui accréditent
la thèse d’une nouvelle espèce
d’Homo. Les os auraient appartenu à
neuf individus différents, selon les paléontologues.
La mâchoire est très similaire à
celle du premier crâne exhumé. Les
tibias et les os des bras retrouvés confirment
qu’il s’agissait d’êtres
de petite taille, environ un mètre de hauteur.
En revanche ses proportions sont inhabituelles
: il a de longs bras qui rappellent davantage
les australopithèques qu’homo erectus.

Illustration de
l'homme de Florès
Si les chercheurs sont moins affirmatifs que lors de leur première
publication sur l’arbre généalogique de l’homme
de Flores, ils réaffirment qu’il s’agit bien
d’une espèce en soi. Le débat n’est sans
doute pas clos pour autant. Leurs contradicteurs ont récemment
fait savoir qu’ils allaient publier leurs arguments.
L’homme de Florès est bien une espèce
à part (décembre 2005)
Avec les neufs nouveaux squelettes partiels découverts par
les Australiens, nous avons la certitude que cet hominidé
est bien une espèce à part.
En effet, les nouveaux ossements, datés entre 95 000 et 12
000 ans, invalident l’hypothèse d’un cas isolé
atteint de nanisme.
Homo floresiensis était tout simplement particulièrement
petit.
Dernière news sur l'homme de Florès (novembre 2007)
Nouvelle confirmation que l'homme de Flores est une espèce à part. Il ne s'agit pas d'un Homo sapiens atteint de microcéphalie ou de nanisme d'après les derniers tests effectués par Matthew Tocheri, du Museum d'histoire de Washington, et son équipe.
Les chercheurs ont modélisé en 3D trois os du poignet (scaphoïde, trapezoïde et capitatum). Ces analyses montrent que les os sont morphologiquement proches de ceux des ancêtres de l'homme moderne et des grands singes mais pas d'Homo sapiens ni de Neandertal.
Le lien entre l'homme de Flores et Homo erectus n'est pas établi pour le moment car les chercheurs ne disposent pas d'os du poignet de cette espèce pour la période donnée.
 Source: Science Magazine (en anglais)
V.B (2004) Dernière M.à.J 11.2007
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