Plusieurs sous-espèces d’Homo erectus ou une seule espèce ?
La plus ancienne de toutes les sous-espèces
d’Homo erectus a été mise au jour à Olduvai
Gorge, en Tanzanie.
Appelée Homo erectus olduwaiensis, cette sous-espèce
est considérée par la majorité des paléontologues comme le seul
spécimen d’Homo erectus en Afrique.
D’autres fossiles ont été
retrouvés en Algérie qui remontent à environ
900 000 ans. Le plus récent Homo erectus qui fait l’unanimité
a été exhumé en Allemagne, à Bilzingsleben.
Il est daté de plus de 300 000 ans.
Les fossiles africains et européens diffèrent
des fossiles d’Homo erectus de Java et de Chine.
Les principales différences sont :
- Bourrelets sus-orbitaux plus incurvés
qui ne s’évasent pas sur les côtés
- Boîte crânienne moins aplatie
et anguleuse
- Forme de la mâchoire différente

Crâne d'Homo erectus trouvé
à Java et daté d'environ 800 000 ans
Certains chercheurs classent les fossiles d’Europe
dans une autre espèce : Homo heidelbergensis.
Par contre, d’autres estiment qu’il s’agit simplement
d’une sous-espèce : Homo erectus heidelbergensis.

Crâne baptisé "Jebel
Irhoud" qui appartient à un groupe de fossiles découvert
en Afrique et datés de 120 000 à 130 000 ans. Ce crâne
montre la transition entre Homo heidelbergensis et Homo sapiens
Cette controverse peut sembler futile mais elle
a une importance considérable. En effet, si tous les fossiles
sont considérés comme faisant partie de la même
espèce, on peut alors considérer Homo erectus comme
l’ancêtre de l’Homme actuel.
Par contre, si ces fossiles appartiennent à des espèces
distinctes, seule l’une d’entre elles serait notre ancêtre.

Fossiles de l'Homo erectus qu'on
appelle "l'Homme de Pékin". Il vivait en Chine
du nord entre 450 000 et 250 000 ans avant notre ère
Homo floresiensis
Un nouvel homo, dont le squelette
a été découvert en septembre 2003, vient d’être
décrit par Peter Brown et son équipe en octobre 2004.
D’après les paléontologues, cet hominidé
est un Homo erectus qui peuplait l’île de Flores en
Indonésie. On sait qu’Homo erectus a peuplé
les îles d’Asie avant Homo sapiens.
Cependant, il apparaîtrait qu’Homo erectus n’avait
pas totalement disparu.
Cette découverte prouve que les deux genres
d’hominidés ont cohabité il y a seulement 18
000 ans.
Celui qui a été baptisé Homo
floresiensis ne mesure qu’un mètre. Sa boîte
crânienne est plus petite que celle de la célèbre
australopithèque Lucy.

Pour
en savoir plus sur Homo floresiensis
Caractéristiques d’Homo erectus
Homo erectus conserve une importante arcade sourcilière
mais elle est droite et épaisse. Sa capacité crânienne
a augmenté pour atteindre 1100 cm3 ( 1350 cm3 pour l'Homme moderne).
Il existe des différences entre les crânes
de Java et ceux de Chine. A Java, le front est plat et fuyant alors
qu’il est bombé en Chine.
Cette différence a créé deux sous-espèces
: Homo erectus erectus à Java ; Homo erectus pekinensis en
Chine.
Principales caractéristiques :
- Face plus gracile
- Orbites basses
- Crâne qui saille au niveau de l’occiput
et sur le dessus en une sorte de crête
- Pas de fosses au dessus de la canine
- Mastoïde plus petite
- Dents assez proches de l’Homme moderne
mais encore assez volumineuses
- Tête ronde sur un cou bien dégagé
- Bassin haut et étroit
- Jambes longues et bras courts

Squelette découvert en 1984
près du lac Turkana. C'est un jeune erectus de 1,6 millions
d'années âgé d'environ 12 ans qui mesure déjà
1,70 m
Les aires du langage sont bien marquées
sur les moulages. Cependant, Homo erectus n’était certainement
pas un intellectuel car la partie frontale est très faible.

Homo erectus vieux de 1,8 millions
d'années exhumé à Koobi-Fora au Kenya
Leur stature était proche de la nôtre
en plus robuste. Il n’était probablement pas aussi
velu qu’on l’imagine.
Homo erectus était un excellent marcheur mais aussi un bon
coureur.

Illustration d'un Homo erectus en
train de tailler un galet. Il tape un coup sur le bord d'un galet
à l'aide d'un autre galet percuteur: un gros éclat
se détache et il obtient un hachoir (chopper). Il retape
à nouveau et il obtient un outil tranchant (chopping-tool)
Pendant la période où
vivaient les Homo erectus, les principaux outils en pierre trouvés
dans de nombreuses régions étaient des bifaces. On
a baptisé "Archeuléen" l'âge où
prédominait ce type d'industrie lithique.

Biface caractéristique de
l'Archeuléen
Homo erectus : un véritable globe-trotter
On peut suivre grâce aux fossiles la progression
d’Homo erectus à travers le monde. En voici une synthèse
:
- Caucase, entre la Mer noire et la Mer Caspienne,
à Dmanissi : 1,7 millions d’années environ
- Italie, à Ceprano : 800 000 ans
- Espagne, Gran Dolina : 800 000 ans et à
Sima de los Huesos d’Atapuerca : 200 à 300 000 ans
- Allemagne, à Heidelberg : 700 000 ans
et à Steinheim : 300 000 ans
En France, l’Homo erectus est également
appelé Anténéandertalien :
- Tautavel : 450 000 ans
- Montmaurin et Orgnac : 300 000 ans
- Le Lazaret, Biache-Saint-Vaast et de La Chaise
: 150 000 ans
Pour
en savoir plus sur l'homme de Tautavel
Dernières découvertes (juillet
2004)
Des ossements du plus petit crâne
de l'espèce Homo erectus jamais mis au jour viennent d'être
caractérisés par une équipe de scientifiques
américains.
Cet hominidé, comparé avec des crânes datant
de 1,7 à 0,5 millions d'années, remonte au pléistocène
moyen c'est-à-dire à près d'un million d'années.
Homo erectus a été
décrit comme un hominidé d’assez grande taille.
«Cette dernière découverte est intéressante
parce qu'elle donne une information sur l'extrémité
du nuage humain côté petite taille», précise
le professeur Yves Coppens, du Collège de France. Elle montre
en outre que certains caractères définis de cette
espèce disparaissent chez un individu en fonction de sa taille.
Dans leurs conclusions, les auteurs signalent
en effet que le bourrelet sub-orbitaire et le développement
des crêtes dans la région de l'oreille notamment, sont
des caractères dépendant de la taille. Les restes
de ce nouvel Homo erectus reposaient dans le gisement d'Olorgesailie
au Kenya. Endroit connu depuis longtemps par les paléontologues
pour ses nombreux outils préhistoriques indiquant la présence
d'un campement humain.
Ce n'est pas la première fois que
l'on met du temps à trouver des ossements sur un site d'habitat
humain, commente encore Yves Coppens. Les hommes ne laissent pas
forcément de restes humains près de leurs habitations.
Et il est très intéressant de «voir» pour
la première fois la tête qu'avait l'artisan des outils.
L'anthropologue Louis Leakey (1903-1972)
avait découvert dans ce site les fameuses «bolas»
(pierres de frondes). «Trois pierres rondes mises ensemble
dans des filets d'une fronde qui permettaient d'atteindre les pattes
des antilopes à la manière des chasseurs Australiens»,
indique enfin Yves Coppens qui se souvient lui-même d'avoir
visité le site en 1963. Une découverte qui porte à
considérer les fossiles avec prudence.
V.B (01.2004) M.à.J 07.2004
| 6 Ma et + |
Ardipethecus
Australopithecus |
Paranthropus |
Homo |
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< Hominides
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