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Séparation entre hominidés et grands singes

L’Homme n’est pas un singe évolué. Dans la grande famille des primates supérieurs, notre branche (les hominidés) s’est séparée de celle des gorilles, bonobos et chimpanzés, nos plus proches parents.
A quel moment la lignée des grands singes et la lignée des hominidés se sont-elles séparées ? Officiellement, cette séparation remonterait à environ 7 millions d’années.
Mais, une récente découverte remet en cause cette date et fait remonter la séparation à 13 millions d’années.

Un ancêtre commun

Les premiers primates, groupe auquel nous appartenons, sont apparus il y a plus de 65 millions d’années.
Les scientifiques ont toujours pensé que les singes et les hominidés ont un ancêtre commun, un primate inconnu.

L'ancêtre des primates serait un minuscule mammifère appelé purgatorius, qui vivait il y a 70 millions d'années.

Les primates se caractérisent par leurs mains et leurs pieds préhensiles, leur cerveau volumineux et leur large champ de vision.
Le groupe des primates comprend des formes primitives comme les lémuriens et des formes plus évoluées comme les grands singes et les hommes.

Un lémurien

Les grands singes apparurent entre 30 et 25 millions d’années. La lignée évolutive qui mène à l’Homme dérive des grands singes.
Cependant, les singes sont nos cousins et non nos ancêtres. Le dernier ancêtre commun entre les grands singes africains et l’Homme remonte à 6-7 millions d’années.
Les premiers grands singes africains connus appartenaient à la famille des Proconsulidae, qui tire son nom de Proconsul africanus.

Crâne de Proconsul africanus

L’Homme est considéré comme un primate anthropoïde et fait partie, comme l’orang-outan, le chimpanzé ou le gorille, de la famille des hominidés.
Cependant, les relations précises entre les différents groupes sont difficiles à établir. D’autant plus que chaque nouvelle découverte bouleverse les hypothèses sur nos origines.

Crâne d'Adapis parisiensis, un primate adapidé de la fin de l'Eocène

Celle qui vient d’être faite par des chercheurs français au Kenya suggère que la séparation entre l'Homme et les grands singes est intervenue plus tôt qu'on ne le pensait, il y a 13 millions d'années.

Une séparation beaucoup plus ancienne

Les chercheurs du Collège de France et du Muséum national d'histoire naturelle ont étudié quatre dents provenant de la formation géologique de Ngorora, vieille de 12,5 millions d'années, et trois dents retrouvées dans la formation de Lukeino, vieille de 5,9 millions d'années.

Une molaire inférieure droite trouvée à Ngorora ressemble aux molaires du chimpanzé. Pour les paléontologues, l'âge du fossile suggère que la séparation entre les grands singes et les hominidés est ainsi intervenue plusieurs millions d'années plus tôt que ce que l’on pensait.

Si les dents de Ngorora présentent des similitudes avec celles des chimpanzés actuels, celles de Lukeino s’apparentent davantage à celles des gorilles.
Les dents de Lukeino sont également distinctes de celles d’Orrorin tugenensis, un hominidé de 6 millions d’années découvert par les mêmes chercheurs au Kenya. Les molaires d’Orrorin, capable de bipédie, rappellent celles des hominidés plus tardifs, comme les australopithèques ou les Homo, précisent les auteurs dans la revue Anthropological Science.

Donc, pour la première fois, les grands singes quadrupèdes et les hominidés bipèdes sont signalés dans les mêmes couches géologiques en étroite association.

Cette découverte dément également la théorie selon laquelle l'Homme est né de la savane.

Les indications obtenues sur le paléo-environnement révèlent que, tout comme les grands singes, ces humains archaïques ont vécu, du moins à cette période, dans une forêt assez humide.

V.B (avril 2005)

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