Homo sapiens . Homme moderne Homo sapiens ou l’Homme moderne, c’est-à-dire nous, serait apparu il y environ 200 000 ans. Mais, une découverte effectuée en 2005 nous apporte des informations supplémentaires sur l'âge approximatif d'Homo sapiens. En effet, l’homme moderne serait apparu en Afrique il y a 195.000 ans. En 2005, des chercheurs ont daté précisément deux crânes, Omo I et Omo II, découverts en 1967 le long du rift éthiopien. Dans un article publié dans la revue Nature, Ian McDougall et ses coéquipiers ont livré la datation précise des couches géologiques dans lesquelles ont été trouvés les deux fossiles et affirment que ces crânes sont actuellement les plus vieux représentants de l’Homme moderne. «Jusqu’à présent les paléontologues dataient l’apparition d’Homo sapiens en Afrique vers 150.000 ans et l’apparition des premiers caractères de cette espèce chez des Homo erectus évolués vers 250.000 ans » précise Marie-Hélène Moncel, du département de Préhistoire du Muséum d’Histoire Naturelle. Avec ces nouvelles datations, notre ancêtre, le premier Homo sapiens, vieillit. C’est une découverte primordiale quand on sait que les objets les plus anciens retrouvés en Afrique datent de 70.000 ans , les premières sépultures de 90.000 ans (Moyen-Orient) et l’art pariétal de 35.000 ans (en Europe). Les deux crânes, bien que datés maintenant de la même période, présentent une anatomie différente. Omo I serait plus évolué que Omo II dont certains caractères restent primitifs.
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Deux théories s’affrontent pour expliquer les origines d’Homo sapiens. Pour les partisans de la première, appelée « Out of Africa », nous sommes tous issus d’un foyer unique et assez récent (200 000 à 300 000 ans) d’Homo sapiens situé en Afrique, voire au Proche-Orient. Pour d’autres scientifiques, la théorie dite du « multi régionalisme » est privilégiée. Pour eux, il y a eu une seule vague d’émigration hors d’Afrique, celle des premiers homo. Nous serions donc le fruit d’une évolution régionale de leurs descendants, les Homo erectus.
Crâne d'Homo erectus. (Natural History Museum, Michigan). By Thomas Roche . Licence En fait, soyons clairs, nos origines sont très mal connues et ne se basent que sur des hypothèses. On sait seulement qu’entre 100 000 et 30 000 ans, plusieurs espèces d’hommes ont vécu côte à côte en Europe et en Asie.
Il y a environ 1,8 millions d’années, les Hommes trouvent un passage qui les conduit de l’Afrique à l’Eurasie par le Moyen-Orient. On retrouve des traces d’occupation, datées d’environ un million d’années, sur tout le pourtour méditerranéen.
Crâne d'homme de Neandertal. © dinosoria.com Il y a 68 000 ans, des représentants de notre espèce étaient parvenus en Chine. C’est probablement à pied qu’Homo sapiens découvre l’Amérique il y a 30 000 à 15 000 ans. Sa migration le pousse de la Sibérie orientale jusqu’au détroit de Béring. Cartes des grandes migrations
Il y 1,8 millions d'années:
les premiers pas
Occupation sur tout le pourtour méditerranéen
Arrivée en Amérique
par le détroit de Béring il
Arrivée en Australie il y a environ 60 000 ans Les glaciations ont fait de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et de la Tasmanie, une île unique. Arrivés au Timor, les Hommes ont du franchir un bras de mer de 80 Km pour arriver en Australie. Il y a 36 000 ans, ils étaient en Europe occidentale où nous les connaissons sous le nom d’hommes de Cro-Magnon.
Crâne Homo sapiens. © dinosoria.com Toutes ces dates ne font que situer l’apparition d’Homo sapiens dans différentes régions mais ne résolvent pas le mystère de nos origines.
De nombreuses espèces humaines ont coexisté. C’est du moins ce que pense la majorité des scientifiques.
Baptisé Madame Ples, ce crâne a été découvert sur le site de Sterkfontein en Afrique du Sud. On pense que les australopithèques découverts sur ce site ont été victimes d'un tigre à dents de sabre. © dinosoria.com Au même moment, toujours dans la savane africaine, on peut rencontrer Homo ergaster. Il est plus proche d’Homo sapiens. Les descendants d’Homo ergaster, les Homo erectus, poursuivent leur chemin jusqu’en Asie du Sud-Est et y prospèrent jusqu’à il y a moins de 20 000 ans : c’est la découverte récente d’Homo floresiensis.
Crâne d'Homo floresiensis (Revue Nature) Pendant ce temps, l’Europe voit se succéder d’autres espèces humaines à partir d’environ un million d’années.
Crâne dénommé "Jebel Irhoud I" est daté entre 120 000 et 130 000 ans. Ce fossile est un exemple de la transition entre Homo heidelbergensis et les descendants d'Homo sapiens. © dinosoria.com Quant à nous, les sapiens, nous avons cohabité avec de nombreuses autres espèces dont bien sur l’homme de Neandertal. Quelles que soient les cohabitations entre l’Homme moderne et d’autres espèces, il est certain qu’Homo sapiens était porteur de nouvelles compétences intellectuelles et technologiques. L’évolution des outils est la plus significative ; elle est due sans conteste à l’apparition des Hommes modernes dans les différentes régions.
Il y a 12 000 ans environ, l’Homme va vivre la fin de la dernière glaciation. Les 2/3 de la glace retenue aux pôles fondent. Le niveau des océans remonte de 120 mètres. A la fin du Pléistocène, ce réchauffement a eu d’importantes conséquences écologiques. La montée des eaux isole l’Amérique du Nord de l’est de l’Asie. Il y a également un isolement du Japon et de certaines parties de l’Indonésie par rapport au continent asiatique. Les grands mammifères adaptés au froid, comme les mammouths, s’éteignent ; probablement aidés par la chasse.
Squelette de mammouth. © dinosoria.com Par contre, dans d’autres parties du monde, l’augmentation de la température a généré un accroissement de la biomasse. Cela a permis aux hommes de se développer. Les continents prennent peu à peu la forme qu’on leur connaît aujourd’hui. Homo sapiens découvre de nouvelles terres riches en flore et en faune. De nomade, il devient sédentaire.
L’habitat d’Homo sapiens devient peu à peu permanent. Sa vie sociale s’organise autour du village.
Illustration d'une hutte en os de mammouths A partir de – 12 000 ans, il commence à construire des villages en pierre. La densité de la population augmente. Les villages s’agrandissent et Homo sapiens doit mettre en place de nouvelles stratégies et règles pour gérer ce nombre croissant. La cellule familiale commence à naître. Vers environ – 10 000 ans, Homo sapiens développe une technique de taille des pierres de plus en plus précise (les microlithes). La sédentarisation s’effectue en parallèle avec les débuts de la domestication animale et l’agriculture.
La domestication la plus ancienne est celle du loup. Cette première domestication s’est effectuée il y a entre 12 000 et 14 000 ans avant notre ère, soit à la fin du Paléolithique.
Le loup gris est l'ancêtre du chien. © dinosoria.com Plusieurs millénaires après, la domestication des ongulés (moutons, cochons, bœufs) a débuté. Pourtant, pendant plusieurs siècles, c’est toujours la chasse qui est la principale source de nourriture et non l’élevage. On ne sait donc pas exactement pourquoi cette domestication initiale a été faite. La domestication plus tardive du cheval a été réalisée vers le IIIe ou IVe millénaire avant notre ère par des peuples nomades en Asie et en Europe de l’est.
Une sorte de licol est gravée sur cette tête de cheval en os, découverte en France. Certains scientifiques en déduisent que le cheval a été domestiqué dès le Paléolithique supérieur mais ce n'est qu'une hypothèse Le phénomène de la domestication est généralisé sur l’ensemble de la planète. C’est donc un basculement fondamental. En effet, l’Homme moderne s’approprie le droit de domestiquer son environnement. La nature est domptée.
Au départ, Homo sapiens commence à semer certaines graines mais il ne recueille que des graines identiques c’est-à-dire sauvages.
Homme de Cro-Magnon découvert en Dordogne. © dinosoria.com Pour le Proche-Orient, les espèces domestiques sont le blé, l’orge, les pois ou les lentilles. En Chine du Nord, on trouve le millet. En Chine du sud, c’est le riz. Au Mexique, c’est le maïs, les courges ou les haricots. Maintenant que l' Homme a domestiqué les animaux et les plantes, il va pouvoir nourrir une plus grande population. Homo sapiens calque alors sa vie au rythme des saisons. Grâce à l’élevage et à l’agriculture, il découvre une alimentation stable et abondante. Les villages se multiplient et les échanges entre communautés s’intensifient. Bientôt, de grandes civilisations verront le jour.
Le seul regret est que l’Homme s’est peu à peu coupé de la nature. Il n’écoute plus, depuis longtemps, les messages que lui envoie sa planète. V.Battaglia (04.2004)
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